lundi, 23 novembre 2009

La vidéo à la demande s’africanise

Thema a lancé sur Free l’offre SVOD "Films d’Afrique"

Une offre de vidéos africaines à la demande est désormais disponible sur Free. Thema, fournisseur de programmes multi-chaînes, a lancé depuis le 9 novembre dernier son offre "Films d’Afrique" pour les aficionados de variétés et de fictions produites sur le continent.

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lundi 23 novembre 2009 / par Falila Gbadamassi (afrik.com)

« J’ai raté Ma Famille (célèbre série ivoirienne qui est très prisée au sein de la diaspora africaine à Paris) ! » Pareille déconvenue ne devrait plus faire partie du quotidien des amateurs de divertissements "made in Africa" installés dans l’Hexagone. La nouvelle offre "Films d’Afrique" de Thema - clips, séries et long-métrages, venus majoritairement, pour l’heure, de la production audiovisuelle d’Afrique francophone - est disponible chez le fournisseur d’accès à Internet Free pour 4,99 euros par mois depuis le 9 novembre dernier.

Vingt nouveautés chaque mois

Thema, promoteur du Bouquet Africain, qui fête son premier anniversaire cette année et qui compte plus de 50 000 abonnés, étoffe l’offre de productions africaines dans l’espace audiovisuel français avec la vidéo à la demande sur abonnement (SVOD). Le nouveau produit est d’ailleurs la réponse à un souhait des abonnés au Bouquet africain, « friands de séries locales dont ils s’arrachent souvent les DVD », note Mathilde Bédé, directrice marketing de Thema. L’origine géographique des programmes proposés actuellement – Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Guinée ou encore Mauritanie - répondent en priorité aux vœux largement exprimés jusqu’ici par des clients qui souhaitaient re(voir) leurs séries en bambara, en wolof ou en peul.

L’offre de démarrage est constituée de 55 programmes audiovisuels. Chaque mois, elle s’enrichira d’une vingtaine de nouveaux produits. « Le démarrage se passe plutôt bien, indique Mathilde Bédé. Il faut dire que c’est inédit en France, en Europe, de se voir proposer de revoir ses séries préférées, comme Ma Famille, pendant tout le mois d’abonnement ». Dans un futur proche, Thema promet de compléter son offre avec du Septième art et notamment des films sous-titrés venus de Nollywood (production cinématographique nigériane, l’une des plus riches en Afrique de l’Ouest). "Films d’Afrique" ou "FHV Africa" est disponible sur la plateforme de vidéo à la demande de Free Home Vidéo (FHV) (canal 33). Free commercialise déjà le Bouquet Africain et le Bouquet Africain Premium lancés par Thema.

CAN 2010 : « Une opportunité pour l’Angola de montrer que la guerre est derrière elle »

Rencontre avec le journaliste sportif angolais Neto Junior Gaspar

L’ Angola accueillera la coupe d’Afrique des Nations à partir du 10 janvier 2010. De passage en France pour participer à un stage de perfectionnement organisé par Canal France International (CFI), début novembre, le journaliste angolais Neto Junior Gaspar revient sur la façon dont son pays prépare l’évènement.

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lundi 23 novembre 2009 / par Lola Simonet (afrik.com)

« L’ Angola est d’ores et déjà prête à accueillir les 16 sélections africaines et nous attendons tous la CAN (Coupe d’Afrique des Nations) avec impatience maintenant ». L’enthousiasme exprimé par Neto Junior Gaspar, journaliste sportif à la Televisao Publica de Angola (TPA), n’est pas que professionnel. Bien qu’il s’apprête à couvrir la Coupe d’Afrique des Nations, qui se tiendra dans son pays du 10 au 31 janvier prochain. « C’est un évènement très important pour nous », explique Neto Junior Gaspar.

Neto Junior, 33 ans, ne cache pas la fierté que lui procure le fait d’être citoyen du pays organisateur de la coupe. Un sentiment que partage l’ensemble de la population angolaise depuis 2006, date à laquelle le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé que l’Angola serait l’hôte de la CAN 2010. « Les populations s’impliquent énormément dans les préparatifs de la CAN. Dans les grandes villes angolaises où auront lieu les matchs, des concerts et des fêtes ont d’ores et déjà lieu et des boutiques de souvenirs voient le jour ». Un engouement qui accompagne l’effort fourni par l’ État angolais depuis un an. Ce dernier a investi près d’un milliard de dollars en équipements sportifs, construction et rénovation d’installations dans le pays, notamment dans les quatre stades où se dérouleront les matchs : à Luanda la capitale, Benguela, Cabinda et Lubanga. « Toutes les installations sont prêtes à être utilisées », estime Neto Junior.

Au-delà du sport, l’ouverture internationale de l’Angola

Pour le journaliste, la Coupe d’Afrique des Nations en Angola n’est pas qu’un simple évènement sportif. « La CAN est une opportunité pour l’Angola de montrer que la guerre est derrière elle, analyse-t-il. C’est le premier évènement continental, de résonance internationale que nous organisons chez nous depuis la fin de la guerre en 2002. Nous allons prouver au monde que l’Angola est capable d’organiser une compétition internationale et que nous sommes unis pour la préparer ». Le football comme pacificateur des peuples fratricides, le sport comme élément rassembleur. Un pari qu’avait gagné Nelson Mandela quand il s’était allié au capitaine blanc de l’équipe de rugby sud-africaine François Pienaar, en 1995 durant la Coupe du monde de rugby, pour symboliser la fin de l’Apartheid.

Venu en France pour participer à un stage de perfectionnement proposé par Canal France International, Neto Junior a suivi pendant dix jours la Ligue 1 française. Coaché par des professionnels du football français comme Gérard Houllier et Darren Tulett de Canal +, il retire de ce stage une belle opportunité d’enrichir son expérience professionnelle. « Ce stage m’aura permis d’optimiser mes performances de commentateur sportif, pour la CAN et pour le Mondial. » Le commentateur compte parmi les quarante journalistes de sa chaîne qui couvriront l’épreuve en Afrique du Sud. Pour l’heure, c’est un emploi du temps des plus chargés qui l’attend à son retour. Son média, TPA, compte le mettre à contribution pour une émission quotidienne dédiée à la CAN et à la sélection nationale, les Palancas Negras. En bon patriote, Neto Junior ne voit pas l’équipe angolaise aller moins loin que la demi-finale.

Afrique du Sud : les Robin des bois de l’électricité sévissent à Soweto

Une association militante lutte pour que les habitants du township aient du courant

Depuis plusieurs années, les membres du Comité de crise de l’électricité de Soweto (SECC), en Afrique du Sud, reconnectent illégalement des compteurs pour donner du courant aux plus pauvres. Cette action déplait fortement à l’Eskom, la compagnie publique d’électricité, qui a enregistré cette année plus de la moitié de ses pertes annuelles pour non-paiement des factures dans ce secteur.

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lundi 23 novembre 2009 / par Stéphanie Plasse (afrik.com)

Ce sont les Robin des bois du célèbre township sud-africain, Soweto. Leur mission : garantir un accès à l’électricité aux plus pauvres. « On rend à la communauté ce dont elle a besoin. Le gouvernement a promis de l’électricité, des services de base gratuits pour tous. Nous appliquons la politique qu’ils ont échoué à mettre en place pour les communautés », explique à l’AFP Bobo Majhoba, dirigeant du Comité de crise électrique de Soweto (SECC). Leur procédé est simple : les militants de cette association piratent le système de distribution d’Eskom, la compagnie d’électricité sud-africaine. Un acte qui n’est pas du goût de la société. « Etre sans emploi et avoir des difficultés ne vous donnent pas le droit de faire des choses illégales », s’insurge Bandile Jack, un chargé de clientèle présent dans ce secteur. C’est à Soweto que la compagnie enregistre plus de la moitié de ses pertes annuelles pour non paiement des factures en zone résidentielle. En effet, seulement 20% des foyers de Soweto payent leur facture. Et le SECC en est en partie responsable.

David contre Goliath

Face aux tarifs exorbitants pratiqués par Eskom qui a fortement augmenté ses prix ces dernières années (+27,5 % en 2008, +31,3 % en 2009), l’association n’a qu’un seul mot à la bouche : lutter. Et ce, coûte que coûte. « Nous n’avons pas beaucoup d’argent et de moyens pour nous battre contre Eskom, si ce n’est physiquement et émotionnellement. On met plus d’équipes sur le terrain pour reconnecter les gens, c’est comme cela qu’ils (Eskom) auront la pression », explique Bobo Majhoba. Depuis leur création en 2000, le SECC se livre à des actions de guérilla en faveur des habitants pour que l’électricité soit gratuite pour tous.

Depuis la fin de l’Apartheid, la première puissance économique du continent est confrontée à des manifestations, souvent violentes, de la population qui demande de meilleurs services publics. Et pour cause, dans ce pays, environ 43% des Sud-Africains vivent avec moins de deux dollars par jour et près de 40% des actifs sont au chômage. « Il ne se passe pas un jour sans qu’on reçoive une dizaine d’appels de gens à qui l’on a coupé l’électricité », indique au quotidien sud-africain, Mail and Guardian, le porte-parole du SECC, Thabo Molefe.

La misère du township

Isaac Lebodi par exemple connait bien la situation. Les agents d’Eskom débarquent régulièrement chez lui pour couper le courant. « Maintenant je leur dois environ 6000 rands (540 euros) d’arriérés, mais je leur verse environ 300 rands chaque mois », explique-t-il à l’AFP. « Je ne peux pas tout leur rembourser parce-que je ne travaille pas, je n’ai pas d’argent ».

Hasard ou coïncidence ? Le bureau du Comité est situé juste en face de l’agence Eskom de la rue Chris Hani, à Johannesburg. Malgré cette proximité, le courant entre la compagnie et le SECC ne semble pas passer.