vendredi, 06 novembre 2009
La Vache qui rit

Le célèbre fromage à tartiner a eu 88 ans en 2009. Un anniversaire marqué par l’ouverture d’un musée à Lons-le-Saunier, sa ville natale, et la publication d’un livre, C’est une vache, elle rit.Gilles de Bure y retrace la saga de la marque qui a régalé et amusé des générations d’enfants, marqué de son empreinte son Jura natal et essaimé son logo et ses portions dans le monde entier. Nostalgie garantie.
C’est là même où les premiers fromages marqués du sigle du plus populaire des ruminants ont vu le jour, en 1921, dans les locaux de la première usine Bel, qu’a été conçue la « Maison » de La Vache qui rit, avec un bâtiment ontemporain et écologique venu compléter les deux caves originelles, conservées en l’état.
Le nouvel édifice rassemble sur 3500 mètres carrés un musée – où l’histoire du mythique fromage français est déclinée en quelque 600 objets et affiches -, un jardin d’enfants (conçu en collaboration étroite avec la Cité des sciences de la Villette à Paris), une salle pédagogique, ainsi qu’une cafétéria et une boutique.
En attendant d’aller à Lons-le-Saunier pour découvrir La Vache dans tous ses états, on peut se plonger dans le livre de Gilles de Bure, C’est une vache, elle rit, (éditions Nicolas Chaudin), dont la tranche argentée évoque les portions du fromage…
| Visite virtuelle du musée |
Pour commencer, une plongée dans le Jura, sous le soleil ou la neige, avec les gris ou les ocres de ses architectures, dans ce pays de tradition fromagère depuis le Moyen-âge avec ses riches pâturages où paissent les vaches montbéliardes, les seules dont le lait soit autorisé pour la fabrication du comté, autre gloire de la région.
De la Wachkyrie à La Vache qui rit …
Le comté justement : c’est pour l’affiner, avec le gruyère, que Jules Bel fonde1865 à Orgelet la fromagerie qui porte son nom. En 1897 il s’installe à Lons-le-Saunier où en 1921 dans une nouvelle usine, rue Richebourg, son fils Léon Bel, met au point sa première portion de Vache qui rit. Ce qui n’en fait pas l’inventeur du fromage fondu, inventée quelques années plus tôt en Suisse.
Une vache soit, mais pourquoi hilare? Eh bien, à cause de la guerre, la grande, celle de 14-18. Les camions de l’unité de ravitaillement en viande à laquelle appartenait Léon Bel s’ornaient de l’image d’un bœuf au large sourire. Avec l’humour des pioupious, le bovin devint bien vite « la Wachkyrie », une « mise en boite » des célèbres Walkyries de la mythologie germanique devenues les logos des véhicules militaires allemands… Léon bel sut s’en souvenir et fit appel au dessinateur Benjamin Rabier - l’auteur de Gédéon
[1]était aussi celui du bœuf qui riait sur les camions - pour la création du logo de ce qui était devenu La Vache qui rit… D’une mise en boite à l’autre !
La boite, justement, et sa judicieuse petite tirette de fil rouge) a été inventé par un certain Yves Pin. Son idée, à la base était de faciliter l'ouverture des enveloppes postales… Il y aurait eu aussi, nous apprend Gilles de Bure, une petite musique, un Fox-trot composé en 1919 par un certain Clapson, pour ses anciens compagnons d’arme « en souvenir « de cette fameuse Wachkyrie…
Enfin, c’est grâce aux boites de Vache qui rit, qu’un certain nombre d’entre nous auront eu dès l’enfance leur premier grand vertige devant le mystère de l’infinitude. Ces boites où la Vache qui rit porte des boucles d'oreille constituées de boîtes de Vache qui rit, elles-mêmes illustrées d'une vachequi rit qui porte des boucles d'oreille constituées de boîtes de vache qui rit... et ainsi de suite à l’infini.. Plus tard, ils auront appris que cela s’appelle une mise en abyme, mais peut-être pas que c’est Madame Bel, l'épouse de Léon, qui en aurait eu l’idée…
L’histoire continue
Au fil des pages on glanera informations et anecdotes, tandis qu’un tour d’horizon iconographique des déclinaisons de La Vache qui rit en dehors de l’hexagone donne la mesure de la gloire planétaire du fameux fromage fondu à la française. Au passage, on peut s’amuser au petit jeu de « comment dit-on La Vache qui rit, en anglais, en arabe, etc… ». On suit aussi l’évolution de la publicité, des premières affiches à la « com » du troisième millénaire, via notamment les sportifs…
Dès le départ La Vache a inspiré dessinateurs et affichistes, avec ce que Gilles de Bure appelle « la ronde des crayons ». Des artistes la détournent, comme Rancillac, d’autres la multiplient, comme Wim Delvoye à la biennale de Lyon en 2005, et son installation composée de plus de 4000 étiquettes de Vache qui rit… la BD ne résiste pas avec Franquin, et son « Gaston Lagaffe qui rit »…
Histoire d’aller au-delà des apparences, Gilles de Bure n’hésite pas à allonger La Vache sur le divan de Sylvie Zucca, pour qui « le fil rouge qui sert à dégoupiller la portion évoque l’inconscient »… Avant de refermer le livre sur les témoignages de personnalités de tous horizons : « souvenirs, souvenirs », chacun y va de son évocation. On retiendra celle de la chef Hélène Darroze, qui se souvient de la soupe au potiron de sa grand-mère, où une portion de Vache qui rit remplaçait la cuillerée de crème fraîche. « Aujourd’hui, je perpétue la tradition pour ma fille », ajoute la chef parisienne doublement étoilée.
La tradition se perpétue et l’histoire continue. Ce qui est devenu le groupe Bel – dont le principal actionnaire est la société familiale Unibel - est aujourd’hui le premier fabricant de fromage fondu en Europe, avec 12 000 collaborateurs dans le monde entier, une trentaine de filiales et un chiffre d’affaires de quelque 2,2 milliards d’euros en 2008. A La Vache qui rit sont venues s’ajouter d’autres marques, créées ou acquises, comme Babybel, Kiri, Port-Salut, Leerdamer ou Boursin, dernière acquisition en 2008. Le groupe compte 27 sites de production répartis dans le monde entier dont deux en France Comté, à Lons-le-Saunier et à Dole. Mais La Vache qui rit tient toujours la vedette vedette, avec « 10 millions de portions qui sont dégustées chaque jour (soit 2300 toutes les trois secondes) et qui, empilées les unes sur les autres, représenteraient l’équivalent de cinq cents tours Eiffel »…
[1] Benjamin Rabier : Gédéon, La vache qui rit et Cie, Ed. Somogy, 2009
19:15 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la vache qui rit, fromage
Abbas s'en va, quel avenir pour le Fatah?
Manifestation de soutien à Mahmoud Abbas à Ramallah le 6 novembre 2009 (REUTERS/Ammar Awad)
Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé jeudi devant les dirigeants de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et du Fatah qu'il ne souhaitait pas briguer un nouveau mandat lors des élections générales en janvier prochain. Une décision refusée par le comité exécutif de l'OLP, qui affirme toujours soutenir Abbas.
Comment comprendre ces informations contradictoires? Abbas bluffe-t-il, ou a-t-il réellement l'intention de jeter l'éponge? Quelles seraient les conséquences pour le Fatah et l'Autorité palestinienne, et plus largement, pour le processus de paix dans la région?
Peut-on croire Abbas ?
L'annonce est inédite. Abu Mazen (son nom de guerre) avait déjà évoqué la possibilité de ne pas se représenter, mais en comité restreint. Cette fois, l'annonce en conférence de presse a un impact beaucoup plus important. «Il a fait cette déclaration publiquement, je ne l'imagine pas revenir sur sa décision», explique Julien Salingue, enseignant et doctorant au département de sciences politiques de l'université Paris 8 de Saint-Denis.
Il ne croit pas à la thèse selon laquelle Abbas effectuerait un coup tactique, visant à resserrer les rangs autour de sa personne en menaçant de se retirer. Pour lui, les causes de ce retrait sont multiples: une certaine lassitude, d'abord, chez un homme de 73 ans, lassé des conflits internes dans un parti exsangue.
Les tergiversations américaines dans le processus de paix sont également un facteur important. Abbas l'a d'ailleurs mentionné lors de sa conférence de presse: «Nous avons été surpris par son soutien (ultérieur) pour la position israélienne», a-t-il déploré, en allusion aux propos d'Hillary Clinton sur un gel partiel de la colonisation.
«Ce n'est pas un hasard si Abbas fait cette déclaration quelques jours après la visite de Clinton. Les signaux envoyés indiquaient que le niveau d'exigence américain avait baissé, et qu'Abbas ne pouvait pas espérer obtenir grand chose, détaille Julien Salingue. Il ne voulait pas porter la responsabilité de la destruction du mouvement national palestinien.»
Enfin, la légitimité d'Abbas, pourtant un des derniers cadres historiques de l'OLP et héritier d'Arafat, n'est même plus absolue au sein de l'OLP et du Fatah. «Elle est tombée très bas dans l'opinion de la population palestinienne après l'affaire du rapport Goldstone», souligne Julien Salingue.
Quelle influence pour le Fatah ?
L'impact de la déclaration d'Abbas doit être relativisé, pour la simple raison que la tenue d'élections en janvier prochain était hautement improbable. Depuis 2007, l'Autorité palestinienne n'exerce plus son autorité qu'en Cisjordanie. L'échec récent d'un accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah avait ruiné l'hypothèse d'un vote le 24 janvier prochain. Un scrutin «fantôme», dans la seule Cisjordanie, aurait été désastreux pour l'image du parti fondé par Arafat
Reste que la décision d'Abbas ouvre une période d'incertitude pour le Fatah. «Si le comité exécutif insiste tant pour qu'il se présente, c'est que personne ne veut y aller à sa place. Son retrait, c'est la guerre ouverte à l'intérieur du Fatah, avance Julien Salingue. Personne d'autre n'avait cette légitimité pour parvenir à un consensus.»
Avant de parler de réconciliation avec le Hamas, préalable indispensable à la tenue d'élections crédibles, il va donc falloir que le Fatah se reconstruise. Selon le chercheur, le parti «a autant de lignes que de membres au comité central. C'est un conglomérat de réseaux personnels, de corruption...»
Plusieurs noms sont aujourd'hui évoqués (Fayyad le Premier ministre, les anciens chefs des services de sécurité Rajoub et Dahlan) mais aucun ne semble de nature à rassembler. «Dahlan et Rajoub sont sur une ligne proche, mais ce sont des ennemis personnels», précise Salingue. Quant à Marwan Barghouti, il est toujours emprisonné en Israël
Le processus de paix existe-t-il encore?
Au délitement du Fatah s'ajoutent deux éléments n'incitant guère à l'optimisme: un Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui campe sur ses positions et refuse tout arrêt de la colonisation, et une administration Obama qui ne semble plus faire de ce dossier une priorité.
Pour Julien Salingue, «on assiste à l'acte de décès du processus d'Oslo, dont le bilan catastrophique révèle des contradictions indépassables: on demande à l'Autorité palestinienne de maintenir l'ordre, d'assurer la croissance économique mais sans lui accorder de souveraineté réelle ni de continuité territoriale».
19:11 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mahmoud abbas, fatah
Revue de presse Afrique : Rajoelina claque la porte
Les négociations d'Addis Abeba ont connu un énième rebondissement cette nuit et cela donne ce titre de L'Express de Madagascar, à la Une avec une photo : « Rajoelina claque la porte ».
Très en colère, d'après le journal, de ne pas avoir été considéré comme le président de la transition. « Je pars, je pars » a-t-il lancé à une heure et quart du matin, et c'est ce qu'il a fait.
Le journal raconte que, peu de temps auparavant, il avait mis la barre assez haute, en réclamant une majorité au sein du gouvernement et des autres institutions de la transition. S'en est suivi un « échange verbal » avec Joachim Chissano, l'ancien président du Mozambique. C'est un peu plus tard, « alors que tout semblait rentrer dans l'ordre, que Rajoelina s'est levé et a quitté la salle de réunion ».
Le journal précise que malgré tout les négociations ont bien avancé sur la question du gouvernement.
Le Kenya et la CPI
Le Kenya où des violences se sont déroulées en 2008 après les élections. La Cour pénale internationale procéde aujourd'hui à un examen préliminaire pour « crimes de guerre et crime contre l'Humanité ». C'est dans ce cadre là que le procureur, Luis Moreno Ocampo est arrivé à Nairobi et le site Angop qui diffuse depuis la capitale de l'Angola, donne son planning : rencontre avec le président et le Premier ministre notamment. Ces deux réunions seront sans doute les plus importantes, car les deux principaux leaders du pays n'ont pas très envie de saisir eux-même la Cour pénale... D'après Angop, ils ne veulent pas prendre le risque d'être considérés « comme étant à l'origine de poursuites judiciaires contre des membres de leurs camps respectifs ».
Le procès de Jean-Pierre Bemba
La date a été fixée ce jeudi : ce sera le 27 avril de l'an prochain. Une dépêche des Nations unies reprise par all Africa.com rappelle qu'il est poursuivi pour deux crimes contre l'Humanité et trois crimes de guerre. Ces horreurs ont été commises par les troupes qu'il avait envoyées en République Centrafricaine fin 2002 et début 2003. Jean-Pierre Bemba est considéré comme « pénalement responsable en qualité de chef militaire ». La dépêche rappelle qu'il a été arrêté par les autorités belges, et qu'il est actuellement détenu au quartier pénitentiaire de Scheveningen, à La Haye...
La Guinée en crise
La question du départ de la junte est toujours dans la balance , comme dit le quotidien Sidwaya... en rapportant « qu'après deux jours de concertation (...) les forces vives campent sur leurs positions ». Les forces vives, c'est un regroupement de partis politiques et de syndicats.
Le facilitateur, le président Blaise Compaoré, leur avait demandé de lui faire des propositions. Les mêmes suggestions ont été avancées, par exemple les mesures qu'il faut prendre d'urgence pour la sécurité. Et puis la transition politique nouvelle qu'il faut mettre en place.
L'ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo, qui fait partie des forces vives en tant que leader de l'UFDG, l'Union des Forces Démocratiques de Guinée, a dit que la médiation de Blaise Compaoré était porteuse d'espoir. «Il demande la dissolution du CNDD» au pouvoir à Conakry, et que «le chef de la junte soit évincé du pouvoir». La piste qu'il propose ensuite, c'est une autorité de transition «consensuellement identifiée».
Du côté de l'USTG, le syndicat des travailleurs, son secrétaire général, le docteur Ibrahima Fofana, demande lui « en un temps record »... « des élections libres et transparentes ». Toujours selon Sidwaya Quotidien, Blaise Compaoré, le facilitateur a trouvé ces propositions à la fois«constructives et intéressantes».
Médias d'Afrique
Une réunion au sommet a lieu actuellement au Nigéria. Le Potentiel, journal de RDC s'intéresse à ce deuxième forum des médias d'Afrique, qui se tient à Lagos. C'est une réunion importante pour ce qui est de la réflexion sur l'avenir. Il a lieu dans des circonstances particulières, explique ce journal, qui donne la parole au fondateur du groupe de presse auquel appartient Le Potentiel, Modeste Mutinga, actuellement rapporteur du Sénat. Et celui-ci explique que «la presse devrait dorénavant, sur le continent, concourir à la bonne gouvernance, elle-même indissociable du pluralisme politique, du respect de la dignité et de la grandeur de l'Homme». Vous le voyez, c'est tout un programme.
19:09 Publié dans REVUE DE PRESSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : madagascar, revue de presse






