vendredi, 18 mai 2012
Politique
Article publié le : vendredi 18 mai 2012 - Dernière modification le : vendredi 18 mai 2012
Alpha Condé sur RFI: «Hollande n'a pas de réseaux africains, donc pas de contraintes»
Dans une interview accordée ce vendredi 18 mai 2012 à RFI, le président guinéen Alpha Condé revient longuement sur les répercussions possibles de l'alternance française en Afrique, sur la question du franc CFA, et promet des élections législatives en Guinée avant la fin de l'année 2012.
RFI : Monsieur le président, bonjour. Quand vous avez appris la victoire de François Hollande, quelle a été votre première réaction ?
Alpha Condé : Évidemment, l’élection française regarde les Français, mais je suis toujours content que quelqu’un qui est de la même tendance politique que moi, soit le président dans un pays, notamment un pays comme la France, qui a des relations très étroites avec la Guinée.
RFI : Votre premier communiqué, je crois, vous l’avez intitulé « Cher camarade ».
A.C. : Mais c’est normal, parce que je le connais avant qu’il ne soit président et nous sommes des camarades. Nous sommes membres de l’Internationale socialiste, et nous avons des rapports de camarades.
RFI : Vous le connaissez depuis longtemps ?
A.C. : Bien sûr, depuis longtemps, parce que n’oubliez pas que j’ai passé une bonne partie de mon temps en France.
RFI : Quelles sont vos relations ? Est-ce que vous vous tutoyez, par exemple ?
A.C. : Tous les membres de l’Internationale se tutoient. Mais maintenant qu’on est chefs d’Etats, on se vouvoie. C’est ce qui est des traditions.
RFI : Quels changements attendez-vous de la part de François Hollande ?
A.C. : Ce que nous attendons, c’est davantage de concertation entre l’Afrique et la France, et une évaluation plus exacte des situations qui prévalent dans chacun des pays africains. Cela éviterait quelques malentendus dans les rapports entre pays souverains.
RFI : Donc, il y a eu des erreurs d’évaluation ces dernières années ?
A.C. : Tout n’a pas été correct. Il y a beaucoup de choses à redresser. Mais ça, c’est normal dans les rapports entre Etats. Aujourd’hui comme hier, nous attendons de la France qu'elle soit notre avocat, dans certains instances internationales, et qu’elles s’intéresse davantage aux pays démocratiques.
RFI : « Je n’accepterai pas les élections frauduleuses où que ce soit », dit François Hollande...
A.C. : J’ai sans doute été un des dirigeants africains à avoir le plus souffert des fraudes électorales dans mon parcours politique. Il va sans dire que je ne peux qu’apprécier de François Hollande qu’il soit attentif à la tenue d’élections régulières et transparentes.
RFI : Après la réélection très contestée de Joseph Kabila, François Hollande hésite à aller au sommet francophone de Kinshasa en octobre prochain. Qu’est-ce que vous en pensez ?
A.C. : Moi, je fais confiance au président Diouf, pour créer les meilleures conditions du bon déroulement du sommet. Quant à la présence ou pas du président Hollande, il revient à lui seul de décider.
RFI : Vous comprenez qu’il hésite ?
A.C. : Bon, c’est lui qui doit apprécier s'il doit y aller ou pas, en fonction de la façon dont les élections se sont passées. Je pense qu’il a suffisamment de conseillers pour lui dire quelle est la situation, et il en décidera.
RFI : Sous le mandant de Nicolas Sarkozy, il y a eu plusieurs interventions militaires françaises en Afrique. Est-ce que vous attendez la même politique de la part de François Hollande ou pas ?
A.C. : Vous savez, la meilleure façon de gérer les conflits, c’est de les éviter. Ce qui veut dire que nous devons renforcer davantage le dialogue et la prévention des conflits. Quant à la Côte d’Ivoire, je vous ferais remarquer que le président Alassane Ouattara est mon conseiller économique, et que moi, je suis son conseiller politique. Nos rapports sont très bons.
RFI : Donc, vous pensez que la politique de Nicolas Sarkozy en Côte d’Ivoire était la bonne ?
A.C. : Je n’ai pas à apporter d’appréciation, cela concerne les Ivoiriens.
RFI : Faut-il réformer le franc CFA ?
A.C. : La Guinée n’a jamais été membre de la zone franc. Et il revient à ces pays de se prononcer. En ce qui nous concerne, nous sommes résolument pour l'intégration africaine. Cela passe à terme par la création d'une zone monétaire, économique, à l’échelle continentale.
RFI : Donc, la Guinée n’envisage pas d’entrer dans la zone CFA ?
A.C. : Mon conseiller économique Alassane Ouattara m’a dit que pendant trois ans encore, j'ai besoin de la flexibilité de ma monnaie, que donc quiconque me dit d'entrer maintenant dans la zone franc ne veut pas que la Guinée avance. J'ai besoin, pendant trois ans au moins, d'avoir une monnaie flexible, donc d’avoir une monnaie guinéenne.
RFI : Pour pouvoir exporter plus facilement, c’est ça ?
A.C. : Pour pouvoir équilibrer la macro-économie, etc. C'est-à-dire pour avoir plus de flexibilité dans la gestion des finances publiques.
RFI : Alors, vous dites que le président ivoirien est votre conseiller économique, et que vous êtes son conseiller politique. Quels sont les conseils politiques que vous lui avez donnés et qu’il a entendus ces derniers temps ?
A.C. : Non, ça c’est entre nous deux. Je pense que ça le concerne, et ça me concerne. Ce n’est pas à mettre sur la place publique. C’est le rapport entre des chefs d’Etat et deux frères.
RFI : Est-ce que vous attendez une visite de François Hollande en Afrique dans les semaines ou les mois qui viennent ?
A.C. : Je suis certain que le président Hollande viendra en Afrique, en fonction de son calendrier. Et je l’inviterai avec d’autant plus de plaisir que nous sommes quand même de la même famille politique.
RFI : On dit que François Hollande connaît mal l’Afrique. Est-ce que ça vous inquiète ?
A.C. : Oh ! Vous savez... le président Hollande, en tant que membre de l’Internationale socialiste, a eu à fréquenter beaucoup de partis africains. Je crois qu’il connaît suffisamment l’Afrique. Qu'il n'ait pas de réseaux en Afrique, tant mieux pour nous !
RFI : Ça lui donne une certaine virginité vis-à-vis de la Françafrique et de ses réseaux ?
A.C. : Bien sûr !
RFI : Comparé à Nicolas Sarkozy, par exemple ?
A.C. : Je ne fais pas de comparaisons (rire). Pourquoi voulez-vous que je m’ingère dans la politique française ? Je dis tout simplement que Jospin n’avait pas de réseaux, que Hollande n’a pas de réseaux, donc ils n’ont pas de contraintes. Ils ont les mains beaucoup plus libres. J’espère que ça les rendra plus attentifs à l’évolution des peuples africains.
RFI : Quelle est la dernière fois que vous avez parlé avec François Hollande ?
A.C. : Oh, je ne m’en rappelle plus ! On a parlé très souvent, on a aussi fait des réunions ensemble à Paris et dans d’autres pays. Mais il m’a envoyé son livre dédicacé, et je lui ai répondu.
RFI : Le livre qu’il a publié en janvier, c’est ça ?
A.C. : Voilà, Changer de destin, oui. Je lui ai répondu en le remerciant, parce qu’il m’a fait une gentille dédicace.
RFI : Qu’est-ce qu’il vous a écrit sur cette dédicace ?
A.C. : Ah ça ! Posez lui la question, c'est entre lui et moi (rire).
RFI : En Guinée, depuis un an, tout le monde attend les législatives. Elles étaient prévues le 8 juillet. Vous venez à nouveau de les reporter. Pourquoi ?
A.C. : Non, d’abord, je n’ai pas reporté les élections. En Guinée, la Céni propose un programme, une date. Mais il revient au président de la République de fixer la date. J’avais dit à tout le monde que je ne confirmerai une date, que si j’ai la certitude que toutes les conditions techniques sont réunies pour organiser les élections. Comme je n’avais pas cette certitude, j’ai dit que je ne convoquerai pas. Donc, je prendrai toutes les dispositions pour que le peuple de Guinée puisse se prononcer dans la plus grande transparence.
RFI : Est-ce que ces élections se tiendront avant la fin 2012 ?
A.C. : Ah ça c’est évident !
RFI : Alors vous voulez des élections transparentes, mais l’opposition n’a pas confiance dans la Céni. Est-ce que vous êtes prêt à revoir sa composition ?
A.C. : Mais écoutez, lorsque j’ai voulu modifier la Céni à mon arrivée, ils ont dit : « Non, c’est la Céni qui a organisé la présidentielle et qui va organiser les législatives » ! Donc, c’est la Céni qui doit décider si elle veut de son président ou pas, par un vote libre. Ce n’est pas le président, la Céni est autonome.
RFI : Mais vous savez bien que le président de la Céni, Lousény Camara, ne fait plus l’unanimité. Est-ce que pour mettre fin à la polémique, il ne serait pas mieux que la Céni choisisse un nouveau président ?
A.C. : Mais la Céni a vingt-quatre membres. Et lui, il a été élu par quinze. Et moi, je suis minoritaire à la Céni. Quand j’ai voulu changer, ils ont dit non, parce qu’ils étaient majoritaires. Donc moi, je n’ai pas à m’occuper de la Céni.
RFI : Ce que dit l’opposition, c’est que depuis un an, plusieurs membres de la Céni ont basculé dans le camp présidentiel et que, du coup, elle n’est plus vraiment indépendante.
A.C. : Mais beaucoup de dirigeants de l’opposition ont basculé dans la mouvance présidentielle. Beaucoup me soutiennent aujourd’hui. Tous les gens qui sont prêts à travailler avec moi, je travaille avec eux.
RFI : Est-ce que la solution, ce ne serait pas un dialogue franc et sincère entre l’opposition et vous-même, comme le réclament les chefs de l’opposition ?
A.C. : Non, je suis président de tous les Guinéens. Mon rôle est de garantir la paix et l'unité nationale. Je peux encourager les partis politiques à dialoguer. Mais moi, je n'ai pas à dialoguer avec un parti.
RFI : Et même entre partis politiques, une table ronde n’est-elle pas possible ?
A.C. : Mais il y a déjà eu une table ronde, vous ne suivez pas ? La table ronde a duré un mois et demi, entre les partis politiques. Moi, je suis président de la République. Mon interlocuteur, c’est le peuple. Je n’ai pas à dialoguer avec un parti. Ça, c’est entre les partis.
Propos recueillis par Christophe Boisbouvier
17:57 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alpha condé, guinée
Politique
Hors du gouvernement, Ségolène Royal veut faire entendre sa petite musique
Par Michel Veron, publié le 18/05/2012 à 16:40, mis à jour à 16:45
Ségolène Royal rêve de devenir la première femme présidente de l'Assemblée nationale.
afp.com/Fred Dufour
Ségolène Royal n'est pas entrée au gouvernement mais elle entend bien peser sur les choix politiques de celui-ci. Le ministre de l'Education Vincent Peillon vient de l'apprendre à ses dépens. Explications.
Son absence du gouvernement est volontaire. C'est en tout ce qu'affirme Ségolène Royal qui n'a jamais caché son ambition de présider l'Assemblée nationale. "J'ai eu la liberté de choix finalement ou de rentrer au gouvernement, ou de consacrer mon énergie et ma connaissance du Parlement totalement à la vie parlementaire", confiait-elle il y a quelques jours. Sa priorité: être élue à la Rochelle, où elle cherche à s'implanter.
Il est vrai aussi que la présence au conseil des ministres de l'ex-compagne du Président aurait focalisé l'attention des médias et peut-être perturbé le travail de Jean-Marc Ayrault.
Bien qu'absente, Ségolène Royal est correctement représentée au sein du gouvernement Ayrault. Plusieurs de ses proches y figurent. Porte-paroles durant la campagne, Najat Vallaud-Belkacem et Delphine Batho sont récompensées et font leur entrée au gouvernement. Moins médiatisée, la maire du IVe arrondissement de Paris, Dominique Bertinotti, en charge de la Famille, est également de la partie. Toutes les trois auront certainement à coeur de défendre les convictions portées par l'ex-candidate à la présidentielle en 2007.
Habile, l'ancienne candidate de 2007 entend conserver son statut particulier au sein du PS. Battue par Martine Aubry au congrès de Reims en 2008, laminée à la primaire, la présidente de la région Poitou-Charentes reste toutefois appréciée, notamment pour son aura dans les quartiers populaires. Elle ne manquera pas non plus de souligner, si besoin est, qu'elle a clairement et rapidement appelé à voter Hollande au deuxième tour de la primaire socialiste.
Royal 1- Peillon 0
Comme Martine Aubry, en refusant un maroquin ministériel, Ségolène Royal entend donc garder son indépendance. Elle n'a d'ailleurs pas tardé à utiliser sa liberté pour critiquer les propos de Vincent Peillon qui a annoncé dès jeudi le retour de la semaine de cinq jours.
Pour elle, une telle annonce nécessitait de la "concertation" et aurait du être "arbitrée" par le Premier ministre. Interrogée sur BFMTV sur le fait que des associations de parents d'élèves s'inquiètent du manque de concertation, l'ex-ministre de l'Enseignement scolaire a estimé qu'elles avaient "raison", désavouant ainsi le ministre de l'Education nationale.
Le choix de la cible ne doit rien au hasard. Ségolène Royal n'a jamais pardonné à Peillon d'avoir voulu en 2009 prendre la tête de son courant Espoir à gauche, après le congrès de Reims. Un divorce politique aux conditions tragi-comiques.
Un peu plus tard, l'ex-candidate a tenté de minimiser l'attaque. "Ne cherchez pas des polémique là où il n'y en a pas, a -t-elle déclaré au micro d'iTélé. Je fais toute confiance à Vincent Peillon (...) un très bon ministre de l'Education."
Entre-temps, le Premier ministre en personne avait tenu à préciser qu'avant toute réforme des rythmes scolaires, il y aurait "une concertation avec les enseignants, les parents d'élèves, les professionnels". Avis aux ministres: même à l'extérieur du gouvernement, Ségolène Royal entend bien peser sur leurs décisions.
17:27 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, ségolène royal
Musique
Donna Summer morte à cause du 11 septembre ?
Victime collatérale
Donna Summer était à New York le jour où les tours jumelles ont été attaquées. Selon ses proches, elle redoutait que la poussière provoquée par l’effondrement soit à l’origine de son cancer.
Les attentats du 11 septembre ont officiellement provoqué la mort d’environ 3 000 personnes. Mais c’est sans compter sur les victimes collatérales. Les poussières toxiques qui se sont abattues sur New York après l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center ont fait de nouvelles victimes. Donna Summer pensait être l’une d’entre elles. Décédée hier, la reine du disco a appris il y a dix mois qu’elle était atteinte d’un cancer des poumons, selon E! Online. Elle n’en avait parlé qu’à sa famille et à ses plus proches amis, ce qui explique pourquoi beaucoup ont été surpris par l’annonce de sa disparition à 63 ans. Selon le Sun, Donna Summer avait elle-même sa propre théorie sur l’origine de son mal.
« Horrifiée » par ce à quoi elle a assisté, impuissante, à New York le 11 septembre 2001, elle s’est ensuite enfermée pendant plusieurs jours, sombrant dans la dépression. Mais comme beaucoup de personnes présentes à Manhattan ce jour-là, elle a involontairement inhalé des particules hautement cancérigènes. Le nombre de cancers parmi les officiers de police de la ville a triplé depuis les attentats. Il y a un an, les autorités médicales ont d’ailleurs reconnu officiellement qu’un homme de 63 ans est décédé à cause d’une grave maladie des poumons causée par les attentats du World Trade Center.
Il n’a pas encore été prouvé formellement que Donna Summer a contracté sa maladie dans les mêmes circonstances. Pour l’heure, sa famille veut avant tout « célébrer sa vie extraordinaire ». Ses funérailles auront lieu lundi à Nashville.
17:18 Publié dans CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : donna summer








