vendredi, 06 novembre 2009

L'Union Européenne suspend son aide au développement

06/11/2009 | AFP


L'UE considère le référendum emporté par Mamadou Tandja comme illégalL'UE considère le référendum emporté par Mamadou Tandja comme illégal© AFP

Cette aide s'élevait à près d'un demi-milliard d'euros sur 5 ans. L'UE demande le "retour à l'ordre constitutionnel".

L'Union européenne (UE) a suspendu son aide au développement au Niger et donné un mois aux autorités de Niamey pour ouvrir des "consultations" en vue d'un retour à "l'ordre constitutionnel" , a-t-on appris vendredi auprès de la Commission européenne.

"La Commission européenne et les pays de l'UE ont demandé des consultations avec les autorités du Niger", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la Commission pour les questions d'aide au développement, John Clancy.

L'aide humanitaire "pas affectée"

En attendant le résultat de ces consultations, l'UE a suspendu son aide qui s'élève à 458 millions d'euros pour la période 2008-2013. En revanche, "l'aide humanitaire n'est pas affectée par cette suspension", a précisé M. Clancy.

"Nous espérons que ces consultations auront un effet positif pour toutes les parties offrant une feuille de route claire pour le retour de l'ordre constitutionnel au Niger", a ajouté le porte-parole.

Dans une lettre conjointe adressée mardi au président Mamadou Tandja, dont l'AFP a pris connaissance, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, au nom de la présidence suédoise de l'UE, ont exprimé leur "profonde préoccupation" face à la situation politique au Niger et demandé "un retour à l'ordre constitutionnel dans les meilleurs délais".

L'UE avait déjà suspendu une aide de 180 millions d'euros

Qualifiant de "violation de la constitution" le référendum du 4 août dernier, grâce auquel M. Tandja a obtenu une rallonge de trois ans au pouvoir après 10 ans à la tête du pays, l'UE a décidé de recourir à l'article 96 des accords de Cotonou, qui traite du non respect des critères démocratiques et de défense des droits de l'Homme.

Cet article 96 de l'accord signé en 2000 entre l'UE et les pays Afrique/Caraïbes/Pacifique prévoit en dernier ressort, en cas d'échec des quatre mois de discussions prévues, la possibilité d'une suspension de la coopération communautaire.

L'UE avait déjà suspendu une aide budgétaire de 180 millions au Niger pour protester contre le référendum du 4 août.

Le 20 octobre, Niamey avait organisé des législatives controversées et boycottées par l'opposition, qui avaient entraîné sa suspension de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour violation des textes communautaires sur la démocratie.

Pr Alphonse Djédjé Mady (Directeur de campagne du président Bédié) sur Africa 24 : “Ce qui se passera s`il y a report...”

vendredi 6 novembre 2009 - Par Le Repère
Evénements
de Abidjan.net par Prisca
Jeudi 9 avril 2009. Centre hospitalier et universitaire de Yopougon. Le secrétaire général du Pdci-Rda, Pr Alphonse Djédjé Mady (photo), conduit une délégation pour soutenir les blessés des événements du 29 mars dernier

Invité de la chaîne de télévision d`information panafricaine, Africa 24, le mardi 3 novembre dernier, le Pr Alphonse Djédjé Mady, secrétaire Général du Pdci-Rda et directeur national de la campagne du président Henri Konan Bédié, fait d`importantes révélations sur le processus électoral. Ci-dessous, l`intégralité de l`interview accordée à la chaîne panafricaine.

Le 29 novembre devrait être la date de la tenue des élections présidentielles dans votre pays, peut-on encore espérer que l`élection se tienne à cette date ?
Nous devrons toujours continuer d`espérer que le premier tour de l`élection présidentielle se tienne le 29 novembre 2009. C`est une question du respect de la parole donnée. Il y a eu déjà beaucoup de dates qui ont été fixées souverainement qui n`ont pas été respectées. Ça ne devrait pas être de coutume. Pour une fois, nous devons tenir notre engagement du 29 novembre. Si on y met les bouchées doubles. Tous les éléments sont réunis pour qu`on y arrive. Il faut le vouloir.

Vous avez parlé des clignotants qui sont au rouge, de quels clignotants parlez-vous ?
Nous n`avons pas encore l`affichage de la liste provisoire qui devrait faire l`objet d`un certain nombre de contentieux pour qu`en définitive, on sorte la liste qui doit servir aux élections. Cela traîne, c`est dommage Mais, nous pensons que nous pouvons y arriver, si nous le voulons. Malgré effectivement ces difficultés inhérentes à l`évolution du processus.

Mais est-ce que vous pensez que toutes les conditions sont réunies pour que nous ayons des élections propres et crédibles cette année ?
Nous avons procédé aux audiences foraines, nous avons procédé à l`identification de la population, au bout de laquelle devrait être dégagée la liste des ivoiriens qui doivent aller aux élections. Mais aujourd`hui, cette liste nous a été communiquée sans qu`elle soit affichée par la commission électorale indépendante. Déjà, on dénombre qu`il y a 3, 5 millions d`Ivoiriens qui ne posent aucun problème quant à leur appartenance à la nationalité ivoirienne. On nous a également fait cas de 2, 7 millions de cas litigieux, mais depuis, un million a pu être rattaché à ceux qui sont sur la liste et qui ne posent pas de problème. On devrait être aujourd`hui à 4,500 millions d’Ivoiriens qui ne posent pas de problème. Il devrait rester à traiter le cas d`environ 1,900 million pour afficher la liste électorale. Mais nous pensons qu`il faille afficher cette liste provisoire pour que les cas litigieux soient connus et qu`on puisse apporter les preuves nécessaires pour les rattacher à la nationalité ivoirienne ou à d`autres nationalités vivant en Côte d`Ivoire.

C`est à cela que s`attelle la commission électorale indépendante, mais on a constaté que le Pdci est très attaché à la date du 29 novembre, alors que d`autres conditions sont à régler. Et si on n`arrive pas à les régler ?
Si l`on veut aller aux élections, on peut y aller. C`est une question de volonté politique.

Vous pensez qu`il n`y en a pas ?
Elle n`est pas toujours affirmée. Il y a des avancées, il y a des reculs, il y a des stationnements non autorisés. On n`avance pas au rythme qu`on devrait avancer.

Que se passera-t-il, si éventuellement, on reporte les élections, surtout au niveau du Pdci ?
La Côte d`Ivoire a intérêt pour sa crédibilité à aller aux élections. Les Ivoiriens ont intérêt à aller aux élections parce que la situation est intenable. Bien sûr, le déroulement du scrutin n`est pas une panacée, mais c`est un passage obligé pour espérer voir l`amélioration de cette situation intenable.

Mais dans le même temps, certaines personnes estiment que le report devrait réjouir le Pdci-Rda. Est-ce que les sondages qu`on a vus dans la presse ne donnent pas le candidat du Pdci gagnant ?
Le Pdci fait le jugement qu`il faut de ces sondages-là. Ça reflète ce qu`on veut que ça reflète. Mais nous pensons que c`est mieux comme ça parce qu`on connaît des candidats s`ils ne sont pas sûrs de gagner, nous pouvons attendre un demi-siècle. Allons aux élections et la vérité surgira des urnes à travers des élections crédibles et transparentes. De toutes les façons, tous les candidats ne gagneront pas, il y a un seul qui gagnera. Alors allons aux élections, laissons de côté les sondages dont on connaît les origines et la fiabilité.

Voulez-vous dire que ces sondages ne sont pas crédibles ?
Ecoutez, ça n`engage la responsabilité que de ceux qui les cautionnent, mais la vérité du peuple ivoirien sortira des urnes. Allons aux élections.

Encore qu`on sache la date réelle de la tenue de ces élections ?
C`est le 29 novembre, c`est connu ; c`est décidé par décret présidentiel, signé en conseil des ministres, sur proposition de la commission électorale indépendante comme le veut la loi. Seulement, il faut y tenir, c`est tout. Donc la date du 29 novembre n`est pas inventée par un parti politique. C`est le président Gbagbo qui a signé ce décret en sa qualité de chef de l`Etat sur proposition de la commission électorale indépendante comme le veut la loi. Mais il y a des aléas qu`on ne maîtrise pas toujours. On nous dit qu`il y a des aléas mais pour le moment, nous ne connaissons pas ces aléas qui puissent nous empêcher d`aller aux élections.

Les responsables du Pdci ont fait plusieurs sorties médiatiques ces derniers temps contre le Premier ministre, Guillaume Soro. Que vous lui reprochez-vous ?
Il ne faut pas qu`on confonde les choses entre un titre malheureux d`un journal même s`il est proche du Pdci. "Le Nouveau Réveil" est un journal proche du Pdci-Rda mais, ce n`est pas un journal qui est sous la dictée du Pdci-Rda. Qu`on me dise le nom du responsable du Pdci qui aurait fait une déclaration contre le Premier ministre Soro Guillaume. Si c`est l`article qui est passé dans "Le nouveau Réveil", Soro Guillaume est le premier à savoir que "Le Nouveau Réveil" est un journal proche du Pdci-Rda, mais ce n`est pas un journal du Pdci.

Le président Gbagbo a dit qu`il y a des hommes et des femmes dont l`existence politique dépend de l`étranger, est-ce que vous vous sentez concernés par ces déclarations ?
Ça n`engage que lui, je ne sais pas à qui il pense. Le Pdci n`est pas concerné. C`est le Pdci qui a acquis l`indépendance de la Côte d`Ivoire des mains de la colonisation avec la lutte qu`on a menée. Mais Gbagbo est historien. Il doit le savoir. Il ne s`agit pas du Pdci. Ne se mouche que celui qui se sent morveux.

Mais on constate beaucoup d`attaques vis-à-vis du président Gbagbo ?
Le Pdci est un parti d`opposition. Le rôle de l`opposition, même en période de paix, c`est de critiquer ce qui ne va pas. C`est le rôle dévolu à toute opposition. Bien sûr, nous ne faisons pas de la critique pour de la critique. Si ce que nous disons est faux, qu`on nous dise que c`est faux, mais notre rôle d`opposition, c`est de dire ce qui ne va pas.

Mais qu`est ce que vous proposez en retour ?
Je pense que le programme de société du Pdci est connu.

Mais beaucoup de téléspectateurs ne savent pas ?
C`est ce que je suis en train de dire. Pour tous ceux qui connaissent la Côte d`Ivoire, qui ont connu la Côte d`Ivoire avant qu`on ne rentre dans cette décennie de perturbation, c`est bien du Pdci-rda. Depuis l`indépendance, pour que la Côte d`Ivoire soit citée comme pays phare qui vient après l`Afrique du Sud au sud du Sahara, c`est l`œuvre du Pdci Rda. Depuis le coup d`Etat du 24 décembre, ce qui vient avec la crise armée de la rébellion, avant cela, tout ce qui a précédé, c`est la Côte d`Ivoire bâtie avec Félix Houphouet Boigny et Henri Konan Bédié.

Pensez-vous que c`est un argument, le fait que c`est le Pdci qui a bâti la Côte d`Ivoire ?
Je crois qu`il y a un argument qu`il faut privilégier ici. Quand le Pdci-Rda faisait l`investiture de son candidat, le 11 mars 2005, croyant que les élections allaient avoir lieu, le Fpi a été representé. Miaka Oreto qui est le secrétaire général du Fpi a dit une chose que je trouve splendide. Il dit "quand il y aura la campagne, ça ne sera pas difficile. Ce sera le bilan du Pdci contre le bilan du Fpi". Et nous sommes à l`aise. Je pense qu`effectivement, ça sera bilan contre bilan.

Certaines informations font état de l`accès difficile du Pdci aux médias de service public ?
Vous ne trouverez pas un seul accord depuis l`accord de Linas Marcoussis jusqu`à l`accord politique de Ouagadougou, jusqu`aux différents Cpc qui ne tienne pas compte de la conduite des médias d`Etat. Ce sont des médias embrigadés. Même dans le parti unique, on ne l`a pas vu. Même dans la pure des dictatures, on ne ferait pas mieux. Ce sont des médias d`Etat à la solde de M. Gbagbo et de son camp.

Ce qui n`est pas normal bien entendu ?
Mais faut-il en rajouter aux malheurs déjà existants de la Côte d`Ivoire ? C`est la question qui reste à être résolue. Ce sont des médias d`Etat qui fonctionnent avec la contribution de tous les citoyens ivoiriens et qui sont aujourd`hui prisonniers du camp de M. Gbagbo. C`est connu, c`est su, c`est de notoriété et il n`y a pas une rencontre internationale qui n`en parle.

Et pourtant, certains estiment que ce que vous exprimez n`est pas vrai. Quand très récemment les locaux du siège de votre campagne ont été incendiés, très rapidement, il y a eu une horde de médias notamment la chaîne de télévision (la Rti) qui se sont présentés et bien sûr vous ne les avez pas reçus. Vous les avez chassés apparemment.
Je n`étais pas présent, j`étais à Paris. Mais pourquoi ils ne se précipitent pas quand nous faisons les meetings et pourquoi comme des charognards c`est sur les malheurs qu`ils accourent ?

Peut-être parce que la campagne électorale n`a pas encore débuté ?
Et parce que la campagne n`a pas débuté, c`est le Fpi seul qui a droit aux médias d`Etat ? Non, ça ne tient pas debout, ça ne tient pas la route. Nous avons déjà rencontré le conseil national de la communication audiovisuelle (Cnca) qui devrait régenter ces choses. Pendant la période préélectorale, on parle d`équité. Mais, cette équité n`est pas en route. La caporalisation des médias d`Etat est un fait avéré et peut-être ce qui reste à dire, c`est qu`est-ce que vous faites devant cette caporalisation et en dehors de cette question, quand on fait l`état des lieux, c`est évident comme un nez sur un visage.

Monsieur le directeur de campagne, on a noté une certaine défection dans les rangs du Pdci depuis que ce parti est dans l`opposition, qu`est ce qui reste de ce parti ?
Il reste beaucoup de choses, peu de choses semblent certes être mises à l`écart, ils ont leurs raisons. Je ne voudrais pas en appeler à leur conscience mais dans tous les partis politiques, comme dans tous les mouvements sociaux, il y a des va-et-vient, mais nous constatons qu`il y a quelques éléments qui vont émarger au niveau du camp présidentiel.

Vous faites-là une révélation !
Ils y sont, ce n`est pas caché, c`est de notoriété.

Pourquoi vous parlez d`émarger ?
Mais émarger parce que l`activité qu`ils mènent sur le plan politique, c`est bien aux frais de l`équipe de campagne du candidat Gbagbo, ne serait-ce que ça parce que je ne voudrais pas descendre dans certaines considérations. La Côte d`Ivoire sait quels sont ceux qui font la politique du ventre. On le sait, c`est une réalité.

Et pourtant, on estime que ceux qui sont partis, ce sont les meilleurs.
Qui sont ceux qui disent que ce sont les meilleurs qui sont partis ?

Beaucoup ?
Si ce sont les meilleurs, ils ne seraient pas partis. Le meilleur ne part pas quand la maison brûle. Le meilleur ne part pas quand la maison est en difficulté. Quand on y a vécu toute sa vie, quand on y a fait toute sa carrière, et que cette maison est éventuellement en difficulté, quand on est le meilleur, on ne part pas. On a de la dignité, on a de l`honorabilité, on a le sens de la responsabilité, on assume. Quand on dit qu`on est le meilleur et qu`un parti dit que le Pdci a mal travaillé, ça veut dire que vous le meilleur, c`est vous qui avez fait ce travail. Restez-là pour le défendre. Vous partez, qui restera là pour le défendre ? Ce ne sont certainement pas les meilleurs. Comme on le croit.

Est-ce que vous êtes optimiste ?
Il faut être optimiste ou du moins il faut travailler dans le sens de l`optimisme pour que la Côte d`Ivoire sorte de la crise. Il ne faut pas se disposer à travailler en sorte qu`on ajoute de l`huile au feu. L`Ivoirien est souverain, il est mature. Il sait qui peut l`aider à atténuer ses souffrances.

Nous avons démarré cette émission avec une question, à propos des présidentielles, de toutes façons, Africa 24 sera là pour suivre de très près le processus qui est en cours dans votre pays. M. le directeur de campagne, merci d`avoir été là pour répondre à nos questions.
C`est moi qui vous remercie et on vous attend à Abidjan pour que vous voyiez avec nous l`évolution du processus.

Interview réalisée par
Babylas Boton (Africa 24)

Rajoelina revient à la table des négociations

Article publié le : vendredi 06 novembre 2009
Les médiateurs de l’UA convainquent Andry Rajoelina de reprendre les discussions.
AFP/Aaron Maasho



Par RFI

Les négociations entre les différents protagonistes malgaches, au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, ont repris ce 6 novembre, après avoir connu hier, un bref coup d’arrêt.Andry Rajoelina avait lancé à la sortie d’une réunion « Je m’en vais ». Les médiateurs l’ont convaincu de revenir sur sa décision, en lui faisant certainement quelques concessions sur la répartition des postes à pourvoir dans la prochaine transition politique à instaurer, avant les élections prévues en fin 2010.

A l’issue de plusieurs heures de discussions à son hôtel avec le médiateur Joaquim Chissano, Rajoelina a effectivement accepté de revenir à la table des négociations.

Après une matinée à souffler le chaud et le froid, il est donc arrivé en début d’après-midi au siège de l’Union africaine. Le prix payé pour cette reprise serait une garantie que le consensus annoncé le 6 octobre à Antananarivo sera bien appliqué.

Conséquence : Rajoelina serait confirmé à la tête de la transition, ce qui n’est pas une surprise. A voir s’il a aussi obtenu que la mouvance du président évincé, Marc Ravalomanana, ne soit pas, elle, représentée par la vice-présidence.

Les discussions ont ainsi repris entre les quatre chefs de file, mais très vite Rajoelina et Ravalomanana se sont isolés dans une autre salle pour discuter pendant une demi-heure. Ils en sont sortis sans faire de commentaires mais le visage plutôt serein. Et il faut espérer qu’un accord ait été trouvé entre les deux hommes car leur affrontement constitue le principal point de blocage.

Or, dans la tête des médiateurs, tout comme dans celle des participants malgaches, il faut en finir d’ici ce soir et donc le temps presse. Mais comme le souligne justement Rajoelina, « on n’a pas beaucoup avancé depuis trois jours où nombre d’acquis ont été remis en cause et, techniquement, il reste encore beaucoup à faire avant de finaliser un accord global ».

 

Probo Koala : bataille pour le magot des victimes

06/11/2009 | Jeune Afrique | Par : Pierre Boisselet avec Baudelaire Mieu à Abidjan


Trois ans après, les 30 000 victimes n'ont toujours pas été indemniséesTrois ans après, les 30 000 victimes n'ont toujours pas été indemnisées© AFP

La justice ivoirienne doit annoncer aujourd’hui à qui seront versés les 22 milliards de francs CFA destinés à indemniser les victimes des pollutions du Probo Koala. Deux représentants des défenseurs des victimes se disputent la faveur.

Les pollutions du Probo Koala représentaient déjà l’un des plus grands scandales écologiques de ces dernières années. Le dédommagement des victimes pourrait donner lieu, en plus, à un scandale financier.

Après des années de bataille juridique, la multinationale Trafigura – l’affréteur du tanker responsable de l’acheminement des déchets toxiques – avait finalement accepté d’indemniser les victimes (au moins 15 morts et des dizaines de milliers de personnes intoxiquées).

22 milliards de CFA gelés

La Haute Cour d’Angleterre, devant laquelle était jugée l’affaire, avait approuvé le 23 septembre un accord entre Trafigura et le cabinet d’avocats Leigh Day & Company (LD&Co), défenseur des victimes. Quelque 22 milliards de francs CFA (34 millions d’euros) devaient être versés à LD&Co, chargé ensuite d’indemniser chacune des 30 000 victimes à hauteur de 750 000 francs CFA par personne, soit près de 1150 euros.

Mais l’argent, déposé sur des comptes ouverts par LD&Co à la Société Générale des Banques en Côte d’Ivoire (SGBCI) a été gelée par la justice ivoirienne le 22 octobre dernier. Le cabinet d’avocat s’est déclaré « inquiet » que la somme soit « détournée ».

A l’initiative de cette procédure, Claude Gohourou. Originellement à la tête de l’association des victimes de Port-Bouët, il s’est plus récemment présenté comme le responsable de la Coordination nationale des victimes des déchets toxiques de Côte d’Ivoire (CNVDT), un groupement créé en août dernier, qui prétend représenter les associations de victimes.

Il réclame le versement des sommes sur le compte de son association, plutôt que sur celui du cabinet LD&Co, dont il met en doute la transparence. « L’accord a été signé au nom des victimes, mais sans leur présence, affirme-t-il. De plus le cabinet d’avocat refuse de nous transmettre une copie de cet accord. »

Claude Gohourou est bien connu des avocats de LD&Co. « Il fait partie de ceux qui nous ont aidé dans la bataille contre Trafigura, se souvient Martyn Day, en charge de cette affaire. Il faisait du très bon travail, mais il y en avait beaucoup d’autres dans son cas. »

Selon lui, la réclamation portée par Claude Gohourou est « une absurdité ». « Son association a été créé il y a quelques semaines seulement ! » peste Martyn Day.

Gohourou versus Leigh Day & Company

Après plus de trois ans, les victimes devaient obtenir une compensation. Leigh Day avait déjà remis des codes secrets de compte aux victimes. Il ne leur restait plus qu’à distribuer les cartes autorisant le retrait. Mais Claude Gohourou soupçonne le cabinet LD&Co d’avoir voulu s’enrichir en choisissant une procédure de versement longue et en profitant, dans l’intervalle, des intérêts.

Tout est maintenant suspendu à la décision du tribunal d’Abidjan. Le procureur a demandé le transfert de l’ensemble des fonds à l’association de Claude Gohourou… Verdict dans la journée.

RDC : prévention de la violence sexuelle et réintégration, trop peu financées

Tandis qu’une aide médicale et psychologique est apportée aux victimes de violences sexuelles dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où 7 000 femmes et filles ont été violées cette année seulement, les Nations Unies et les travailleurs humanitaires sur le terrain affirment que le financement est insuffisant pour répondre de manière appropriée à des problèmes cruciaux.

Tandis qu’une aide médicale et psychologique est apportée aux victimes de violences sexuelles dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où 7 000 femmes et filles ont été violées cette année seulement, les Nations Unies et les travailleurs humanitaires sur le terrain affirment que le financement est insuffisant pour répondre de manière appropriée à des problèmes cruciaux.

« L’intérêt accru de la communauté internationale pour [la question] des violences sexuelles en RDC a entraîné une hausse significative du financement, doublée d’un manque disproportionné d’évaluations des véritables besoins sur le terrain et d’une mauvaise compréhension de la complexité des problèmes », note-t-on dans le document Comprehensive Strategy on Combating Sexual Violence in the DRC [Stratégie globale pour combattre la violence sexuelle en RDC], publié en 2009 par le Bureau du Conseiller spécial et coordinateur en matière de violence sexuelle en RDC.

« Les efforts sont répartis de manière inégale [...] Le programme se concentre essentiellement sur deux secteurs : le soutien médical et judiciaire aux victimes de violences sexuelles, tandis que les autres secteurs [bénéficient de] très peu d’interventions », lit-on dans le document.

La prévention et la réintégration font partie des axes qui, proportionnellement, reçoivent le moins de financement et d’attention.

« Traiter seulement le résultat de la violence sexuelle est catastrophique. Personne ne se préoccupe vraiment de régler le problème à la source ou de considérer la situation dans son ensemble. Si on se contente de prendre soin des femmes violées, on continuera à le faire jusqu’à la fin des temps », a dit Butros Kalere, de l’organisation non gouvernementale (ONG) Women for Women.

Parmi ceux qui ressentent les effets du manque de ressources se trouve Heal Africa, une ONG basée à Goma, la capitale du Nord Kivu, qui fournit des soins médicaux et sociaux aux habitants de la région.

« La violence sexuelle n’est pas seulement un problème physique, mais, souvent, nous manquons de financement et nous devons nous contenter d’apporter notre aide aux victimes immédiates », a dit à IRIN Jean Robert Likofata Esanga, coordonnateur de santé communautaire de Heal Africa, ajoutant que les programmes se penchant sur la prévention, la réhabilitation et la réintégration étaient ceux qui souffraient en permanence d’un manque de ressources.

Selon Tasha Gill, chargée de la protection de l’enfant auprès du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) en RDC, les programmes de prévention efficaces « utilisent le plaidoyer et la sensibilisation pour mobiliser les communautés en passant par leurs chefs, identifiant les problèmes et œuvrant en faveur de changements à long terme dans les normes sociales locales. Ils cherchent également à protéger les plus vulnérables ».

Mme Gill a également fait remarquer que les Nations Unies prévoyaient d’améliorer, au cours des prochaines années, le financement direct afin que « les ressources allouées à ce type de programmes de prévention ne passent plus entre les mailles du filet ».

Mais les organisations qui œuvrent dans le domaine de la protection sont aussi touchées. « Nous avons généralement pour objectif de réduire la vulnérabilité et de protéger 1 000 femmes habitant les communautés situées en périphéries de Goma en leur offrant des formations et des cours d’alphabétisation et en finançant une partie de leurs activités », a expliqué un employé de l’une de ces ONG. « Maintenant que nos donateurs veulent que nous travaillions davantage sur des ‘urgences’, et que nous sommes confinés à travailler uniquement dans les camps de personnes déplacées, c’est très difficile, parce que les gens arrivent et repartent rapidement. On peut difficilement assurer un suivi et offrir une formation cohérente ».

Réintégration

Parmi les objectifs de réintégration des Nations Unies, on compte notamment le fait d’« assurer la satisfaction de la victime et de garantir la non récurrence des violences sexuelles », de même que l’offre de soins psychosociaux. Toutefois, à cause du manque de ressources, de la complexité de la coordination et des distances à couvrir en termes de transport et d’offre de services, ces services demeurent fragmentés. En juillet, même dans le camp de personnes déplacées Kibati I, à Goma, des femmes sont reparties sans avoir pu bénéficier d’assistance, de cours d’alphabétisation ou de formations.

Comme l’a indiqué Constance, une conseillère de Heal Africa : « Nous aimerions permettre à chacune des victimes de se réintégrer en douceur dans la société et de continuer à bénéficier d’une assistance psychosociale, mais nous sommes limités à une clinique ou un centre de formation. Nous n’avons pas les fonds pour aider chacune de ces femmes à réintégrer la société ».

Le plan idéal des Nations Unies pour la réintégration prévoit également l’adoption d’une « approche centrée sur les compétences des victimes ». Certaines ONG bénéficient de ressources pour offrir aux femmes la possibilité d’acquérir des compétences pendant leur séjour à l’hôpital, mais les compétences développées ne peuvent pas toujours être mises en pratique, en raison de la situation géographique ou de la disponibilité des équipements ou du matériel nécessaires.

Par exemple, les femmes sont limitées dans la mise en pratique de leurs compétences en couture parce qu’elles n’ont pas accès à une machine à coudre, tandis que l’amélioration de leur niveau d’éducation est limitée par le manque d’écoles.

« Les services médicaux, judiciaires et de protection ainsi que les soins psychosociaux sont essentiels pour les victimes de violences sexuelles, mais ces services doivent également permettre aux femmes de subvenir aux besoins de leur famille... pour qu’elles sentent qu’elles peuvent aller de l’avant et prendre soin de leurs enfants », a dit à IRIN Mendy Marsh, experte indépendante sur la violence sexuelle.

Tant que les bailleurs de fonds des programmes de lutte contre la violence sexuelle en RDC ne feront pas de cela l’une de leurs priorités, le financement et les programmes de prévention et de réhabilitation devront se contenter d’un faible pourcentage des ressources disponibles.


Photo : IRIN
vendredi 6 novembre 2009 / par Notre partenaire IRIN
Source: afrik.com

Guinée Equatoriale : lancement timide de la campagne présidentielle

06/11/2009 | AFP


La campagne électorale doit s'achever le 27 novembreLa campagne électorale doit s'achever le 27 novembre© AFP

La campagne pour le scrutin présidentiel à un tour du 29 novembre en Guinée équatoriale pour lequel cinq candidats, dont le président sortant Teodoro Obiang Nguema sont en lice, a commencé timidement jeudi, a constaté l'AFP.

Seules quelques affiches et banderoles ont été déployées à Malabo pour un meeting organisé par le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE) qui a investi candidat M. Obiang Nguema, au pouvoir depuis 30 ans, a constaté un journaliste de l'AFP.

Celles des quatre autres candidats, les opposants Placido Minko Abogo (Convergence pour la démocratique sociale), Carmelo Mba Bacale (Action populaire de Guinée équatoriale), Achivaldo Montero (Union populaire) et Bonaventura Monsuy Asumu (Parti de la coalition sociale démocrate) n'étaient pas encore visibles.

PDGE omniprésent

La campagne électorale doit s'achever le 27 novembre. Aucune estimation n'avait pu être immédiatement obtenue sur le nombre d'électeurs convoqués aux urnes.

Lors de la dernière présidentielle, organisée en décembre 2002, un peu plus de 215. 000 électeurs étaient inscrits. Le scrutin avait été remporté par M. Obiang Nguema avec 97,1 % des voix devant quatre autres candidats, selon les résultats officiels.

En 2008, le PDGE a obtenu avec ses alliés la quasi-totalité des sièges aux législatives et municipales organisées en mai 2008, laissant présager d'une victoire de son candidat et d'une présidentielle sans enjeu.

Soupçon de fraude pré-électorale

Le 16 octobre, Placido Mico Abogo a estimé dans une déclaration à l'AFP que les délais retenus pour le calendrier électoral étaient courts, prêtant au parti présidentiel l'intention de programmer un scrutin "irrégulier".

M. Obiang Nguema dirige la Guinée équatoriale d'une main de fer depuis un coup d'Etat en 1979, à l'issue duquel il a fait fusiller Francisco Macias Nguema, son oncle et premier président de cette ancienne colonie espagnole.

Le pays est devenu ces dernières années le troisième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne mais l'essentiel de son million d'habitants continue à vivre dans la plus extrême pauvreté.

Source : jeuneafrique.com

Kofi Yamgnane compte sur la diaspora togolaise

Le candidat à la présidentielle de 2010 au Togo souhaite la mettre à contribution

Kofi Yamgnane, en lice pour les élections présidentielles de 2010 au Togo, invite les Togolais de l’extérieur à investir dans sa campagne. Le leader du mouvement politique Sursaut Togo est actuellement en France pour solliciter le soutien de ses compatriotes et de la communauté internationale.

Kofi Yamgnane est venu chercher le soutien des siens en France. Le candidat au scrutin présidentiel togolais du 28 février prochain veut s’appuyer sur les diasporas togolaises et africaines. « Il s’agit de créer au Togo un modèle de démocratie en Afrique pour contaminer le continent. A partir de là, qui mieux que les Africains eux-mêmes sont concernés par cette question ? », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse ce jeudi à Paris. Mobiliser la diaspora africaine, ses réseaux et ses finances au profit de la démocratisation du Togo, telle est l’un des principaux axes de la stratégie de campagne de Kofi Yamgnane. Déjà candidat à la présidentielle togolaise en 2005 et fort de son parcours d’élu et de haut dignitaire français, le candidat s’enthousiasme à l’idée de mener une campagne « à la Obama » qui verrait la participation de tout un chacun sous la forme de dons de quelques euros ou de milliers de Francs CFA.

L’ancien Secrétaire d’ État aux Affaires Sociales et à l’Intégration de François Mitterrand est allé ainsi à la rencontre de la diaspora togolaise partout en France. Il était à Nogent-sur-Oise (Picardie) et à Lille (Nord) le week-end dernier pour échanger avec ses compatriotes. « Même si la diaspora togolaise ne vote pas, elle contribue à hauteur de 6% à la richesse du pays. Et je pense que si elle fait connaître sa préférence pour un candidat, elle peut changer la donne », analyse Kofi Yamgnane.

Le soutien de la communauté internationale

Estimés à un million d’euros, les besoins financiers de la campagne menée par le mouvement politique Sursaut Togo poussent également son leader à solliciter le soutien de la communauté internationale. « Celui qui donne de l’argent a un droit de regard sur la campagne ». Mais ce qui importe le plus à Kofi Yamgnane est qu’elle puisse garantir la tenue d’élections transparentes dans son pays. « Il faut éviter les fraudes électorales à tout prix pour éviter le bain de sang que nous avons connu en 2005. Les gens ne sont pas bêtes, ils savent pour qui ils ont voté ! », déclare avec véhémence le candidat. Il suggère par exemple le financement d’urnes transparentes à double cadenas (un cadenas pour le parti au pouvoir, l’autre pour l’opposition) et l’assurance qu’il n’y ait pas de coupures d’électricité, ni de dysfonctionnement du réseau téléphonique le soir des résultats.

En vue de garantir l’équité du prochain scrutin, le candidat de Sursaut Togo insiste en outre sur l’importance d’un deuxième tour, ce que ne permet pas à ce jour la Constitution au Togo. « Le Président élu au premier tour n’a qu’un faible score, il n’est pas légitime pour gouverner. Regardez ce qui s’est passé au Gabon, où Ali Ben Bongo tient les rênes d’un pouvoir que ne soutient que 40% des électeurs ».

Interpellé au sujet d’un potentiel soutien de la France à sa candidature, l’ancien maire de la commune bretonne de Saint-Coulitz a annoncé qu’il avait d’ores et déjà été reçu au Quai d’Orsay et qu’il s’attendait prochainement à être invité à l’Elysée. Kofi Yamgnane espère un renouveau dans les relations franco-togolaises. « Quels sont ces intérêts si forts qui dictent à la France qu’ils ne peuvent être protégés que par une dictature et non pas par un régime démocratique ? » interroge-t-il.

Des débuts de campagne difficiles au Togo

La présence du candidat en France est la nouvelle étape d’une campagne entamée depuis quelques mois au Togo. En dépit des moyens déployés et l’appui d’une équipe composé d’une vingtaine de personnes dans la capitale Lomé, le candidat Yamgnane dit devoir se battre pour entrer en contact avec ses partisans. Suite aux interdictions qui lui en ont été faites par le ministère de l’intérieur, il lui est en effet impossible de parler aux chefs de villages et d’apparaître dans des émissions télévisées.

Ce qui n’a pas empêché Kofi Yamgnane de multiplier les échanges informels avec ses futurs électeurs durant ces derniers mois. Selon lui, la population togolaise aspire à un changement de régime. « Essu nene » (« Ca suffit ! » en mina, langue la plus parlée au Togo) serait en passe de devenir un véritable leitmotiv.

Cependant les Togolais ne sont pas près d’aller voter. Certains d’entre eux ne possèdent pas encore de carte électorale, même si la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a fixé la date des élections. Une certitude néanmoins : le lancement officiel de la campagne électorale est prévu le 13 février prochain.

jeudi 5 novembre 2009 / par Lola Simonet

Source : afrik.com

 

Guinée : plusieurs chefs de l'opposition en exil

06/11/2009 | AFP


Cellou Dalein Diallo avait été gravement blessé après la répression du 28 septembreCellou Dalein Diallo avait été gravement blessé après la répression du 28 septembre© AFP

Plusieurs dirigeants de l'opposition en Guinée, craignant pour leur sécurité à Conakry, ont prévu de rester à l'étranger, après avoir présenté mercredi à Ouagadougou leurs propositions de sortie de crise au médiateur Blaise Compaoré, a-t-on appris auprès d'eux.

"Nous préférons nous mettre d'abord à l'abri, pour ne pas risquer notre vie en Guinée, où n'importe qui peut faire n'importe quoi", a expliqué à l'AFP l'ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo (Union des forces démocratiques de Guinée, UFDG), joint au téléphone depuis Dakar.

M. Diallo devait quitter Ouagadougou jeudi soir à destination de Paris, tout comme l'ancien chef de gouvernement Sidya Touré (Union des forces républicaines, UFR).

François Lonsény Fall (Front uni pour le changement démocratique, Fudec) était déjà arrivé jeudi soir à Abidjan.

Alpha Condé (Rassemblement du peuple de Guinée, RPG), absent de la Guinée depuis plusieurs mois, a quant à lui préféré se "reposer" quelques jours à Ouagadougou, avant de partir vers une destination qu'il n'a pas annoncée.

"Nous allons continuer le combat"

L'un des leaders de l'opposition a déclaré à l'AFP, sous couvert de l'anonymat: "on ne se mettra pas dans la gueule d'un loup affamé".

"Nous allons continuer le combat, même à l'étranger, pour sauver le peuple de Guinée en détresse, prise en otage par une bande armée, auteur des pires massacres de l'histoire de notre pays", a-t-il ajouté.

Le président burkinabè Blaise Compaoré avait été nommé médiateur dans la crise guinéenne après le massacre d'au moins 150 manifestants de l'opposition, perpétré le 28 septembre à Conakry sous le commandement d'officiers de la garde présidentielle.

La junte a été internationalement condamnée après cette répression sanglante d'une manifestation d'opposants qui disaient "non à la dictature" et "non" à l'éventuelle candidature de Dadis à la présidentielle.

Les émissaires de l'opposition guinéenne avaient remis, mercredi, au président burkinabè leurs propositions de sortie de crise. Ils demandent le départ du pouvoir du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, et la mise en place d'"une autorité de transition" pour six mois.

"Arrêtons de gesticuler et allons à l'essentiel"

M. Compaoré devrait ensuite recevoir une délégation de la junte, "mardi prochain", selon un de ses proches.

A Conakry, une source proche de la junte a indiqué jeudi: "nous, nous sommes prêts à la discussion, mais entre Guinéens".

"Le problème guinéen est un problème qu'on peut facilement règler entre Guinéens. Il suffit que chacun de nous soit réaliste. Mais dire qu'il faut absolument que le chef de l'Etat parte est une atteinte à la sûreté de l'Etat", a affirmé cette source.

"De toutes façons, de quels moyens disposent-ils (les opposants) pour faire partir le président (Dadis Camara)? Arrêtons de gesticuler et allons à l'essentiel", a déclaré cette source.

Madagascar : Les négociations piétinent

Article publié le : vendredi 06 novembre 2009

Andry Rajoelina a quitté la table des négociations.
AFP/Aaeon Maascho



Par RFI

Les discussions entamées mardi à Addis Abeba entre les chefs des 4 mouvances malgaches sont «encore plus difficiles que prévues», selon la médiation africaine qui cherche à aboutir à un partage du pouvoir avant les élections fin 2010. Jeudi, les dirigeants et leur délégation ont discuté à huis clos avec la médiation jusque tard dans la nuit. La rencontre d'Addis Abeba, qui devait en principe se terminer jeudi soir, sera prolongée d'au moins 24 heures pour tenter de trouver un accord.

Une heure et demie du matin, Andry Rajoelina quitte au pas de charge la salle des négociations. «Je m’en vais», lâche-t-il fermement. Les discussions avaient duré tout l’après-midi et toute la soirée. Malgré le huis clos, on savait que la question de la présidence avait été mise de côté pour avancer sur la répartition des autres postes de la transition. Mais Andry Rajoelina s’est senti agressé, remis en cause, et il l’a fait savoir dans une déclaration que sa porte-parole a ensuite rendu publique : «Tous les sujets qui remettent en cause les acquis sont tout simplement inacceptables. Ainsi, pour éviter une perte de temps inutile, nous déclarons ne pas pouvoir poursuivre les discussions jusqu’à la reprise d’un vrai débat, lequel devrait porter essentiellement sur la répartition des postes logique et cohérente de toutes les institutions de la transition».

Ce coup de sang aura forcément des conséquences, mais les médiateurs ont malgré tout donné rendez-vous pour ce vendredi matin. Les mouvances de Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy devraient y être. On ne le sait pas encore pour celle d’Andry Rajoelina. C’est bien elle qui est actuellement au pouvoir et si des concessions lui sont réclamées, elle a aussi tout intérêt à se faire légitimer.  

Jeudi, l’Union européenne a discrètement rappelé aux protagonistes que le délai accordé pour mettre en place une transition était expiré. Si les financements européens devaient être coupés, ce serait 630 millions d’euros qui passeraient sous le nez de Madagascar.


Albert Zafy

Ancien chef d'Etat à la tête de l’une des mouvances

Ce n’est pas nous qui l’avons chassé, c’est lui qui est parti de son propre gré. A mon avis, cela a une conséquence très lourde au point de vue international…

06/11/2009 par Grégoire Pourtier

MUGABE – TSVANGIRAI : Au bord de la rupture

vendredi 6 novembre 2009

Le Zimbabwe fait à nouveau la une de l’actualité africaine. Comme un remake, les dissensions entre le chef de l’Etat Robert Gabriel Mugabe et son Premier ministre Morgan Tsvangirai replacent à nouveau le pays sous les projecteurs. Après une accalmie de huit mois, suite à la formation du gouvernement d’union nationale, c’est reparti pour les querelles byzantines. La cohabitation est mise à mal et chacun ne jure que par la perte de l’autre, preuve que les poignées de main, les embrassades au moment de la signature de l’accord en début d’année, n’étaient que de la pure hypocrisie.

Les héros, qui étaient sans doute fatigués, ont visiblement mis à profit cette trêve pour se refaire des forces afin de repartir de plus belle dans la guerre. Depuis la mi-octobre 2009, les deux têtes de l’Exécutif ne filent plus le parfait amour, ne veulent plus se voir même en peinture.

La haine qu’ils se vouent cordialement a repris le dessus surtout après la réincarcération du trésorier du parti du Premier ministre (MDC), Roy Benett, poursuivi par la justice pour « terrorisme ». Tsvangirai en a pris prétexte pour rompre tout contact avec le camp présidentiel, allant même jusqu’à snober le conseil des ministres. La situation est devenue inquiétante à tel point que cinq chefs d’Etat de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se sont retrouvés hier 5 novembre, à Maputo, au Mozambique en un mini-sommet extraordinaire sur l’ancienne Rhodésie du Sud. Objectif : sauver l’accord de partage du pouvoir qui a permis la constitution d’un gouvernement d’union nationale en février dernier et dont les rênes ont été confiées à l’opposant historique de Robert Mugabe alias Papy Bob. Comme le soldat Ryan, cet accord mérite d’être sauvé pour avoir, d’une part, été âprement négocié et, d’autre part, permis d’éviter le chaos total dans lequel sombrait le pays du fait des violences liées à la réélection contestée de Mugabe.

Pour avoir été l’artisan de la confection de l’attelage entre le vieux Bob et son opposant historique, la SADC est à nouveau appelée à la rescousse. Il s’agira de rétablir la confiance entre deux hommes à couteaux tirés qui s’observent en chiens de faïence. Et c’est là toute la difficulté, la délicatesse de la mission de la SADC. Le souhait le plus ardent des Zimbabwéens est que les protagonistes fument à nouveau le calumet de la paix pour éviter au pays de basculer une nouvelle fois. Leur bras de fer est redouté en ce qu’il rappelle des souvenirs douloureux, ceux des violences post-électorales dont les militants de l’opposant historique ont surtout fait les frais. Au-delà de la SADC, c’est la communauté internationale qui est interpellée dans son ensemble. Elle doit s’impliquer pour trouver rapidement une solution à la nouvelle crise entre les deux têtes de l’Exécutif qui prennent en otage, à eux seuls, le destin de millions de Zimbabawéens.

Par Séni DABO

Le Pays

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