mardi, 05 janvier 2010

BURKINA FASO

Message à la nation de Blaise Compaoré à l’occasion du nouvel an 2010

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Blaise Compaoré le 31/12/2009

Peuple du Burkina Faso ;
Chers Compatriotes ;

A l’aube du nouvel an, je souhaite à toutes et à tous, une bonne et heureuse année 2010. En ces instants précis, j’ai une pensée solidaire pour ceux de nos compatriotes qui sont affligés par la maladie et les durs combats de la vie. Je leur souhaite un prompt rétablissement et leur exprime toute ma sympathie dans les épreuves qu’ils traversent.

Chers Compatriotes ;

La vision globale de notre pays pour un monde prospère et sécurisé, s’est traduite par l’organisation du 7ème forum mondial du développement durable qui a donné la mesure de notre ambition de favoriser à Copenhague, l’engagement de la communauté internationale à assurer les équilibres écologiques sur notre planète.

A l’issue de ce sommet historique, je fonde l’espoir que les nations du monde veilleront à léguer aux générations futures, une terre vivable.

Peuple du Burkina Faso ;

L’année 2009 qui s’achève a été particulièrement riche en enseignements, en défis et en espoirs dans notre marche vers la construction d’un développement équilibré.

Les nombreuses perturbations liées à la crise économique et aux variations du climat ont profondément marqué l’évolution socio-économique de notre pays, affectant les secteurs vitaux, les revenus de nos exportations ainsi que nos capacités d’investissement.

Malgré ce contexte général difficile, des acquis importants ont été réalisés dans le domaine de la croissance, du fait du dynamisme du monde rural, du monde des affaires, des services publics et para étatiques.

En outre, l’émergence du secteur minier constitue un réel espoir d’une transformation positive de la structure économique de notre pays.

Je rends hommage aux jeunes, aux femmes et aux anciens dont la détermination, le pragmatisme et la sagesse ont fortement contribué à la réalisation de ces performances.

Les répercussions néfastes de la récession économique sur la vie de nos sociétés ont montré l’urgente nécessité de bâtir un système de gouvernance multipolaire, plus efficace, plus juste et susceptible d’engager une régulation vertueuse de l’économie mondiale.

A cet égard, la place accordée au G20 constitue l’amorce vers un nouvel ordre mondial plus respectueux des équilibres internationaux et représente une source d’espérance pour les pays les moins avancés.

Le Burkina Faso réaffirme son attachement à l’intégration économique du continent, comme voie privilégiée de réduction de la vulnérabilité de nos Etats aux chocs exogènes.

Au niveau sous régional, il nous importe d’œuvrer à la consolidation des institutions ouest africaines dont les performances dans la régulation de nos systèmes financiers ont été un facteur déterminant dans la limitation des effets de la grande dépression.

Concitoyennes ;
Concitoyens ;

Dans un contexte international volatile, la bonne tenue de l’administration et la gestion efficiente de nos ressources publiques sont un impératif pour le maintien des grands équilibres macro économiques et l’amélioration du climat des affaires.

La lutte contre la corruption dans toutes les sphères de la vie politique, économique et sociale est indispensable à l’accroissement de l’efficacité des dépenses publiques et des performances de notre système économique.

Dans ce sens, l’application des recommandations formulées par les institutions et organes de contrôle accroîtra l’efficience de nos actions de développement.

Chers Compatriotes ;

Au cours des 12 mois écoulés, notre vaillant peuple a une fois de plus, confirmé son savoir faire, son courage face à l’adversité et sa capacité à réaliser de grandes transformations à son profit.

Dans une synergie d’actions et avec une conscience élevée de ses responsabilités, il a relevé de nombreux défis pour l’ancrage de la démocratie et la consolidation de nos acquis aux niveaux socio-économique, culturel et sportif.

Ainsi, la définition du statut de Chef de file de l’opposition, le vote de la loi sur le quota des femmes aux élections locales et législatives, la signature de la convention collective pour les medias privés, l’adoption de la politique nationale du genre, sont autant d’indicateurs pertinents de notre ambition d’édifier une société de paix, de justice et de progrès.

Au niveau des collectivités locales, les Conseils régionaux et municipaux issus des élections de 2006, font leur expérience de la démocratie à la base de manière satisfaisante.

L’approfondissement de cette culture démocratique exige l’élaboration et la mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles répondant à notre aspiration commune de bâtir une société d’espérance et de solidarité.

Concitoyennes ;
Concitoyens ;

Le parcours historique effectué nous donne des motifs de satisfaction au regard du fonctionnement harmonieux de nos institutions et des remarquables réalisations socio économiques. Cependant, le chemin du développement intégral et durable comporte de nombreux défis à relever.

A ce titre, l’amélioration de l’accès des populations, notamment celles les plus démunies aux services sociaux de base, la promotion de la formation et de l’emploi des jeunes sont inscrites dans l’agenda politique du Gouvernement en 2010.

En matière de santé, les efforts seront poursuivis en vue d’accroître l’offre sanitaire par la réhabilitation des infrastructures existantes et la construction de nouveaux centres médicaux. La lutte contre la pandémie du VIH Sida sera renforcée à travers la gratuité du traitement par les antirétroviraux pour compter du 1er janvier 2010.

La valorisation du capital humain, principal levier de développement se traduira par la conduite des actions prioritaires suivantes en faveur du système éducatif :
- la construction d’infrastructures scolaires et universitaires ;
- le renforcement des stratégies de lutte contre les disparités, notamment de genre ;
- l’adoption d’un statut particulier des enseignants – chercheurs.

Chers Compatriotes ;

Le renforcement de la politique de désenclavement nous impose des investissements soutenus dans les domaines routiers, ferroviaires et aéroportuaires.

La construction et l’aménagement de pistes rurales et d’ouvrages d’art dans toutes les régions sont également des impératifs pour le raffermissement du processus de décentralisation.

En outre, il convient d’élargir le réseau d’interconnexion électrique avec la Côte d’Ivoire afin de faciliter l’approvisionnement de notre pays en énergie et d’accroître les possibilités de desserte des différentes localités.

Chers Compatriotes ;

La réalisation du bien-être des populations exige la mise en œuvre méthodique de nos capacités individuelles et entrepreneuriales en termes d’organisation et d’innovation.

C’est dans cette optique qu’une stratégie de croissance accélérée et de développement durable sur la période 2011-2015, sera adoptée pour constituer un cadre fédérateur de nos politiques économiques et sociales.

Peuple du Burkina Faso ; La paix sociale dans notre pays est fortement liée à celle du continent africain. Sans une stabilité durable, l’Afrique ne saurait relever avec succès les nombreux défis de son développement.

Le Burkina Faso a privilégié cette vision tout au long de son mandat au Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies et au Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine.

Dans cette perspective, nous devons continuer de déployer des efforts pour le retour de la paix dans les pays en conflit, par l’établissement du dialogue entre les différents protagonistes.

Concitoyennes ;
Concitoyens ;

Les grandes nations se fortifient à l’épreuve des difficultés et s’inspirent des riches et fertiles expériences de leur histoire pour façonner leur destin.

L’année 2010 sera celle de l’enracinement de la démocratie et de l’élargissement des libertés avec la tenue de l’élection présidentielle.

J’invite le peuple burkinabè dont la détermination au labeur et le sens élevé du patriotisme sont exemplaires, à cultiver davantage la fraternité et la solidarité.

Le cinquantenaire de notre indépendance qui sera célébré dans la ville de Sya, doit constituer un tremplin pour la concrétisation de notre ambition commune de bâtir un Burkina Faso émergent.

J’exprime ma gratitude aux amis du Burkina Faso, aux partenaires au développement et à toutes les communautés étrangères dont le soutien constant conforte notre mouvement déterminé vers le progrès.

A nos compatriotes de l’extérieur, je renouvelle ma reconnaissance pour leur immense contribution à la construction de notre patrie.

Chers Compatriotes ;
Concitoyennes, Concitoyens ;

Convaincu de votre détermination à vous engager avec enthousiasme sur les vastes chantiers d’édification d’un Burkina Faso confiant et solidaire, je vous réitère mes vœux de bonne et heureuse année 2010.

BURKINA FASO / Fabrique de liqueur

Fabrique de liqueur à Ziniaré : L’esprit de sorgho rouge en bouteille





Une unité de transformation du sorgho rouge en liqueur sous la marque « Spirigho » ; c’est le cadeau de fin d’année, d’un coût d’environ 2,25 milliards de francs CFA, que le gouvernement de la République de la Chine Taiwan, à travers son ambassadeur, Zhang Ming-Zhong, a remis au Burkina Faso, le 31 décembre 2009 à Ziniaré.

 

De la liqueur à base notre sorgho rouge, communément appelé « ka-zêega » en langue mooré ; qui l’aurait cru ? Le résultat est pourtant là, tangible, avec Spirigho qui vient matérialiser le dynamisme du partenariat que la République de Chine Taiwan et le Burkina Faso ont scellé ensemble.


Tout est parti de la décision des gouvernements des deux pays, en 2006, de mettre en place un Projet de transformation du sorgho rouge en alcool (PTSRA). Ils étaient nombreux à se demander, à un moment, si ce projet ne mourrait pas dans l’œuf comme tant d’autres entrepris par le Burkina. Etaient certainement de ceux-là des confrères qui avaient eu des échos de cette entreprise, lors d’un voyage de presse à Taiwan en août 2008.


Il s’agit, entre autres, de Yannick Laurent Bayala, de Daouda Emile Ouédraogo, SamsKa le Jah, Modeste Nébié et Abdoulaye Tao qui ont dit tant de bien de cet apéritif après une dégustation dans une usine de fabrication où des Burkinabè venaient de sortir d’un stage de formation. Dans le silence, la coopération de nos deux pays au Burkina a accouché donc d’une merveille :


Spirigho sortie d’une unité de transformation du sorgho rouge en alcool implantée sur l’axe Ouagadougou – Kaya, précisément à trois kilomètres à l’entrée de Ziniaré, et déjà fonctionnelle. L’usine a été officiellement reçue avec dans ses cuves 20 000 l d’alcool de 60°, le 31 décembre dernier, par le gouvernement burkinabè, représenté par son ministre de l’Agriculture, Laurent Sedogo, des mains du nouvel ambassadeur taiwanais, Zhang Ming-Zhong.


D’un coût estimé à 2,25 milliards de nos francs, ce joyau, d’une capacité de traitement d’une tonne de sorgho avec un rendement de 200 l d’alcool de 64° jour, comprend une chaîne de production de ferment, d’un générateur de relais de 200 kW et de moyens logistiques conséquents.


L’équipement qui ne présente aucun dysfonctionnement après une année de marche, a précisé le diplomate taiwanais, est également adapté pour la production d’alcool médical à base de manioc pour répondre à la demande nationale et de la sous-région. Le transfert du savoir-faire est assuré par cinq techniciens burkinabè formés à Taiwan pour la mise en œuvre du projet qui a également bénéficié de l’assistance de la GTZ, la coopération allemande.


Pour Zhang Ming-Zhong, ce projet est l’une des premières manifestations d’une nouvelle dynamique de coopération bilatérale, orientée sur la production, la transformation, la commercialisation et la création de richesse, que les deux Etats ont optée. Le souhait maintenant est qu’il aboutisse à « la création d’une nouvelle filière économique sur la base des équipements et du savoir-faire taiwanais dans ce domaine » et attire d’autres investissements de son pays au Burkina Faso.


Il a par ailleurs émis le vœu que cette usine, après sa rétrocession à notre pays, soit transférée dans les meilleurs délais à un opérateur privé avec un fonds de contrepartie géré par le gouvernement qui sera entretenu à partir « des prélèvements sur le profit généré par l’entreprise héritière de l’unité pilote ». Le souci étant, selon lui, que ce projet connaisse un succès dans la coopération bilatérale et permette d’inspirer les deux Etats à leur 8e session de commission mixte prévue en juin 2010 à Taipei.


Le transfert de cette unité au gouvernement du Burkina Faso, a indiqué Laurent Sedogo, traduit l’exemple de la coopération fructueuse entre les deux pays. Il a magnifié, dans son allocution, le projet dont la pertinence, selon lui, est perceptible à travers ses objectifs tels que le développement des filières agricoles dont les céréales, la création d’emplois et des revenus pour les populations et la contribution à la production d’alcool de bonne qualité pour lutter contre les liqueurs frelatées.


Il s’est dit également heureux de constater que cette unité, au-delà de la transformation du sorgho rouge en alcool de bouche, donne des résidus de distillation pour l’alimentation animale. A tout cela s’ajoute son objectif de « création d’une nouvelle filière de valeur ajoutée élevée pour les céréales en général et le sorgho rouge en particulier », parfaitement en adéquation avec les orientations du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté et de la stratégie du développement rural dans notre pays.


Le ministre de l’Agriculture a indiqué que, conformément aux instructions du chef du gouvernement, il procédera incessamment, en collaboration avec ses collègues du Commerce et des Finances, à l’élaboration d’un cahier de charges en vue du transfert de la gérance de cette unité à un privé. Son collègue du Commerce en charge de l’Industrie, Mamadou Sanou, également présent à la cérémonie, s’est réjoui à son tour de l’implantation de cette usine de transformation du sorgho rouge.


C’est la preuve, selon lui, qu’il est possible créer de la valeur ajoutée dans notre pays. Il a exprimé, à son tour, sa gratitude à la République de Taiwan pour ce partenariat fécond avec notre pays. Issouf Rouamba, le gouverneur du Plateau central, est lui heureux de voir sa région abriter cette unité. Il a rassuré les différents acteurs que ce n’est pas la matière première, le sorgho rouge, qui fera défaut.


La cérémonie, qui s’est terminée par une visite guidée sur les installations de l’unité, a connu la présence d’une délégation de six membres du Groupe parlementaire d’amitié avec la Chine Taiwan, conduite par sa présidente, la députée Gisèle Guigma, 2e vice-présidente de l’Assemblée nationale.


Hamidou Ouédraogo

L’Observateur Paalga

BURKINA FASO/ Campagne agricole 2009-2010

Campagne agricole 2009-2010 : Entre satisfaction, inquiétudes et mesures urgentes

La campagne agricole 2009-2010 se déroule dans un contexte assez particulier. Les aléas climatiques ont anéanti dans certaines régions du pays, les efforts des producteurs et du gouvernement. Ainsi onze provinces du pays sur quarante-cinq sont déficitaires avec des taux de couverture des besoins alimentaires en deçà de 90%. De leur côté, l’Etat et ses partenaires multiplient les initiatives pour accroître la production agricole. Une année s’achève, une autre débute, mais le défi reste le même : assurer coûte que coûte la sécurité alimentaire au Burkina Faso.

 

Les résultats provisoires de la campagne agricole 2009-2010, indiquent une production totale de plus de 3 900 000 tonnes de céréales. Une telle production devait permettre de couvrir 100% des besoins de consommation des populations du Burkina Faso estimées à plus de 13 millions d’âmes.

 

Cette production céréalière est cependant en baisse de 10% en comparaison avec la production définitive de la campagne précédente. Les raisons de ce déficit sont simples :"La Campagne agricole 2009-2010 s’est déroulée dans des conditions particulièrement difficiles", reconnaissent les observateurs et les techniciens des structures appropriées.

 

Le ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques (MAHRH) et des institutions comme le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), l’Organisation des Nations unies par l’alimentation et l’agriculture (FAO), etc. ont organisé des réunions pour débattre de la situation.

 

Ainsi, il ressort que la campagne agricole 2009-2010 a débuté tardivement. Ce qui a entraîné un retard dans les semis. En outre, la pluviométrie a été difficile et capricieuse cette année au Burkina Faso et dans la sous-région. En effet, il y a eu de longues périodes de sécheresse allant parfois à plus de trois semaines à certains endroits, mais aussi des périodes d’inondations dans certaines régions.

L’une des particcularités de la présente campagne a été la hausse de la production du riz à 15%. "(le résultat a été possible grâce non seulement aux efforts des producteurs mais aussi et surtout par les appuis multiformes du gouvernement aux paysans", s’est exprimé le ministre en charge de l’Agriculture Laurent Sédogo, lors d’un point de presse. Si le riz a enregistré une hausse prévisionnelle, cela n’est pas le cas pour les autres spéculations en général, et le maïs en particulier qui a connu une baisse de 7% par rapport à l’année écoulée.

 

Onze provinces déficitaires

Les résultats céréaliers enregistrés divergent d’une région à une autre du Burkina Faso. Sur les 45 provinces du pays, 17 sont largement excédentaires avec des taux de couverture des besoins atteignant ou dépassant les 120%. Par contre, 17 autres provinces sont en situation d’équilibre (90% à 120%). Quant aux onze autres provinces, elles sont carrément déficitaires avec des taux de couverture de besoins inférieurs à 90%. Les provinces déficitaires sont le Bam, le Boulgou, le Boulkiemdé, le Kadiogo, l’Oudalan, le Passoré, le Noumbiel, le Séno, l’Oubritenga, le Yagha et le Zandoma.

 

Au regard de ces divergences, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures d’urgence pour gérer la production prévisionnelle. il s’agit entre autres, de la mise en place de mesures d’atténuation efficaces et des filets de sécurité alimentaire, de la distribution gratuite et/ou de la vente à des prix sociaux au profit des ménages vulnérables des zones à risques, de la reconstitution du stock national de sécurité alimentaire.

 

Le gouvernement a entrepris aussi une sensibilisation des producteurs pour un démarrage précoce de la campagne de contre-saison (déjà lancée le 30 octobre 2009) dans toutes les régions.

 

Rappelons que le thème de la commémoration du 11- Décembre 2009 (fête de l’indépendance) était : "Intensification des productions agricoles de saison sèche". Un thème qui, selon le président du Faso, Blaise Compaoré, rend hommage "aux femmes et aux hommes qui s’investissent inlassablement dans la pratique de méthodes culturales novatrices".

 

Le travail en amont

La sécurité alimentaire et nutritionnelle reste une préoccupation majeure de la politique gouvernementale. Le gouvernement s’évertue donc à accroître la production nationale à travers des actions d’intensification et de diversification des productions végétales. Toute chose visant à accompagner les producteurs en vue de contribuer à l’augmentation des productions agricoles.

 

Dans cette lancée, l’Etat burkinabè, appuyé par certains partenaires tels que la Banque africaine de développement (BAD), entreprend depuis deux campagnes, une opération de distribution de semences aux agriculteurs.

 

Pour la campagne 2009-2010 par exemple, près de 8 000 tonnes de semences dont 6 921 tonnes de semences améliorées de riz, de maïs, de sorgho, de mil, de niébé, d’arachide, de sésame et de soja ont été distribuées aux producteurs. L’opération a été exécutée de fin mai à fin juin 2009, sur l’ensemble des 351 communes du pays en ce qui concerne les aspects de collecte et de distribution.

 

Afin d’établir un bilan à mi-parcours et d’aborder les perpectives de l’opération de production et de distribution des semences, le MAHRH a organisé récemment (les 21 et 22 décembre 2009) une rencontre. A cette occasion, le ministre Laurent Sédogo a souligné avec insistance, la nécessité d’être transparent et solidaire durant tout le processus de la production à la distribution.

 

Selon le ministre, la production de semences améliorées doit être soutenue et renforcée par l’ensemble des acteurs de la filière. Le taux d’utilisation des semences améliorées est de 11% actuellement. L’ambition du gouvernement est d’atteindre 50% d’utilisation d’ici à 2015.

 

A propos des cultures de rente (coton, arachide, sésame, soja), on note que les productions prévisionnelles enregistrent une baisse globale de 12% en comparaison à la campagne passée. Ainsi, pour le coton par exemple, on a produit 532 248t cette année contre 720 675t l’an passé.

Alban KINI (alban_kini@yahoo.fr)

Sidwaya

BURKINA FASO

Poste : la Côte d’Ivoire règle ses dettes

C’est bien connu, les bons comptes font les bons amis. C’est sans doute inspirée par cet adage que la Côte d’Ivoire a décidé d’apurer sa dette postale vis-à-vis de la Société nationale des postes du Burkina (Sonapost). C’est Charles Koffi Diby, le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, qui, de passage à Ouagadougou la semaine dernière, en a fait l’annonce.

 

Les arriérés de dettes s’élèvent à 3,2 milliards de francs CFA environ, et Charles Koffi Diby, le « grand argentier » ivoirien assure qu’un accord a été trouvé. Un premier versement devrait être fait avant la fin du mois de décembre 2009, le dernier délai pour solder cette dette étant fixé au plus tard le 15 février 2010.


C’est en février 2003, alors que le Burkina était en pleine tension diplomatique avec la Côte d’Ivoire, que la Sonapost avait décidé de ne plus payer de mandats ivoiriens, pour préserver son équilibre financier. Les responsables de l’institution avaient assuré que la décision n’avait rien à voir avec la situation politique. « Le Burkina envoie très peu de mandats vers la Côte d’Ivoire. Par contre, nous en recevons beaucoup de la Côte d’Ivoire compte tenu de la forte communauté burkinabè présente dans ce pays. Aussi, lorsque nous effectuons la balance, le déséquilibre est toujours à notre désavantage en fin de mois » avait alors expliqué un des responsables de la Sonapost.


Si la Côte d’ivoire tient sa promesse, ce sont les relations postales entre les populations et les transferts entre les deux pays qui s’en trouveront fluidifiés.


Desire T Sawadogo

Fasozine

BURKINA FASO

CONFIDENCES DU WEEK-END : Contrôles policiers stricts sur les routes

Les automobilistes ont eu la surprise de le constater. Les contrôles de police sur les axes routiers sont subitement devenus plus stricts et minutieux. Il ne suffit plus de brandir son permis de conduire, sa carte grise et son assurance.

Il faut désormais présenter en sus de ces papiers, la cric et le triangle de sol, voire l’extincteur. Pour les surcharges, tant pis pour les contrevenants.


Commission de la CEDEAO : le Sénégal candidat avec Sow

Contrairement aux informations qui faisaient croire que Cheick Tidiane Gadio serait le candidat du Sénégal à la présidence de la commission de la CEDEAO, c’est plutôt Abdoul Aziz Sow qui lui a été préféré. Cet expert comptable de 57 ans est un proche du président Wade. M. Sow a déjà commencé une tournée sous-régionale pour promouvoir sa candidature, par le Mali. Pendant ce temps, que fait le Burkina qui aurait aussi des prétentions pour la présidence de la commission ? Apparemment, le temps ne semble pas à l’union sacrée autour du candidat le plus crédible. Mais en attendant, l’intérim de Mohamed Ibn Chambas, qui part pour Bruxelles, que doit assurer le vice-président burkinabè, Jean De Dieu Somda, jusqu’en 2011, est l’enjeu premier. La mobilisation doit donc, aux yeux de beaucoup, se faire autour de ce défi, en attendant de voir venir.


CNSE/UNSE : échanges de bons procédés

Après l’élection de Jacob Yacouba Barry à la tête de l’UNSE (Union nationale des supporters des Etalons), le président de la CNSE (Coordination nationale de soutien aux Etalons), El Hadj Mahamadi Lamine Kouanda, a adressé une lettre de félicitations au nouveau président et à son équipe. Il a réitéré la disponibilité de son organisation à oeuvrer pour l’avènement d’un cadre unitaire de supporters. En retour, le président de l’UNSE a salué cette démarche, et dit aussi son ouverture à toute initiative allant dans le sens de l’unité. Ces échanges de bons procédés, qui dénotent d’un nouveau climat dans les relations entre les deux structures, seront-ils durablement entretenus ? On attend de voir.

* Commune de Yako : 48 heures mouvementées pour le maire

La fin d’année 2009 ou le début de 2010, c’est selon, a été difficile pour le maire de Yako, Rémi Zaba. En effet, selon nos sources, dont des témoins oculaires, un conseiller municipal qui officiait comme bénévole à l’état-civil n’est pas allé du dos de la cuillère pour dire ses quatre vérités au maire dans la soirée du 31 décembre 2009. Ayant attendu en vain la réalisation des nombreuses promesses de son patron (argent, bon d’essence, etc.), le conseiller a choisi de régler ses comptes au domicile du maire, entouré de sa famille. Le conseiller fit irruption et déversa toute sa bile de toutes ses forces : injures et menaces ont été proférées au chef de la résidence et à sa famille. Il a fallu l’intervention de la police municipale postée non loin de là pour éloigner le danger. Le lendemain 1er janvier, le conseiller revint, cette fois-ci muni d’une arme à feu. Raison invoquée, le maire aurait encaissé sans reverser à qui de droit (au conseiller) sa part des indemnités liées à l’opération d’établissement gratuit des actes de naissance. Là encore, il a fallu le corridor de sécurité des éléments de la police locale. Et comme il fallait s’y attendre, les réactions sont nombreuses dans l’opinion.


Accidents à la pelle sur l’axe Ouaga-Bobo

La nationale N°1, à la date du 29 décembre 2009, était jalonnée de véhicules victimes d’accidents. Pas moins de quatre accidents sur ce tronçon ont été remarqués à cette date et plus souvent à des virages. L’un de ces accidents a été assez incompréhensible. En effet, un camion-citerne s’est encastré à l’arrière d’un camion qui était en stationnement. Heureusement, il n’y a pas eu de perte en vie humaine, les occupants des véhicules n’étant que blessés. Il n’est plus besoin d’insister sur la prudence et l’excès de vitesse sur les routes.


Saint Sylvestre à Koudougou : des buvettes fermées, faute de boisson

La Saint Sylvestre constitue généralement la période où la demande en boissons est très importante. Mais cette année à Koudougou, les boissons, tous types confondus, ont manqué dans la quasi-totalité des débits de boissons et ce, de la nuit du 31 décembre 2009 au lundi 4 janvier 2010. Cette situation a contraint certains gérants et propriétaires de maquis et buvettes à une fermeture temporaire de leurs lieux. C’est avec amertume que la plupart des tenants des débits de boisson déplorent cette rupture de boissons qui les a empêchés de réaliser des affaires substantielles. Pour l’instant, ils disent ignorer les raisons de cette pénurie de boisson. Mais ils ont toutefois précisé que la SODIBO Koudougou leur a fait comprendre que c’est au niveau de Ouagadougou que le problème se pose. Au moment où nous tracions ces lignes, quelques marques de boissons étaient à nouveau disponibles pour les consommateurs.


Saint Sylvestre à Koudougou : trois décès accidentels

La Saint Sylvestre et le 1er janvier ont toujours été les jours les plus craints à cause des accidents qui s’y produisent. Certains les franchissent avec joie, d’autres non. Du 31 décembre 2009 au 1er janvier 2010, on a enregistré à Koudougou trois décès. Selon les chiffres qui nous ont été communiqués par la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP) de Koudougou, il y a eu 5 interventions le 31 décembre 2009 dont 3 accidents de circulation avec un décès. L’accident ayant coûté la vie à deux personnes s’est produit à 7 km après Ramongo. L’une des victimes se nomme Balibié Bationo, élève-enseignant résidant à Loumbila. La seconde victime dont nous n’avons pas l’identité est décédée des suites de ses blessures. Le nombre d’interventions du 1er janvier 2010 est de 6 : deux accidents de la circulation, un secours à victime, un incendie et une noyade dans une piscine. Il s’agit d’une fille de 16 ans répondant au nom de Ariane Bationo.

Le Pays

Bonjour 2010 ! Protège-nous de toute souillure de l’article 37

mardi 5 janvier 2010

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Sigué Boureima Jérémie Directeur Général des Editions Le Pays

Il y a moins d’une semaine, l’Eternité expurgeait de ses mystérieuses entrailles, une nouvelle année. Fille cadette du temps incommensurable, elle porte sur son front un diadème lumineux avec une inscription : 2010. Un chiffre qui annonce le dernier sprint de la première décennie du 21è siècle.

Les années sont ainsi faites qu’elles portent à la fois les marques de la vie et de la mort, des espoirs et des craintes, des certitudes et des doutes, des regrets et des nostalgies. Et comme les jours, elles nous glissent entre les doigts sans que nous ne puissions rien faire face au néant qui est notre ultime destination.

2010, une année qui se situe au confluent de deux décennies. Douze mois qui ont chacun une importance toute singulière pour le Burkina Faso, ce petit espace cosmique qui se gargarise de l’appellation flatteuse et de plus en plus surannée de “ pays des hommes intègres ”.

Cette année qui s’annonce pour le Burkina Faso, est grosse d’une infinité de possibles que nous devons nos attacher à rendre vertueux par la force de notre génie politique, par le renoncement à nos égoïsmes, par l’abandon de nos absolutismes et de nos méchancetés. Un pays n’est jamais, ni définitivement, à l’abri des périls et ceux-ci sont multiformes, divers et gradués en gravité. Mais le péril le plus dangereux pour notre pays, celui qui cristallisera en 2010 toutes les passions, qui sonnera le réveil des énergies assoupies de Thanatos, sera sans aucun doute la révision annoncée de l’article 37 de notre constitution.

En dépit de l’adage selon lequel l’art d’un prince consiste à faire faire le mal par les autres, on éprouve quelques difficultés à croire que Blaise Compaoré ait pu inspirer tous ces zélateurs qui, couteau au poing, dansent autour de notre constitution, prêts à la malmener en son article 37. Quoi qu’il en soit, si c’est le chef de l’Etat qui a instruit ces cavaliers de l’apocalypse de faire sonner le glas pour la limitation des mandats présidentiels, alors, que les dieux, dans leur infinie sagesse, lui fassent entendre les clameurs réprobatrices qui montent déjà des premiers rangs de la foule. Qu’il écoute avec discernement les pulsations du pays sans penser aucunement à la solution du référendum dont on connaît la qualité trompeuse des résultats, du fait de l’indigence matérielle et cognitive des populations.

On peut se permettre de poser des questions sur les motivations et la sincérité des révisionnistes, la qualité de leur loyauté envers le chef de l’Etat. On peut surtout s’interroger sur la densité de l’estime, de l’amitié, de l’amour qu’ils portent à Blaise Compaoré. Certes, les hommes sont insatiables de gloire, mais 22 ans de pouvoir ce n’est pas 22 mois de farniente. C’est bien plus que cela. Le président de tous les Burkinabé doit faire valoir ses droits à la retraite après 2015.

Ceux qui, dans l’ombre ou à découvert, veulent assassiner l’article 37, ne veulent de bien ni au chef de l’Etat, ni au Burkina Faso, encore moins à son peuple. Ils veulent du bien à eux-mêmes. Ils veulent la perpétuation de ce que le système a de mielleux pour eux-mêmes d’abord. Cet acharnement à toujours imaginer Blaise Compaoré au gouvernail, renvoie à l’amour de la fougère pour l’arbre. En effet, la fougère se veut toujours plus florissante, plus abondante, enlassant et enserrant sans cesse l’arbre, sans jamais se préoccuper de son étouffement. Epargnez la berezina à ceux que vous aimez ou croyez aimer. La courtisanerie est l’une des principales tares de l’Afrique d’aujourd’hui, de l’Afrique des palais présidentiels. De cette Afrique pourtant vieille en douleurs et en souffrances, mais jeune en rires et en gaîté et dont l’aspiration constante à aller de l’avant est épisodiquement contrariée, plombée par les mensonges et l’absence de vision.

Les courtisans tournent aussi longtemps qu’ils peuvent autour du prince avec la conviction que le nez ne peut sentir le cerveau pourri. Or, aucun gouvernant éclairé et avisé dans ce monde globalisé ne doit ignorer que l’histoire de l’humanité est un perpétuel mouvement de balancier, oscillant entre le nécessaire et l’inutile. Pas plus qu’il ne doit ignorer que les véritables et seuls héros sont les peuples, non les souverains et les courtisans. Quelle que soit la prégnance de ces derniers sur le gouvernant, il ne doit jamais oublier que là où il n’y a pas de vérité, il n’y a pas de grandeur et que, surtout, il doit marcher le moins longtemps possible vers une sortie glorieuse, dans l’amour de son peuple. Raspoutine incarne à lui seul, toute la mythologie de la courtisanerie. Il a fait plus de mal que de bien au Tsar et à sa cour. Or beaucoup de Raspoutine arpentent les allées des pouvoirs africains.

Il y a toujours quelque chose de menaçant dans l’unanimisme constant et dans le silence permanent. Le gouvernant doit éviter d’être comme ce souverain qui avait fermé les yeux pour ne point voir le mal et qui s’était finalement retrouvé sans défense face à la calamité. Méditons aussi cette pensée du sage qui déclare désabusé : “ vous ne pourrez pas facilement me dégoûter de la guerre. On dit qu’elle anéantit les faibles, mais la paix en fait autant.”

De décembre 1998 à janvier 2010, cela fait douze années fermes. Le Burkina Faso revient de loin, de très loin. Depuis cette année-là, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, raviné ou nivelé des espaces. De grands acquis démocratiques générés par les réformes consécutives à l’horrible braconnage de Sapouy, ont été engrangés. N’oublions jamais la nasse quand le poisson est pris. Ne perdons jamais de vue qu’il y a tant de choses à faire dans notre pays. Le monde tourne et le temps presse. Sachons raison garder pour éviter tout recul. A l’endroit des Raspoutine et du peuple des indifférents, à l’endroit des menteurs et des flatteurs, il convient sans doute de savoir que nous n’augmenterons pas notre vertu en nous livrant de façon effrénée à l’hédonisme, à la jouissance. La postérité pourrait nous le compter plutôt comme faute grave.

La gloire est insatiable comme un ogre. Mais le plus important pour le gouvernant, c’est de gérer son pays en donnant des exemples sublimes. Il devient alors comme l’étoile polaire qui demeure sereine et immobile pendant que toutes les autres étoiles se meuvent autour d’elle. Et l’Afrique compte déjà ses étoiles polaires qui ont pour noms John Jerry Rawlings, Leopold Sédar Senghor, Mathieu Kérékou, Alpha Oumar Konaré etc. Mais il est vrai que, d’un peuple à l’autre, les différences sociologiques, historiques et caractérielles sont abyssales et influencent dans un sens ou dans l’autre la perception et le comportement du gouvernant.

Plaise à tout dirigeant de savoir que sur la terre, au commencement, il n’y avait pas de chemins. Ceux-ci ont été faits par la foule anonyme des passants, qui se sont depuis, éteints. Chacun doit jouer sa partition et quitter les planches, dans l’honneur et sans bruit. Le propre d’une société humaine, soucieuse de son devenir, c’est de constamment se reproduire, se renouveler à travers ses intelligences, ses compétences, ses expertises et ses forces. Il ne devrait donc y avoir ni crainte ni déshonneur à appliquer cette loi universelle de la reproduction. En l’occurrence, ce qu’il faut craindre, c’est le temps qui vient à bout de tout, même de la gloire.

Les hommes et les femmes du Burkina Faso, ce petit morceau de terre perdu dans l’Eternité immobile, ont sans aucun doute des qualités mais aussi, comme tout le monde, des défauts. Ceux du Burkina ont pour noms : méchanceté, jalousie, affabulations, mensonges et médisances. Ils sont tout le contraire de ce qui est cher à Auguste Comte : le positivisme. Au Burkina, l’enfer pour chacun de nous, c’est le négativisme qui luit dans l’œil de l’autre. Entre eux, les Burkinabé sont même parfois cruels. Les “ success stories ” qui devraient, tel un élixir, les stimuler, emplissent leur cœur et leur âme de vilains sentiments. Ils cherchent plutôt ardemment les moyens de tirer leur compatriote vers le bas.

Toutefois, ce peuple, aussi paradoxal et complexe que cela puisse paraître, n’a pas la rancune tenace envers ses gouvernants. En la matière, le passé nous fournit des exemples édifiants. Nous avons en nous la culture intrinsèque de la paix, la culture des peuples de la savane. Nous n’avons pas la culture de violence de certains peuples africains. Au Burkina, comme l’atteste le passé, on peut s’agiter, gesticuler, se dire prêts pour la vengeance, mais quand vient l’heure de franchir le pas, le pardon, longtemps fossilisé en nous, remonte à la surface. Les Burkinabé savent jeter leur rancune à la rivière. Au demeurant, très rares sont les gouvernants qui ont su, au dernier moment, parler avec humilité, dans un élan de contrition et subir malgré tout, les foudres mortelles et humiliantes de leur peuple.

L’extrême assurance est pernicieuse, voire dangereuse parce qu’elle est davantage fondée sur l’émotion que sur la rationalité. Le Burkina mérite mieux que le désordre et la fable enseigne que le lion, fût-il très fort, peut hélas, succomber sous le rassemblement acharné des fourmis. Puisse le ciel nous épargner un spectacle aussi horripilant. Mais commençons d’abord par rejeter toute idée de désacralisation de l’article 37 qui a déjà si bien été sanctifié par la constitution de juin 1991.

Que cette année charnière de 2010 inspire et fortifie chacun dans les valeurs cardinales du travail, de la tolérance et de la fraternité.

Sigué Boureima Jérémie

Directeur Général des Editions Le Pays

Editorial de Sidwaya : Les chantiers 2010 du Président du Faso

mardi 5 janvier 2010

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Ibrahiman SAKANDE, DG des Editions Sidwaya

Le calme revient après l’euphorie des fêtes. En relisant, à tête reposée, le message de Blaise Compaoré, Président du Faso, à l’occasion du nouvel An 2010, trois points retiennent l’attention (…).

Le Burkina, primo, avance en dépit des difficultés de tous ordres… Secundo, les services sociaux de base, santé (avec un banc particulier pour la gratuité des ARV), éducation, désenclavement devraient connaître des améliorations sensibles en 2010. Et tertio, des réformes politiques et institutionnelles doivent contribuer à l’amélioration de notre culture démocratique.

Le Burkina avance. D’abord, il s’agit de cette vérité, encourageante, que le Burkina Faso avance. Malgré les difficultés que chacun de nous éprouve, malgré les épreuves et même les sinistres qui nous frappent, malgré certains classements pas toujours objectifs dont notre pays est victime,… nous avançons. Le taux de croissance en baisse en 2009 par rapport à 2008 traduit des disparités de situations.

Une réalisation socioéconomique réussie dans la Léraba ne profite pas, au même moment, à une communauté villageoise du Séno. Tôt ou tard, le Séno aura aussi sa part ! C’est une question de planification et de moyens à l’instant T. Et c’est là une orientation systémique et intégratrice se fondant sur l’approche du « développement inclusif et avantageux pour tous » tant à l’échelon national, régional, communal et villageois.

Le Burkina, encore mieux que par le passé, tient bien sa place dans le monde et joue honorablement son rôle dans le concert des nations. « Des acquis importants, dit le Président du Faso, ont été réalisés dans le domaine de la croissance, du fait du dynamisme du monde rural, du monde des affaires, des services publics et para étatiques. » Cette visibilité marquante constitue une invite au gouvernement : maitre d’ouvrage de la construction continue du patrimoine national (public et privé), il est appelé à se servir des acquis d’hier pour mieux promouvoir le visionnement prévisionnel, perspectif et prospectif de la confiance du peuple à son avenir. Mais pour une consommation à court terme…

De tels propos comptent-ils pour rien dans la souffrance de ceux qui ne profitent pas de cette croissance parce qu’ils sont écrasés par le quotidien de la vie ? A vrai dire, nous sommes en train d’écrire l’Histoire de notre pays ensemble. Pour ceux qui profitent des fruits de la croissance aujourd’hui et ceux qui en profiteront demain. L’essentiel est que l’assiette des bénéficiaires continue de s’élargir. En tous les cas, le chemin qui va du particulier au général exige sacrifices, oubli de soi, dévouement.

A l’exemple de ceux- là qui, en ce moment, patrouillent au Darfour au nom du Devoir et de la Patrie ! « Les grandes nations se fortifient à l’épreuve des difficultés et s’inspirent des riches et fertiles expériences de leur histoire pour façonner leur destin », dit le Président du Faso dans son adresse à la Nation. La leçon qui découle d’une telle analyse, vise à interpeller les acteurs de la gouvernance du moment à la consolidation à tous les échelons de la mémoire rétroactive de l’Etat et de la vulgarisation des pratiques performantes aux fins de généralisation et de « rupture » avec l’approche enclave du développement et du recommencement perpétuel. Les indicateurs sociaux à améliorer ? Oui.

Ainsi, dans l’agenda politique du gouvernement en 2010, sont inscrites pour amélioration, promotion ou exécution, les questions de santé, du système éducatif, de l’enclavement, de la décentralisation, de l’interconnexion électrique avec la Côte d’Ivoire.

Tout Burkinabè, loin des états d’âmes primaires, devrait être en mesure d’applaudir cet agenda. Surtout ce courage politique engagé autour de la communalisation intégrale... Loin d’être une délégation de responsabilité, est belle et bien une dévolution de pouvoir aux communautés de base à travers leurs élus locaux.

C’est une forme de mécanisme endogène de « lutte contre la pauvreté », à savoir donner l’opportunité et le pouvoir aux pauvres de se tirer de la pauvreté, et améliorer la sécurité. C’est le point de départ de passage du dispositif de développement au tremplin. C’est un pari de l’espoir et du futur, non la consommation courante et quotidienne notamment… Ceux qui ont guetté le terme « augmentation de … » ont dû déchanter.

Mais, si in fine, en 2010, les nombreux problèmes des universités et de la scolarisation des enfants sont résolus, si l’accès aux soins de santé de base est possible pour la plupart des citoyens de ce pays, si les coupures et délestages d’électricité ne sont plus que de douloureux souvenirs,… les Burkinabè applaudiront fort. Et Ils comprendront, fortement, pourquoi le terme augmentation n’a pas été prononcé.

2010 est une année de scrutin. Et les élections donnent des idées et du dynamisme aux hommes politiques ; nous osons croire que le gouvernement aura assez de ressources matérielles et morales pour réaliser l’agenda 2010 ainsi énoncé.

Des réformes politiques nécessaires sont dans ce continuum de l’agenda politique officiel comme underground (souterrain) burkinabè... « L’approfondissement de cette culture démocratique, a annoncé, en ce sens, le Président du Faso, exige l’élaboration et la mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles répondant à notre aspiration commune de bâtir une société d’espérance et de solidarité. » Le cercle des politistes burkinabè notent d’ailleurs qu’en l’espace d’un mois, le Président a appelé par trois fois de suite aux « réformes politiques. »

La première fois c’était dans son discours lors de la fête nationale du 11-Décembre. La deuxième fois, lors de la présentation des vœux des Corps constitués au chef de l’Etat le 30 décembre où il a eu à dire : « j’invite l’ensemble des Corps constitués à poursuivre la réflexion sur les réformes politiques nécessaires à la consolidation de notre marche vers une société de liberté et de prospérité. » La troisième fois, dans le message à la Nation à l’occasion du nouvel An prononcé le 31 décembre 2009.

De quelles réformes s’agit-il ? Sans être dans le secret des dieux, la scène politique burkinabè de tous bords semble partager l’idée des réformes politiques. Chaque partie y va de sa vision des réformes politiques à opérer. Pour sûr, on peut affirmer, sans grands risques de se tromper, qu’il va surtout s’agir du renforcement subtilement adéquat et profond, de la démocratie à la base…

Faire en sorte que du village à la ville, la praxis de la démocratie soit une donne apprise sans tricherie, vécue et partagée… Et que de son mûrissement, sans précipitation dommageable à la stabilité nationale et au progrès continu, se fertilise notre démocratie, la démocratie burkinabè, le pouvoir politique démocratique au Burkina Faso, tout court… Le souhait est que ces réformes servent profondément la démocratie burkinabè ; qu’elles renforcent la culture démocratique nationale et que le Burkina continue à donner l’exemple d’élections transparentes.

Cela est fondamental pour la paix sociale, source de création de richesses et d’amélioration des conditions de vie des ménages. En 2010, des pays voisins iront aux urnes avant ou après le Burkina, pays de nos ancêtres, pays des Hommes intègres... Beaucoup de ces pays auront le regard tourné vers Ouagadougou, pour voir et, pourquoi pas, s’inspirer de comment nous construison le Faso

Par Ibrahiman SAKANDE (sakandeibrahiman@yahoo.fr)

Sidwaya

jeudi, 31 décembre 2009

RETROSPECTIVE 2009

jeudi 31 décembre 2009

Au plan national

- 6 janvier : signature de la Convention collective de la presse privée.
- Du 28 février au 7 mars, s’est tenue la 21e édition du FESPACO.
- 7 mars, célébration du 30e anniversaire de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers.

- le 26 mars, discours du premier ministre Tertius Zongo, sur la situation de la Nation à l’Assemblée nationale et au compte de l’année 2009.
- 16 avril : inauguration officielle du marché Rood-Woko de Ouagadougou après sa réfection suite à l’incendie qui avait endommagé une partie de l’infrastructure le 27 mai 2003. Coût de l’opération, près de 3,5 milliards de F CFA.
- 27 avril ; lancement officiel du programme de délivrance massive et gratuite d’actes d’état civil sur l’ensemble du territoire national.
- 4 mai : lancement officiel de la carte de presse et du laissez-passer.
- 26 juin : inscription officielle des ruines de Loropéni au patrimoine mondial de l’UNESCO.
- du 7 au 15 juin : tenue de la manoeuvre logistique de la Force en attente de la CEDEAO à Kamboinsin.
- 1er septembre : pluies diluviennes sur la capitale et dans plusieurs villes du Burkina. Bilan : une dizaine de morts, plus de 20 mille habitations détruites et de nombreuses infrastructures publiques endommagées. - du 9 au 11 octobre, forum mondial sur le développement durable en prélude au sommet de Copenhague sur les changements climatiques.

Au plan africain

- Le 17 mars 2009, le président malgache Marc Ravalomana, lâché par l’armée et sous la pression des manifestants, cède ses pouvoirs à un directoire militaire qui les remet à Andry Rajoelina (TGV) alors maire d’Antananarivo.
- Fin juillet 2009 au Nigeria, affrontements entre l’armée et les islamistes radicaux de la secte Boko Haram (ou "Talibans") dans le Nord ; on dénombre 900 morts.
- En Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, meneur du putsch d’août 2008, est élu président le 19 juillet 2009.
- Au Gabon, Omar Bongo Ondimba décède le 7 juin en Espagne à 73 ans après 41 ans de pouvoir, un record africain.
- En Guinée Bissau, le président Joao Bernardo Vieira est assassiné le 2 mars par des militaires proches de l’ancien chef d’état-major des armées, lui-même décédé la veille à la suite de l’explosion d’une bombe.
- Le Ghana est le premier pays africain à accueillir le président Barack Obama, le 10 juillet pour un séjour de 24 heures.
- Le 30 août, à l’issue d’une élection contestée par l’opposition, Ali Bongo, fils aîné de feu Omar Bongo, est élu président du Gabon.
- Le 28 septembre à Conakry (Guinée), massacre d’opposants par les forces de sécurité (au moins 150 morts, selon l’ONU).
- Le 3 décembre, le chef de la junte au pouvoir en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, est blessé à la tête par son aide de camp, Toumba Diakité.

Au plan mondial

- Barack Obama prête serment le 20 janvier 2009 à Washington et devient à 47 ans le premier président noir des Etats-Unis.
- Le vol AF 447 d’Air France, parti de Rio vers Paris, disparaît le 1er juin 2009 au-dessus de l’Atlantique peu après son décollage. Les causes de la pire catastrophe de l’histoire de la compagnie française (228 morts) restent inconnues.
- La réélection du président iranien Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin 2009 est contestée par ses adversaires qui dénoncent les fraudes massives. L’Iran bascule dans sa plus grave crise politique depuis trois décennies.
- Le 25 juin 2009, décès brutal du roi de la pop, Michaël Jackson, à l’âge de 50 ans.
- Le 9 octobre 2009, le prix Nobel de la paix est décerné à Barack Obama.
- Le 3 novembre 2009, décès à l’âge de 100 ans de Claude Lévi-Strauss, créateur de l’anthropologie moderne.
- Du 7 au 19 décembre 2009, s’est tenu le sommet de Copenhague sur les changements climatiques qui débouche sur un accord non contraignant.
- Le 1er décembre, le traité de Lisbonne entre en vigueur.

Synthèse de Dayang-ne-Wendé P. SILGA

Le Pays

lundi, 28 décembre 2009

CONFIDENCES DU WEEK-END : Lotissement, une journée mouvementée à Rayongo

lundi 28 décembre 2009

Rayongo, une zone non lotie située dans l’arrondissement de Bogodogo, a connu une journée particulièrement mouvementée le 23 décembre dernier. Il était 17h00 quand nous arrivions sur les lieux. Le soleil rouge pourpre glisse lentement au-dessus de Rayongo, dans un ciel limpide et dégagé. Le dispensaire grouille du monde. La foule est en colère et suit minute par minute l’état de santé de Adama Sango, (26 ans) blessé quelques heures plutôt suite à une intervention de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS). "Le maire n’ose pas nous faire ça", s’insurge un habitant, la soixantaine bien sonnée, dont l’opinion revient sous des airs différents, dans plus d’une bouche.


A en croire les habitants, le maire de Bogodogo, Henri Sandaogo Sawadogo serait venu mercredi matin peu avant 10h. Il était accompagné de son 2e adjoint, de la CRS et de la Police municipale. Mission : procéder à l’attribution des parcelles au profit des habitants, des secteurs 28 et 29 de Ouaga. Or, de l’avis des habitants, cette zone devait leur venir de droit. Très surpris, les résidents de Rayongo ont alors approché le maire pour comprendre. Une démarche qui a non seulement déplu au maire mais l’a également irrité. Et voilà que tout tourne au vinaigre. Les forces de l’ordre font usage de gaz lacrymogène pour disperser les mécontents. Selon nos interlocuteurs, la force a été employée alors que des fidèles venaient juste de finir leur prière. Chose jugée inadmissible par les manifestants. C’est dans cette course-poursuite que le sieur Adama Sango a été touché. Dans la foulée, la population nous apprend qu’une dizaine de manifestants ont été arrêtés puis gardés au commissariat de Bogodogo. Information que nous avons tenté vainement de vérifier avec le 1er magistrat de Bogodogo mercredi soir. Aux dernières nouvelles, des négociations ont été entreprises entre le maire et les contestataires. Selon nos sources, des pourparlers débutés jeudi se sont poursuivis jusqu’à hier dimanche dans la soirée.


Alcool à base de sorgho : le Burkina bientôt propriétaire de l’usine de production

Comme le silence pouvait le laisser penser, le projet de production d’alcool à base de sorgho rouge au Burkina n’est pas resté dans les cartons. Il est une réalité et l’unité pilote de production qui a vu le jour a embouteillé une liqueur de sorgho rouge dénommée Spirigho qui sera bientôt commercialisée à grande échelle. Aujourd’hui, il est même question de remettre officiellement l’unité de production pilote construite dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de transformation du sorgho rouge en alcool (PTSRA), financé à près de 4 millions et demi de dollars américains par la République de Chine Taiwan. La cérémonie de remise est prévue pour le 31 décembre prochain à partir de 10h sur le site de l’unité pilote située à l’entrée sud de Ziniaré dans la province d’Oubritenga (région du Plateau central). Ladite remise se passera entre l’ambassadeur taïwanais au Burkina, Ming-Zhong Zhang, et le ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, Laurent Sédégo.


Jumelage Vandoeuvre-France/Poa : fête autour de 30 ans d’amitié

Après la foire du poulet qui a mobilisé la semaine écoulée, ressortissants et amateurs de gallinacés bis, la commune rurale de Poa dans la province du Boulkiemdé, sera encore dans une effervescence des grands jours à la faveur de la visite du maire de Vandoeuvre les Nancy. Une ville française qui entretient depuis 3 décennies des relations de coopération avec Poa. Au programme des festivités qui débutent le 29 décembre 2009, une cérémonie solennelle de signature d’une nouvelle convention de jumelage et une visite des 10 villages de la commune.


Gros retard dans une compagnie de transport

Une compagnie de transport de la place a failli gâcher le réveillon de Noël de ses clients, le 24 décembre dernier en accusant un gros retard. Le dernier départ pour rallier une capitale provinciale dans le Centre-Sud, qui était prévu pour 16h, a finalement eu lieu vers 20 h au grand dame des voyageurs à qui on a fait croire que le car était en panne. Renseignement pris, le car aurait été détourné "par une autre gare" de la compagnie pour une autre destination pour faire face à l’affluence du 24 décembre. Un manque de professionnalisme pour cette compagnie qui a quand même pignon sur rue.


BLOC-NOTES

La Commission de l’UEMOA organise le 29 décembre 2009 à son siège, la réunion du Conseil des ministres des Etats membres. La rencontre sera essentiellement consacrée à l’adoption du budget des organes de l’Union pour l’année 2010.

Le Pays

Réflexion : Le regroupement de partis et le jeu démocratique

lundi 28 décembre 2009

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Le député Mahama Sawadogo

Le regroupement actuel des partis en deux principales tendances-majorité présidentielle incarnée par "l’alliance des partis et formations politiques de la mouvance présidentielle (AMP) et "l’opposition" est-il pertinent pour le jeu démocratique ?


Dans la perspective de répondre à cette question les observations suivantes peuvent être faites :


- la logique binaire (AMP-OPPOSITION) ne prend pas en compte la situation de partis n’appartenant pas à l’un ou l’autre des regroupements ;


- cette logique contraint de fait les partis tiers à choisir un groupe pour pouvoir exister politiquement dans certaines structures ou instances nationales, comme la CENI qui ne prévoit que ces deux regroupements.


Dès lors, pour éviter de bloquer la dynamique du jeu politique, il s’impose que des correctifs soient apportés aux structures et instances nationales, de manière à dépasser la simplification du jeu politique induite par la logique binaire. pour ce faire deux solutions sont envisageables :


- soit, on revoit la composition de certaines de ces structures et instances en prenant en compte le troisième regroupement, celui des partis tiers ;


- soit, on les conçoit de manière à évacuer la présence des regroupements politiques en son sein.


Toutefois, me semble-t-il, la configuration des partis politiques en trois regroupements aère le jeu politique, dans la mesure où elle donne au moins trois choix à chaque parti ou formation politique, ce qui manifestement est un avantage par rapport à la logique binaire qui est politiquement et moralement suicidaire. En outre, la configuration en trois regroupements est davantage conforme à la réalité politique que ne l’est celle en deux.


En somme, la logique binaire légalement consacrée, sans justification pertinente autre que la simplification de la vie politique, apparaît comme une camisole de forces naturellement incompatible avec le principe du jeu politique ouvert en régime démocratique.


Mahama SAWADOGO : Député

Sidwaya

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