vendredi, 06 novembre 2009

Rood Woko : Opération “grilles baissées”

vendredi 6 novembre 2009

Rood Woko était ouvert hier à 7 h30 comme tous les jours, mais les boutiques sont restées fermées. Telle était la volonté de ses locataires qui en ont décidé le 4 novembre 2009 au cours d’une assemblée générale à la Bourse du travail, de baisser les grilles.

Après l’incendie du grand marché de Ouagadougou, Rood Woko, le 27 avril 2003, ces locataires ont connu une traversée de désert avant de revoir sa réouverture en grande pompe le 16 avril dernier. Malheureusement, cette euphorie sera de courte durée avec le bras de fer qui oppose les commerçants à la mairie de Ouagadougou, dirigée par Simon Compaoré. Pour que ce poumon économique retrouve ses performances d’antan, les marchands ont formulé des doléances en 16 points dont : la levée des barrières, la suppression de la zone piétonne ; revoir le positionnement des agents de la police municipale au niveau des portes d’entrée du marché ; l’instauration d’un sens unique, le retour du parking...

Les conclusions de la commission ad hoc de réflexion sur ces doléances n’ont pas résolu le problème. En effet, le représentant des commerçants, Souleymane Bandé, qui a paraphé le document, a été récusé et la fermeture des boutiques a été décidée au cours d’une Assemblée générale le 4 novembre 2009.

Hier, le mot d’ordre était suivi, Jean-Pierre Zoungrana, le seul que nous avons trouvé dans le marché, ne s’est pas embarrassé de circonlocutions : “Je n’ai pas lu l’information tôt, sinon je ne serais pas là. Simon Compaoré, à travers ses mesures, veut détruire le pays. Je suis là depuis 40 ans mais je n’ai jamais vu pareille situation. S’il ne revoit pas les choses, nous allons tous retourner à la maison et lui laisser son marché qu’il veut vendre aux étrangers”.

Son camarade Lota Baguian, boucher livreur, est plus tranchant : “Nous avons fait 3 mois après la réouverture sans rien vendre, mais nous sommes restés parce que nous croyons à la grâce de Dieu. Maintenant que ça commence à marcher, Simon Compaoré décide de mettre le feu. Malheureusement, le président Blaise Compaoré n’a plus notre temps. Il ne s’occupe que des pays qui ont des problèmes ; c’est un cordonnier qui est mal chaussé. Si ça continue comme ça, nous ne serons plus avec lui en 2010”, a-t-il martelé, sous les acclamations de ses camarades.

A la Bourse du travail où les commerçants se sont retrouvés par centaines pour faire le piquet de grève, c’est la satisfaction face au suivi du mot d’ordre. “Nous attendons la réaction des autorités avant de tirer la conclusion qui s’impose. Si elles voulaient avoir la preuve de notre mobilisation, elles sont bien servies”. Le directeur du marché, Amadou Saoud Sondé, se veut conciliant : “Il y a eu des doléances auxquelles on est en train de répondre ; d’autres sont toujours à l’étude. Nous invitons les commerçants à faire prévaloir le dialogue, sans lequel on ne pourra rien construire ensemble”.

Abdou Karim Sawadogo

L’Observateur Paalga

Echos de Sya : Ces « djandjobas » qui obstruent les voies publiques

vendredi 6 novembre 2009

Les rues de la ville de Bobo-Dioulasso sont de plus en plus accaparées pour l’organisation de manifestations, notamment les « djandjobas ». Cette situation amène dans la plupart des cas, les organisateurs à dresser en plein milieu des voies, des tentes pour abriter les réjouissances. Ces lieux occupés sans autorisation, ne sont pas balisés de telle sorte que l’usager se retrouve par surprise, nez à nez avec les « fêtards ».

Cet état de fait comporte de nombreux risques et il revient aux autorités communales compétentes de prendre des mesures afin que le pire ne se produise pas un jou.


Attention à ces friandises vendues dans les cours des écoles

Dans les écoles primaires, dès que le coup de cloche retentit pour la récréation (inter-classe) à 10 h, c’est une foule d’élèves qui prennent d’assaut les établis de ces vendeurs de friandises (gâteaux, pains, ignames, oranges, etc.) pour s’acheter de quoi calmer la petite faim et se refaire du tonus. Ce qui est souvent regrettable, c’est que souvent on offre de la vraie pourriture à ces petits innocents, qui ne savent pas distinguer les bons mets. Il s’agit souvent, pour le pain, de vieilles miches dont la mie est en phase de décomposition. Et le lendemain, bonjour les maux de ventre et les diarrhées. D’où l’absentéisme et les retards qui occasionnent une baisse de niveau préjudiciable aux petits enfants. Un contrôle par les services compétents, de ces petits mets proposés à nos enfants serait souhaitable.


Elle a eu de la chance de se faire inscrire à l’école à 9 ans

C’est lorsqu’elle est allée dans la cour d’une des écoles d’Accart-Ville Sud, la semaine dernière avec sa sœur pour vendre des bananes plantains couramment appelées « alocos », qu’elle a été interceptée par le personnel enseignant et inscrite en classe de CP1. Ce jour-là, Gnoumouténé Dao et sa grande sœur, portant chacune un plateau chargé de bananes, sont entrées dans la cour de l’école pour vendre. C’est la surcharge posée sur la tête de la plus petite qui a inquiété les enseignants, car visiblement, elle peinait sous le poids du plateau. Ceux-ci ont fini par demander à sa grande sœur l’âge de la petite. « Elle n’a que 8 ans », a-t-elle répondu. A la question de savoir pourquoi elle n’a pas été inscrite à l’école, la grande sœur répondra qu’elle ignore les raisons du refus de leurs parents. D’ailleurs, elle qui a 15 ans aimerait bien aller à l’école mais, on lui demande plutôt de vendre des bananes. « C’est depuis l’an passé que ma petite sœur a commencé à me suivre pour vendre des bananes », a-t-elle dit. Alors le personnel dépose les plateaux de bananes dans le bureau du directeur et fait appeler les parents qui, devant les faits, se sont vus obligés d’accepter la nouvelle situation imposée par l’école. Et c’est toute joyeuse que Gnoumouténé Dao a rejoint la classe du CP1, disant ainsi au revoir aux plateaux de bananes.


Attention aux risques de rage canine à Belle-Ville

Belle-Ville est un quartier de l’arrondissement de Konsa qui a vu le jour après le lotissement du secteur n° 21 en l’an 2 000. Très vite, les attributaires de parcelles se sont mis à l’ouvrage avec les constructions de maisons à usage d’habitation. Certains y ont même emménagé. Certainement, c’est à défaut pouvoir se payer les services des vigiles des habitants se sont procurés un chien ou plusieurs chiens pour leur propre sécurité. Ce qui motive encore la présence de ces bête est le manque d’éclairage constaté dans ce vaste quartier. Là où le bât blesse, c’est qu’il y a tellement une forte présence de la race canine que cela peut représenter un vrai danger pour la population, la plupart des chiens n’étant pas vaccinés. Il serait souhaitable que les services de santé en charge des questions du traitement de la rage canine sensibilisent les habitants de ce quartier sur la nécessité de prémunir leurs chiens de la rage en leur inoculant le vaccin. Mieux vaut prévenir que guérir, et quand on connaît le coût du traitement de la rage, beaucoup réfléchiraient par deux fois avant d’élever un chien.


L’école de Kimini manque de toiture

Située à 105 km de Bobo-Dioulasso et précisément dans la circonscription d’éducation de base de Padéma, l’école de Kimini qui a été atteinte par les intempéries hivernales a perdu sa toiture. Et depuis lors, rien ne pointe à l’horizon pour remédier à la situation. Ni du côté de la commune rurale ni du côté de l’Etat. A telle enseigne que les trois classes multigrades sont éparpillées. En effet, un magasin du Groupement des producteurs de coton (GPC) abrite l’une des classes tandis que les élèves des autres classes occupent à qui mieux mieux les autres classes endommagées, avec tous les risques que cela comporte .


Hauts-Bassins : le nouveau secrétaire général installé

Nommé en conseil des ministres du 14 octobre dernier, le nouveau secrétaire général (SG) de la région des Hauts-Bassins, Joachin Somda, a été officiellement installé dans ses fonctions hier jeudi 5 novembre 2009 à Bobo-Dioulasso. Précédemment haut-commissaire de la province du Kénédougou, le promu remplace ainsi l’ancien titulaire du poste, Sory Ahmed Ouattara, premier SG des Hauts-Bassins depuis la création des 13 régions du Burkina Faso.


Le directeur d’une école, agressé par un individu à la solde des parents d’élèves

Le directeur d’une des écoles du quartier Ouezzinville a reçu des coups de poings d’un scélérat qui a pris ses jambes au cou après avoir commis son forfait. Appréhendé, il dira avoir été envoyé pour tabasser le directeur en question, par certains parents d’élèves. En attendant de revenir sur la question, selon des sources proches de l’école, tout le personnel est en voie d’être affecté, au regard de la tournure prise par l’événement.


Hôpital Sourô Sanou : des sit-in du 10 au 13 novembre

Engagés, depuis un certain temps, dans un bras de fer avec la direction générale pour obtenir de meilleures conditions de travail, les travailleurs du Centre hospitalier universitaire Sourô Sanou (CHUSS) de Bobo-Dioulasso n’entendent pas désarmer sans la satisfaction de leur plate-forme revendicative. Estimant que la direction générale « méprise » leurs revendications par une « attitude d’indifférence », les agents sont déterminés à aller jusqu’au bout. C’est dans cette dynamique que la section du Houet du Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) projette d’organiser des sit-in du 10 au 13 novembre 2009, précisément tous les matins de 7h à 9h. Ce mouvement d’humeur, a-t-on noté, sera renforcé à l’occasion par un boycott de toutes les activités de l’établissement sanitaire par les agents. En se prenant ainsi, le syndicat espère la résolution des problèmes posés. D’une part, Il s’agit de la reprise normale des activités du bloc opératoire central et de la maternité ainsi que celles du laboratoire et de la radiologie, et d’autre part, le paiement des sommes dues aux médecins spécialistes et hospitalo-universitaires.

La Rédaction

Sidwaya

 

Campagne agricole dans les Hauts-Bassins : Quand la pluie joue les prolongations

vendredi 6 novembre 2009

La fin de la saison pluvieuse qui marque aussi la fin de la campagne agricole ne semble pas être pour demain dans certaines localités du pays. Jusqu’à la fin du mois d’octobre, il pleuvait encore des cordes dans des régions comme les Hauts-Bassins et principalement à Bobo-Dioulasso où plus de 44 mm de pluie ont été enregistrés le samedi 31 octobre dans la soirée.

Des pluies qui ne sont pas sans conséquences en cette période d’épiaison et de maturité des cultures. L’inquiétude, qui s’est alors emparée des techniciens de l’agriculture et surtout des producteurs, va grandissante au fil des jours dans cette partie ouest du Burkina où de gros nuages noirs côtoient quotidiennement le soleil qui éprouve toujours de la peine à pointer ses puissants rayons.

Des producteurs dans les Hauts-Bassins pourraient bien se demander ce qu’ils ont pu faire à Dieu pour mériter un tel sort. Une question, somme toute, légitime au regard de la fréquence des pluies ces dernières semaines, et en cette période où la plupart de nos braves paysans se préparent à entamer l’une des dernières étapes de leurs travaux champêtres, à savoir les récoltes. Pourtant réclamée à cor et cri en début de saison, la pluie qui se faisait tant désirer n’en finit toujours pas de surprendre.

Les caprices de dame nature qui a choisi cette fois-ci de jouer les prolongations en cette fin de campagne, particulièrement, bien arrosée dans les Hauts-Bassins. Cent trente-deux millimètres (132 mm) d’eau ont été recueillis en 12 jours de pluies au cours du mois d’octobre. « Nous avons connu cette situation en 2006 avec 166 mm d’eau enregistrés à la même période. Hormis cela, il faudra remonter 15 ans en arrière pour connaître une telle pluviométrie au mois d’octobre », nous apprend Antoine Zoungrana, observateur météo à Bobo.

Et selon les statistiques, la pluviométrie normale du mois d’octobre est de l’ordre de 57,7 mm. Avec plus de 130 mm d’eau recueillie en cette fin de campagne agricole, il y a véritablement lieu de s’inquiéter. Ce qui est sûr, la pluviométrie a été très abondante le mois dernier où 44 mm d’eau ont été recueillis pour la seule journée du samedi 31 octobre. Une pluie qui aura duré quatre heures environ et qui n’était pas sans conséquences pour les manifestations entrant dans le cadre du 49e anniversaire des Forces armées nationales à Bobo- Dioulasso.

D’abord, la retraite au flambeau qui a été gâchée par une pluie qui s’est invitée à la marche, ensuite le théâtre de l’amitié qui restera fermé aux mélomanes de Sya. Eux qui attendaient de communier avec la cour suprême à ce concert de la paix organisé pour la circonstance. Le comité d’organisation de ce quarante-neuvième anniversaire n’était toujours pas au bout de ses peines lorsque le lendemain très tôt dans la matinée, le ciel n’hésita pas à nouveau à ouvrir ses vannes.

Du coup, le dispositif mis en place pour la cérémonie de prise d’arme suivi du défilé du 1er-Novembre devant le gouvernorat des Hauts-Bassins va connaître des perturbations. Une pluie qui s’estompera avant l’arrivée des invités et du début de la parade militaire. Le moins que l’on puisse dire est que le week-end écoulé a été particulièrement bien arrosé à Bobo-Dioulasso. Des pluies qui, malheureusement, continuent de troubler le sommeil de nos braves paysans.

Un phénomène lié aux changements climatiques ?

Bon nombre de producteurs dans les Hauts-Bassins sont désormais partagés entre le doute et l’espoir avec cette pluviométrie qui ne cesse de compromettre dangereusement certaines spéculations en pleine maturité. Ce qui est sûr, des incertitudes planent depuis la fin du mois d’octobre sur des cultures qui restent sous la menace de ces pluies souvent accompagnées de vents violents. Un phénomène inhabituel en cette fin d’hivernage et que certains ont vite fait de lier aux changements climatiques qui sont en train de bouleverser l’ordre normal des choses dans le monde.

Comment expliquer ces abondantes précipitations du mois d’octobre alors que le début de la campagne a connu une installation tardive avec les pluies qui se faisaient rares comme des larmes de chien. Il a fallu attendre, au dire des techniciens de l’agriculture, la deuxième décade du mois de juillet pour avoir une pluviométrie assez fréquente. Une régularité qui permettra, d’ailleurs, de faire la mise en place des cultures essentielles comme les céréales et le coton.

D’une manière générale, les pluies n’ont pas connu cette année de forte intensité dans la région. Elles sont plutôt caractérisées par leur régularité qui a ainsi permis aux cultures d’avoir un comportement végétatif assez remarquable jusqu’en septembre où, malheureusement, on a enregistré quelques poches de sécheresse. Toujours est-il que l’espoir qui est apparu au cours de la dernière décade du mois de septembre, avec la reprise de l’activité pluviométrique, est en train de se transformer en un cauchemar pour les producteurs.

Lesquels sont désagréablement surpris par ces fréquentes et abondantes pluies du mois d’octobre. Si en octobre 2007 on a enregistré seulement 26,3 mm de pluie et 49,1 mm en 2008, tel n’est pas le cas cette année où le ciel s’est montré beaucoup plus généreux qu’il n’en fallait avec plus de 130 mm de pluie en 12 jours. A quand alors la fin de cette saison des pluies ? Une question qui reste toujours sans réponse pour des producteurs qui ont visiblement de la peine à comprendre ce qu’il leur arrive en cette fin de campagne.

Les cultures en danger

Ces précipitations du mois d’octobre, ne sont certainement pas pour plaire aux principaux acteurs du monde agricole, encore moins au chef du service études et planification de la direction régionale du ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques des Hauts-Bassins. Bruno Sanou, que nous avons rencontré à son bureau, ne cache pas son inquiétude. « Nous étions contents de la reprise des pluies vers la fin septembre compte tenu du faite qu’on avait un important lot de semis tardifs. Cela nous a fait espérer de voir ces semis tardifs rentrer dans leur cycle végétatif normal.

Malheureusement, jusqu’à la date d’aujourd’hui (nous étions le lundi 02 novembre), nous avons toujours des pluies. Cela est inquiétant d’autant plus que ces pluies sont en train de faire des dégâts au niveau de nos cultures qui sont au stade de maturité. Des pluies aussi fréquentes avec des quantités d’eau importante, cela va inévitablement porter préjudice à certaines cultures ». Cette fin de campagne agricole est loin d’être rassurante pour les producteurs de la région des Hauts-Bassins.

Selon les techniciens de l’agriculture, toutes les spéculations sont exposées à ces pluies, même si les risques varient d’une culture à une autre. Et Bruno Sanou de préciser que « ces précipitations sont souvent accompagnées de vents violents. Des vents qui causent d’importants dégâts, notamment dans les champs de mil et de sorgho. A l’heure actuelle, les cultures les plus touchées sont le niébé, le fonio, le petit mil. Au niveau du coton il faut craindre les pertes de qualité de la fibre ».

Avec cette situation qui prévaut dans les Hauts-Bassins, les prévisions au niveau des services techniques de l’agriculture vont certainement prendre un sérieux coup et il est à craindre une baisse des rendements. Surtout qu’avec le début de la campagne, qui avait connu de sérieuses perturbations dues à l’installation tardive des pluies, les précipitations du mois d’octobre n’étaient pas pour arranger les choses.

Ce qui est sûr, au niveau de la direction régionale de l’Agriculture des Hauts-Bassins, l’optimisme n’est pas totalement de mise. Nul doute que nous en saurons davantage avec ces missions de la Direction régionale de l’agriculture qui vont bientôt sillonner les zones les plus touchées afin de s’enquérir de l’état des cultures et mesurer l’ampleur des dégâts.


Quatre questions à Richard Sengbéogo de l’ASECNA

Pour mieux cerner les causes d’une telle pluviométrie au cours du mois d’octobre, nous avons approché le chef du Centre météo secondaire de Bobo, Richard Sengbéogo, qui s’est prêté volontiers à nos questions.

Quelle appréciation faites-vous de cette pluviométrie du mois d’octobre ?

• Il s’agit là d’un phénomène normal du fait qu’au cours de ces trente dernières années, le mois d’octobre a toujours eu des pluies. Seulement cette année, la pluviométrie a été excédentaire, dépassant largement la normale qui est de 57,7 mm. C’est pour vous dire qu’au mois d’octobre, on doit enregistrer en moyenne 57,7 mm de pluie alors que cette année, nous sommes à un peu plus de 132 mm. C’est une année quelque peu exceptionnelle parce que même à Dori il a plu cette année en octobre.

Quelles explications donnez-vous alors à ce phénomène ?

• Ces pluies du mois d’octobre s’expliquent par le fait que le front intertropical qui est la zone d’intersection entre les vents d’harmattan et les vents de mousson a été au-delà de Dori. Ce qui fait que la pluviométrie a été effective sur toute l’étendue du territoire, mais à des degrés divers. On a enregistré ça et là des quantités d’eau remarquables. A Bobo par exemple, on a eu une pluie qui a duré presque toute la journée du 30 et à la date du 31 octobre, on a relevé au total 46,6 mm d’eau. Une telle quantité a même été rare durant le mois d’août à Bobo.

Avec un tel phénomène, faut-il craindre un décalage de la saison ?

• Je vous apprends d’abord que le Centre météorologique de Bobo est un centre d’observation et non de prévision. Nous ne pouvons pas vous dire s’il y aura un décalage de la saison. Mais à mon humble avis, il ne saurait y avoir de décalage par rapport à la saison à venir. Comme je le disais tantôt, les pluies d’octobre sont un phénomène normal et que même dans nos prévisions, nous attendons encore des précipitations en ce mois de novembre où la moyenne est de 7,7 mm et en décembre 1,2 mm.

Ce qui veut dire qu’il y aura toujours de la pluie ?

• Pourquoi pas. Il n’est pas exclu qu’il y ait encore des pluies. En ce mois de novembre on a déjà enregistré un peu plus de 2 mm alors que la moyenne est de 7,7 mm. Je pense qu’il faut toujours s’attendre à la pluie. Surtout que ces jours-ci, on constate de la mousson au niveau de Bobo alors qu’au Centre, on assiste plus à des incursions de vent d’harmattan.

Propos recueilli par JAK

L’Observateur Paalga

POT-POURRI : Des sanctions contre le gendarme discourtois de l’aéroport

vendredi 6 novembre 2009

Dans "Le Pays" n°4454 du vendredi 18 septembre, nous faisions cas de l’attitude incompréhensible d’un gendarme vis-à-vis des journalistes et des invités, à l’occasion de l’arrivée d’un avion algérien contenant des produits pour les sinistrés. Ce gendarme avait tenu des propos désobligeants à l’endroit de tous, qui sont indignes de son rang.

Et bien, après enquête, le ministre de la Défense a pris des sanctions contre l’intéressé. Il a été immédiatement relevé de ses fonctions et affecté dans un autre service, avec en sus une sanction disciplinaire pour attitude discourtoise. Visiblement, Tertius Zongo et son gouvernement ne semblent plus prêts à tolérer les mauvais comportements des agents publics.


Gaoua : une maman jette son bébé dans les toilettes

L’acte abominable commis par A.N. serait peut-être passé inaperçu si sa tante ne l’avait pas dénoncée auprès des forces de sécurité. En effet, cette jeune fille qui a donné naissance à un bébé le mardi 27 octobre 2009, a opté de le jeter dans les toilettes. Sa tante qui a appris la « bonne » nouvelle est allée pour voir le bébé le jeudi. C’est là que sa nièce lui répondit que le bébé était décédé et qu’ils l’avaient enterré, le père du bébé en question et elle. Insouciante, elle a fini par des éclats de rires. Offusquée par un tel comportement, la tante décida, malgré tout, d’aller manifester sa compassion auprès du père de l’enfant. Ce dernier tomba des nues et fit remarquer qu’il ne savait même pas que sa copine portait toujours la grossesse a fortiori qu’elle avait accouché d’un bébé. Car selon lui, il l’avait perdue de vue lorsqu’elle s’était rendue en Côte d’Ivoire. La tante se rendit de nouveau chez sa nièce au secteur 5 et lui demanda de lui montrer la tombe du bébé tout en prenant soin de lui faire part de l’entretien qu’elle a eu avec le père du bébé. Sur ces entrefaites, la nièce passa aux aveux et indiqua le lieu où elle avait jeté le bébé. C’était malheureusement dans les wc de l’école Sacré-Coeur de Gaoua. La jeune maman a été arrêtée en attendant la poursuite de l’enquête. De sources concordantes, elle aurait dans un premier temps décidé d’avorter lorsque l’homme s’y opposa.


Une jeune femme menace un camarade avec un poignard à l’ISTIC

Le lundi 26 octobre 2009, une scène digne de plateau de cinéma a stupéfié les étudiants d’une des salles de classe de l’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication. En effet, une jeune fille a menacé son camarade avec un poignard ; Tout a commencé par une phrase qu’a dite la jeune fille en réponse à une question du professeur. Le camarade contesta un terme dans la phrase qui ne conviendrait pas dans la réponse. C’est alors que la jeune femme s’offusqua de l’intervention de son camarade, mêlant injures et propos désagréables. Son vis-à-vis répondit pas des propos apaisants, invoquant l’honneur de l’Institut et leur maturité à tout deux. C’est ainsi que le professeur fit diversion, appelant l’une et l’autre à la raison, et contant, pour détendre l’atmosphère, l’anecdote de deux jeunes gens qui s’étaient battus mais ont fini par s’amouracher. L’incident fut donc clos. Mais en apparence, car aussitôt que le cours prit fin et que le professeur eut tourné le dos, la jeune femme prit son sac et en sortit un poignard. Et dans une classe remplie d’étudiants stupéfiés, la jeune femme marcha sur le jeune homme, le tançant de venir à elle s’il "était un garçon." Heureusement, les étudiants ne restèrent pas longtemps figés car un "mur humain" se dressa rapidement entre la jeune femme et le jeune homme. On exhorta ce dernier à ne pas réagir et l’irréparable put ainsi être évité. Jusqu’à l’heure où ces lignes étaient tracées, selon les témoignages de leurs camarades, les deux jeunes gens se regardaient toujours en chiens de faïence. L’administration de l’établissement serait en réflexion pour étudier la décision à prendre quant à cette affaire.


Un chef qui divise

Dans une région du pays, un responsable coutumier qui aurait maille à partir avec des habitants de sa localité n’aurait pas trouvé mieux que de calomnier certains d’entre eux auprès de toute nouvelle autorité affectée dans la région et principalement dans sa province de résidence. Tout préfet, commandant de brigade de gendarmerie, commissaire de police, nouvellement affecté dans la province reçoit la visite du responsable coutumier en question, non pas pour parler de développement, mais pour être sensibilisé sur la guerre qu’il mène contre ses "ennemis" qui ne sont autres que des personnes du même village que lui. Il n’est pas jusqu’au haut-commissaire et autres hommes de loi qui ne reçoivent sa visite. Une fois "sa campagne de sensibilisation" terminée, il retourne dans son patelin et clame à qui veut l’entendre que telle personnalité nouvellement arrivée serait son ami. Le problème est que dans sa lancée, il n’épargne pas les prédécesseurs de ses nouveaux "amis" au risque de paraître comme un vulgaire "mounafica". Pourtant, rien ne l’empêche de porter une plainte en bonne et due forme contre ceux qu’il accuse de lui causer du tort, plutôt que de s’adonner à la délation. Apparemment, il ignore que ses démarches peuvent le conduire un jour devant les tribunaux pour dénonciations calomnieuses.


UNIR/PS - NDI : un protocole d’entente signé

L’UNIR/PS et le NDI renforcent leur collaboration. Ils viennent de signer un accord à cet effet, comme l’indique le communiqué de presse ci-dessous. "Le vendredi 30 octobre 2009 s’est tenue au siège de l’Union pour la renaissance / Parti sankariste (UNIR/PS), une signature de protocole d’entente entre le National Democratic Institute for International Affairs (NDI) et l’Union pour la renaissance / Parti sankariste (UNIR/PS). Ce protocole d’entente établit la base de collaboration entre le NDI et l’UNIR/PS dans le cadre du programme " Réforme et renforcement des capacités des partis politiques" soutenu par l’USAID. Cette collaboration s’inscrit dans la volonté du NDI et de l’UNIR/PS de réaliser des activités de formation et d’accompagnement techniques auprès des membres de l’UNIR/PS. Ce protocole d’entente poursuit notamment deux objets spécifiques qui sont : 1- Renforcer les capacités de communication et de planification stratégique de l’UNIR/PS ; 2- Renforcer les capacités de l’UNIR/PS à participer de manière efficace à la gouvernance locale. L’échéance du 31 juillet 2010 a été fixée pour la réalisation des différentes activités. Le protocole d’entente a été paraphé par Mme Aminata Faye Kassé, directrice résidente du National Democratic Institute qui a conduit la délégation du NDI, et Me Bénéwendé Stanislas Sankara, président de l’Union pour la renaissance / Parti sankariste qui conduisait celle de l’UNIR/PS. Les deux parties se sont félicitées des rapports de bonne collaboration qui ont toujours existé entre le NDI et l’UNIR/PS et souhaité qu’ils puissent perdurer pour l’ancrage de la démocratie au Burkina Faso. "


Des patrons de presse africains au Nigeria

Du 4 au 6 novembre se tient à Lagos, au Nigeria, le forum des responsables de presse du continent africain. Ce forum regroupe l’Afrique dans sa diversité géographique et linguistique (anglophone, francophone, lusophone). Le DG du groupe de presse "Le Pays", Boureima Jérémie Sigué, participe à cette rencontre.


Secteur 17 de Ouagadougou : les vols par effraction de plus en plus courants

Une famille au quartier Kourittenga, au secteur 17 de Ouagadougou, a reçu la visite nocturne (aux environs de 2h du matin) de bandits. En effet, ayant réussi à entrer dans le salon, alors que les occupants des lieux dormaient, ils emportèrent une mobylette de marque Crypton ainsi que les documents de la mobylette, avant de continuer dans la chambre à coucher où ils prirent de l’argent et des cellulaires. Ce n’est pas la première fois que les délinquants font parler d’eux dans ce quartier. Et presque toujours, par le vol par effraction.


Cinkansé : des parcelles qui divisent

Une affaire de parcelles divise des résidents de la commune rurale de Yargatenga, dans la ville de Cinkansé. Ces derniers temps, elle prend une ampleur dangereuse et mérite que les autorités s’y penchent sérieusement. L’affaire est entre les mains de la Justice, à Tenkodogo, mais les audiences ont été plusieurs fois reportées. Un des groupes de résidents a adressé une lettre ouverte au maire de Yargatenga, pour exprimer son mécontentement pour la façon dont il gère la crise.


Programme 5 000 jeunes entrepreneurs : la région des Cascades, mauvais élève

Le 29 octobre 2009, la Coordination nationale du programme de formation de 5 000 jeunes en entrepreneuriat par an était pour la deuxième fois dans la Cité du paysan noir en l’espace de deux semaines. Objectif de ces visites : encourager les jeunes qui se sont inscrits pour la formation au compte de la présente édition et inviter les bénéficiaires des fonds de la première édition à accélérer le processus de remboursement. Selon le coordonnateur du programme, Parfait Désiré Ouédraogo, la région des Cascades est classée 13e sur l’ensemble du territoire sur le tableau de recouvrement. Pendant que le taux de recouvrement se situe entre 78% et 100% dans les autres régions, dans les Cascades, il est de l’ordre de 36%. Dans cette région, ce sont en tout 22 jeunes qui ont bénéficié d’une enveloppe financière de près de 22 millions de F CFA. Cependant, a déploré le coordonateur, il y en a 21 qui ont effectivement démarré leurs activités. Du lot, seulement trois s’en sortent. Les jeunes ont été invités à faire diligence dans le remboursement afin que d’autres demandeurs de fonds puissent être satisfaits. Selon toujours le coordonateur, les dossiers pourraient être transmis à un huissier qui accompagne le programme si la situation persiste.


FILO : des stands disponibles

La 8e Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO) se tiendra du 26 au 30 novembre prochain. Les organisateurs y ont prévu une exposition. Les frais de location des stands sont de 15 000 F CFA par m2 pour les nationaux et de 30 000 F CFA par m2 pour les étrangers. La commission Exposition, qui s’occupe de ces stands, est basée à la Bibliothèque nationale et répond au 70 25 38 56. Les inscriptions seront closes le 20 novembre.


Pédiatrie et Maison d’arrêt de Banfora : le CERFI au secours des pensionnaires

Dans le cadre de son programme d’activités 2009, le CERFI (Cercle d’études, de recherches et de formation islamiques)/ Comoé est allé rendre visite aux pensionnaires de la pédiatrie du CHR de Banfora ainsi qu’à ceux de la Maison d’arrêt et de correction de Banfora (MACB) le samedi 24 octobre 2009. Les membres du cercle n’y sont pas allés les mains vides. Ils ont organisé une collecte de fonds qui leur a permis de remettre du savon, des biscuits et des oranges aux malades internés à la pédiatrie du CHR de Banfora. A la MACB, ils ont remis un sac de 50 kilogrammes de riz, une somme de 25 000 F CFA et un lot de vêtements. Selon le Secrétaire général du CERFI/Comoé, Amado Simporé, l’un des objectifs du CERFI dans lequel ce geste de solidarité s’inscrit est de contribuer au développement social, économique et culturel du pays. Dans ces deux lieux, les membres du Cercle ont prodigué des conseils et fait des doua pour que les uns recouvrent la santé et les autres, la liberté. Il faut noter qu’au cours de cette même année 2009, le CERFI a organisé au sein du complexe scolaire de la Fraternité Ousmane Dan Fodio un don de sang qui a permis de collecter 39 poches au profit de la banque de sang du CHR de Banfora.


Des conseillers burundais dans nos murs

Une délégation du Conseil économique et social (CES) du Burundi séjourne depuis le mercredi 4 novembre 2009 au Burkina. La délégation est venue s’inspirer de l’expérience du CES du Burkina. Mettant à profit le fait que le CES est actuellement en session ordinaire, les membres de la délégation ont eu une rencontre d’échanges et de travail avec le président du CES du Burkina et participé à une séance plénière du CES du Burkina. La délégation est composée de trois personnes : Dr Louis Ndikumana secrétaire général ; Guillaume Nzeye, secrétaire exécutif permanent et Pascal Girukwishaka, président de la commission macro-économique et des réformes structurelles du CES du Burundi. Ces conseillers quittent le Burkina, en principe, demain samedi 7 novembre.


Théâtre : pluie de prix au FITD 2010

Le Festival international de théâtre pour le développement (FITD) aura lieu en mars 2010. Les inscriptions sont déjà ouvertes et les conditions de participation peuvent être consultées sur le site internet www.atb.bf ou au siège de l’ATB (Atelier théâtre burkinabè) sis au secteur 9 de Ouagadougou (ex-quartier Gounghin). L’innovation majeure est que le festival se labellise pour cette édition. En effet, des prix seront décernés au meilleur spectacle, au meilleur comédien et à la meilleure comédienne, au meilleur spectacle populaire et bien d’autres prix. Le FITD 2010 sera couplé avec le CAPO (Concours artistique du primaire de Ouagadougou) et la fin en apothéose est prévue dans un village où les festivaliers vivront en live un spectacle de théâtre communautaire.

Le Pays

Une lettre pour Laye : SOS pour nos cimetières

vendredi 6 novembre 2009

Cher Wambi,
Oui, c’est vrai, les changements climatiques nous ordonnent, au Pays des hommes intègres, de subir jusqu’en ce mois de novembre la pluie, quand bien même elle serait devenue rare telles les larmes d’un crocodile. Mais, courageusement, tournons la page sur la saison des pluies 2008-2009, et mettons le cap sur la gestion efficiente des fruits de la campagne agricole qui vient donc de s’achever.

Et puisqu’il faut manifester notre gratitude renouvelée aux agents de l’ASECNA qui, durant ces si longs mois, auront brillé par leur fidélité à notre rendez-vous hebdomadaire, voyons ensemble les derniers relevés pluviométriques, de la semaine du jeudi 29 octobre au mercredi 04 novembre, ce, avant de leur tirer notre chapeau, en leur donnant rendez-vous à la saison prochaine : Dori = 13,8 mm ; Ouahigouya = 1,1 mm ; Ouagadougou-aéro = 0,1 mm ; Ouagadougou-Somgandé = 0,0 mm ; Dédougou = 1,1 mm ; Fada N’Gourma = 8,2 mm ; Bobo-Dioulasso : 67,2 mm ; Boromo = 38,7 mm ; Pô = traces ; Gaoua = 40,6 mm ; Bogandé = traces.

Cela dit, cher cousin, je mesure déjà l’inquiétude qui habite aussi bien les vieilles tantes que les vieux oncles du village, maintenant que le froid s’annonce avec l’harmattan. Sûrement que, comme de par le passé, les marchands de manteaux et de pull-over seront de tous les marchés pour nous tondre, aussi, je ne cesserai de te rappeler qu’en cette période, le beurre de karité est et demeure d’un indéniable secours. Sinon, bonjour le rhume, la grippe et la toux, qui défient tous les âges. Alors...

Maintenant que tu as bien enregistré ma prescription, cher Wambi, dis-moi quel sera l’événement majeur ce samedi 07 novembre à Simonville pour me convaincre que, même à mille lieues des lambris de la capitale, vous êtes aussi des plus informés. Nul besoin de consulter Nôostanga, l’increvable charlatan du village ; fais seulement ton baluchon et hâte le pas pour ne point être des derniers acteurs, sinon spectateurs, du cross de la réconciliation qui se courra à travers les artères de l’arrondissement de Baskuy. Pour la petite histoire, te rappelles-tu en effet, cette folle nuit du 20 au 21 septembre dernier où des élèves-policiers, en furie, s’en étaient aveuglément pris aux populations du quartier Gounghin au secteur 9 ? En son temps, les mots manquèrent aux Burkinabè de tout bord pour condamner cette descente punitive d’un autre âge qui fit tant de blessés et de dégâts matériels.

La suite, on la connaît, puisque le ministre de la Sécurité était monté sur ses grands chevaux pour rappeler ses troupes à l’ordre, à travers un décret qui fera date dans l’histoire des corps habillés dans notre pays. Je n’ose pas y revenir, pour ne point remuer le couteau dans la plaie ; sache seulement que, comme je te l’avais déjà annoncé dans ma dernière lettre, toutes les victimes viennent d’être dédommagées, et c’est un nouveau vent qui semble souffler sur l’Ecole nationale de police (ENP), désormais sous le commandement du commissaire Paul Sondo.

Et quand je dis nouveau vent, cher Wambi, je pèse bien mes mots : ce samedi 07 novembre, en effet, les élèves-policiers, les populations de Gounghin et de Larlé, théâtre des événements douloureux, fumeront le calumet de la paix, à travers un cross de réconciliation, coparrainé par le médiateur du Faso et le Goungha Naaba. Une initiative qui aurait reçu l’onction de la hiérarchie des forces de sécurité, qui entendent ainsi enterrer, à jamais, la hache de guerre. Nul doute qu’elle sera aussi saluée par les populations civiles, lesquelles, pendant longtemps, pour un oui ou pour un non, ont fait les frais de certains éléments, qui ne savent que ternir l’image des troupes.

Dans ma dernière lettre toujours, cher Wambi, je te faisais part de l’indignation de nombre de citoyens après que le Conseil des ministres a décidé de la nomination d’une vingtaine d’enseignants du primaire à des postes de préfet, en dépit du déficit de maîtres d’écoles et de la baisse du niveau de l’enseignement, tant décriés. Dans la province du Boulgou, région du Centre-Est, la balle a été saisie au bond pour faire l’état des lieux. Si d’aucuns n’hésitent pas à voir en ces nominations une politique de revalorisation du corps enseignant, là-bas, dans les champs d’arachide, on ne se fait point prier pour dire de Boulgou, province “sous-administrée”. Evidemment, voilà un terrain des plus glissants, sur lequel je refuse de m’aventurer, préférant plutôt te dévoiler ces statistiques, qui t’édifieront certainement :

Tenkodogo (préfet : administrateur civil) ; Garango (préfet : administrateur civil) ; Bagré (préfet : secrétaire administratif) ; Bittou (préfet : infirmier d’Etat) ; Komtoèga (préfet : attaché d’administration scolaire) ; Bissiga (préfet : secrétaire administratif) ; Bané (enseignant) ; Béguédo (enseignant) ; Boussouma (enseignant) ; Niaogho (enseignant) ; Zoaga (enseignant) ; Zonsé (enseignant) ; Zabré (enseignant). Qu’en déduire, cher cousin ? Certainement que les gourous de l’Administration territoriale et de la Décentralisation ont leurs raisons que les administrés ignorent. Sait-on jamais !

Ce week-end, du samedi 07 au dimanche 08 novembre 2009, ce sera la croix et la bannière pour les fidèles catholiques de l’archidiocèse de Ouagadougou qui célèbrent les funérailles chrétiennes de leurs proches. Connaissant la tradition bien de chez nous qui commande qu’en pareille circonstance on joue la solidarité à fond, l’on peut imaginer déjà le calvaire des uns et des autres pour accomplir ce périple annuel. En attendant, toutefois, les 1er et 02 novembre derniers, ici comme ailleurs, et depuis la nuit des temps, l’on a respectivement fêté la Toussaint et les saints inconnus, et commémoré le souvenir des morts.

D’où cette foule des grands jours qui a déferlé aux différents cimetières, qui pour prier, qui pour déposer une gerbe de fleurs. Si cette affluence est la preuve que nul n’est jamais mort tant qu’il demeure en nos cœurs, l’on ne peut passer sous silence l’image de forêt classée qu’offrent nos cimetières à Simonville de nos jours. Certes, l’autorité municipale a montré la voie, en y érigeant des murs de protection, et mérite toutes nos félicitations, et la balle est désormais dans le camp de tous.

A y voir, en effet, les hautes herbes et les buissons qui ont fini d’avaler les tombes et mausolées, l’on est en droit de se demander à quoi peuvent maintenant servir nos fleurs. Bref, l’on est loin des pays côtiers, tels le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana... où les cimetières sont si bien entretenus qu’ils peut vous venir à l’idée d’y passer une journée ; rien qu’à se rappeler que ce sont là nos futurs sous-sols. Mais hélas, ici au Faso, les cimetières sont ainsi faits qu’ils s’apparentent à des dépotoirs. Pour combien de temps encore, peuple des fidèles ?

Cher Wambi, elle est bien connue au Burkina et au-delà, mais plus particulièrement par les populations du Sud-Ouest. Je veux bien sûr parler de Madeleine Père, cette religieuse qui a consacré toute sa vie à l’anthropologie des peuples dagara, lobi, birifor, dian et qui a choisi de reposer en terre lobi après son départ pour le ciel. Mais il est également une autre religieuse, moins médiatisée, qui a tout aussi donné le meilleur d’elle-même dans cette partie de notre pays : il s’agit de la Sœur Yvette Dubroux, franciscaine missionnaire de Marie.

Arrivée en Haute-Volta en 1945 à l’âge de 26 ans, elle y aura séjourné 64 ans, consacrant sa période de vie active à l’enseignement primaire en zone dagara, après un court séjour à Dapongo au Togo. Eh bien ! cher Wambi, sœur Yvette, elle également, s’est endormie pour de bon, dans sa 90e année le lundi 02 novembre dernier. Une date symbolique s’il en est, puisque, dans la tradition catholique et généralement occidentale, c’est le jour choisi par les vivants pour célébrer leurs défunts comme je le disais tantôt. Ses obsèques ont eu lieu le mardi 04 du même mois à Saint-Camille à l’occasion d’une messe de requiem, présidée par l’évêque de Dapango.

Je ne t’en dirai pas plus, cher cousin, puisque Tipoko l’Intrigante, notre imperturbable bonne vieille, me presse de t’ouvrir son carnet secret :

- Six ans après son purgatoire à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), par suite de sa condamnation dans le procès du fameux putsch manqué d’octobre 2003, le téméraire sergent Babou Naon vient de recouvrer la liberté. Mais quel sera l’avenir professionnel de cet ancien élément de la Garde de sécurité présidentielle (GSP) ? Ceux qui semblent dans le secret des dieux, en tout cas, annoncent son retour prochain dans son village natal dans la Sissili.

- Le pèlerinage à la Mecque, c’est pour bientôt. Partout dans le monde, les organisateurs des différents pays affûtent leurs armes pour que les adeptes de la religion de Mohamed puissent se rendre aux Lieux saints de l’islam en vue d’accomplir les rites prescrits. Cette année, l’Arabie Saoudite serait prête à délivrer 3 000 visas pour les pèlerins burkinabè. Mais, à ce jour, on dénombre, selon certaines sources, quelque 1 500 personnes inscrites sur la liste de départ. Et comme on le sait, c’est désormais le privé qui a en charge le Hadj dans la “Patrie des Hommes intègres”. Selon un communiqué de la seule agence à qui l’Etat a donné le quitus pour convoyer les Musulmans qui désirent effectuer ce long voyage, le premier et le deuxième vol, à partir de Ouagadougou pour la Mecque, sont prévus pour le samedi 7 novembre 2009. Quant au troisième vol, il est programmé pour le dimanche 8 novembre 2009 à Bobo-Dioulasso. Pour éviter tout désagrément, tous les pèlerins sont convoqués 8 heures avant chaque vol.

- S’il y a un fait atypique dans la dynamique des préparatifs des festivités de la fête de l’Indépendance le 11 décembre prochain, c’est bien la grande prière œcuménique que prévoient d’organiser les premières autorités de la région le samedi 07 novembre à la place de la Nation. Catholiques, protestants, musulmans et coutumiers se retrouveront à l’appel du gouverneur de la région du Nord, Viviane Yolande Compaoré, pour adresser leurs prières à Dieu, dans l’optique de réussir cette grande commémoration.

- Le laboratoire d’analyses médicales du centre hospitalier régional de Ouahigouya fonctionnerait au ralenti. Il y serait quasiment impossible de procéder à des examens biologiques, et à des transfusions sanguines. Une panne des automates et une rupture de réactifs au sein dudit labo seraient la cause de ce désagrément, selon les premiers responsables du CHR. Les plaintes et les grognes se font entendre dans certains lieux en ville. Cependant, les petits plats sont en train d’être mis dans les grands pour venir à bout de ce problème, qui n’est pas de nature à faciliter la tâche aux agents dans la quête d’un mieux-être des patients.

- Qu’est-ce qu’une thèse d’Etat ?
C’est le plus haut diplôme dans le système universitaire français. On l’acquiert une dizaine, voire une vingtaine, d’années après la thèse de 3e cycle. Le 28 octobre dernier, de 13h 30 à 19 h, un Burkinabé s’est illustré en s’octroyant ce diplôme à Aix-en-Provence (France) face à un jury de cinq professeurs émérites ou professeurs titulaires des universités françaises : il s’agit de Hamidou Diallo, enseignant au Département d’histoire et archéologie, présentement directeur du Centre national des archives nationales. La thèse qu’il a soutenue s’intitule « Histoire du Sahel au Burkina Faso : agriculteurs, pasteurs et islam (1740-1960) ». Dans ce document, de 740 pages, Hamidou Diallo étudie dans la longue durée les rapports entre sédentaires et pasteurs dans le Sahel du Burkina Faso. Sauf erreur ou oubli, il s’agit de la première thèse d’Etat dans l’option histoire de l’université de Ouagadougou. L’impétrant s’en est tiré avec la mention Très honorable.

- Un licenciement qui risque de faire des vagues : celui d’un cadre supérieur d’un groupe hôtelier de la place. Qualifié de faute lourde, le délit, si on peut ainsi dire, dont a été coupable le licencié est d’avoir fait un accident bénin avec un véhicule du service alors qu’il était en mission. En tout cas, le dossier est pendant devant la Direction régionale du travail et des lois sociales du Centre, et ça promet de fortes empoignades si un règlement amiable n’est pas trouvé. Le moins que l’on puisse dire, c’est que certains expatriés se foutent royalement des lois et des textes en vigueur dans leur pays d’accueil, et cela, avec la complicité de certains nationaux, généralement à leur solde, très frileux à l’idée de contester un tant soit peu les ordres de leurs maîtres. Il est grand temps que cela cesse, car l’ère coloniale est bien derrière nous.

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie. Au revoir. Ton cousin, Passek Taalé.

L’Observateur Paalga

Assemblée nationale : Au rapport, chers Honorables !

vendredi 6 novembre 2009

Comme tout le monde est censé le savoir, Blaise Compaoré, le chef de l’Etat burkinabè, remettra (très sportivement) son mandat en jeu en 2010. Dans la foulée, des élections législatives devraient (théoriquement) suivre. Question pour le peuple d’assurer au nouvel élu - ou à la nouvelle élue - une majorité parlementaire, pour lui permettre d’entamer sereinement la mise en œuvre de son projet de société.

Mais quelle est la nature exacte du régime burkinabè : « Hyperprésidentiel » ? « Très très présidentialiste » ? Ou « moins moins parlementaire » ? En attendant que les juristes sérieux trouvent la réponse à cette équation, sans polémique aucune, il serait bon de s’arrêter sur le bilan de nos parlementaires, à la veille de la présidentielle. Ces élus (ils sont 111 depuis les dernières législatives de 2007) tentent, à leur façon, de résister au rouleau compresseur de Kosyam. Ce qui n’est pas chose aisée, il faut le reconnaître. Surtout dans un contexte marqué par la toute-puissance d’un exécutif qui semble n’avoir de limite que dans le plein exercice de son pouvoir. Quitte parfois à en imposer et éventuellement à en abuser.

Quel élu, fût-il de la majorité présidentielle ou de la mouvance, oserait tenir tête à l’homme fort de Ziniaré ? Particulièrement bien inspiré, Simon Compaoré, le maire de Ouagadougou, a accepté de se jeter à l’eau. Il est, dit-il, à son aise à l’hôtel de ville et aucun fou ne pourrait le convaincre de lorgner la présidence du Faso. Voilà qui est bien dit. Chef de l’Etat, président du Conseil des ministres, chef suprême des Armées, président du Conseil supérieur de la magistrature, président du Conseil national de lutte contre le SIDA et les IST, docteur ès-crises, médiateur-facilitateur interplanétaire, Docteur Honoris causa des universités... En un mot, une carte de visite chargée pour le « PF ». Dans ces conditions, le vote de la loi et le contrôle de l’action gouvernementale s’assimilent parfois à un exercice de pure forme. Protégé par son fusible, le chef du gouvernement, ce monarque républicain, fort de ses 22 ans de règne sans partage, peut dès lors savourer son irresponsabilité devant un parlement docile et tout acquis à sa cause.

En France, « Napoléon Sarkozy » l’a si bien compris qu’il a décidé d’aller lui-même discourir au Palais Bourbon. Blaise Compaoré en fera-t-il de même un jour ? Ce n’est pas impossible. De toutes les manières, il n’y aurait aucune honte à cela, puisque nos références administratives, juridiques et politiques sont héritées du modèle français. Pour éviter de se tourner les pouces sur les fauteuils rembourrés de l’hémicycle, des députés burkinabè ont trouvé la parade : organiser des compétitions sportives dans leurs circonscriptions respectives. D’autres encore font dans l’élevage et dans l’agrobusiness, activités sur lesquelles il n’y aurait rien à redire, à part qu’elles ressemblent parfois à des opérations de marketing politique.

La finalité, on la connaît pourtant : témoigner au premier magistrat du « pays des Hommes intègres » de son propre attachement à ses idéaux de « progrès continu ». En plus de cela, ils espèrent redorer leur image passablement ternie par des accusations de prévarication et de scandales financiers. Régulièrement interrogés par la presse, nombre de citoyens n’hésitent pas à critiquer de manière virulente le train de vie des députés, en comparaison de leur apport dans le processus démocratique national. On peut noter à ce propos que le relèvement substantiel de leurs indemnités de sessions parlementaires, l’assiettée servie à leurs tendres moitiés, l’affaire des prêts automobiles, le rapport charcuté de la commission d’enquête parlementaire sur les produits de grande consommation, le scandale des millions du président du Faso... ont contribué, et ce depuis 1992, à porter constamment les élus au-devant de la scène médiatique.

Ces derniers mois, l’institution dirigée de main de maître par Roch Marc Christian Kaboré a semblé vouloir recadrer le tir. C’est ainsi que l’on a assisté à des échanges particulièrement animés à propos de dossiers tels que le nomadisme politique, les réformes politiques et plus récemment encore la désignation du chef de file de l’opposition. A cela, l’on peut ajouter le bégaiement de certains membres du gouvernement face aux questions orales des députés. Seul devant la représentation parlementaire, plusieurs membres du gouvernement Tertius ont eu du mal à convaincre quant à leur maîtrise des dossiers.

Mais pour autant, personne n’a oublié l’étonnante volte-face du Congrès pour la démocratie et le Progrès (CDP) au lendemain des élections législatives de 2002. Lesquelles avaient ouvert grandement les portes du parlement à l’opposition. Au point que beaucoup recommençaient à rêver... Malheureusement pour ces derniers, les réformes qui avaient contribué de manière consensuelle à ce repositionnement stratégique ont été revisitées de manière unilatérale par le parti au pouvoir, au motif que le mode de scrutin le défavorisait. Résultat final, c’est une assemblée quasiment monocolore qui est en place depuis bientôt trois ans, avec des opposants noyés dans un rapport de « 1 contre 10 ». Autant dire de la figuration.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’attention de l’opinion est captivée, ces derniers jours, par la sortie médiatique de Mahama Sawadogo, le prédisent du groupe parlementaire de la majorité. Ce dernier a laissé entendre, en des termes qui ne souffrent l’ombre d’aucun doute, que l’article 37 de la Constitution va connaître à nouveau une chirurgie esthétique.

A. Traoré

Le Journal du Jeudi

Djibrill Ypénè Bassolé, médiateur conjoint ONU-UA : “La paix au Darfour ne viendra que par les Soudanais eux-mêmes”

vendredi 6 novembre 2009

Nommé médiateur conjoint Organisation des Nations unies Union africaine en 2007, Djibrill Ypène Bassolet, ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale du Burkina, mène avec la plus grande discrétion, la mission à lui dévolue. Le moins qu’on puisse dire, c’est que sa formation de gendarme, il a été chef d’état-major de la gendarmerie burkinabè, ajoutée à ses années qu’il a passées auprès du président Blaise Compaoré, homme de réputation dans les médiations, sont des atouts non négligeables dans cette nouvelle charge de monsieur Bassolé. A El Fasher, en plein dans le Darfour, ou dans les grandes capitales du monde, Djibrill Bassolé se sent dans son aise et sans tambour ni trompette, pose les jalons pour une paix et une réconciliation entre Soudanais. Présent à Khartoum lors du récent séjour du président Blaise Compaoré dans cette ville, M. Bassolé a volontiers répondu aux questions de la presse burkinabè sur le Darfour.

Depuis 2003, le Darfour grand comme la France, est en proie à une crise aiguë. Comment est-on arrivé à cette situation ?

Djibrill Ypénè Bassolé (DYB) : La crise du Darfour a commencé vers les années 2003. Elle est due à des revendications de la part des mouvements armés qui avaient trait à des questions de justice et d’inégalité. Les populations du Darfour qui ont connu des moments de sécheresse ont senti qu’avec la partie Est du Darfour, elles étaient marginalisées. Ces luttes se sont intensifiées. Il y a eu des approches d’abord par l’Union africaine, puis maintenant avec les Nations unies en vue de trouver des solutions. D’où tout ce dispositif de maintien de la paix et de médiation qui sont en cours en ce moment.

De votre nomination à aujourd’hui, qu’est-ce qui a pu changer ?

DYB : Tant que nous n’aurons pas abouti à un accord global définitif de paix, on ne pourra pas parler de changement notable et significatif. Il y a aujourd’hui sur le terrain, une accalmie. Même s’il ne faut pas se tromper, la tension persiste. Les différentes parties belligérantes sont toujours sur pied de guerre. ... Nous devrons évoluer vers d’autres rounds de négociation pour espérer aboutir à un accord global de paix. Nous voulons que ce dialogue soit inclusif. Une des caractéristiques de cette crise, est que les mouvements armés qui ont commencé en 2003 au nombre de deux avec le SLM de Salim et le DEM de Kalim Ibrahim, ce sont divisés. Aujourd’hui, nous n’avons pas moins d’une vingtaine de mouvements armés qui revendiquent de s’asseoir autour d’une table de négociation. Ce qui reste une préoccupation majeure.

Car les mouvements armés s’excluent les uns les autres. Une autre dimension du conflit est que les divisions entre les mouvements armés, reflète exactement les divisions entre les différentes communautés ethniques qui vivent au Darfour. Une autre des difficultés est qu’un des mouvements armés appartient à l’ethnie Zagawa qu’on retrouve de l’autre côté de la frontière au Tchad. Nous avons l’intention d’amener autour de la table de négociation, l’ensemble de ces mouvements armés sinon, dans un dispositif commun, du moins sur une date commune et partagée. Nous lancerons le 16 novembre à Doha, le processus des pourparlers inclusifs qui doivent aboutir d’ici à la fin de l’année, à la signature d’un accord global de paix. Mais aussi à l’adoption d’un consensus au sein des différentes communautés, au sein de la société civile sur la résolution de la crise au Darfour et sur l’ensemble du pays.

Vous avez fait cas des mouvements qui s’excluent les uns les autres, alors comment les amener à s’asseoir sur une même table ?

DYB : C’est l’une des préoccupations et des occupations du médiateur conjoint Organisation des Nations unies Union africaine que je suis. Je suis aidé en cela par des partenaires. La Libye a joué un rôle extrêmement important dans cette tentative de réunification des mouvements. Les Etats-Unis d’Amérique, par l’entremise de l’envoyé spécial du président Obama au cours d’une réunion à Addis Abéba en Ethiopie, ont aussi essayé de les rassembler. La tendance est au regroupement.

Ce n’est pas encore la fusion parfaite. Nous avons l’un des chefs historiques qui s’appelle Abdel Wahib, il vit à Paris en France. Il a complètement refusé de participer à ces pourparlers de paix. Il refuse absolument de s’asseoir autour de la négociation avec le gouvernement. A la différence du Djen. Ce qui est une complication supplémentaire. Ceci a pu provoquer au sein de son mouvement des divisions entre ceux qui sont fidèles à leur chef et ceux qui souhaitent s’engager dans le processus de Doha. J’ai longuement partagé avec lui à Paris récemment. Sa position est en train d’évoluer. En tous les cas, nous ne pourrons jamais réaliser une paix tant que ces mouvements resteront divisés. En fin de compte, l’objectif de la médiation est de pouvoir les amener tous à adhérer au moins au processus de négociation qui va bientôt commencer.

Apparemment, il y a beaucoup d’interventions. Bientôt le groupe de haut niveau de l’Union africaine va intervenir, cela ne va pas perturber la médiation ?

DYB : Non, je ne le crois pas. Et puis le problème n’est même pas à ce niveau. Franchement, pour moi qui suis sur le terrain avec les parties, la difficulté n’est vraiment pas au niveau de la multiplicité des interventions. La difficulté est comment faire en sorte que les parties acceptent d’entamer au moins le dialogue politique. C’est ce qui fait défaut. En tous les cas, je bénéficie du soutien de la communauté internationale, de l’Union africaine et je m’emploierai au mieux de mes possibilités. Tout ce qui vient comme intervention, ne fait qu’appuyer les efforts de la médiation. Je pense que dans ce sens, nous n’aurons pas de difficultés à imposer notre approche. Et petit à petit, convaincre les parties de trouver par elles-mêmes, les solutions à la sortie de crise. Aucune recommandation, aucune solution venant de l’extérieur ne pourra créer la paix si les Soudanais eux-mêmes ne sont pas déterminés à construire la paix.

Cette guerre du Darfour dure depuis pratiquement six ans, est-ce que vous percevez quelque part, une réelle volonté du président soudanais pour sortir de cette crise ?

DYB : Tous les gouvernements du monde aspirent à la paix pour pouvoir réaliser leurs objectifs de progrès social et économique. Le gouvernement du Soudan, j’ai le sentiment, veut une sortie de crise. Il est certainement pris dans un certain nombre de réalités et de contradictions qui rendent sa démarche extrêmement compliquée. Nous allons nous y attacher aussi car c’est l’objectif de la médiation de faire en sorte que le gouvernement qui, en fin de compte, est la cheville ouvrière puisse trouver sa stabilité, puisse avoir confiance en lui-même et puisse régler les préoccupations premières des populations du Darfour qui font partie intégrante du Soudan.

Au sommet d’Abuja, le vice-président du Soudan a parlé de la résolution de la crise du Darfour en tenant compte de la constitution du Soudan, de sa partie justice. N’est- ce pas là une complication supplémentaire à votre mission ?

DYB : Tout est déjà compliqué. On n’en est plus à une complication complémentaire. Ce que je veux dire c’est que nous devons en tout état de cause, tenir compte des facteurs de stabilité du Soudan au plan institutionnel comme au plan sécuritaire. Ce n’est que dans ces conditions qu’on peut réaliser la paix. Entant que médiateur, j’aborde la question de la justice comme toutes les autres questions. En particulier, la question du développement socio économique, la question du retour de ces millions de réfugiés de guerre, la question de la réinsertion sociale, la question de l’amélioration des conditions de sécurité au Darfour. Toutes ces questions doivent constituer un paquet qui ramènera la paix. Je ne voudrais donc pas dissocier la question de justice de l’ensemble de ces questions. Les questions de justice sont de nature extrêmement compliquées et extrêmement sensibles. Surtout lorsque des milliers de personnes ont été victimes d’un certain nombre d’atrocités liées à la guerre. Comment maintenant réparer ces torts, rendre une justice équitable, parvenir à la réconciliation et rétablir un climat de confiance. Je pense qu’avec le dialogue, on va y arriver.

Le mandat d’arrêt du président Al Béchir du Soudan n’est pas une autre complication ?

DYB : Je vous disais qu’il n’y a que des complications. C’est pour cela qu’il y a un médiateur. Ce qui est fait est fait. Aujourd’hui malgré tout, toutes les parties ensemble, les communautés vivant au Darfour, la majorité des mouvements armés sont prêts à trouver une solution définitive de sortie de crise par le dialogue. On ne peut que les encourager à continuer dans ce sens-là.

Le Burkina a déployé un bataillon au Darfour dans le cadre de la force conjointe ONU-UA. Comment se comportent les hommes sur le terrain, sont-ils en sécurité ?

DYB : Déjà il faut se féliciter que le Burkina Faso ait pu mettre à la disposition de l’opération hybride de maintien de la paix, un bataillon qui est à mettre à l’actif de ce que le Burkina fait pour renforcer la paix et la sécurité en Afrique. Le bataillon s’installe. Le déploiement d’une manière générale, de l’ensemble des troupes de l’UNAMID se fait relativement bien. Evidemment, il y a des préoccupations, des difficultés liées aux lourdeurs administratives, aux différentes formalités. Je pense que ce ne sont que des difficultés de parcours. Elles seront surmontées assez rapidement et le bataillon pourra pleinement apporter sa contribution à l’œuvre de maintien de la paix au Darfour.

Propos recueillis à Khartoum par Jean Philippe TOUGOUMA

Sidwaya

 

La mairie de Ouaga prend les jardins d’enfants en otage






Les gestionnaires des Centres d’éveil et d’éducation préscolaire (Ceep) sont dans un désarroi total. Depuis la rentrée, les salaires de leurs monitrices et moniteurs ne sont pas payés. Les écoles n’ont pas reçu la dotation nécessaire pour fonctionner. Les jeunes enfants dont ils ont la charge passent la journée à flâner. Ils n’ont rien pour s’occuper. Et pourtant, les parents d’enfants se sont acquittés des premiers versements dus.

Selon la nouvelle disposition de la loi sur la décentralisation, les 13 centres que compte la ville de Ouagadougou sont passés sous la tutelle du Conseil municipal. Le hic, c’est que la municipalité s’est précipitée d’encaisser les scolarités alors qu’elle ne met pas la même diligence pour doter les Ceep des moyens de fonctionnement. C’est à croire que c’est seulement l’argent que génèrent ces structures qui intéressent les caisses du Conseil municipal. En tout cas, cela fait plusieurs semaines que les Ceep attendent que la mairie leur transfère les fonds nécessaires à leur fonctionnement, mais ils se heurtent à un mur de silence du côté de l’hôtel de ville.

Simon Compaoré et ses conseillers n’ont visiblement pas le temps de prêter une oreille attentive à cette situation. Et puisque ventre affamé n’a point d’oreille, les monitrices et moniteurs ont décidé de fermer les Ceep pour tirer la sonnette d’alarme. Il s’agit donc d’une grève qui ne dit pas son nom, et qui s’étend de ce jeudi 5 novembre jusqu’au mardi 10 novembre prochain. En attendant, c’est l’éducation de jeunes enfants qui est prise en otage. C’est vraiment dommage.

Bark Biiga

Fasozine

1re session du Conseil présidentiel pour l’investissement : Stimuler l’investissement pour la croissance

La 1re session du Conseil présidentiel pour l’investissement (CPI) s’est ouvert jeudi 5 novembre 2009 à Ouagadougou, sous la présidence du chef de l’Etat burkinabè, Blaise Compaoré. Des acteurs nationaux et internationaux du monde des investissements ont mené des réflexions afin d’asseoir les bases pour des investissements solides et productifs au Burkina Faso.

Entrepreneurs, industriels, commerçants, banquiers, opérateurs économiques et autres praticiens du monde des affaires se sont retrouvés hier 5 novembre 2009 à Ouagadougou, sous la présidence du président du Faso, Blaise Compaoré pour réfléchir sur les moyens, mécanismes et stratégies permettant de stimuler l’investissement et la croissance économique au Burkina Faso. Cela, à la faveur de la 1re session du Conseil présidentiel pour l’investissement (CPI). Placé sous le thème : "Investir facile au Burkina Faso", cette rencontre est un cadre d’échange, de partage d’expériences entre acteurs du monde de l’investissement. La première session du CPI vise donc à trouver la formule la meilleure pour un flux d’investissement au Burkina Faso.

La trentaine de membres du CPI, les partenaires techniques et financiers du Burkina Faso, divers hommes d’affaires ont pris part à la rencontre. Parmi les personnalités présentes pour l’occasion à Ouagadougou, le président du groupe Bolloré, les représentants du patronat turc, de Maroc Télécom, le fondateur de Bank of Africa, le président du groupe CFA... Ce sont-là quelques sommités du monde des affaires qui ont cru à l’Afrique en général et au Burkina Faso en particulier pour y avoir investi et développé des affaires. A ces investisseurs étrangers s’ajoutent les nationaux, tels, Lanciné Diawara, vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina , Idrissa Nassa de Coris Bank et Simone Zoundi. Les institutions financières et du développement ont apporté leur contribution aux réflexions. Le vice-président de la Société financière internationale pour l’Afrique subsaharienne, Thierry Tanoh est intervenu pendant la cérémonie d’ouverture présidée par le président du Faso, Blaise Compaoré pour d’une part, saluer l’initiative du CPI, et d’autre part, faire des propositions pour booster les investissements. M. Tanoh, a salué l’Etat burkinabè pour ses efforts dans le sens de l’amélioration du climat des affaires.

Ce qui a valu au pays, a-t-il soutenu, d’être classé parmi les meilleurs réformateurs d’Afrique. Cependant, estime M. Tanoh, des difficultés freinent le développement et les investissements. L’étroitesse des marchés, les problèmes de financement, le coût élevé de l’énergie et des facteurs de production font partie des obstacles qui entravent l’essor des investissements. Pour le vice-président de la Société financière internationale, il existe néanmoins des solutions pour stimuler les investissements au Burkina Faso. Lesquelles solutions consistent entre autres, à poursuivre l’amélioration du climat des affaires, rationaliser les formalités d’importation et d’exportation, garantir la sécurité judiciaire, développer les infrastructures et faciliter l’accès à l’énergie.

Croissance du PIB de 30%

La Banque mondiale, a assuré M. Thierry Tanoh, est disposée à accompagner le Burkina Faso dans la recherche et la mise en œuvre de stratégies pour booster les investissements. "Ce dans l’optique de bâtir une économie dynamique capable de générer des emplois". Celui-ci a insisté sur la nécessité d’une part, de renforcer les capacités des petites et moyennes entreprises et d’autre part, les impliquer véritablement dans le processus d’investissement croissant. Dans la même dynamique, a indiqué M. Tanoh, le secteur financier doit être développé pour faciliter les financements. La Banque mondiale poursuivra selon M. Tanoh, ses investissements dans les pôles de croissance comme l’agriculture. L’intégration régionale et la mondialisation devraient être prises en compte de son avis, dans le cadre de la promotion des investissements.

"L’engagement de tous est nécessaire. Le peuple est le premier artisan de son bien-être", a conclu M. Tanoh. "J’ai foi en notre capacité à relever les défis et à parvenir à très moyen terme, à des taux d’investissement soutenus de 30 à 35% du PIB contre 17% aujourd’hui et à des investissements étrangers directs de 7 à 8 % du PIB, contre 0,9% aujourd’hui", a soutenu, en réaction, le chef de l’Etat, Blaise Compaoré, par ailleurs président du CPI. Blaise Compaoré a relevé le fait que la rencontre se tient dans un contexte de crise économique et financière d’envergure internationale. Dans cet environnement difficile, les projections indiquent pour le Burkina Faso, un taux de croissance du PIB de 3% en 2009 contre 5% en 2008, ainsi qu’une baisse des recettes publiques. Les effets des crises sont perceptibles dans les secteurs porteurs comme les mines ou des retards sont observés dans la mise en œuvre des programmes d’investissement, ce en raison des difficultés de mobilisation des financements internationaux par les investisseurs. La session vient donc à point nommé pour pallier sinon minimiser les effets de la crise, dégager et exploiter ses opportunités cachées. Le président Blaise Compaoré a rappelé que les réformes engagées par l’Etat ont permis de consolider la libéralisation de l’économie et de fluidifier les relations entre l’Etat et le secteur privé. "Les avancées substantielles et décisives en matière d’amélioration du climat des affaires (...) ont favorisé l’émergence d’une nouvelle classe d’opérateurs économiques burkinabè (...)" , a affirmé M. Compaoré.

Consolider les acquis et relever les défis

Pour le chef de l’Etat, une nouvelle ère de l’histoire économique du Burkina Faso s’ouvre avec cette assise du CPI. Le succès des réformes sera consolidé et les investissements vont induire une croissance économique forte, soutenue et rédistributrice des richesses engendrées, a-t-il rassuré. Même s’il existe des obstacles, Blaise Compaoré estime que le pays a des atouts réels, à même de lui permettre de développer son économie. Il s’agit entre autres, de la possibilité d’investissements porteurs dans les secteurs des mines, de l’agrosylvopastorale et des services. La stabilité politique et institutionnelle, la cohésion sociale, la paix et la sécurité sont également des atouts propices aux investissements. "Notre option est de promouvoir et de développer les investissements dans les secteurs à fort potentiel d’exportation et à haute valeur ajoutée", a indiqué le chef de l’Etat. Un accent sera mis sur l’amélioration spécifique du climat des investissements et l’exploitation des avantages comparatifs.

Le président a annoncé en outre que des initiatives seront prises en vue de "consolider l’environnement macroéconomique de croissance, créer un milieu d’incitation fiscale et des cadres législatifs et réglementaires porteurs, de normes internationales, notamment en matière de sécurisation de l’investissement, à travers la fiabilité et la crédibilité de l’appareil judiciaire". Le CPI est l’outil qui permettra la réussite des différentes actions. Cette institution dont le secrétaire permanent est Djibrina Barry, a été créée en 2007. Sa mission est de mener des réflexions, de faire des recommandations et redonner une impulsion à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques plus appropriées pour stimuler l’investissement et la croissance économique. Le CPI comprend 30 membres qui se retrouvent en session deux fois dans l’année sous la présidence du président du Faso.

Séraphine SOME (serasome@yahoo.fr) et lban KINI (alban_kini@yahoo.fr)

Sidwaya

HABITATS DANS LES ZONES INONDABLES : La démolition a commencé

Suite aux inondations du 1er septembre 2009, le gouvernement a adopté le 19 du même mois, un décret portant réglementation des bandes de servitude de canaux primaires d’évaluation des eaux pluviales, des zones inondables, inconstructibles et des zones submersibles, dans la ville de Ouagadougou. Dans le cadre de l’application dudit décret, une opération de démolition des habitations dans les zones concernées a été lancée hier jeudi 5 novembre 2009. Les villages de Lanoa Yiri et de Balkuy dans l’arrondissement de Bogodogo sont les premières localités concernées par cette opération de démolition.

 

Conformément au décret gouvernemental du 19 septembre 2009 portant démolition des constructions dans les zones inondables, les bulldozers étaient effectivement au quartier Balkuy, sis au secteur 30 de Ouagadougou sur la route de Pô, hier jeudi 5 novembre dès 8h. En effet, selon ce décret qui fait suite aux inondations dévastatrices du 1er septembre dernier à Ouagadougou, une opération de démolition des habitations dans les zones inondables des quartiers non loties devait démarrer le 5 novembre 2009. Cette opération concerne prioritairement les maisons d’habitation totalement ou partiellement détruites par les eaux.

Une deuxième phase devrait concerner les bâtiments non tombés. D’aucuns auraient parié que les résidents de Balkuy allaient manifester une hostilité, hier matin. Et pour parer à toute éventualité, très tôt, des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS), à bord de deux véhicules pick-up, étaient déjà sur les lieux. Pour représenter les autorités, le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Vincent Dabilgou, et le maire central de Ouagadougou, Simon Compaoré, étaient les missi dominici. Bien au contraire, les populations ont plutôt semblé comprendre le bien-fondé de l’opération qui vise à prévenir les éventuelles catastrophes naturelles du genre de celle du 1er septembre 2009. Surtout que, l’Etat leur a promis des mesures d’accompagnement en vue de leur relogement sur d’autres sites. Mais, puisqu’il fallait des préalables avant tout, c’est le ministre Dabilgou qui a d’abord pris la parole face à la population attroupée autour des autorités et qui voulaient toutefois entendre de leurs oreilles les promesses du gouvernement. L’exercice aura quand même été facile pour le ministre qui a prononcé les mots justes, appropriés pour les convaincre. Florilège : "La situation du 1er septembre a été édifiante et cela doit nous interpeller"... "On ne détruit pas (les maisons) parce qu’on veut détruire. On détruit parce qu’on veut mieux faire". Mieux, la traduction en langue nationale mooré du discours du ministre Dabilgou par le maire Simon Compaoré a même reçu les ovations des résidents du quartier.

Réaction de résidents

Mahamadi Zoungrana, président de l’Association pour le bien-être des habitants de Balkuy

"Pourvu que les autorités tiennent leurs promesses"

"Nous ne sommes pas contre une opération qui vise le bien-être de la population. Si les promesses qui nous été faites sont vraies, nous ne voyons pas pourquoi nous allons être contre l’opération. Bien sûr qu’il y aura quelques mécontents, mais on ne peut pas faire des omelettes sans casser des oeufs. Pourvu que les autorités tiennent leurs promesses. Mais nous nous inquiétons par rapport à la deuxième phase annoncée. Nous nous demandons s’il vont nous trouver des parcelles avant de nous déguerpir ou si ce sera le contraire."

Judith Zoungrana, femme au foyer

"Nous avons confiance au gouvernement"

"Ce qui nous est arrivé n’est pas la faute à quelqu’un, c’est la pluie qui est venue tout gâter. Mais comme le gouvernement nous a promis des parcelles ailleurs, nous sommes contents, nous ne craignons plus rien, car nous avons confiance."

Par Lassina Fabrice SANOU

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