Barack Obama devra redonner aux Etats-Unis un rôle d'exemple en matière de défense des droits de l'homme, une position perdue sous l'ère Bush à la suite d'une série de scandales, dont l'existence du camp de détention de Guantanamo, estime Human Rights Watch (HRW).
Dans son rapport annuel publié mercredi, l'organisation de défense des droits de l'homme, dont le siège est à New York, critique l'abandon par George W. Bush de principes longtemps considérés comme intangibles comme le rejet de la torture, au nom de la guerre au terrorisme, mais estime que Barack Obama, qui lui succèdera le 20 janvier, peut y remédier.
"Les Etats-Unis, qui étaient bien souvent aux avant-postes de la défense des droits de l'homme, sont devenus sous (le gouvernement) Bush un des principaux contrevenants aux droits de l'homme", a souligné au cours d'une conférence de presse le directeur de HRW, Kenneth Roth.
"Le président élu Obama devrait faire, en gros, deux choses pour restaurer la réputation de l'Amérique: d'abord, mettre fin aux violations de l'ère Bush, et deuxièmement les renier officiellement et définitivement".
Les scandales qui ont émaillé la présidence Bush, comme les détentions sans procès à Guantanamo, les révélations de tortures à la prison d'Abou Ghraïb en Irak et l'arrestation hors de tout cadre juridique de personnes soupçonnées de terrorisme à travers le monde ont fait perdre à Washington son autorité morale, selon le rapport.
Cette politique "n'est pas seulement illégale, elle est contreproductive", a souligné M. Roth, pour qui elle a facilité la tâche de recrutement des terroristes et découragé la coopération internationale.
M. Obama, qui a fait campagne en promettant une nouvelle approche de la sécurité nationale, devrait annoncer la fermeture du camp de Guantanamo dès sa prise de fonction.
"Aujourd'hui, la diplomatie la plus active en matière de droits de l'homme a lieu à Alger, au Caire et à Islamabad, avec le soutien de Pékin et Moscou", écrit M. Roth dans son introduction au rapport.
"La force d'exemple d'une Chine autoritaire et les bravades d'une Russie forte de son pétrole facilitent le rejet des principes des droits de l'homme", tandis que les gouvernements qui les respectent "ont en grande partie abandonné le terrain", déplore-t-il.
Le rapport, qui couvre 90 pays, insiste aussi sur les souffrances des civils dans les conflits, aussi bien en Afghanistan qu'en Géorgie, en Israël ou au Sri Lanka.
La Birmanie, la Chine, Cuba, l'Iran, la Corée du Nord, l'Arabie Saoudite, l'Ouzbékistan et le Zimbabwe sont stigmatisés pour la répression des opposants politiques. Mais la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis sont aussi montrés du doigt pour des excès commis lors d'opérations antiterroristes.
Les adversaires des droits de l'homme ont marqué des points, souligne HRW. Ainsi, la surveillance par l'ONU de la répression exercée en Ouzbékistan, en Irak ou en République démocratique du Congo s'est relâchée, comme les critiques du régime birman.
L'Afrique du Sud est blâmée pour sa passivité vis-à-vis des violations des droits de l'homme commises au Zimbabwe, l'Egypte pour sa propension à "encourager une surveillance moins étroite" de ce qui se passe au Darfour et la Chine pour son indifférence à la répression en Birmanie.
L'Union européenne est félicitée pour sa réponse "admirable" à la crise russo-géorgienne, qui a permis d'apaiser les tensions, et pour avoir envoyé des observateurs au Tchad.
L'ONG distribue quelques bons points à des pays comme l'Argentine, le Chili, le Costa Rica, le Mexique et l'Uruguay, le Botswana, le Ghana, le Liberia et la Zambie.
Le Japon et la Corée du Sud "hésitent à prendre fermement position en Asie", mais ont des circonstances atténuantes selon HRW, qui estime qu'ils ne peuvent guère faire entendre leur voix sans un soutien des démocraties occidentales.
(Source AFP)






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