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mardi, 17 mars 2009

Etats-Unis : Obama scandalisé par les bonus d'AIG

Source lefigaro.fr , publié le 17/03/2009

Le président américain a annoncé qu'il utiliserait «tous les moyens légaux» pour annuler l'octroi des bonus aux dirigeants de l'assureur sauvé de la faillite par le gouvernement.

Un tollé ! Washington a appris dimanche que l'assureur AIG allait payer 165 millions de dollars de bonus à ceux de ses employés qui sont à l'origine de sa déroute, et qu'il avait versé quelque 90 milliards de dollars à d'autres institutions financières, souvent européennes, depuis son premier sauvetage mi-septembre. Deux pilules qui ne passent pas aux États-Unis, où le contribuable a déjà mobilisé la somme de 173 milliards de dollars pour éviter une faillite d'AIG.

«Comment justifier ce scandale auprès des contribuables qui maintiennent la société hors de l'eau ? C'est une entreprise qui se trouve en péril financier du fait de son irresponsabilité et de sa cupidité», a réagi hier Barack Obama. Depuis dimanche soir, les manifestations de frustration et de colère se succèdent parmi les membres de son Administration et du Congrès. Paradoxalement, ce sont plus les bonus des employés d'AIG que les sommes versées à d'autres banques qui font polémique, peut-être parce que l'opinion peut mieux appréhender cette partie de l'affaire AIG.

Le président américain a en tout cas demandé au secrétaire au Trésor, Tim Geithner, d'employer tous les moyens légaux pour récupérer l'argent de ces primes et veiller au bon usage de l'argent du contribuable américain. Une solution consisterait à modifier les clauses du dernier apport de 30 milliards de dollars à AIG, pour obliger l'assureur à rembourser les primes.

À quelques jours au plus de la présentation par Tim Geithner des détails de son propre plan de sauvetage du système financier, le tollé provoqué à Washington est tel qu'il pourrait in fine limiter la marge de manœuvre de l'Administration Obama et de la Réserve fédérale pour gérer la crise financière. «Si vous demandez plus d'argent pour sauver davantage de banques et d'entreprises, vous allez entendre un énorme “non”», a lancé le sénateur républicain Jim Bunning au numéro deux de la Fed.

Promesses irresponsables

Le Congrès et l'opinion américaine sont en fait choqués des implications du principe du «too big to fail» qui a guidé la réponse à la crise des Administrations Bush puis Obama, en tout cas depuis l'exception Lehman Brothers qui a déposé son bilan mi-septembre. Ce principe veut que l'État fédéral intervienne pour sauver de la faillite une institution trop importante pour le système financier mondial.

AIG, première compagnie d'assurance dans le monde, répondait exactement à ce critère. Sa défaillance aurait effectivement eu des conséquences désastreuses pour des géants de Wall Street, comme Goldman Sachs et Merrill Lynch, des collectivités locales de Californie ou de Virginie, mais aussi pour de nombreuses institutions européennes, dont les noms ont été révélés dimanche au terme de semaines de pression de la part du Congrès et des médias. Avec cette liste, le risque systémique n'est plus une notion abstraite. Une série de défaillances en chaîne catastrophique de clients d'AIG a bien été évitée grâce à trois plans d'un montant total de 173 milliards de dollars.

Mais puisqu'il n'est juridiquement pas en faillite, AIG doit honorer tous ses engagements et tous ses contrats, vis-à-vis de ses salariés, de ses relations d'affaires (ses contreparties) et de ses créanciers. Si l'assureur avait été une entreprise «normale», chacune de ces catégories d'acteurs aurait été touchée par son dépôt de bilan. Nombre d'investisseurs avisés et sophistiqués auraient payé leur erreur de jugement qui a été de faire confiance à une entreprise qui a accumulé un record de 100 milliards de dollars de pertes en 2008.

Mais l'Oncle Sam ayant dû intervenir, c'est lui qui, seul, paye depuis septembre pour les promesses irresponsables faites par un petit groupe de banquiers d'une filiale d'AIG spécialisée dans les produits financiers. C'est à ceux-là même qu'AIG doit verser 165 millions de dollars de primes, au titre de leurs contrats de travail.

La situation devient politiquement de plus en plus difficile à expliquer, alors que des millions d'Américains ont vu leurs fonds de retraite plonger de 40 % à 50 % depuis un an. Elle renvoie l'image d'un secteur de la finance prenant en otage le contribuable américain.

La polémique déclenchée par AIG risque de donner du grain à moudre à ceux qui, au Congrès, réclament qu'une autre méthode soit adoptée pour résoudre la crise bancaire. Certains plaident en effet pour la mise en faillite ordonnée des institutions qui exigent chaque mois plus d'argent public pour survivre, mettant le seul contribuable à contribution pour les erreurs commises par le passé. Le débat pourrait peser sur le Congrès, au moment où l'on hésite à donner 22 milliards de plus pour sauver General Motors, Chrysler et la filière automobile américaine, qui représente au moins deux millions d'emplois.

14:35 Publié dans ECONOMIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : états-unis, aig

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