Joe Biden en Amérique centrale
Le vice-président américain a participé lundi à un mini sommet Etats-Unis/Amérique centrale à San Jose, au Costa Rica. Une photo s’étale à la une du quotidien local la Nacion : on y voit Joe Biden, entouré de 7 chefs d’Etat et de gouvernement latino-américains, pour cette première prise de contact entre l’administration Obama et les voisins du Sud. Au-delà des sourires et des embrassades, le dialogue n’a pas été des plus faciles : « L’Amérique centrale demandent plus d’aide, les Etats-Unis réclament de la patience », titre la Nacion.
Réaliste, le quotidien économique la Republica constate que, compte tenu de la crise financière, « il n’existe pratiquement aucune possibilité d’augmenter » l’aide américaine à la région, malgré les demandes pressantes des dirigeants d’Amérique centrale.
Côté Etats-Unis, le Miami Herald est sur la même longueur d’ondes : malgré la volonté affichée d’ouvrir une « nouvelle ère » dans les relations avec l’Amérique latine, Joe Biden a fait « très peu de concessions », qu’il s’agisse de l’aide financière réclamée par la région, d’un allègement de l’embargo qui vise Cuba ou encore de la question très sensible de l’immigration clandestine, écrit le quotidien de Floride.
Sommet Amérique latine / Ligue arabe à Doha
Au même moment, d’autres dirigeants latino-américains sont en route pour Doha, au Qatar, pour un sommet d’un tout autre type, avec les pays arabes. Une réunion « à la recherche d’un axe Sud-Sud », titre le quotidien argentin Pagina 12, qui publie une photo de la présidente Cristina Kirchner, sur le tarmac de l’aéroport de Doha, lunettes de star et décolleté plongeant, entourée de « cheikhs, d’émirs et de califes arabes ».
Les exportations argentines à destination du Moyen-Orient ont doublé depuis 2005, constate le journal, qui explique que ce 2e sommet « ASLA » (Amérique du Sud et Ligue arabe) a pour objectif de « donner un cadre politique à une relation commerciale en pleine expansion » entre les deux régions.
Et puis bien sûr, il y a aussi une volonté, avec ce sommet Amérique latine/pays arabes, de peser sur le G20 de Londres. Hugo Chavez lui, n’y va pas par quatre chemins. El Universal rapporte les propos du tonitruant chef de l’Etat vénézuélien juste avant son départ de Caracas : il espère discuter à Doha de rien de moins que « la perspective d’un monde débarrassé de l’impérialisme ».
Le G20 en perspective : 1933, 1944, 2009…
Le Los Angeles Times remet la réunion du G20 à Londres, qui va réunir les pays les plus industrialisés et les pays émergents, dans une perspective historique et rappelle deux précédentes tentatives de remettre de l’ordre dans une économie tourmentée.
En 1933, déjà à Londres, une rencontre a eu lieu pour tenter de juguler la Grande Dépression. Le président américain Franklin D. Roosevelt, à peine investi, avait alors refusé de se rendre dans la capitale britannique. « Certains historiens imputent même à l’échec de ces pourparlers le renforcement du pouvoir d’Hitler en Allemagne », écrit le quotidien californien. C’est le contre-exemple pour le G20.
L’autre précédent à ce G20 de Londres, c’est la conférence de Bretton Woods qui, en 1944, a posé les fondations du système financier de l’après-guerre. C’est là qu’ont été créés le FMI et la Banque mondiale. C’est plutôt ce modèle de Bretton Woods que voudrait privilégier aujourd’hui le premier ministre britannique Gordon Brown, estime le Los Angeles Times.
Obama et Detroit
Les remous du secteur automobile américain et l’ultimatum donné par Barack Obama à General Motors et à Chrysler sont ce mardi encore à la une des journaux aux Etats-Unis. Le plan Obama divise les commentateurs.
C’est « la meilleure dernière chance pour Detroit », selon le New York Times, qui estime que Barack Obama a proposé « un compromis acceptable entre deux options insatisfaisantes : laisser GM et Chrysler faire faillite tout de suite ou bien leur donner des dizaines de milliards de dollars en plus en espérant le meilleur. Il a plutôt décidé de financer leurs opérations pour quelques semaines, tout en les obligeant à présenter de meilleurs plans de restructuration. »
Avec cette « extraordinaire volonté exprimée par le pouvoir fédéral de diriger une industrie privée », on navigue désormais en « terrain inconnu », constate, plus dubitatif, le Christian Science Monitor, qui se pose beaucoup de questions : « Le secteur industriel va-t-il devenir prisonnier des intérêts politiques de Washington ? Si les entreprises de Détroit étaient déjà au bord de la faillite, qu’est-ce qui garantit qu’elles seront plus prospères avec plus de mains sur le volant ? » s’interroge le quotidien chrétien.
Quant au Wall Street Journal, il s’apitoie sur le sort de Rick Wagoner, le PDG de General Motors poussé vers la porte par la Maison Blanche. Wagoner est un « agneau sacrificiel », affirme le quotidien des marchés financiers. « L’administration avait besoin de faire tomber quelqu’un pour assouvir l’hystérie populaire anti-patrons, qu’elle a pourtant contribué à alimenter. »