jeudi, 30 avril 2009

Obama à la Maison-Blanche : Un ralliement de taille pour fêter ses 100 jours

Par lobsevateur.bf

100 jours ou 14 semaines, c’est le temps de grâce qu’on accorde généralement à un nouveau président avant de se prononcer sur les sillons qu’il veut tracer pour son pays. Autrement dit, c’est le délai qu’on laisse à quiconque a étrenné la magistrature suprême pour tirer un premier bilan, certes partiel, mais qui situe déjà sur ce que l’élu fera de son mandat. Voici donc 100 jours (depuis le 20 janvier 2009) que l’élu postracial, Barack Obama, a prêté serment pour être le 44e président des USA. Que peut-on retenir ?

 

- Sa cote de popularité reste quasi intacte, puisque 2 Américains sur 3 sont d’accord avec sa politique. Porté aux nues par ses compatriotes, le chef de l’Exécutif américain surfe toujours sur les crêtes des sondages.

Surtout qu’avec ce centième jour, il voit le ralliement du sénateur républicain de Pennsylvanie Arlen Specter au camp démocrate. Les "bleus" du Congrès se retrouvent donc à 59, frôlant la barre des 60, quorum qui permettrait à Obama de "régner" à la chambre haute.

- Il maintient le même discours que le candidat Obama, donc reste fidèle à ses promesses électorales de rupture. Mais, comme en politique ce sont les actes qui comptent, c’est à l’aune de son action quotidienne que le premier chef d’Etat noir des USA est jugé.

En l’espèce, il n’y a pas plus grand chantier que la crise financière que vit ce pays-continent. Obama a-t-il pris les meilleures décisions pour dépêtrer son pays de ce bourbier ? Qualifié de président de Wall Street et de la Big finance, il doit vite « arrêter le massacre ». Le déficit budgétaire des USA a été creusé sous la présidence de Georges Bush davantage que sous le règne d’aucun de ses prédécesseurs. A titre indicatif, la dette cumulée atteignait, fin 2007, 41775 milliards d’euros. L’Etat fédéral, les collectivités locales et les familles sont tous au rouge.

« Sortir de l’économie de dette »

Premier casse-tête d’Obama : sortir les USA de la pire crise depuis la grande dépression de 1930, cette « économie de la dette » née « des basses classes », qui ont des revenus faibles ou précaires.

Ces cent premiers jours ont donné l’occasion à des critiques mitigées : si d’aucuns trouvent qu’il est sur la bonne voie, certains spécialistes, et pas des moindres, estiment qu’Obama s’est entouré de gens trop proches de Wall Street et qu’il procède surtout à des réformettes.

Ainsi, le célèbre économiste Joseph Stiglitz pense que le plan que le ministre de l’Economie, Tim Geithner, a dévoilé le 23 mars 2009, qui consiste au sauvetage à tout crin des banques et établissements financiers par l’injection de 500 milliards de dollars n’est pas approprié, car on ménage les banquiers alors que les contribuables vont continuer à baver.

Concrètement, le plan de sauvetage de Geithner table sur la liberté du marché, qui déterminera les prix des « actifs toxiques », notamment l’encours des prêts immobiliers et des titres y afférents. Stiglitz estime que le marché fixera plutôt le prix des options sur ces actifs et conclut alors que ce plan est « une assurance pour presque toutes les pertes ».

Paul Krugman chroniqueur au New York times, enseignant à Princeton et prix Nobel d’économie 2008, embouche pratiquement la même trompette que son collègue Stiglitz en soutenant que l’équipe Obama, en faisant la part trop belle aux banques, « semble être coupée des réalités américaines ».

Jeffrey Sachs de l’université de Columbia affirme que Geithner n’a fait que « transférer les milliards des contribuables vers les banques ». En un mot, pour ces sommités de l’économie, Obama ne réformerait pas assez.

Ce qui a donné matière à commentaires aux républicains, qui accusent Obama d’être « un étatiste, un libéral (progressiste) » qui veut tout nationaliser.

Pour ce qui est de la politique extérieure, l’actuel locataire de la Maison ovale convainc : que ce soit au sommet du G20 ou sur le dossier turc, où il est en désaccord avec certains pays européens, Obama est en pointe.

Idem pour le cas de l’Iran auquel il est prêt à tendre main pour discuter. Ou encore du problème de Cuba, car, même si la levée de l’embargo n’est pas à l’ordre du jour, il y a un léger mieux dans les relations entre les deux pays, comme il l’a réaffirmé au sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago le 17 avril 2009. Les Boys quitteront l’Irak d’ici août 2010, Gantanamo sera fermé ...

Obama et l’Afrique

Et l’Afrique dans tout ça ? Hélas ! le président noir n’y a pas consacré du temps lors de sa campagne, et ses 100 premiers jours n’ont rien changé à cet état de fait. Peut-être que cela viendra quand il n’aura plus d’autres chats à fouetter, car il ne faut jamais oublier qu’il est président des USA, pas de l’Afrique. Quand bien même il est de l’ethnie Luo, son géniteur étant Kenyan.

En définitive, s’il faut résumer les 100 jours d’Obama au 1600 Pennsylvanie Avenue, on peut reprendre la manchette de l’hebdomadaire britannique The Economist (1) du 1er avril 2009, mais le fringant Obama fait toujours rêver, même avec quelques cheveux blancs en plus

Notes : (1) The Economist du 1er avril 2009 avait pour titre phare ”Learning the hard way” qui signifie "apprentissage à la dure"

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