mardi, 09 juin 2009

Thaïlande: l'armée nie que des forces de sécurité aient attaqué une mosquée

Publié le 09/06/2009 par AFP

Thaïlande: l'armée nie que des forces de sécurité aient attaqué une mosquée

Le chef de l'armée thaïlandaise, le général Anupong Paojinda, a accusé mardi les rebelles séparatistes du Sud musulman d'avoir perpétré une attaque sanglante la veille contre une mosquée et de chercher à en rendre responsables les forces de sécurité.

Le chef de l'armée thaïlandaise, le général Anupong Paojinda, a accusé mardi les rebelles séparatistes du Sud musulman d'avoir perpétré une attaque sanglante la veille contre une mosquée et de chercher à en rendre responsables les forces de sécurité.

Juste avant de partir pour la région, le général Anupong a condamné "cet acte barbare", que les insurgés cherchent "à tort" à imputer à des éléments de l'armée, alors qu'ils "terrorisent" eux-mêmes la population et tentent "d'internationaliser" la question.

Lundi soir, des hommes armés ont pris d'assaut une mosquée du district de Cho-ai-rong de la province de Narathiwat, frontalière de la Malaisie, et ont ouvert le feu de manière indiscriminée sur des fidèles qui priaient, tuant onze personnes et en blessant douze autres, selon un dernier bilan officiel.

Il s'agit d'un des incidents les plus graves depuis le regain de séparatisme dans l'extrême sud du royaume thaïlandais, il y a près de cinq ans et demi.

Des villageois ont accusé des éléments des forces de sécurité thaïlandaises d'avoir perpétré le massacre, expliquant que les rebelles séparatistes musulmans, actifs dans cette région, n'auraient jamais attaqué une mosquée.

"Je ne sais pas qui sont les auteurs, mais les autorités devront répondre aux doutes et aux questions des villageois", a déclaré à l'AFP Abdul Rausa Aree, président du Conseil provincial musulman de Narathiwat.

Le gouvernement de Bangkok a ordonné au général Anupong de se rendre dans l'extrême sud pour enquêter et faire en sorte que "les auteurs soient retrouvés", a déclaré Suthep Thaugsuban, vice-Premier ministre en charge de la sécurité nationale.

"C'est une question très sensible", a-t-il admis.

En avril 2004, 32 personnes, dont des rebelles présumés, avaient été tuées par les forces de sécurité lors d'un raid contre la mosquée de Krue Se.

Les violences se sont nettement intensifiées au cours de la semaine écoulée dans le Sud musulman et l'attaque de lundi soir est intervenue quelques heures après un accord entre les Premiers ministres de Thaïlande et de Malaisie en vue de renforcer la coopération, y compris économique, dans cette région.

Un porte-parole de l'armée, le colonel Parinya Chaidilok, a déclaré que les hôpitaux locaux manquaient de sang à la suite de multiples attentats qui ont fait au total 27 morts et 68 blessés depuis tout juste une semaine.

Parmi ces victimes figurent des forces de sécurité thaïlandaises et des enseignants bouddhistes, qui sont régulièrement la cible de groupes d'insurgés à propos desquels on sait peu de choses, sauf qu'ils sont hostiles à la "domination de Bangkok" sur la région.

L'insurrection séparatiste dans les trois provinces de l'extrême sud avait commencé le 4 janvier 2004 lorsque des rebelles avaient attaqué un camp de l'armée thaïlandaise, également dans le district de Cho-ai-rong, tuant quatre soldats et s'emparant d'armes.

Depuis, les violences séparatistes ont fait plus de 3.700 morts.

Dans cette région, les habitants sont très majoritairement d'ethnie malaise et de confession musulmane, contrairement au reste de la Thaïlande, essentiellement bouddhiste. Les villageois parlent le yawi, et non le thaï, et nombre d'entre eux s'insurgent régulièrement contre "l'impunité" dont jouissent selon eux les soldats thaïlandais.

La région était un sultanat relativement indépendant avant son annexion par Bangkok il y a plus d'un siècle.

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