mardi, 30 juin 2009

Honduras: l'ONU réclame le retour du président Zelaya à son poste

Le gouvernement installé après un coup d'Etat au Honduras continue d'ignorer la pression de la rue et la condamnation de la communauté internationale, qui a réaffirmé mardi son soutien au président déchu Manuel Zelaya lors de son intervention à l'ONU.

L'Assemblée générale de l'ONU a demandé mardi le retour "immédiat et sans condition" à son poste du président du Honduras Manuel Zelaya, renversé dimanche par un coup d'Etat.

De nouvelles manifestations de soutien à M. Zelaya, expulsé manu militari du pays dimanche, étaient prévues mardi dans la capitale Tegucigalpa, où la tension est montée d'un cran lundi.

Des affrontements entre partisans du président évincé et militaires ont fait plusieurs blessés devant le palais présidentiel.

Dans une résolution adoptée par acclamation, en présence du président Zelaya, l'assemblée générale de l'ONU a condamné "le coup d'Etat dans la République du Honduras, qui a interrompu l'ordre démocratique et constitutionnel".

L'ONU a demandé dans sa résolution "le retour immédiat et sans condition du gouvernement légitime du président de la République Manuel Zelaya et de l'autorité établie légalement en Honduras".

L'Assemblée, où les 192 Etats membres étaient représentés, leur a par ailleurs demandé de "ne pas reconnaître un autre gouvernement que celui du président constitutionnel Manuel Zelaya".

Après un discours ce mardi à l'ONU, M. Zelaya a prévu de faire escale à Washington mercredi, avant de retourner jeudi au Honduras, accompagné d'une délégation de l'Organisation des Etats américains, dirigée par le secrétaire général de l'OEA, José Miguel Insulza.

L'ensemble de la communauté internationale a rejeté la destitution de M. Zelaya.

A Tegucigalpa, les soldats ont essuyé des jets de pierre quand ils ont essayé de déloger les barricades érigées par des centaines de manifestants pour empêcher l'entrée dans le bâtiment de Roberto Micheletti, désigné dimanche chef de l'Etat par le Congrès en remplacement de M. Zelaya.

M. Micheletti, fort du soutien de la majorité de la classe politique et des médias, des chefs d'entreprise et d'une partie de la population, a commencé à former son gouvernement, chargé de la transition jusqu'à la prise de fonctions du nouveau président élu en janvier.

Il a également réaffirmé la légalité de la destitution de M. Zelaya, dont le net virage à gauche après son élection comme candidat de droite fin 2005 a hérissé une frange de la conservatrice société hondurienne.

"Il n'y a pas eu de coup d'Etat, car les Honduriens continuent à vivre sous le régime de la Constitution, que le gouvernement précédent entendait réformer sans fondement et de manière illégale", a déclaré à la radio HRN M. Micheletti, ancien président du Congrès.

M. Zelaya a été destitué pour avoir tenté d'organiser une consultation populaire ouvrant la voie à une possible réélection, un scrutin jugé illégal par la Cour suprême.

Le président élu, revigoré par le soutien de ses pairs latino-américains et de son homologue américain Barack Obama qui a jugé son éviction "pas légale", a annoncé son retour jeudi au Honduras.

"Je vais à Tegucigalpa jeudi. J'y vais comme président élu, j'effectuerai mon mandat de quatre années", a déclaré M. Zelaya lundi devant les responsables du Groupe de Rio réunis dans la capitale nicaraguayenne.

Il sera accompagné du président de l'Organisation des états américains (OEA), José Miguel Insulza.

D'ici là, M. Zelaya va continuer à chercher des soutiens à l'étranger.

Après avoir obtenu un appui sans faille de ses alliés "gauchistes" de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Venezuela, Cuba, Nicaragua, Bolivie ou encore Equateur), qui ont rappelé leurs ambassadeurs, il devait plaider sa cause mardi devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

Il a également indiqué qu'il irait mercredi à Washington, sans préciser son programme dans la capitale américaine.

Les Etats-Unis possèdent toujours des installations militaires dans ce pays pauvre de 7,5 millions d'habitants, utilisé comme base anti-guérilla en Amérique centrale dans les années 80.

Les dirigeants d'Amérique centrale ont, eux, appelé à isoler le nouveau régime issu du putsch, sur les plans politique, économique et financier.

Ils craignent notamment que la crise hondurienne ne reporte les négociations finales sur un accord commercial avec l'Union européenne prévues la semaine prochaine.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos a jugé mardi "urgent et nécessaire" pour les pays de l'UE de rappeler pour consultations leurs ambassadeurs au Honduras.

 

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