samedi, 04 juillet 2009
ATTENTAT DE KARACHI : Les juges demandent la levée du secret défense
Publié le 04/07/2009 par Le Point.fr
Par Hervé Gattegno

Le 8 mai 2002, à Karachi (Pakistan), le bus des ouvriers de la DCN est la cible d'un kamikaze © AAMIR QURESHI / AFP
Les juges antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier, chargés de l'instruction sur l'attentat de Karachi, qui avait tué 11 Français employés de la DCN (Direction des constructions navales) en 2002, ont adressé au gouvernement une demande de levée du "secret défense" afin d'obtenir "l'ensemble des documents" susceptibles d'éclairer leur enquête. Leur requête, datée du 1er juillet, vise à la fois les commissions prévues par le contrat de vente de sous-marins qui liait DCN à la marine pakistanaise, les destinataires de ces commissions et la connaissance qu'ont pu avoir les services de renseignements - et notamment la DGSE (Direction générale des services extérieurs) - des arrière-plans de ce contrat et des causes de l'attentat.
Dans leur demande, adressée au ministre de la Défense Hervé Morin, les magistrats rappellent que certains éléments remis à la justice laissent envisager une piste politico-financière, dès lors que "les commissions légalement prévues [sur la vente des sous-marins] n'auraient pas été intégralement honorées" ; l'attentat pourrait ainsi avoir constitué une forme de rétorsion contre la France et la DCN en raison de l'inexécution d'un engagement financier. Le blocage des commissions était effectivement intervenu en 1996 sur ordre de Jacques Chirac - ainsi que Le Point l'avait révélé dès le 4 décembre 2008 -, parce que le chef de l'Etat soupçonnait ses rivaux balladuriens de vouloir capter une partie des commissions à des fins de financement politique.
Depuis que les juges ont indiqué aux familles des victimes de l'attentat que la piste des commissions non honorées leur paraissait "cruellement logique" et que l'hypothèse d'un acte commis par Al-Qaeda semble abandonnée, l'ancien ministre de la Défense, Charles Millon, a confirmé - dans un entretien à Paris Match - la consigne donnée par Jacques Chirac et les soupçons se concentrent sur le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Ce dernier a toutefois balayé ces accusations, qu'il a jugées "parfaitement infondées". Interrogé le 26 juin sur France Info , l'actuel ministre de la Défense, Hervé Morin, s'était déclaré favorable à la déclassification des dossiers liés à cette affaire : "Pour éviter le fantasme, il faut jouer la transparence", avait-il souligné, précisant : "Sur la question pakistanaise, si les juges demandent la déclassification, ils auront la déclassification."
Dans leur demande, adressée au ministre de la Défense Hervé Morin, les magistrats rappellent que certains éléments remis à la justice laissent envisager une piste politico-financière, dès lors que "les commissions légalement prévues [sur la vente des sous-marins] n'auraient pas été intégralement honorées" ; l'attentat pourrait ainsi avoir constitué une forme de rétorsion contre la France et la DCN en raison de l'inexécution d'un engagement financier. Le blocage des commissions était effectivement intervenu en 1996 sur ordre de Jacques Chirac - ainsi que Le Point l'avait révélé dès le 4 décembre 2008 -, parce que le chef de l'Etat soupçonnait ses rivaux balladuriens de vouloir capter une partie des commissions à des fins de financement politique.
Depuis que les juges ont indiqué aux familles des victimes de l'attentat que la piste des commissions non honorées leur paraissait "cruellement logique" et que l'hypothèse d'un acte commis par Al-Qaeda semble abandonnée, l'ancien ministre de la Défense, Charles Millon, a confirmé - dans un entretien à Paris Match - la consigne donnée par Jacques Chirac et les soupçons se concentrent sur le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Ce dernier a toutefois balayé ces accusations, qu'il a jugées "parfaitement infondées". Interrogé le 26 juin sur France Info , l'actuel ministre de la Défense, Hervé Morin, s'était déclaré favorable à la déclassification des dossiers liés à cette affaire : "Pour éviter le fantasme, il faut jouer la transparence", avait-il souligné, précisant : "Sur la question pakistanaise, si les juges demandent la déclassification, ils auront la déclassification."
14:58 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : attentat de karachi, secret défense







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