samedi, 04 juillet 2009
Khartoum tente d'entrer en contact avec les ravisseurs des deux humanitaires
AFP, 04/07/09
Les autorités soudanaises tentaient d'établir samedi un premier contact avec les ravisseurs de deux travailleuses humanitaires - une Irlandaise et une Ougandaise - enlevées la veille au Darfour (ouest) par un groupe d'hommes armés, ont indiqué des responsables.
"Nous n'avons pas encore établi de contact" avec les ravisseurs, a déclaré à l'AFP, Ali Yussif, haut responsable au ministère des Affaires étrangères à Khartoum.
"Normalement dans ce genre de cas, ils (les ravisseurs) tentent de quitter le territoire" où ils ont agi, avant d'entrer en contact avec les autorités, a-t-il ajouté, soulignant que le gouvernement soudanais était "très préoccupé" par cette affaire et qu'il cherchait à localiser les ravisseurs.
Le gouvernement soudanais est en contact avec les autorités irlandaises via l'ambassade de Grande-Bretagne à Khartoum, a assuré le responsable de la diplomatie soudanaise.
Les deux femmes travaillant pour l'ONG irlandaise Goal ont été enlevées vendredi soir par des hommes armés inconnus, dans le bureau de l'organisation à Kutum, ville située à 100 kilomètres au nord-ouest d'El-Facher, la capitale historique du Darfour, et à 200 kilomètres à l'est du Tchad.
"Nous n'avons pas encore établi de contact" avec les deux femmes, a indiqué pour sa part à l'AFP en milieu de journée samedi, Flora Hillis, chef des opérations de GOAL pour le Soudan.
La responsable humanitaire a identifié les deux femmes comme étant Sharon Commins, de nationalité irlandaise, et Hilda Kawuki, de l'Ouganda, un pays limitrophe du Soudan.
"Nous nous concentrons à 100% à leur libération et avons mis de côté pour l'instant nos opérations" sur le terrain, a précisé Mme Hillis.
Un responsable de la faction de l'Armée de libération du Soudan dirigée par Abdelwahid Mohammed Nour (SLA-Abdelwahid), qui dit opérer dans la région entourant la ville de Kutum, a nié toute participation à ce double enlèvement.
"Ce sont des tribus arabes appuyées par le gouvernement" qui sont en cause, a affirmé ce responsable du groupe rebelle, Ibrahim al-Hillu, ajoutant que les ravisseurs avaient emprunté la route de Fata Borno au sud-ouest de Kutum.
Il s'agit du troisième cas d'enlèvement de travailleurs humanitaires étrangers au Darfour depuis le mandat d'arrêt émis le 4 mars par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.
Dans ces trois cas, des groupes rebelles du Darfour ont montré du doigt des milices alliées au gouvernement soudanais. Le Soudan a toujours repoussé ces accusations et permis la libération, dans les deux premiers cas, des otages entre les mains de groupes dont l'identité précise et les motifs réels demeurent flous.
Le Darfour est le théâtre depuis 2003 d'une guerre civile complexe à l'origine de 300. 000 morts selon les estimations de l'ONU - 10. 000 selon Khartoum - et de 2,7 millions de déplacés.
14:18 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : soudan, darfour, khartoum






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