vendredi, 23 octobre 2009

Revue de presse des Amériques du 23 octobre 2009

Par Michèle Gayral (RFI). Article publié le 23/10/2009 


Haro sur « La Familia »

Du nord au sud du continent américain, on rend compte ce vendredi de l’opération policière qui a abouti, aux Etats-Unis, à l’arrestation de plus de 300 trafiquants du cartel mexicain « La Familia ». Le New York Times consacre un article de une au coup ainsi porté à l’une des organisations mexicaines de trafic de drogue « les plus impitoyables...[…] un groupe connu pour décapiter ses ennemis ». Il n’y avait aucune figure de premier ordre parmi les 303 personnes arrêtées entre mercredi et jeudi, mais l’importance de l’opération va « perturber sérieusement le système de distribution du cartel », rapporte le grand quotidien de New York, qui cite un expert d’après lequel « ce que ce groupe a de particulier, c’est son messianisme... Il justifie ses actions en affirmant qu’il apporte la justice divine. »

Cette intervention « de côte à côte », précise le Christian Science Monitor pour suggérer qu’elle a couvert tout le territoire américain, visait à « aider les autorités mexicaines à démanteler un ensemble de six cartels criminels, de plus en plus puissants, de plus en plus violents ». La Familia Michoacana, s’il est le plus jeune de ces cartels, est aussi l’un des plus brutaux, ajoute le journal de Boston qui rappelle que le dernier message « biblique » qu’il a délivré était « accompagné de cinq têtes lancées sur une piste de danse à Uruapan ».

Du côté des journaux mexicains, on se félicite en général de ce coup de main de la police fédérale américaine. Et on signale par ailleurs, comme le fait Milenio, que la lutte continue aussi au Mexique où six autres membres présumés de La Familia viennent d’être capturés par la police fédérale. A noter toutefois un article très critique de l’Universal, sous le titre « Les drogues au nord, les armes et l’argent au sud ». Car les armes qu’utilisent les trafiquants mexicains proviennent des Etats-Unis, et malgré « le mur métallique mis en place entre Chihuahua et le Texas,... les failles sont nombreuses », s’indigne le journal, qui assure que ces armes transitent « par les autoroutes américaines... pour alimenter les circuits criminels du Mexique », sans qu’aux Etats-Unis on combatte un trafic dont « les itinéraires sont connus de tous ».

Les bases américaines en Colombie

L’hebdomadaire colombien Cambio s’est procuré le texte final du fameux accord sur les bases américaines en Colombie qui ont provoqué la colère d’Hugo Chavez et de plusieurs autres dirigeants sud-américains. D’après cet accord, les soldats venus des Etats-Unis pourront utiliser six bases militaires colombiennes : trois des forces aériennes, deux de la Marine et un centre d’entraînement de l’armée de terre, ainsi que, en cas de besoin, d’autres bases de façon conjointe. Et le nombre de soldats américains autorisés à intégrer ces bases ne devra pas dépasser 800. Cet accord devrait encore être approuvé par le Parlement colombien, ajoute Cambio.

« Guerre linguistique » au Québec?

Les journaux canadiens réagissent diversement à une décision de la cour suprême sur l’enseignement en français au Québec. Il s’agit d’un cas de figure bien particulier : certaines familles non-francophones, mais non-anglophones non plus, installées au Québec mais désireuses de faire étudier leurs enfants en anglais, avaient trouvé pour contourner le système québécois un biais : ils envoyaient leurs enfants, explique le Devoir, « à grands frais (entre 5 000 et 30 000 dollars par an), dans des écoles privées non subventionnées, qui ne sont pas soumises aux lois linguistiques du Québec. Ensuite, faisant valoir que ces enfants avaient reçu la majeure partie de leur instruction en anglais, les parents demandaient une dérogation pour les inscrire à l’école publique anglaise ». Le gouvernement du Québec a tenté de s’y opposer, mais la Cour suprême du Canada a jugé jeudi qu’il avait tort. « La guerre linguistique est ouverte », lance le Devoir, qui précise que le premier ministre Jean Charest, ainsi contraint de revoir ses lois, veut « trouver un moyen de faire respecter la primauté du français en éducation ».

Le ton est différent dans le Globe and Mail de Toronto, qui estime que ce jugement est un « espoir » pour des « milliers de parents au Québec qui veulent envoyer leurs enfants dans des écoles publiques anglaises ». Le grand journal canadien anglophone fait réagir un père, ravi, originaire d’Inde, l’un des 25 parents qui avaient saisi la cour. Mais en donnant au gouvernement québécois un an pour revoir ses lois, poursuit le Globe and Mail, les juges ont pris le risque de « piquer le sentiment nationaliste », sans empêcher le Québec de seulement assouplir sa législation.


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