vendredi, 06 novembre 2009
HABITATS DANS LES ZONES INONDABLES : La démolition a commencé
Suite aux inondations du 1er septembre 2009, le gouvernement a adopté le 19 du même mois, un décret portant réglementation des bandes de servitude de canaux primaires d’évaluation des eaux pluviales, des zones inondables, inconstructibles et des zones submersibles, dans la ville de Ouagadougou. Dans le cadre de l’application dudit décret, une opération de démolition des habitations dans les zones concernées a été lancée hier jeudi 5 novembre 2009. Les villages de Lanoa Yiri et de Balkuy dans l’arrondissement de Bogodogo sont les premières localités concernées par cette opération de démolition.
Conformément au décret gouvernemental du 19 septembre 2009 portant démolition des constructions dans les zones inondables, les bulldozers étaient effectivement au quartier Balkuy, sis au secteur 30 de Ouagadougou sur la route de Pô, hier jeudi 5 novembre dès 8h. En effet, selon ce décret qui fait suite aux inondations dévastatrices du 1er septembre dernier à Ouagadougou, une opération de démolition des habitations dans les zones inondables des quartiers non loties devait démarrer le 5 novembre 2009. Cette opération concerne prioritairement les maisons d’habitation totalement ou partiellement détruites par les eaux.
Une deuxième phase devrait concerner les bâtiments non tombés. D’aucuns auraient parié que les résidents de Balkuy allaient manifester une hostilité, hier matin. Et pour parer à toute éventualité, très tôt, des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS), à bord de deux véhicules pick-up, étaient déjà sur les lieux. Pour représenter les autorités, le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Vincent Dabilgou, et le maire central de Ouagadougou, Simon Compaoré, étaient les missi dominici. Bien au contraire, les populations ont plutôt semblé comprendre le bien-fondé de l’opération qui vise à prévenir les éventuelles catastrophes naturelles du genre de celle du 1er septembre 2009. Surtout que, l’Etat leur a promis des mesures d’accompagnement en vue de leur relogement sur d’autres sites. Mais, puisqu’il fallait des préalables avant tout, c’est le ministre Dabilgou qui a d’abord pris la parole face à la population attroupée autour des autorités et qui voulaient toutefois entendre de leurs oreilles les promesses du gouvernement. L’exercice aura quand même été facile pour le ministre qui a prononcé les mots justes, appropriés pour les convaincre. Florilège : "La situation du 1er septembre a été édifiante et cela doit nous interpeller"... "On ne détruit pas (les maisons) parce qu’on veut détruire. On détruit parce qu’on veut mieux faire". Mieux, la traduction en langue nationale mooré du discours du ministre Dabilgou par le maire Simon Compaoré a même reçu les ovations des résidents du quartier.
Réaction de résidents
Mahamadi Zoungrana, président de l’Association pour le bien-être des habitants de Balkuy
"Pourvu que les autorités tiennent leurs promesses"
"Nous ne sommes pas contre une opération qui vise le bien-être de la population. Si les promesses qui nous été faites sont vraies, nous ne voyons pas pourquoi nous allons être contre l’opération. Bien sûr qu’il y aura quelques mécontents, mais on ne peut pas faire des omelettes sans casser des oeufs. Pourvu que les autorités tiennent leurs promesses. Mais nous nous inquiétons par rapport à la deuxième phase annoncée. Nous nous demandons s’il vont nous trouver des parcelles avant de nous déguerpir ou si ce sera le contraire."
Judith Zoungrana, femme au foyer
"Nous avons confiance au gouvernement"
"Ce qui nous est arrivé n’est pas la faute à quelqu’un, c’est la pluie qui est venue tout gâter. Mais comme le gouvernement nous a promis des parcelles ailleurs, nous sommes contents, nous ne craignons plus rien, car nous avons confiance."
Par Lassina Fabrice SANOU
lepays.bf
10:12 Publié dans BURKINA FASO | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : burkina faso






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