vendredi, 06 novembre 2009

Karzaï corrompu, mais légitime pour Bernard Kouchner

Article publié le : vendredi 06 novembre 2009

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner à l'ambassade de France à Kaboul, le 18 octobre 2009.
AFP/ROMEO GACAD



Par RFI

« Le président afghan Hamid Karzaï est corrompu» et «l’ Otan ça ne fonctionne pas du tout en Afghanistan». C'est le ministre français des Affaires étrangères qui l'a dit au New York Times. Bernard Kouchner dit apprécier la nouvelle stratégie américaine, mais se demande, dans le même temps, « où sont les Américains en Afghanistan?». Des propos qui contrastent avec les habitudes de la diplomatie.

Bernard Kouchner a parfois des fulgurances qui trahissent son devoir de réserve. «Karzaï est corrompu, OK et alors…», dit-il au New York Times. La corruption, elle est partout : « Il faut compter avec cette corruption, mais il faut travailler avec monsieur Karzaï parce que c'est notre homme là bas».

Comprenez donc que la France travaille avec un président corrompu parce qu'il n'y a pas d'autre alternative. Le porte-parole du Quai d'Orsay ne dément pas les propos de son ministre. Bernard Valéro tente tout de même de corriger le tir : « Je crois qu'au-delà de ce que les uns et les autres peuvent dire, la situation en Afghanistan est suffisamment grave. Nous sommes mobilisés afin de trouver les bonnes solutions ».

Mais alors comment trouver les bonnes solutions quand explique Bernard Kouchner «l'OTAN ça ne marche pas en Afghanistan».
Bernard Valéro insiste : «Nous souhaitons une coopération et une concertation accrue, d'abord entre Européens ».

Un souhait certes mais apparemment qui ne marche pas selon les dires du ministre. Mais le porte-parole du chef de la diplomatie française demeure confiant : « Nous y travaillons, nous y travaillons. Et c'est ce que le ministre également a rappelé. Nous y travaillons ».

A l'Elysée, Nicolas Sarkozy, en marge d'un sommet franco-polonais, déclare : « Nous travaillons avec le président Karzaï mais nous restons engagés de façon déterminée pour les aider à réussir ».

C'est ce message que portera le ministre français des Affaires étrangères lorsqu'il se rendra à Kaboul à la cérémonie d'investiture du président Karzaï. « Parce que c'est notre homme là-bas» insiste Bernard Kouchner.

Bref, l'homme de la France et des Occidentaux.

 

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