vendredi, 06 novembre 2009

La sortie de crise au menu du G20 Finances

Article publié le : vendredi 06 novembre 2009

Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine, à son arrivée au G20 Finances à Saint Andrews en Ecosse, le 6 novembre 2009.
Reuters/Andrew Winning


Par Myriam Berber

Les ministres des Finances et banquiers centraux des vingt principales économies mondiales sont réunis vendredi et samedi à Saint Andrews, en Ecosse. Dans ce berceau historique du golf, ils tenteront de trouver un cadre de travail pour mieux sortir de la crise.

Les moyens de sortir de la crise devraient occuper la majeure partie des débats du groupe du G20 qui réunit les principaux pays développés et émergents de la planète à Saint Andrews. Les débats porteront sur la mise en place du cadre de travail, un mode de fonctionnement basé sur la surveillance multilatérale, avec le Fonds monétaire international (FMI) comme arbitre.

Le G20 a montré au cours du sommet de Pittsburgh une parfaite unité sur ce point. Les pays se sont ainsi mis d’accord pour ne pas relâcher l’effort public engagé pour faire face à la crise qui, même si elle montre quelques signes d’apaisement, est loin d’être terminée. Au registre des données incitant à l’optimisme, les principales banques américaines et européennes annoncent des résultats record et se bousculent pour rembourser aux Etats les prêts d’urgence mis en place pour les sauver.

Hausse du chômage

Un autre indicateur a alimenté un mouvement d’optimisme : les Etats-Unis, la première économie mondiale, renouent avec la croissance. Après sa plus longue récession depuis les années 1930, le produit intérieur brut (PIB) américain pour le troisième trimestre 2009 a augmenté de 3,5% par rapport à la même période de l’année dernière, un peu plus que ce qu’attendaient les économistes. Les experts du Fonds monétaire international ont également revu à la hausse leurs prévisions pour l’économie mondiale en 2010, à 3,1% de croissance. Un rebond, selon eux, essentiellement dû au dynamisme de l’Asie et plus particulièrement de la Chine.

L’économie repart mais on est encore loin d’une sortie de crise. Les plans de relance mis en place par les pays du G20 ont permis, selon le Bureau international du travail (BIT), de sauver jusqu’à 11 millions d’emplois cette année, mais cela n’empêchera pas le chômage mondial d’atteindre un record en 2009 en touchant 241 millions de personnes.

Statu-quo monétaire

La montée continue du chômage a également été pointée par les banquiers centraux. A la veille de cette réunion du G20 Finances à Saint Andrews, les grandes banques centrales, Réserve fédérale américaine (Fed), Banque centrale européenne (BCE) et Banque d'Angleterre, ont toutes maintenu leurs taux à des niveaux historiquement bas mercredi et jeudi, en notant que les signes de reprise étaient loin d'être suffisamment installés pour modifier leur politique monétaire. La conjoncture des marchés financiers n’a « globalement pas changé » depuis septembre et les dépenses des ménages, moteur traditionnel de l’économie américaine, « restent entravés » par la montée continue du chômage, conclut le comité monétaire de la Fed.

Soucieux des incertitudes planant sur la croissance, les ministres des finances du G20 devraient donc se déclarer en faveur d’un retrait des mesures de relance mais « seulement quand il sera temps » et « de manière coopérative et coordonnée ». Dans une interview publiée vendredi dans les médias européens, le ministre des Finances britannique a estimé qu'il faut « continuer le travail du G20 commencé depuis un an ». « Si nous n'agissons pas, il y a le risque que nous soyons confrontés à une décennie de croissance molle et de faible emploi », a expliqué Alistair Darling.

Ecrire un commentaire