Tout ou presque y passe : pièces détachées, médicaments, pâtes dentifrices, liqueurs, parfums, montres, portables, vêtements, produits alimentaires, motos, ordinateurs, etc. Le drame, c’est qu’on ne peut pratiquement plus faire la différence entre le vrai et le faux, tant les copies sont conformes. Et les commerçants véreux profitent de cette ressemblance pour faire prendre à leurs clients des vessies pour des lanternes. On vous vendra désormais les produits qu’on sait pertinemment contrefaits au prix de l’original et vous n’y verrez que du feu. Sauf à vous faire assister par un professionnel, vous êtes pratiquement sûr de vous faire berner. Donc, des profits à tous les niveaux pour les commerçants importateurs de ces produits de pacotille.
Mais le plus grave n’est pas ce profit illicite, mais le fait qu’en même temps, on nous empoisonne. Dieu seul sait avec quoi sont fabriquées les dentifrices de fausse marque que nous utilisons. Des marques prestigieuses, en principe au-dessus de tout soupçon, sont copiées, reproduites et vendues sans que personne ne s’en émeuve. La lutte contre les faux médicaments, qui semblait avoir été engagée, est malheureusement retombée à un niveau zéro. Or, c’est de ce phénomène de médicaments de la rue que tout est parti. Le laisser-aller des autorités a encouragé les faussaires de tout acabit, trop heureux de profiter du laxisme ambiant.
L’un des dangers à terme, en plus de la menace sur la santé des populations, c’est la santé de l’économie nationale. Certes, quelques commerçants vont s’enrichir, payer quelques taxes et recruter quelques employés ; mais que gagne à la longue le pays ? Pas grand-chose. Au contraire, il se taille la mauvaise réputation d’être la Mecque de la contrefaçon, avec ce que cela a de répugnant pour les industriels. Du reste, une bonne partie de l’industrie locale a été décimée du fait de cette entrée massive et incontrôlée de produits manufacturés made in China. Non content de fragiliser le mince tissu industriel qu’on avait, on décourage les nouveaux investisseurs.
Dans cette forêt de produits contrefaits, on ne croit même plus aux représentants agréés des vraies marques. Ils ont du mal non seulement à être visibles, mais aussi à convaincre de la bonne qualité de leurs produits. Les mauvaises langues, pour les discréditer, vont jusqu’à dire qu’ils s’approvisionnent eux aussi en Chine, dans les mêmes usines que les importateurs de camelote. Il y a donc du travail pour ces maisons sérieuses pour plus de visibilité, car de plus en plus de clients, lassés des mauvais produits, changent leur mode de consommation. Ils veulent de bons produits, même s’ils doivent payer plus cher.
"Le Fou".
Le Pays








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