lundi, 02 août 2010

Formule 1 - Grand Prix de Hongrie

Red Bull, le taureau ailé

Le Grand Prix de Hongrie a marqué le retour au pouvoir des Red Bull. Mais il a également été riche d'enseignements, et de rebondissements.

Sur le podium, Webber est heureux, Vettel un peu moins. (REUT)
Sur le podium, Webber est heureux, Vettel un peu moins. (REUT)

 

La pole pour Sebastian Vettel, la victoire pour Mark Webber. Quand ce n'est pas l'un qui brille, c'est l'autre. Si les deux pilotes Red Bull ne s'aiment pas beaucoup, ils ont au moins l'avantage d'être complémentaires. Et lorsqu'un des deux fait une erreur ou manque de chance, l'autre est là pour rattraper le coup. En Hongrie, les monoplaces autrichiennes ont été aux avant-postes durant tout le week-end, des essais libres au podium. Une démonstration de force qui permet à l'Australien de prendre les rênes du classement des pilotes et à l'écurie celles du classement des constructeurs. Surtout, l'avance technologique des Red Bull sur le reste du plateau est impressionnante. Elles sont rapides sur tous les types de circuit, et à sept courses de la fin de la saison, vont être très difficiles à déloger.

Cinq minutes de folie

Le Grand Prix de Hongrie

Sur le Hungaroring, on le sait, les possibilités de dépassement sont limitées (demandez donc à Vettel, qui a été bouchonné 30 tours par Fernando Alonso). Alors, lorsque l'Allemand s'est envolé en tête au début du Grand Prix, avec presque dix secondes d'avance en dix tours, on s'est dit qu'on allait assister à une course des plus soporifiques. Et puis, durant quelques minutes, la folie s'est emparée du circuit, relançant l'intérêt de la course. Au 15e tour, la voiture de sécurité fait son apparition car un bout d'aileron d'une Force India est sur la piste. Quasiment tous les pilotes en profitent pour rentrer changer de pneus. Nico Rosberg, en quittant son stand, perd sa roue arrière droite. Celle-ci traverse l'allée des stands et sème la panique parmi les mécaniciens. Elle va d'ailleurs en toucher un, chez Williams, heureusement sans gravité. Dans la confusion, la Renault de Robert Kubica sort de son emplacement alors que la Force India d'Adrian Sutil arrive sur le sien, c'est l'accrochage. L'Allemand abandonne, le Polonais sera lui pénalisé d'un stop and go, et abandonnera quelques tours plus tard. Après ces quelques minutes de folie, le calme refait son apparition, et Webber peut tranquillement s'envoler vers sa quatrième victoire de la saison.

McLaren perd la tête

Lewis Hamilton

Cela leur pendait au nez depuis quelques courses. Voilà, c'est fait, McLaren n'est plus en tête d'aucun des championnats. Désormais moins performantes que les Red Bull et les Ferrari, alors qu'elles les dominaient il y a un mois et demi, les monoplaces anglaises ont signé en Hongrie leur pire résultat de la saison. Lewis Hamilton, 5e sur la grille, a abandonné sur un problème de boîte de vitesses au 24e tour. Jenson Button, parti 11e mais auteur d'un très mauvais départ qui lui a fait perdre quatre places, a longuement traîné sa peine pour finir avec les quatre points de la huitième place.

Mercedes, de mal en pis

Michael Schumacher

Pour la première fois de la saison, Mercedes repart d'un Grand Prix sans avoir marqué le moindre point. L'écurie allemande a abandonné son nouveau diffuseur arrière pour revenir à l'ancien, et le manque de performance de ses monoplaces est criant. 6e et 14e sur la grille, Nico Rosberg et Michael Schumacher se sont plus illustrés pour des incidents que pour leur performance. Le premier a eu le malheur de perdre sa roue dans les stands, ce qui a ruiné sa course. Le second a fini onzième après avoir offert une résistance à la limite de la régularité à Barrichello. A cinq tours de l'arrivée, Schumacher a fini par céder face aux attaques du Brésilien, non sans l'avoir poussé vers le muret des stands. A quelques millimètres près, c'était l'accident à près de 300 km/h.

Petrov rassure Renault

Vitaly Petrov

L'écurie Renault avait fixé un ultimatum à Vitaly Petrov pour faire ses preuves : le Grand Prix de Hongrie. Avec une septième place en Chine et une dixième en Allemagne, le Russe restait en effet en-dessous des objectifs fixés par ses dirigeants. Sur le Hungaroring, Petrov a parfaitement réagi et certainement gagné du temps. Meilleur en qualifications que Robert Kubica pour la première fois de la saison (7e contre 8e), il a ensuite réussi une course très solide : il a doublé Rosberg et Hamilton au départ, avant de laisser le Britannique le repasser quelques tours plus tard. Il a ensuite bénéficié de l'abandon de la McLaren mais est malheureusement resté coincé quasiment toute la course derrière Rubens Barrichello. «Sans cela, je pense que j'aurais pu inquiéter les Ferrari», a-t-il déclaré. Au final, une cinquième place, au premier rang derrière les Red Bull et la Scuderia.

Joyeux anniversaire M. Sauber

Peter Sauber

Il y a quarante ans, Peter Sauber faisait ses débuts en sport automobile comme constructeur (son arrivée en F1 date elle de 1993). Le Suisse a dignement célébré cet anniversaire en Hongrie en plaçant ses deux monoplaces dans les points. L'Espagnol Pedro de la Rosa a pour la première fois de la saison fini dans les dix premiers, avec sa septième place. Et le Japonais Kamui Kobayashi a lui pris la neuvième place, marquant ainsi deux points. Le Japonais a d'ailleurs été l'auteur de la plus belle remontée de la course. Parti 23e après avoir été pénalisé de cinq places sur la grille, il a notamment gagné sept places dans le premier tour et a ensuite habilement profité de la sortie de la voiture de sécurité.

F. B.

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