vendredi, 10 décembre 2010
Hymne voltaïque
Qui est l’auteur compositeur ?
Question à un sou. Qui a écrit l’hymne national sous la Haute-Volta ? Si la paternité du Dytaniè est attribuée à l’écrivain Patrick Ilboudo, l’auteur-compositeur de la “Fière Volta” est un prêtre décédé le 2 février 2002 dans sa 80e année.
“Fière Volta de nos aïeux,
Ton soleil ardent et glorieux,
Te revêt d’or et de fierté
Ô Reine drapée de loyauté...”
Ils sont très peu nombreux, les jeunes d’aujourd’hui qui peuvent fredonner des extraits de l’hymne voltaïque, remplacé en 1984 par le Dytaniè avec l’arrivée au pouvoir des révolutionnaires.
Mais qui a composé ces paroles et la chanson ? Les anciens parlent de l’abbé Robert Ouédraogo. Un clique sur Internet permet d’avoir une littérature assez abondante sur ce religieux qui a consacré toute sa vie à servir Dieu et les hommes. Un coup de fil à l’archevêché de Ouagadougou, et nous voilà en possession de son curriculum vitae. Né le 5 juin 1922, l’abbé Robert Ouédraogo, neveu du Baloum Naaba Tanga, a fréquenté le Petit séminaire de Pabré dans les années 30, où il a reçu une formation musicale de base. Cela a fait de lui un organiste qui accompagnait les offices et interprétait des morceaux de Bach et autres auteurs classiques.
Après son ordination comme prêtre, l’abbé Robert est envoyé à Rome pour des études de droit canonique. Il y obtint son doctorat et rentra à Ouagadougou où il animait le Mouvement catholique de l’Enfance, les CV-AV, pour lequel il compose des chants en mooré. Dans le domaine liturgique, il est pionnier dans l’africanisation. Ce souci d’inculturation l’a conduit à divers travaux théoriques et pratiques en musique, dont “Traité sur la musique mossi” et “Travaux inédits sur les gammes et les rythmes de la musique moaga”.
Cet extrait de sa longue bibliographie atteste que l’auteur-compositeur de l’hymne voltaïque était un fin connaisseur de la musique. Et ce n’est pas étonnant qu’il ait pu sortir ces belles paroles et ces belles mélodies qui ont fait vibrer la fibre patriotique des Voltaïques pendant 24 ans. Et ce n’est pas non plus pour rien qu’il a été sacré “Artiste du peuple” et décoré de la Grande médaille de l’Ordre national à la suite de ses succès aux Semaines nationales de la culture (Lire en encadré le texte intégral et le discours de déclaration d’indépendance prononcé par Maurice Yaméogo).
Adama Ouédraogo Damiss
Fière Volta de nos aieux,
Ton soleil ardent et glorieux
Te revêt d’or et de fierté
Ô Reine drapée de loyauté !
Refrain :
Nous te ferons et plus forte, et plus belle
A ton amour nous resterons fidèles
Et nos coeurs vibrant de fierté
Acclameront ta beauté
Vers l’horizon lève les yeux
Frémis aux accents tumultueux
De tes fiers enfants tous dressés
Promesses d’avenir caressées
Refrain
Le travail de ton sol brûlant
Sans fin trempera les cœurs ardents,
Et les vertus de tes enfants
Le ceindront d’un diadème triomphant.
Refrain
Que Dieu te garde en sa bonté,
Que du bonheur de ton sol aimé,
L’Amour des frères soit la clé,
Honneur, Unité et Liberté
Déclaration d’indépendance de la Haute-Volta (Burkina Faso) lue à la radiodiffusion nationale au soir du 5 août 1960 par Maurice Yaméogo
Aujourd’hui, 5 août 1960, à zéro heure, au nom du droit naturel de l’homme à la liberté, à l’égalité, à la fraternité, je proclame solennellement l’indépendance de la République de Haute-Volta. Neuf siècles d’histoire ont révélé au monde la valeur morale de l’homme voltaïque. Au nom de cette morale à partir de laquelle nous voulons bâtir notre nation, j’exprime ma profonde reconnaissance à tous les artisans de notre indépendance nationale. A la France, au Général de Gaulle, dont le courage et la magnifique lucidité lui valent l’immortalité devant l’histoire, à toutes les nations qui nous assistent, au clergé qui fournit à ce pays sa première élite avec les moyens du bord, aux professeurs français, qui, patiemment, ont façonné les responsables de ce pays, à nos chefs traditionnels qui ont su sauvegarder l’intégrité de notre Etat contre les atteintes de l’extérieur, aux anciens combattants et anciens militaires, toujours fidèles à l’honneur, à tous nos parlementaires, aux militants politiques de tous les échelons, aux vaillants combattants qui sont morts pour le triomphe de notre liberté, j’adresse, au nom du gouvernement, l’hommage de ma profonde gratitude. “Vive la Haute-Volta indépendante, vive la France, vive la fraternité des peuples de la terre”.
lobservateu
12:57 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : hymne voltaïque, burkina faso, patrick ilboudo








Commentaires
je trouver les paroles très beau et aimerai mes rappelle de l'air pour apprendre à mes enfants
merci beaucoup.
Écrit par : ILBOUDO | samedi, 14 juillet 2012
je trouver les paroles très beau et aimerai mes rappelle de l'air pour apprendre à mes enfants
merci beaucoup.
Écrit par : ILBOUDO | samedi, 14 juillet 2012
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