mercredi, 19 janvier 2011

ANGOLAGATE

Le Point.fr - Publié le 19/01/2011 à 06:29 - Modifié le 19/01/2011 à 07:36

ANGOLAGATE - Les principaux protagonistes

Le trafic d'armes présumé vers l'Angola, réunit des figures des affaires et de la politique.

Source AFP

 

Pierre FALCONE le businessman, du grand train à Fleury-Mérogis.

Né en 1954 en Algérie d'une mère colombienne et d'un père italien qui a réussi dans la conserve de sardine, Pierre Falcone crée en 1985 une société de négoce, Brenco. Polyglotte, charmeur et audacieux, il parcourt la planète et décroche les contrats.

Dans les années 1990, il est un intermédiaire de la Sofremi (Société française du ministère de l'intérieur), qui vend du matériel de police à l'étranger. Marié à une ancienne reine de beauté bolivienne, trois enfants, il est propriétaire d'une villa en Arizona, vit au Brésil, installe sa société dans un hôtel particulier parisien.

À partir de 2000, la justice le rattrape pour plusieurs affaires. Il est accusé d'avoir vendu sans autorisation pour 790 millions de dollars d'armes de l'ex-URSS à l'Angola et d'avoir versé de nombreux pots-de-vin. Il nie tout trafic, mais le tribunal le condamne en octobre 2009 à six ans de prison ferme. Il quitte la salle entre deux gendarmes et est incarcéré depuis.

Arcadi GAYDAMAK, le milliardaire qui ne conclut rien par écrit.

Né à Moscou il y a 58 ans, Arcadi Gaydamak raconte dans ses mémoires être arrivé à Paris à 20 ans sans un sou en poche, seul et apatride.

Après des petits boulots, il crée une société de traduction et ses affaires décollent. De nationalité française, canadienne, israélienne et angolaise, père de trois enfants, amateur d'arts martiaux, il vit en France, et plus brièvement à Londres.

Vers la fin des années 90, son nom apparaît dans une affaire de blanchiment. Il est accusé de trafic d'armes vers l'Angola, en complicité avec Falcone.

Il écope lui aussi de six ans ferme, mais ne va pas en prison : après huit ans en Israël, il dit vivre à Moscou et ne s'est pas présenté à la justice française. Il proteste de son innocence et ne concède qu'un "gros défaut" : être fâché avec les "formalités". Il est aussi poursuivi pour blanchiment en Israël, où il a acheté un club de foot et brigué sans succès la mairie de Jérusalem.

Charles PASQUA, le patriarche et sa culture du secret.

Prendre le chemin du palais de justice devient une habitude pour Charles Pasqua, 83 ans, mis en cause depuis une dizaine d'années dans diverses affaires de malversations, déboires qu'il attribue à des coups bas politiques.

Dans l'"Angolagate", le sénateur, ancien ministre de l'Intérieur et ex-président du conseil général des Hauts-de-Seine, a été condamné à trois ans de prison dont un ferme et 100.000 euros d'amende pour trafic d'influence.

Gaulliste et résistant, personnage haut en couleur avec sa faconde méridionale et sa figure à la Fernandel, Pasqua traîne aussi une part d'ombre liée à d'anciennes activités dans des services d'ordre parallèles. Il a revendiqué durant le premier procès une culture du secret qui, dit-il, lui a sauvé la vie pendant la guerre.

Jean-Charles MARCHIANI, le bras droit

Ancien préfet du Var et conseiller de Charles Pasqua à l'Intérieur, Jean-Charles Marchiani, 67 ans, a été condamné à trois ans de prison dont 15 mois ferme en première instance. La justice lui reproche d'avoir accroché au revers de la veste d'Arcadi Gaydamak une médaille du Mérite pour laquelle le milliardaire, selon l'accusation, aurait versé 220.000 euros à une association qui finançait indirectement les activités politiques de Pasqua.

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