vendredi, 10 juin 2011

Burkina Faso

Revendications à caractère social dans les ministères : Des propositions sur le bureau du Premier ministre

vendredi 10 juin 2011

Le Conseil des ministres en sa séance du mercredi 8 juin 2011 a examiné au titre du Premier ministère un rapport relatif aux revendications à caractère social dans les départements ministériels autres que celles contenues dans les cahiers de doléances des centrales syndicales. Le conseil a marqué sa volonté à œuvrer à la recherche de solutions appropriées aux différentes préoccupations sociales. Qu’en est-il exactement ?

La gouvernance, les indemnités et les salaires, l’amélioration des conditions de travail, la carrière et le statut des personnels, telles sont les revendications que l’on relève dans les départements ministériels. Elles sont certes, différentes de celles contenues dans les agendas de doléances des syndicats mais préoccupent également le gouvernement de Luc Adolphe Tiao. Il a été décidé la tenue d’un séminaire gouvernemental sur l’ensemble des revendications sociales et intégrant la question qui réunit régulièrement le gouvernement et les syndicats.

Dans le souci d’assurer une meilleure coordination des doléances des travailleurs et de les examiner dans un cadre beaucoup plus cohérent qui tienne compte des contraintes budgétaires, sur instruction du Premier ministre, un comité adhoc a été créé. Il a examiné l’ensemble des points de revendications recensés dans les différents ministères et les a classés en trois (3) catégories : les revendications liées aux salaires et indemnités ; les revendications liées à l’amélioration des conditions de travail et enfin celles relatives à la carrière et au statut des personnels.

En ce qui concerne la première catégorie, on note que les points de revendications recensés portent sur onze (11) indemnités. Elles portent essentiellement sur leur élargissement, le relèvement de leur taux ainsi que sur de nouvelles indemnités. Il s’agit des indemnités de sujétion, de logement, de session, de garde, d’astreinte, de fonction, de responsabilité financière, de risque, de même que celles dites spécifiques.

Sur le plan des traitements de base, les points de revendications portent sur la relecture des barèmes de solde, l’adoption de grille salariale spécifique, la régularisation des avancements, l’augmentation de 3% des pensions des retraites aussi bien du public que du privé, la révision du coefficient de correction des traitements et salaires des agents en poste dans les missions diplomatiques et consulaires.

Le traitement proposé

Pour ce qui est des revendications liées à l’amélioration des conditions de travail, elles concernent les moyens logistiques, les équipements, la mise à disposition de locaux, la construction et la réfection des bâtiments, la sécurisation des lieux de travail.

Quant à celles liées à la carrière et au statut des personnels, elles ont trait à l’établissement de statuts particuliers, l’élaboration de plans de carrière, la valorisation des diplômes acquis en cours de carrière, aux demandes de reclassement et à la reconstitution de carrière. Au regard de l’urgence de toutes ces questions et de leur impact financier, le comité adhoc propose pour l’immédiat que l’accent soit mis sur les indemnités qui sont le plus concernées par les revendications. Ainsi, les indemnités de sujétion, de logement ont été retenues. Il est alors proposé leur augmentation et leur élargissement à l’ensemble des personnels de l’administration publique.

Pour l’indemnité de sujétion, l’on propose une augmentation de 2 500 FCFA pour les agents qui en bénéficient déjà et son élargissement aux autres à travers un taux progressif sur trois (03) ans à savoir 2011 (octobre à décembre), 2012 et 2013.

Pour l’indemnité de logement, le comité propose une augmentation de 5 000 FCFA pour les agents qui en bénéficient déjà et son élargissement aux autres agents à travers un taux progressif sur quatre (04) ans à savoir 2011 (octobre à décembre), 2012, 2013 et 2014.

En outre, le comité propose que soient retenues en plus des deux indemnités susmentionnées, une indemnité de session parlementaire pour les agents du ministère chargé des Relations avec le Parlement, du ministère des Finances et du Secrétariat général du gouvernement et du conseil des ministres. Une indemnité spéciale des enseignants du secondaire, du supérieur et de la recherche a également été proposée.

Pour l’indemnité de session parlementaire, il est proposé le double du taux servi actuellement, soit une augmentation de 3000 FCFA, 2000 FCFA et 1000 FCFA respectivement pour les catégories A, B et C, D et E. Pour l’indemnité spéciale des enseignants, il est préconisé des taux de 25 000 FCFA, 12 500 FCFA, 10 000 FCFA pour les zones rurale, semi-urbaine et urbaine.

Le comité suggère que les revendications liées à l’amélioration des conditions de travail, à la carrière et au statut des personnels soient mises en examen ultérieurement pour leur règlement. On estime que les revendications portant sur l’amélioration des conditions de travail sont des questions qui pourraient être réglées au sein de chaque ministère. Pour les revendications liées à la carrière et au statut des personnels dont les solutions peuvent être trouvées en interne en concertation avec le ministère de la Fonction publique, le comité préconise leur reversement dans les départements ministériels.

L’incidence financière globale de l’ensemble de ces indemnités, sur la base des simulations faites, est évaluée à 4 milliards 573 millions 65 mille FCFA pour l’année 2011. Elle passe à 17 milliards 978 millions 160 mille FCFA pour l’année 2012. Au titre de l’année 2013, l’incidence financière globale de l’ensemble des indemnités déjà soumises au chef du gouvernement est évaluée à 20 milliards 474 millions 400 mille FCFA. Elle atteindra 22 milliards 793 millions 574 mille FCFA en 2014.

En attendant, le gouvernement va statuer sur ces différentes propositions avant de réagir. Mais déjà, le fait de commettre un comité adhoc à travailler pour une meilleure coordination des doléances des travailleurs est un bon signe. Il témoigne de la volonté du gouvernement d’œuvrer à offrir de bonnes conditions aux travailleurs burkinabè.

Enok KINDO

Sidwaya

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