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mercredi, 14 septembre 2011

R.D.C. - Musique - Cinéma - Pauvreté

Kinshasa Symphony : un hymne aux Kinois

Le film-documentaire sort en salle le 14 septembre
 
 

           

Comment monter un orchestre symphonique sans matériel et sans expérience en musique classique, et qui plus est à Kinshasa ? Les documentalistes allemands Claus Wischmann et Martin Baer ont filmé en 2008 les difficultés, les espoirs, et la prestation finale des membres de « L’Orchestre Symphonique Kimbanguiste » en République démocratique du Congo, l’unique orchestre symphonique d’Afrique Centrale. « Kinshasa Symphony » est un hymne à tous ces hommes et femmes qui ont réussi la prouesse de monter ensemble un spectacle d’orchestre symphonique. Il a reçu de nombreux prix et a été plusieurs fois nominé, notamment au festival de Berlin en 2011.

La première scène du film-documentaire de Claus Wischmann et Martin Baer, deux documentalistes allemands passionnés d’Afrique et de musique classique, donne le ton. Joseph Masunda Lutete, l’un des participants est suspendu à un poteau électrique, qu’il rafistole en chantonnant. Électricien et coiffeur, il est également altiste et responsable de la lumière dans « l’Orchestre Symphonique Kimbanguiste » (OSK). Comme lui, plusieurs membres de la troupe, hommes et femmes, jeunes ou moins jeunes, célibataires ou en couple, évoluent dans la métropole tentaculaire de Kinshasa. Entre délestages à répétition, insalubrité et circulation chaotique, la débrouillardise est le maître mot dans cette jungle urbaine de près de dix millions d’habitants. Nathalie Bahati, flûtiste, est à la recherche d’un logement pour son fils, tandis que Joséphine Nsima se lève tous les jours à cinq heures du matin pour aller vendre des omelettes au marché, tout en prenant soin de sa famille.

Des « héros » au quotidien

Les protagonistes de « Kinshasa Symphony » sont des « héros » au quotidien. Issus d’univers sociaux différents et confrontés à des préoccupations propres à chacun, ils ont tous en commun le désir que le grand concert public donné sur la plaine Kasa-Vubu soit une réussite. Pour cela, ils doivent jouer du Beethoven, Haendel, Mozart et Verdi. Musiciens autodidactes pour la plupart, ils ont dû apprendre à parler allemand, la langue des maître de la musique classique du siècle des lumières, et ce, dans des conditions rudimentaires. Côté matériel, la situation n’est pas meilleure. Le guitariste Alber Matubanza construit lui même une nouvelle contrebasse et des objets dont la sonorité correspond à la note recherchée sont recyclés ça et là. La musique classique, dont ils connaissent peu de choses, est pour certains un échappatoire auquel les principaux protagonistes s’accrochent courageusement. Héritier Mayimbi Mbuangi, violoniste, n’exclut pas d’en faire un métier pour devenir un futur « Mozart », tandis que d’autres y voient simplement un moyen pour se dépasser.

Juxtaposition entre vie quotidienne et passion collective

La troupe, composée d’environ deux cents musiciens, est soigneusement encadrée par le chef d’orchestre autodidacte Armand Diangienda, fils de Simon Kimbangu, fondateur de l’église kimbanguiste et ancien combattant des colons belges. Créé en 1994, l’orchestre a connu des débuts particulièrement difficiles. Les quelques dizaines de passionnés de musique classique se partageaient les rares instruments disponibles. Mais l’Orchestre Symphonique Kimbanguiste a tenu bon pour devenir « le seul orchestre au monde qui ne soit composé que de Noirs », selon le jeune ténor Trésor Wamba. L’OSK est l’unique orchestre symphonique d’Afrique Centrale. Le spectateur suit avec plaisir, un brin moqueur, mais toujours attendrissant, l’évolution personnelle de chaque protagoniste et leur avancée commune dans le projet musical jusqu’au concert fatidique. La mise en scène retrace avec succès la juxtaposition de la vie quotidienne des membres de la troupe dans la métropole congolaise et leur passion collective au sein de l’Orchestre Symphonique Kimbanguiste. La ville de Kinshasa est montrée avec tout ce qu’elle a de dynamique, brute, et pleine de vie. Si les grands amateurs de musique classique ne trouveront pas leur compte en regardant « Kinshasa Symphony », tous les curieux du mode de vie des « Kinois » d’aujourd’hui seront satisfaits.

Nominé au Festival de Berlin en 2011, « Kinshasa Symphony » sortira dans les salles françaises le 14 septembre. Une séance avec les réalisateurs est prévu jeudi 15 septembre, à 20h15 à l’Espace St Michel à Paris. Hevadis et Mica Films sont responsables de la diffusion.

Gagner des places pour aller voir le film ou des affiches, en envoyant un mail à l’adresse suivante : lek.jeuconcours@gmail.com. Les 15 premiers recevront une place de cinéma pour 2 personnes + 1 affiche du film.

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