vendredi, 30 septembre 2011

Affaire DSK - Banon

DSK-Banon : le récit de la confrontation


Par Laurence De Charette Mis à jour le 29/09/2011 à 19:58 | publié le 29/09/2011 à 19:21
Dominique Strauss-Kahn et Tristane Banon, jeudi à Paris.
Dominique Strauss-Kahn et Tristane Banon, jeudi à Paris. Crédits photo : GONZALO FUENTES/REUTERS

INFO LE FIGARO - Au cours des deux heures trente d'interrogatoire, jamais le regard de DSK n'a croisé celui de Tristane Banon.

Après deux heures et demi de confrontation, Dominique Strauss-Kahn et Tristane Banon sont sortis des locaux de la BRDP (brigade de répression de la délinquance des personnes) à Paris sans qu'aucun des protagonistes n'ait varié dans ses déclarations. «DSK est resté sur sa position et elle aussi», a expliqué Henri Leclerc, avocat de l'ancien dirigeant du FMI, tandis que David Koubbi, défenseur de Tristane Banon, répliquait: «C'est tout à fait vrai, Tristane Banon continue de dire la vérité, et DSK de mentir». Ce matin, la jeune femme est arrivée dans les locaux situés au 10e étage avant l'ancien dirigeant du FMI. Celui-ci a rejoint sa place à la droite de la jeune femme sans la saluer. L'un des cinq policiers présents jeudi avait pris place entre l'écrivain et l'homme politique, de façon à ce que les deux personnes ne s'adressent pas directement la parole. En face de la jeune femme, se tenait l'enquêtrice qui avait pris sa déposition en juin dernier. La haute hiérarchie de la police judiciaire était également mobilisée pour cette confrontation hors norme.

Profondes divergences

Les enquêteurs ont retracé le déroulé du rendez-vous litigieux, de façon chronologique, en reprenant les points contradictoires des déclarations de l'un et de l'autre. Dans sa déposition du 12 septembre dernier, DSK aurait ainsi assuré que l'entretien se serait bien déroulé au cours de la première demi-heure. Ce n'est qu'ensuite qu'il aurait tenté de l'embrasser, ayant cru sentir une «ouverture» de sa part, mais sans exercer aucune violence, selon sa déclaration. «Ma cliente a été très surprise d'apprendre qu'il a déclaré s'être senti encouragé par des regards et des sourires de sa part», explique David Koubbi. Selon les déclarations de DSK, après cette tentative infructueuse, il n'aurait pas insisté et Tristane Banon serait repartie fâchée. L'ancien directeur du FMI n'a pas gardé souvenir d'avoir envoyé des textos à la jeune femme après son départ, comme elle l'a déclaré - des message disant «je vous fais peur?», avait-elle expliqué aux policiers.

Si la jeune écrivain et l'ancien ministre s'accordent sur la date et le lieu du rendez-vous, leurs explications divergent profondément sur tout le reste. DSK a expliqué aux policiers qu'il habitait depuis quelques jours dans l'appartement dans lequel il avait donné rendez-vous à la jeune femme, pour des raisons de commodité, n'étant pas à l'Assemblée ce jour-là. Tristane Banon a quant à elle déclaré qu'elle n'avait pas aperçu d'objets personnels autres que des cassettes dans cet appartement qu'elle a souvent décrit comme «vide», et que, par ailleurs, son hôte ne savait pas faire fonctionner la machine à café.

Un homme «froid, presque arrogant»

L'ancien directeur du FMI et son accusatrice se sont aussi opposés ce matin sur la date de leur première rencontre, DSK estimant avoir croisé la jeune femme pour la première fois alors qu'elle accompagnait sa mère au Conseil général. Tristane Banon nie cette version, relatant, elle, une interview de l'ancien ministre réalisée en 2000 en compagnie d'un autre journaliste. Les deux protagonistes se sont accrochés lorsque la jeune femme a demandé à DSK - toujours via les enquêteurs car la règle de la confrontation interdit les questions directes entre les opposants - pourquoi il ne l'a jamais attaqué en diffamation. «Madame Banon est mal placée pour juger du bon délai pour porter plainte» aurait répliqué DSK, selon un proche du dossier, qui décrit un homme «froid, presque arrogant, le même homme qu'au 20 heures de Claire Chazal»

Pour sa défense, l'ancien directeur du FMI n'a pas pris appui cette fois sur le rapport de Cyrus Vance, mais sur le chapitre -qui n'est finalement pas paru- rédigé par l'écrivain à la suite de son entretien avec lui dans lequel elle ne fait pas état d'une tentative de viol.

La jeune femme qui avait expliqué plusieurs fois souhaiter que DSK lui dise «droit dans les yeux» qu'elle aurait menti, n'a pas croisé son regard au cours des deux heures de confrontation.

Une fois les PV relus, l'homme politique venu avec sa voiture personnelle, a décidé de repartir par la porte de devant, souriant aux photographes. Tristane Banon a été discrètement raccompagnée par des policiers.

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DSK

Moto GP, Japon

Stoner a les cartes en mains

Par Léo Lecomte, 29-09-2011

Casey Stoner, Jorge Lorenzo
Entre Stoner et Lorenzo, le sort du championnat est quasiment scellé - Panoramic

Premier des circuits asiatiques, celui du Japon pourrait offrir à Casey Stoner l’occasion d’enterrer définitivement Jorge Lorenzo. Ce dernier semble d’ailleurs plutôt focalisé sur le Grand Prix que sur le championnat.

Les enjeux :
 A Motegi, Casey Stoner aura l’occasion de porter un coup définitif à Jorge Lorenzo. Dans sa conquête d’un second titre mondial, l’Australien s’est assuré une belle avance avant les 4 derniers Grands Prix de la saison. Mis sous pression par la victoire de son rival à Saint-Marin, le pilote Honda a rendu la monnaie de sa pièce à l’Espagnol au GP d’Aragon. Avec désormais 44 points d’avance, Casey Stoner a quasiment le droit de terminer hors des points à deux reprises avant de voir Lorenzo lui ravir la tête du championnat (Stoner n’a pas pris de point qu’à une seule reprise en 2011). Ce dernier ne semble d’ailleurs plus se faire de grandes illusions quant aux possibilités de conserver le titre qu’il avait acquis en 2010 : «Il est peut-être trop tard pour le championnat mais il y a encore quatre courses et cent points à prendre. Il faut tout donner, rien n’est impossible.»           

A propos du grand prix, Stoner et Lorenzo, qui ont trusté la majorité des victoires cette saison, partent logiquement favoris. D’autant qu’ils sont les vainqueurs des deux dernières éditions. L’Espagnol semble particulièrement motivé pour aller s’imposer sur le circuit nippon : «D’habitude c’est une piste difficile pour nous parce qu’il y a beaucoup de points d’accélération et plusieurs lignes droites, mais nous arrivons ici motivés pour nous battre pour la victoire.» Valentino Rossi, dont les trois derniers résultats ont été les plus mauvais de la saison, espère retrouver une bonne dynamique ce week-end : «Ici, j’avais fait une bonne course l’an dernier. J’étais sur le podium, pas très loin de la victoire, et j’espère que je vais pouvoir progresser.» Quant aux risques de radiations qui semblaient tant inquiéter les pilotes après le Tsunami qui a ravagé le Japon en mars dernier, ils n’en ont pas touché mot…  

Le programme :
 Vendredi
 03h10 – 03h55 : Essais libres 1
 07h10 – 07h55 : Essais libres 2

Samedi
 03h10 – 03h55 : Essais libres 3
 06h55 – 07h55 : Qualifications

Dimanche
 02h40 – 03h00 : Warm-up
 08h00 : Grand Prix

Le circuit :
 Construit en 1997 pour servir de base d’essai à Honda, le Twin Ring de Motegi est hôte du Championnat depuis l’an 2000. Le circuit propose de nombreux points d’accélérations avec pas mal de lignes droites. Ce circuit de presque 5 kilomètres offre aux pilotes 14 virages pour se départager. Le recordman de victoires ici se nomme Loris Capirossi. Il s’est imposé trois fois consécutivement entre 2005 et 2007.       

La météo du week-end :
 Le temps risque de se dégrader tout au long du week-end. Alors que les pilotes profiteront de leurs deux premières séances d’essais sous le soleil et la chaleur. Le samedi promet quelques orages pour les qualifications. La température qui va chuter pour atteindre 16° le week-end devrait être accompagnée de pluie pour le Grand Prix.

Le Grand Prix de Motegi :
 Longueur : 4,801km
 Nombre de tours : 24
 Distance totale : 115,224km

Palmarès :
 2010 : Stoner (Ducati)
 2009 : Lorenzo (Yamaha)
 2008 : Rossi (Yamaha)
 2007 : Capirossi (Ducati)
 2006 : Capirossi (Ducati).

Rugby, Interview, M. Lièvremont

«Mon équipe progresse»

Par Rédaction Le Figaro, 30-09-2011

Marc Lièvremont
Marc Lièvremont à l'entraînement cette semaine - Panoramic

 

 

Samedi matin, face aux Tonga, la victoire prime. Marc Lièvremont l’a souligné en parlant d’un «vrai huitième de finale». Mais le sélectionneur espère qu’elle sera acquise avec la manière. Histoire d’aborder le probable quart de finale contre l’Angleterre avec un peu plus de certitudes. Et de confiance.

Il ne manque qu’un point à votre équipe pour se qualifier. Ce match face aux Tonga est donc une formalité…
 Marc Lièvremont : Non ! Le risque existe que nous perdions notre match en concédant quatre essais et que nous fassions nos valises dimanche matin pour rentrer en France. D’ailleurs, ça me fait mal au ventre quand j'y pense, quand je me dis que c'est possible. C'est donc un vrai huitième de finale, qualification en jeu.

Que pensez-vous des rumeurs de tension entre le groupe et vous qui ont couru toute la semaine ?
  Marc Lièvremont : Ça me fait sourire. Vous cherchez des raisons à une soi-disant fracture mais il y a un gros contraste entre ce qui se passe en interne et dans ce qui est écrit. D'une certaine manière, ça m'arrange parce que je n'ai pas l'impression que cela perturbe le groupe et que cela peut donner une raison de plus de se mobiliser.

Qu’attendez-vous de ce match après trois premières sorties qui ne vous ont pas satisfait ?
  Marc Lièvremont : Ce match est un huitième de finale. La première chose que j’attends est donc de le gagner. Si on gagne et, qu’en plus, on joue bien, tant mieux. Si on gagne et qu’il y a autant d'approximations que lors de nos deux premiers matches, voire que sur le troisième face à la Nouvelle-Zélande, tant pis… Après, si on joue bien, on a plus de chance de remporter ce match. Moi, je trouve que mon équipe progresse. A elle de le confirmer samedi.

Pourquoi avez-vous replacé Maxime Médard à l’arrière ?
  Marc Lièvremont : Pour le libérer. Maxime aime les espaces et il en a moins à l’aile. L’enthousiasme de Vincent Clerc et Alexis Palisson conjugué au talent de Maxime, ça peut donner un trio de zébulons virevoltants. Leur punch sera un plus dans l’animation offensive.

Que pensez-vous de votre adversaire, les Tonga ?
  Marc Lièvremont : Ils vont jouer leur va-tout samedi. Avec un double enjeu puisqu'ils peuvent se qualifier en nous éliminant mais aussi juste gagner pour assurer la troisième place, qualificative pour la prochaine Coupe du monde. Mais ils ont tout à gagner et rien à perdre. C'est une équipe à fort potentiel, extrêmement agressive, décomplexée. Et qui sera poussée par son nombreux public présent à Wellington. Cela fait assez d'arguments pour les prendre avec beaucoup de considération. A nous de faire le nécessaire rapidement pour qu’ils ne prennent pas confiance. Et de faire enfin preuve de constance en défense.

Avec vos préparateurs physiques, vous aviez programmé le pic de forme pour la fin de la première phase. Où en sont vos joueurs ?
  Marc Lièvremont : Ils sont bien. Et je pense qu’ils vont être de mieux en mieux…

Comment les huit joueurs mis de côté ont vécu cette semaine ?
  Marc Lièvremont : C’est difficile alors je parle beaucoup avec eux. Je leur rappelle qu’ils font malgré tout partie de l’aventure. Qu’ils ont la chance de la partager avec nous. Ils sont évidemment déçus mais leur comportement dans la vie du groupe est bon. On les implique, ce ne sont pas de simples sparring-partners à l’entraînement…

Propos recueillis à Wellington par David Reyrat