mardi, 31 janvier 2012

Politique

Colère de KKB contre Bédié et le Pdci : Les non-dits d’une sortie

 

Publié le mardi 31 janvier 2012   |  Soir Info


Précampagne
© Partis Politiques par DR
Précampagne du PDCI-RDA: le président Henri Konan Bédié rencontre sa jeunesse le 31 juillet
Mardi 27 juillet 2010. Abidjan. Le comité d`organisation assure que tout est prêt pour la rencontre entre le président et la jeunesse du PDCI-RDA, le samedi 31 juillet à la Maison du parti. Photo: KKB, le président national des jeunes

 



Dans ses nouveaux habits de député, Kouadio Konan Bertin dit KKB a sans doute pris la résolution de ne plus avoir la langue dans la poche. L’honorable parlementaire qu’il est devenu n’a plus la même vision du Pdci, son parti que celle qu’il avait en tant que président de la jeunesse de ce parti. Dans l’esprit de KKB, les temps ont changé, les hommes et le parti ( le Pdci) auquel il appartient doivent eux aussi changer où se remettre en cause, à tout le moins. C’est que désormais, le député, élu à Port-Bouët, a voix au chapitre au Pdci et son statut de député lui en donne le droit. Un droit dont il veut bien user au moment où s’ouvre une nouvelle page de sa jeune carrière politique. Et sa récente sortie, qui étonne certains et braque d’autres, semble s’inscrire dans cette dynamique. En effet, sans mâcher ses mots, le président de la jeunesse du Pdci a jeté un pavé dans la mare de son parti, le 28 janvier 2012, à la maison du Pdci, à Cocody. ‘’Je ne suis pas plus sortant qu’Alphonse Djédjé Mady, le secrétaire général du parti. Je ne suis pas plus sortant que Henri Konan Bédié, le président du parti, tous sont au terme de leur mandat (…) Un jeune doit aimer les débats d`idées. On ne peut pas dire qu`un congrès est inopportun. Le Pdci est le seul parti au monde qui ne tire pas les conséquences de ce qui lui arrive. On a perdu le pouvoir par les armes. Aucune leçon. On a perdu les présidentielles. Aucune leçon. On est encore minoritaire à l`Assemblée nationale. Aucune leçon. Et on va aller aux municipales pour obtenir quoi ? (…) C`est quoi ce parti ! Il y a un groupe de militants qui va au charbon, dont l`intelligence est juste bonne pour servir d`ascenseur à une minorité qui est là et qui jouit de l`orgasme du pouvoir ! (…) le Pdci doit lui-même s`approprier la réconciliation en son sein. C`est dans cette optique que j`ouvre les bras à tous ceux qui sont allés ailleurs de revenir au Pdci ‘’ a déclaré KKB, en regardant droit dans les yeux du secrétaire général du Pdci, le Pr Alphonse Djédjé Mady.

Il est vrai qu’il y a quelque temps, on ne pouvait espérer du président de la Jpdci un discours aussi musclé que celui qu’il a tenu la semaine dernière. De nombreux militants qui ont joint, hier, en début d’après midi, notre rédaction ont salué la sortie ‘’courageuse’’ de KKB qui ‘’a dit haut et fort ce que certains barons du parti murmurent depuis des années’’. Pour eux, KKB a ‘’raison’’ de ruer dans les brancards. D’autant plus que le moment est venu pour le Pdci d’épouser l’air du temps, en corrigeant ses insuffisances à travers une autocritique sans complaisance, dans la perspective d’asseoir de nouvelles stratégies pour la reconquête du pouvoir d’Etat. Il n’est pas normal, pensent-ils, que le Pdci se plaise et se complaise dans une posture qui l’oblige, depuis bien des années, à ‘’squatter’’ le pouvoir. ‘’ Le parti doit se battre et rester digne plutôt que d’aider les autres à gagner le pouvoir, chose qui ne nous profite même pas !’’ se plaint Konan A. Raphaël, instituteur et militant de base du Pdci, qui a tenu à nous exprimer son point de vue. D’autres militants font une autre lecture de la sortie de KKB. Ils estiment que les propos de KKB ont été inspirés par les ‘’ennemis’’ du président Bédié qui veulent voir ce dernier quitter la tête du parti. Kouadio Konan Bertin serait-il alors ‘’ manipulé’’ ? On n’hésite pas à penser que le leader de la jeunesse du Pdci se fait ainsi le porte-parole de jeunes cadres aux dents longues qui ambitionnent de ‘’récupérer’’ la plus vieille formation politique de Côte d’Ivoire des mains des caciques et conservateurs de ce mouvement fondé par Houphouët-Boigny. Dans tous les cas, élu député, KKB a assuré ses arrières. De qui aurait-il peur au Pdci pour ne pas cracher ses vérités quand il en sentira le besoin ?
A. BOUABRE

Politique Française

Frédéric Lefebvre relaie les éléments de langage envoyés par l’Elysée aux ministres

 

LEMONDE.FR | 31.01.12 | 11h02

 

 

Frédéric Lefebvre, en novembre 2010.

Frédéric Lefebvre, en novembre 2010.AFP/LIONEL BONAVENTURE

 


Frédéric Lefebvre applique les consignes à la lettre. Pour assurer le service après-vente de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, dimanche, le secrétaire d'Etat au commerce et aux PME a relayé les éléments de langage envoyés par l'Elysée à tous les cabinets ministériels le soir même. Le Monde s'est procuré le document en question.

 

> Lire : Dimanche, 20h49 : l'Elysée envoie des éléments de langage aux ministres

 

Dans une interview au Figaro publiée mardi 31 janvier, M. Lefebvre reprend les grandes lignes de l'argumentaire de trois pages rédigé à l'intention des ministres.

 

Comparatif, avec en gras les phrases à relayer et, en dessous, les phrases effectivement prononcées par l'ancien porte-parole de l'UMP.

 

  • "Face à la crise, Nicolas Sarkozy oppose la vérité sur la situation et le courage de l'action"

 

Frédéric Lefebvre : "Nicolas Sarkozy fait preuve d'authenticité et du premier des courages, celui qui consiste à ne pas occulter la réalité (...) Alors que les pays développés traversent des bourrasques économiques et financières sans précédent, j'ai été frappé par la sérénité du président de la République."

 

 

"Le temps économique n'est pas le temps politique (...) il est indispensable de se concentrer sur le redressement de notre économie. C'est ce que fait le président en annonçant des mesures chocs et en refusant d'accélérer l'annonce de sa candidature."

 

"La mise en œuvre de la TVA sociale n'est pas une rupture. Elle s'inscrit dans la continuité des réformes pour la compétitivité de nos entreprises depuis 2007."

 

  • "Ceux qui disent qu'il faut reporter les réformes à plus tard sont irresponsables"

 

" La France n'a pas de temps à perdre." Nicolas Sarkozy "ne sombre pas dans la facilité, mais agit comme il l'a toujours fait, de manière réactive et avec le sens des responsabilités".

 

  • "Pas de promesses intenables (...) mais des réformes structurelles pour que notre pays puisse affronter le monde (...) La France qui sortira plus solide de la crise, c'est une vie meilleure pour les Français"

 

"Sa capacité [de Nicolas Sarkozy] à engager des réformes indispensables comme celle de la TVA sociale sont de nature à rendre l'optimisme aux acteurs économiques et aux Français (...) les Français ont aussi besoin de voir le chemin de l'espoir."

 

Alexandre Lemarié

Politique

Obama admet les frappes de drones américains au Pakistan

LEMONDE.FR | 31.01.12 | 10h11

 

Un drone américain décollant de la base de Kandahar, en janvier 2010.

Un drone américain décollant de la base de Kandahar, en janvier 2010.ASSOCIATED PRESS/Kirsty Wigglesworth

Le président des Etats-Unis, Barack Obama, a reconnu, lundi 30 janvier, que son pays menait des frappes de drones contre Al-Qaida au Pakistan, des opérations qui faisaient figure de secret de Polichinelle à Washington, mais qui n'avaient jusqu'ici jamais été officiellement confirmées.

Interrogé lors d'un échange avec des internautes sur les sites de socialisation Google+ et YouTube sur l'utilisation par son administration de drones armés, M. Obama a soutenu ces opérations et a indiqué qu'"évidemment, beaucoup de ces frappes ont lieu dans les FATA", acronyme en anglais de Federally Administered Tribal Areas, soit les zones tribales du nord-ouest du Pakistan. Alors qu'un internaute évoquait des "victimes civiles", le président a dit vouloir "être certain que les gens comprennent que les drones ne provoquent pas un grand nombre de victimes civiles".
"En général, il s'est agi de frappes très précises contre Al-Qaida et ses affidés, et nous sommes très prudents dans la façon dont elles sont utilisées", a assuré M. Obama.

 

Le recours à des frappes de drone dans les zones tribales du Pakistan, inauguré par George W. Bush, a connu une expansion sans précédent sous l'administration Obama, selon la New America Foundation, un groupe de réflexion de Washington qui tient un décompte de ces bombardements. Selon elle, entre 1 717 et 2 680 personnes ont été tuées par des drones américains au Pakistan ces huit dernières années. Le taux de victimes civiles, de même source, s'établit à 17 % en moyenne.


View U.S. drone strikes in Pakistan in a larger map

"Il y a cette idée que nous déclenchons des tas de frappes de façon indiscriminée. Il s'agit de mesures ciblées, visant des gens qui sont sur une liste de terroristes, qui essaient de s'en prendre à des Américains", a soutenu M. Obama, pour qui "il est important que tout le monde comprenne que c'est contrôlé très étroitement".

Les tirs de missile par les drones américains avaient cessé après la "bavure" de l'OTAN au cours de laquelle vingt-quatre soldats pakistanais avaient été tués près de la frontière afghane le 26 novembre, tendant encore plus les relations entre les Occidentaux et Islamabad. Mais ils ont repris depuis.

L'armée américaine utilise des drones pour s'en prendre à ses cibles côté afghan, où elle est engagée dans un conflit ouvert, mais c'est la CIA qui a recours à ces avions sans pilote pour opérer au Pakistan, obéissant aux règles présidant aux actions clandestines, dont l'existence n'est donc pas reconnue officiellement. La campagne de bombardements par des drones dans les zones tribales du Pakistan est toutefois un secret de Polichinelle à Washington. Le secrétaire à la défense, Leon Panetta, ancien chef de la CIA, avait commis une gaffe en octobre en reconnaissant l'existence de ce programme lors d'une visite en Italie.