vendredi, 30 mars 2012
Politique
C’est ouvertement pour s’engager dans une lutte politique contre le pouvoir en place, que le président de la République a démissionné ce vendredi matin. Anerood Jugnauth annonce vouloir « s’engager dans la politique, dans l’intérêt du pays ».
Cependant, cette démission intervient un an après un scandale politico-financier, qui a secoué le parti dirigé par son fils, Pravind Jugnauth. Ce dernier était en alliance avec l’actuel Premier ministre et n’est plus au pouvoir depuis plus d’un an. Il est actuellement accusé de corruption.
Du coup, pour le gouvernement, le président de la République quitte son poste pour sauver son fils. Anerood Jugnauth est cependant une grosse pointure dans le monde politique, un rival de taille au Premier ministre. Il faut dire que la fonction présidentielle à Maurice est apolitique, nous sommes dans un régime primo-ministériel ici.
Anerood Jugnauth dirigera une alliance avec le leader de l’opposition, Paul Bérenger. Il devient ainsi un dangereux challenger à Navichandra Ramgoolam, le Premier ministre et leader du Parti travailliste qui a déjà anticipé ce départ et enclenché les grandes manœuvres politiques.
18:01 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maurice, anerood jugnauth
SPORT

(de notre correspondant)
Martial Ebodé, chef du département de la communication, Christian Mbarga, des affaires sportives, Gérard Ndjanga du département marketing, Stéphane Eba, de la cellule juridique, et Roméo Lado, des affaires financières, ont été limogés ce vendredi, cinq mois seulement après leurs nominations. La décision a été prise par le président de la Ligue professionnelle de football Pierre Semengué au motif "d’essai non concluant". Pis encore, une procédure judiciaire est engagée contre certains ex-employés.
Des poursuites judiciaires en vue
Christian Mbarga, Stéphane Eba, Gérard Ndjanga, Roméo Lado, accusés d’"atteinte grave", auraient tenté de détourner l’argent de la ligue à travers de faux ordres de mission, nous dit le communiqué. Le général Semengue, qui a découvert la mise en scène, a saisi la Commission d’éthique qui a recommandé des poursuites judiciaires contre les mis en cause. S’exprimant sur un forum de discussion en ligne, Martial Ebodé, désormais ex chef du département de la communication se dit surpris par cette décision brusque vu ces résultats. "J’ai monté le logo de la Ligue, j’ai négocié avec brio la retransmission des rencontres sur la CRTV, et par la suite à travers une politique de marketing le nombre de spectateurs est passé de la centaine aux milliers. Vous voyez, quand on veut noyer son chien on l’accuse de rage", renchérit-t-il.
Dans les milieux sportifs, cette décision du président ne convainc pas car le malaise est encore plus profond assure une source proche du dossier. Selon certaines sources, les dysfonctionnements relevés ces derniers jours par la presse concernent toute l’équipe dirigeante de la Ligue. L’on dénonce une gestion opaque et fantaisiste. A titre d’exemple, les tickets d’accès au stade sont fabriqués en France, tandis que les badges destinés à la presse sportive ne sont toujours pas disponibles 5 mois après le début du championnat.
à lire également : Cameroun : Le championnat pro boycotté ?
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CAMEROUN
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17:54 Publié dans SPORTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cameroun, football
Politique
Robert Bales, pendant un exercice au Centre national d'entraînement, à Fort Irwin (Californie). © Ryan Hallock/AFP/SIPAComment un soldat américain sans histoire a-t-il pu massacrer froidement seize villageois dans la région de Kandahar ?
C'était un homme tranquille, marié, père de deux enfants et décoré pour bonne conduite. Pourtant, le 11 mars, un peu avant l'aube, le sergent Robert Bales a pris son arme et quitté la base américaine de Panjwayi, dans la province de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan. Il s'est rendu dans deux villages des environs et a froidement abattu seize personnes - femmes, enfants et vieillards compris - avant de brûler leurs cadavres. Arrêté et transféré aux États-Unis, ce Monsieur Tout-le-Monde de 38 ans attend son procès dans une cellule d'isolement et jure « ne plus se souvenir de rien ».
Robert, dit Bobby, Bales a grandi à Norwood, dans l'Ohio. À 20 ans, il est la star de l'équipe locale de football américain. Après des cours d'économie à l'université, il abandonne ses études en 1996. Selon Me John Henry Browne, son avocat, il aurait ensuite travaillé dans la finance, avant de créer avec son frère une société d'investissement. Très marqué par les attentats du 11 septembre 2001 (« les terroristes avaient blessé quelque chose en lui », explique l'un de ses anciens camarades »), il choisit, à 27 ans, de s'engager dans l'armée. C'est un tireur d'élite, mais aussi un homme en quête de reconnaissance - très endetté de surcroît. Il va vite accumuler les frustrations. Entre 2003 et 2010, il séjourne à trois reprises en Irak. Bilan : une grave blessure au pied et une lésion cérébrale. « Bobby » songe alors à poser ses valises et à devenir instructeur, mais, fin 2011, ses supérieurs en décident autrement : il est expédié en Afghanistan.
Avec son bataillon, le sergent Bales est affecté dans la province de Kandahar, où il est notamment chargé d'assurer la protection des hommes des forces spéciales américaines lors de leurs raids de nuit. La mission est épuisante, les conditions de vie sont spartiates (il est logé dans un conteneur). Une semaine environ avant le drame, un de ses amis saute sur une mine et perd une jambe. Désabusé, Bales envoie à sa femme un SMS laconique : « Dure journée pour les mecs bien. »
Pétage de plombs
À en croire un responsable américain cité par le New York Times, la tuerie est la résultante d'une « combinaison de stress, d'alcool et de problèmes familiaux : il a pété les plombs ». Version réfutée par son avocat, qui compte plaider « l'altération du discernement ». Non seulement l'armée n'a pas diagnostiqué le stress posttraumatique (PTSD) dont il souffrait, mais elle l'a contraint à prendre part à une guerre à laquelle il ne voulait pas participer.
Pour les psychiatres, le cas de Bales est le symptôme de problèmes plus généraux. Par exemple, l'incapacité de l'armée à soigner ses soldats nerveusement épuisés par des années de combats. « Elle veut faire croire que ceux qui commettent des crimes sont des voyous, qu'ils sont des cas isolés, mais c'est faux », explique au quotidien le Dr Stephen Xenakis. Tueur méthodique ou victime collatérale du bourbier afghan, le sergent Bales encourt la peine capitale.
Clémence pour les tueurs
En 1968, après le massacre de plusieurs centaines de villageois vietnamiens à My Lai, vingt-six officiers et soldats sont inculpés. Tous sont relaxés, sauf le lieutenant William Calley, qui est condamné à la prison à perpétuité. Il sera libéré après trois ans et demi d'assignation à résidence.
En 2005, à la suite de la diffusion de photos de prisonniers irakiens torturés et humiliés à Abou Ghraib, onze soldats américains sont condamnés à des peines allant de la radiation de l'armée à dix ans d'emprisonnement. Chef des tortionnaires, le caporal Charles Graner a écopé de la peine la plus lourde.
En août 2011, il a été libéré sur parole. Il ne sera resté que six ans et demi derrière les barreaux.
J.S.
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17:43 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, massacre, armée américaine, robert bales







