lundi, 30 avril 2012

Politique

AGRICULTURE ET RELANCE DE L’ELEVAGE : Macky Sall entre urgences et priorités

Au Sénégal, le nouveau régime de Macky Sall arrive avec de nouvelles ambitions. Et parmi elles, le développement du secteur de l’élevage et des activités de recherche pour donner un plus à la vie du secteur. Depuis un siècle, les caractéristiques de ce secteur ont, sans doute, changé avec l’amélioration des conditions de vie des animaux, l’introduction de nouvelles espèces chez les bovins, ovins, caprins et équins. Même si, dans le fond, l’activité reste principalement confinée à la transhumance et au pastoralisme. 



AGRICULTURE ET RELANCE DE L’ELEVAGE : Macky Sall entre urgences et priorités
Au Sénégal, l’élevage est la deuxième activité du secteur agricole après l’agriculture : il contribue à 35 % du Pib du secteur primaire et 4,8% du Pib total. Mais, il reste un secteur loin des priorités de développement. La conséquence de tout cela est que la production laitière nationale reste cependant très faible. Estimée en 2004 à 114,2 millions de litres, elle ne cesse d’augmenter et ne parvient pas encore à répondre aux besoins nationaux en produits laitiers. Le mal étant que la priorité a été accordé depuis le début des années d’indépendance à l’agriculture à travers la monoculture de l’arachide. Les cultures de subsistance en ont fait les frais avec une marginalisation des activités d’élevage. 
Et pourtant, juste avant la fin des années 1950, les autorités coloniales persuadées que l’élevage surtout ovin et bovin avaient fait le choix de spécialiser les différentes zones en fonction de leurs potentialités. Ainsi, à côté de l’immense bassin arachidier, est née la zone agrosylvopastorale du Ferlo où se trouve encore le ranch de Dolly. Ce vaste territoire de près de 90.000 hectares a été préservé pendant toute la période de sécheresse au Sahel. Et, il reste aujourd’hui, bien mal en point. Au fil des années, le ranch a progressivement perdu son charme avec l’abandon progressif de son espace. 

La question de l’eau, de la sécurité et celle des vols de bétail étant évacuée, le problème de l’élevage est aujourd’hui situé dans le management du secteur et dans son manque d’association harmonieuse avec l’agriculture et dans la problématique alimentaire dans son ensemble. Tout comme également dans le manque d’objectifs fixés par l’Etat pour ce qui est de l’amélioration des conditions de vie des éleveurs. Et, aussi, comme si les difficultés ne finissaient pas, dans l’oubli du suivi des animaux à chaque fois qu’une maladie était déclarée comme éradiquée dans une zone.
La conséquence est grave. Car la situation d’abandon dans laquelle se trouve le ranch de Dolly a entraîné une surpopulation des parties humides du pays pendant la période sèche. Tout cela ajouté au rétrécissement des terres de parcours, fait aujourd’hui que les bergers ont été laissés à eux-mêmes, à la maladie, l’insécurité et encore. Le résultat final de tous ces constats étant pour l’avenir, la multiplication des conflits dans les zones de passage. La régularité des accidents comme cette vingtaine de moutons trouvés mourants sur la route de Touba au mois de novembre dernier, victimes de l’inconscience d’un chauffeur de camion qui a refusé de s’arrêter au moment de leur passage. 
Pour une politique alimentaire plus cohérente 

Les malheurs sont fréquents pour ces pauvres bergers qui n’ont cessé de revendiquer une plus grande reconnaissance de la part de l’Etat depuis l’époque du président Abdou Diouf. 
Dans la même mouvance, la faiblesse des moyens alloués au secteur de la recherche agro-alimentaire, aux instituts comme l’Institut Sénégalais de Recherches agricoles (Isra), sont la preuve que l’Etat manque d’ambition pour ce secteur. Finalement laissé à des privés sans conseils, le travail d’encadrement est fait aujourd’hui par les associations et collectifs d’éleveurs. Et, pendant les grandes fêtes religieuses, sans l’apport des éleveurs des pays voisins comme la Mauritanie et le Mali, le Sénégal a du mal à supporter la demande en moutons, chèvres et bœufs. 

Avec l’arrivée d’une femme à la tête du département de l’élevage, nul doute que les attentes et défis sont énormes. Madame Aminata Mbengue Ndiaye en est consciente et a décidé de prôner le dialogue avec tous les acteurs. Etre à l’écoute est un préalable utile en ce moment pour faire le point sur des dizaines d’années de travail sans grande conséquence sur le développement de l’élevage, selon elle. Les chercheurs, techniciens et producteurs fondent ainsi un immense espoir sur ce nouveau gouvernement au sein duquel le président Macky Sall en tête, veut prêter une oreille attentive à tous les problèmes qui lui sont soumis en ce moment. Une bonne partie des initiatives de ce nouveau gouvernement devrait passer aussi par l’amélioration du cadre administratif et technique du secteur. Chose urgente et attendue des centres de recherche, des associations et des acteurs. 

Dans ce contexte, la réorganisation et la relance des activités de recherche d’instituts comme le Centre de Recherche zootechnique de Dahra, le Centre national de recherche agronomiques (Cnra) de Bambey et de l’Isra sont déjà une grande priorité. 

La tâche est ardue pour ce qui est de l’élevage du fait que le Sénégal en ce mois de mai est dans une difficile période de soudure. L’hivernage 2011 ayant été l’une des moins bonnes depuis le début des années 2000, il ne s’agira pas seulement pour le nouveau pouvoir de trouver tout de suite des semences pour l’agriculture. L’urgence est aussi de mettre à la disposition des éleveurs, de l’eau et des aliments pour l’énorme cheptel en errance dans les différentes régions du Boundou, dans le sud Est, le bassin arachidier, au Sénégal Oriental et encore dans le delta du Sine et du Saloum. 

Mame Aly Konte 
Source Sudonline.sn
 

 

Lundi 30 Avril 2012

Politique

ABOU ABEL THIAM, PORTE PAROLE DU PRESIDENT DE LA REPULIQUE : “Un Etat, plus il est secret, plus il est fort”


Après la communication à tout va des Wade déchus le 25 mars dernier, faut-il s’attendre désormais au culte du secret avec Macky Sall ? Son porte-parole, Abou Abel Thiam, invité hier dimanche 29 avril de l’émission « Point de vue » de la Radio télévision nationale (Rts) déclare à ce sujet que « nous voulons travailler à préserver la confidentialité de la présidence de la République… » Par ailleurs, le président de la République, Macky Sall veut d’une majorité stable à l’Assemblée nationale. Même s’il n’a pas besoin d’une « majorité écrasante », a-t-il soutenu. Selon lui, le chef de l’Etat entend s’appuyer sur un groupe parlementaire majoritaire de sa coalition « Benno Bokk Yakaar » (Bby) pour gouverner en paix. 



ABOU ABEL THIAM, PORTE PAROLE DU PRESIDENT DE LA REPULIQUE : “Un Etat, plus il est secret, plus il est fort”
Abou Abel Thiam, porte-parole du président de la République invité de l’émission « Point de vue » de la Radio télévision nationale (Rts) d’hier, dimanche 29 avril a déclaré qu’il ambitionnait, dans l’exercice de ses nouvelles fonctions, sauvegarder « la confidentialité et le caractère sacré » des premières institutions du pays que sont la présidence et le Président de la République. « Nous voulons travailler à préserver la confidentialité de la présidence de la République (…) Un Etat, plus il est secret, plus il est fort », a affirmé Abou Abel Thiam. « Nous entendons renvoyer aux Sénégalais une image positive, faite de sobriété et de transparence », a-t-il déclaré, ajoutant que « la dignité et le caractère sacré » de la présidence de la République doivent être sauvegardés. Après la communication à tout va des Wade déchus par les urnes du 25 mars dernier, faut-il s’attendre désormais au culte du secret d’Etat avec Macky Sall sur tous les dossiers? La nature a horreur du vide. Attention à la gouvernance des rumeurs. 

Par ailleurs, le système sénégalais veut que le président de la République soit la clé de voute des institutions du pays. Une situation qui fait que tout part de la présidence de la République, tout lui revient. Mais, « le monarque républicain » a toute fois besoin d’une majorité parlementaire qui lui permette de gouverner en paix. Le nouvel homme fort du Sénégal, que la coalition qui l’a porté au pouvoir le 25 mars dernier invite à appliquer au plus vite les conclusions des Assises nationales et la charte de gouvernance qui en est issue, trouve lui, qu’il importe tout d’abord de disposer au Parlement d’une majorité « confortable » le 1er juillet prochain. 

Même s’il n’a pas besoin d’une « majorité écrasante » à l’Assemblée nationale, mais d’un groupe parlementaire suffisant pour accompagner ses réformes, a déclaré hier dimanche 29 avril, son porte-parole Abou Abel Thiam. Il n’en demeure pas moins, que le nouveau président de la République aimerait bien être soutenu par le plus grand nombre de députés pour faire passer ses réformes, a souligné celui qui porte sa parole, invité de l’émission « Point de vue » de la Radio Télévision nationale (Rts). 

Pour en effet Abou Abel Thiam, « sa vocation n’est pas d’avoir une majorité écrasante (…) Il a seulement besoin d’une majorité politique, pour avoir des leviers qui lui permettent de mener son action gouvernementale », en toute tranquillité pourrait-on ajouter sans se tromper. 

Pour disposer d’une telle majorité qui lui fournirait les moyens politiques de « mener son action gouvernementale », le Président Macky Sall veut s’appuyer sur « toutes les forces politiques » qui l’ont fait élire le 25 mars avec 65,8% des suffrages valablement exprimés, a dit son porte-parole. 

Une coalition qui veut aller encore ensemble aux élections législatives du 1er juillet. La volonté du chef de l’Etat d’aller aux élections législatives sous les couleurs de « Benno Bokk Yakaar » n’est point « signe de faiblesse », précise cependant, Abou Abel Thiam. Selon lui, Macky Sall entend seulement respecter des engagements pris dans ce sens lors de la campagne électorale en vue du second tour de l’élection présidentielle. Peut-être, mais les plus de quarante points « apportés » par la coalition des douze plus un (le candidat recalé Youssou Ndour) perdants du 1er tour, ne sont pas étrangers assurément à la disponibilité présidentielle. Ils ont aidé au respect de la parole donnée, même si la confection des listes n’est pas sans heurts aussi bien au sein de la coalition qu’au niveau de ses différentes composantes. 

A ce propos, Abou Abel Thiam a estimé que les remous notés ici et là au sein de certains partis membres de Bby, n’auront pas de conséquences graves sur la coalition. Pour lui, cette coalition doit s’employer à « restaurer la République, répondre aux attentes des populations et remettre le pays sur la voie du développement et de la transparence ». 

Madior Fall 
Source Sudonline.sn
 

 

Lundi 30 Avril 2012

Politique

ARRESTATIONS DANS L'AFFAIRE BARA SOW ET ABABACAR DIAGNE: La prison de Thiès sous haute surveillance du Gmi et des Epi

Parce qu’elle abrite en son sein Cheikh Béthio Thioune, la prison de Thiès est sous haute surveillance. Des Eléments pénitentiaires d’intervention (Epi) sont venus renforcer leurs collègues au moment où le Groupement mobile d’intervention (Gmi) assure la sécurité à l’extérieur du bâtiment. 



ARRESTATIONS DANS L'AFFAIRE BARA SOW ET ABABACAR DIAGNE: La prison de Thiès sous haute surveillance du Gmi et des Epi
Les riverains de la Maison d’arrêt et de correction de Thiès vivent le calvaire lié à la restriction de leurs déplacements dans certains endroits de leur quartier, suite au placement sous mandat de dépôt de Cheikh Béthio Thioune, dans ces lieux. La prison se situe à la périphérie du périmètre communal. La zone est désertique. Quelques maisons et quelques entreprises peuplent le décor. Elle a été construite à l’époque coloniale dans le quartier de 10e Riaom (Régiment d’infanterie de l’Afrique d’Outre mer) et était le gîte des colons et des cadres indigènes de l’Administration coloniale. 

Située dans la commune d’arrondissement de Thiès-Ouest, la prison est quadrillée par des éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi) qui ont dressé des check points pour surveiller les va-et-vient des piétons. Des barrières ferment la chaussée. Les automobilistes sont détournés pour emprunter les voies secondaires. Seules les voitures de la prison sont autorisées à circuler aux alentours du périmètre carcéral. Les forces de l’ordre, comme des sentinelles, armes au poing, se relaient au point de garde, épiant les moindres faits et gestes des passants. Les regroupements sont vite dispersés et les piétons sont priés de marquer la cadence. Devant l’entrée centrale de la prison, les éléments du Gmi ont dressé des abris provisoires. Une vingtaine de policiers surveillent l’entrée principale qui était toujours bondée de personnes venues rendre visite à leurs parents détenus. 

A l’intérieur de la prison, des Eléments pénitentiaire d’intervention (Epi), le corps d’élite de l’Administration pénitentiaire, venus de Dakar, renforcent leurs collègues de la Maison d’arrêt et de correction de Thiès. Les consignes sécuritaires sont respectées à la lettre. A 18H, le dîner est servi. A 19H, les prisonniers regagnent leurs cellules. La prison accueille un hôte de marque. Les habitudes ne peuvent alors que changer…Serigne Makhtar Diakhaté, l’ancien président du Conseil rural de Touba et ex-chambellan de Serigne Saliou Mbacké, à la tête d’une forte délégation, n’a pu voir Cheikh Béthio Thioune qu’il voulait voir en prison. Le Doyen des juges de Thiès, Abdoulaye Hassane Thioune, ne leur a pas encore donné l’autorisation de le faire. 

Daouda MINE 
Source L'Observateur
 

 

Lundi 30 Avril 2012