jeudi, 28 juin 2012

Economie

Bénin – Que sont les grands projets économiques devenus ?

L'Auteur : bonimarcus

Les régimes successifs qui ont dirigé le Bénin depuis le début du renouveau démocratique en 1990 ont fait miroiter aux Béninois la réalisation d’un certain nombre de grands projets. Des projets à caractère économique censés faire du Bénin un pays de services, en tirant profit de sa position géographique et de ses potentialités. Mais de tous ces projets annoncés souvent à grand renfort médiatique, aucun n’a réellement vu le jour et certains ont été purement et simplement classés dans les oubliettes. Sans autre forme d’explication.

Cotonou, la capitale économique du Bénin

 Le projet de port sec à Porga, ville frontalière du Burkina au nord du Bénin, avait suscité beaucoup d’espoir sous la présidence de Mathieu Kérékou. D’autant plus qu’il allait permettre au pays de l’hinterland, en l’occurrence le Burkina, le Mali et le Niger, de pouvoir accéder à leurs marchandises sans avoir à se rendre jusqu’à Cotonou située à près de 550 kilomètres. Mais pour cette région déshéritée du Bénin, cela signifiait aussi des opportunités d’emplois pour les jeunes et un certain développement économique. Malheureusement ce projet est resté mort-né. Peut-être aussi en partie par la faute des populations des départements de l’Atacora-Donga qui ne se sont pas suffisamment mobiliser pour contraindre les politiques à sa réalisation.

Le projet de port sec qui date de l’époque du président Mathieu Kérékou a été finalement repris par le régime de Boni Yayi, mais au profit de Parakou. Au grand dam des populations de l’Atacora-Donga. Mais là encore, il y a eu plus de discours que de concret. Et Parakou n’a toujours pas vu son port sec. Le verra-t-il jamais!

Si l’on continue de parler du fameux projet touristique de «La route des pêches» qui part de Cotonou à Ouidah en longeant les plages de la côte béninoise, en revanche il est aussi actuellement au point mort. Certes plusieurs études ont été conduites à ce sujet, mais le reste n’est resté qu’à l’étape des bonnes intentions non suivies de réalisation concrète. Censé doper le tourisme béninois, ce tronçon de la côte béninoise continue de languir sans espoir de remplir la fonction qu’on lui destinait un jour. L’aéroport international Cardinal Bernadin Gantin est situé en pleine ville de Cotonou, coincé entre les habitations et la mer. Du fait cela empêche son agrandissement.

 Le projet d’aéroport international de Glo-Djigbé à la sortie nord de Cotonou a été conçu pour pallier cette situation et doter la capitale économique du Bénin d’un nouvel aéroport moderne et de grande dimension. La première pierre y a même été posée, mais elle risque au fil des années de devenir un mégalithe. Car le temps passe, et les Béninois ne voient rien se passer sur le terrain qui a été délimité pour abriter cet aéroport. Au risque de voir à l’avenir des habitations sortir de terre sur le domaine, tant les Béninois sont experts en cela.

L’autre aéroport international qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive est celui de Tourou, près de Parakou, la grande métropole du nord-Bénin. Aux dernières nouvelles, les travaux ont redémarrer. Après une longue interruption qui a suscité divers commentaires, les entreprises Colas et Seib auraient repris du service sur le chantier. Tant mieux! C’est la moindre des choses quand on sait que le budget y afférent avait été voté en force par la majorité présidentielle, en dépit des réticences de l’opposition.

Si l’on analyse les discours et les actes différents gouvernements qui se succédé depuis 1990 quant à leurs projets, l’on se rendra à l’évidence qu’en termes de réalisations en faveur des populations, ils ont laissé plus de premières pierres que d’infrastructures réellement. Et pourtant, cela ne semble pas interpeller les consciences lorsque vient le moment des élections. L’argent, les dons et libéralités en ce moment brouillant littéralement le bon sens de plus d’un. Qui a dit que nous sommes à la base de nos propres maux! C’est une lapalissade en ce qui concerne les relations que les Béninois entretiennent avec leurs acteurs politiques et qui jouent à perfection leurs rôles d’acteurs, au sens premier du terme du reste.

Marcus Boni Teiga

Écrire un commentaire