mardi, 10 juillet 2012

Revue de presse Afrique

mardi 10 juillet 2012

 A la une : anniversaire en demi-teinte pour le Soudan du Sud

 

 

 

Ce mardi, les médias africains évoquent le Soudan du Sud, qui a fêté hier ses un an d'indépendance. Un anniversaire en demi-teinte, commente la presse. Sur place, les seuls indicateurs des célébrations sont cet « immense panneau près de l'aéroport de Juba », la capitale, «sur lequel on peut lire "Ensemble, nous marchons dans le pays de la liberté"», sans oublier ces « drapeaux aux couleurs du pays en vente dans la ville ». Ce drapeau est « le seul acquis dont peuvent se réjouir les Soudanais du Sud », écrit Le Pays au Burkina Faso. « Un an après, poursuit son confrère de L'Observateur, force est de reconnaître que c’est un embryon d’Etat qui se met en place [mais] il est peut-être trop tôt pour juger des retombées socio-économiques de l’indépendance ». « Beaucoup de pays africains, vieux de plus d’un demi-siècle, n’ont pas pu faire grand-chose pour sortir leurs populations de la misère », reconnait Le Pays.

Juba « n’est plus une priorité »

Pour la presse guinéenne, Juba va devoir se débrouiller seul. Selon GuinéeConakryInfo, « l’euphorie de l’indépendance retombant progressivement, Juba n’est plus logée dans la colonne « priorité » de l’agenda de la communauté internationale ». Seul aussi, car selon le site guinéen, les pays africains « peinent [encore] à accepter le Sud-Soudan dans leur rang ». Le problème du dirigeant Salva Kiir, c'est qu'il a « la tête à la guerre [avec Kharthoum] ». Au delà des divergences sur la question sensible du pétrole, les rapports entre le nouvel Etat et son voisin du nord se dégradent en raison de « convoitises territoriales », rappelle le média en ligne guinéen. Et en attendant, « son peuple commence évidemment à s’impatienter ». « Pour ce peuple, qui cherche à résoudre les fondamentaux de la vie, conclut Le Pays, cette indépendance longtemps rêvée n’aura été qu’une pure illusion ».

250 évasions en un an

En Côte d'Ivoire, la presse revient sur l'évasion dimanche d'une dizaine de prisonniers de la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA). Sur les douze prisonniers en fuite, huit ont été repris. Mais comment expliquer cette vague d'évasions qui touchent les prisons ivoiriennes ? Ce sont près de 250 détenus qui se sont évadés depuis un an, note L'Intelligent. « Comme c'est bizarre ! » s'exclame Fraternité Matin  en une. Les évasions à répétition font aussi les gros titres de Nord-Sud . Pourquoi ? Comment ? s'interroge la presse ivoirienne alors que la plupart des prisons ont fait l'objet d'une réhabilitation, comme le rappelle L'Intelligent ; notamment « la plus grande en termes de superficie et de capacité d’accueil », la MACA.

Deux idées sont soulignées par les journaux ce matin: d'abord le manque d'armes des surveillants et leur manque d'autorité. « Les jours de visite, ce sont des détenus qui font la loi, sous le regard passif de ceux à qui devrait, en principe, échoir ce rôle », écrit Le Mandat . Deuxième problème, le mélange des autorités au sein même de la prison. « Entre surveillants, militaires, policiers et gendarmes, rien ne va plus », avance Le Nouveau Réveil. Dans L'Intelligent , un gendarme de la MACA dénonce l'appui aux évadés de « soldats incorporés dans les prisons ». « Les gendarmes, poursuit-il, refusent de tirer sur les évadés pour ne pas se créer de problèmes. Quant aux éléments des [Forces républicaines] incorporées dans les prisons, ils ne veulent pas tirer sur leurs (...) frères qui s’évadent ». Dernier élément avancé par L'Intelligent : « contrairement à la norme qui exige qu’un détenu soit gardé par deux surveillants, un garde pénitentiaire en surveille actuellement... 153 » à la MACA.

Dakar transformé en décharge publique

Autre titre, cette fois au Sénégal : le centre-ville de Dakar et sa banlieue croulent sous les ordures. Les photos publiées sont impressionnantes : plusieurs artères ressemblent encore ce mardi à un dépotoir « au niveau des croisements et des passages piétons », décrit Sud Quotidien, à Dakar, en raison d'un mouvement de grève du regroupement des concessionnaires, qui se chargent de la logistique du nettoyage.

En cause: le non-paiement du service. La grève a été levée mais elle a duré 3 jours. Et en seulement 3 jours, « plus de 7 000 tonnes d’ordures [ont été] stockées dans les rues ». Une situation « rendue plus complexe [encore] par le contexte de l'hivernage, souligne Le Soleil . En ce moment, la piste qui mène vers le dépotoir (...) est impraticable à cause des pluies ». Et la situation est alourdie aussi par « l’incivisme des populations », insiste Sud Quotidien . « Les gens ne [devraient pas verser] leurs déchets ménagers devant leurs domiciles. Nous devons tous avoir de bons comportements ». « Les techniciens de surface veulent des assises du nettoiement » pour régler définitivement le problème, explique encore Le Soleil , à Dakar. Car ce n'étaient pas leur grève, mais bien celle des concessionnaires. Et pourtant, eux aussi, auraient bien des raisons d'arrêter le travail avance l'un d'entre eux. « L’ Etat nous doit plus de deux milliards de Francs CFA, c’est-à-dire le paiement de trois mois de salaires, explique-t-il. Mais personne ne dit rien. Les techniciens de surface souffrent d’un manque de respect et de considération ».

 

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