vendredi, 31 août 2012

POLITIQUE

Article publié le : vendredi 31 août 2012 - Dernière modification le : vendredi 31 août 2012

Kenya : le MYC, un mouvement jihadiste soupçonné de propager la guerre sainte dans la région

 

Le prédicateur Aboud Rogo Mohammed, tué le 27 août 2012.
Le prédicateur Aboud Rogo Mohammed, tué le 27 août 2012.

 


Par RFI

Le président kényan Mwai Kibaki a appelé jeudi à la « tolérance », lors d'un déplacement dans le port de Mombasa, toujours sous haute sécurité après des émeutes déclenchées par le meurtre d'un prêcheur islamiste en début de semaine. Une enquête est ouverte pour connaître ses assassins. Ce prêcheur, Aboud Rogo Mohammed est une personnalité très controversée. Plusieurs organisations musulmanes parlent d'exécution extrajudiciaire. Aboud Rogo était mal vu par le gouvernement et la communauté internationale. Il appartenait à un mouvement  mouvement jihadiste kényan, le Muslim Youth Center qui souhaite propager la guerre sainte au Kenya.

 

Crée en 2008 par Ahmad Iman Ali, le Muslim Youth Center a pour objectif d'importer le jihad au Kenya. Groupe radical affilié aux shebabs somaliens, il a pour modèle la secte extrémiste nigériane Boko Haram. Le prédicateur Aboud Rogo Mohammed, tué le 27 août, était considéré comme l'un des idéologues du mouvement. Au Kenya, le groupe est soupçonné d'avoir mené une série d'attaques à la grenade, notamment contre des hôtels de Mombassa.

Selon Matt Bryden, directeur du Sahan Researche Center basé à Nairobi, le MYC possède des cellules terroristes dormantes mais n'a pas encore réussi à mener un attentat de grande envergure : « Jusqu’à aujourd’hui, on voit un groupe qui n’est pas très bien organisé, dont les membres manquent de capacité ou de volonté ou des deux pour faire un attentat sérieux. Cela reste assez artisanal : lancer des grenades, parler beaucoup d’attentats, sans faire grand-chose ».

En revanche, le Muslim Youtch Center est beaucoup plus actif en Somalie où il a envoyé plusieurs centaines de jeunes jihadistes combattre aux côtés des shebabs somaliens. Et c'est de la Somalie que pourrait venir le danger selon Matt Bryden :

« Je crois que la plus grande crainte c’est que si les forces kényanes prennent le port de Kismayo en Somalie (…), quelques centaines de membres du MYC risquent de rentrer au Kenya. Parmi eux, il y a peut être certains qui sont plus déterminés et plus expérimentés en matière de combat entre autres et qui donc représenteraient un risque plus grand pour la sécurité du Kenya ».

Les Nation unies s'inquiètent de la montée en puissance de cette organisation. La plupart de ses dirigeants sont sous sanctions onusiennes. C'était d'ailleurs le cas d'Aboud Rogo Mohammed.

Kenya - Mwai Kibaki - ONU - Somalie

 

Fiche Pays :

 

ECONOMIE

Fraude sur la TVA, impôts fonciers / Abinan Pascal, Dg des Impôts révèle: “L’Etat perd plus de 100 milliards FCFA par an”

Publié le vendredi 31 aout 2012  |  Le Mandat


Economie:
© Ministères par DR
Economie: Pascal Abinan, Directeur general des impôts


31 décembre 2012, date butoir du paiement des impôts fonciers’’
Invité de la rédaction de Onuci.Fm, le directeur général des Impôts, Pascal Kouakou Abinan, a révélé que l’Etat de Côte d’Ivoire perd en moyenne 100 milliards F CFA par an, concernant la fraude sur lataxe sur la valeur ajoutée (TVA). En même temps, il invite les contribuables à s’acquitter de leurs impôts fonciers dans les délais prévus.

M. Pascal Kouakou Abinan, on parle souvent de civisme fiscal. De quoi s’agit-il exactement ?

Le civisme fiscal, c’est de faire en sorte que les Ivoiriens s’habituent à l’impôt tout simplement. L’impôt est une obligation qui pèse sur tous les citoyens honnêtes qui aiment leur pays et qui souhaitent son développement.

Qui doit ou qui peut payer l’impôt ?

Tout le monde doit payer l’impôt. La définition classique dit que chacun paie selon ses capacités contributives.

Tout opérateur...

Oui, tout opérateur doit payer l’impôt, sauf des cas que la loi elle-même exonère.

Vous voulez parler par exemple du secteur informel...

Le secteur il est informel parce qu’il ne paie pas l’impôt qu’on l’appelle ainsi. C’est cela notre combat. C’est d’ailleurs un phénomène mondial. Et c’est dans ce secteur que vont se réfugier des opérateurs économiques assez consistants ensuite pour échapper à l’impôt. Vous savez que nous sommes en train de faire une opération d’immatriculation de masse pour justement savoir dans ce secteur, qui est vraiment informel et qui ne l’est pas. En réalité un pays moderne doit réduire au strict minimum l’impact de son secteur informel.

Venons-en à la TVA et à l’impôt foncier. Pourquoi particulièrement ces deux types d’impôts, alors qu’il y a une multitude ?

On a constaté en ce qui concerne la TVA que le niveau de cette taxe payée en Côte d’Ivoire, comparativement à certains pays qui n’ont pas les mêmes niveaux de développement économique que nous, n’est pas ce que nous attendons. Nous avons compris que la fraude y est pour beaucoup dans le rendement insuffisant de la TVA.

Qui est concerné par cette taxe ?

Tout le monde est concerné par la TVA. Il faut rappeler que la TVA est une taxe sur la consommation. Dans notre jargon, nous l’appelons l’impôt indirect. Indirect parce que, celui qui reverse n’est pas celui qui paie et celui qui paie n’est pas celui qui reverse. Le commerçant n’est que le collecteur. C’est en cela que c’est dangereux et inacceptable quand les gens ne reversent pas cette taxe, qu’ils collectent. Parce que c’est quelqu’un d’autre qui leur a donné pour donner à l’Etat. Nos partenaires qui sont ces contribuables tellement nous les respectons que nous leur appelons les clients. Donc il faut qu’ils fassent attention. Parce que nous avons découvert leur stratégie. Nous savons comment ils opèrent. Nous avons mis en place des moyens pour les contrer. Nous avons ce qu’on appelle notre base de données. L’impôt centre nous permet de retracer toutes les transactions commerciales même financières des opérateurs économiques. Quand nous allons découvrir la fraude, la sanction administrative et fiscale c’est de 50% à 200% de pénalité. Mais en plus de cela, nous allons le poursuivre au pénal. Parce que, c’est un détournement de derniers publics.

Que rapporte ou que devait rapporter la TVA à l’Etat de Côte d’Ivoire ?

Selon les études que nous avons menées, c’est à peu près 100 milliards F CFA que nous perdons chaque année du fait de la fraude. S’il n’y avait pas la fraude, cette taxe devait rapporter au bas mot entre 200 et 300 milliards F CFA.

Pourquoi parle-t-on aussi maintenant de l’impôt foncier ?

Il ne ressurgit pas l’impôt foncier. Il existe depuis longtemps. C’est vrai vous avez raison. Il n’y a eu trop de publicité autour. De telle sorte que les Ivoiriens ne connaissent pas trop l’impôt foncier. Parce que beaucoup ont des patrimoines. Mais comme ils ne connaissent pas, ils ne paient pas. Mais, nous sommes un pays moderne et l’ambition, c’est de moderniser encore plus ce pays. Le gouvernement a mis en place des structures pour développer le pays notamment le District, les régions et les communes. Il faut donner les moyens à ces collectivités décentralisées pour jouer leur rôle. L’impôt foncier, c’est un impôt local. Vous avez une maison sur le territoire d’une commune ou d’une région, vous payez vos impôts dans ces lieux. Et c’est avec les produits de ces impôts que la structure dirigeante doit s’occuper du développement local. Il faut qu’on explique cela aux Ivoiriens et à ceux qui vivent en Côte d’Ivoire. Payer son impôt foncier, c’est contribuer à l’amélioration de son environnement. Si le maire a les moyens de faire ce qu’il a à faire dans sa commune, mais qui en profite ? Ce sont les habitants de cette cité. Je crois que les Ivoiriens commencent à comprendre nos messages. Parce que l’Etat, pour faciliter le paiement de ces impôts fonciers, a pris des mesures, des faveurs pour les contribuables que nous sommes.

Votre appel à l’endroit de ceux que vous appelez vos clients en ce qui est de la TVA et de l’impôt foncier.

Pour ce qui concerne la TVA, ils doivent comprendre qu’ils n’ont aucune raison de ne pas reverser ces taxes. Parce que, ce ne sont pas eux qui paient. S’ils ne le font pas, nous sommes obligés à notre corps défendant de sanctionner. Sur l’impôt foncier, avec les avantages qui leur sont offerts, ils ont d’ici le 31 décembre 2012 pour être en règles de leurs impôts fonciers.

Retranscrit par J. CESAR

Découverte

Rémy Ngono a la tête dure


Portrait d’un journaliste camerounais exilé en France

               

Pour ce professionnel des médias camerounais, ne pas renoncer à son métier était une évidence. La Maison des journalistes (MDJ), à Paris, l’a soutenu dans cette obstination de tous les instants. Après avoir traversé des temps difficiles, J. Rémy Ngono a trouvé sa place dans la presse française. Son portrait est le second d’une série que vous propose Afrik.com cette semaine.

Pour avoir un entretien avec J. Rémy Ngono, il doit d’abord éteindre ses trois téléphones portables. Désormais à l’aise financièrement, l’homme de 40 ans se plaît à évoquer sa belle voiture, son appartement confortable à Paris et ses négociations salariales. Aujourd’hui, le journaliste camerounais n’a pas de fins de mois difficiles, mais cela n’a pas toujours été le cas.

J. Rémy Ngono vit en France depuis cinq ans. Avant d’y venir, cet amoureux des proverbes possédait une émission satirique de grande écoute sur la radio télévision Siantou (Rts), première station privée du Cameroun. Lors de celles-ci, il avait pris l’habitude d’égratigner les ministres et le président de la République, Paul Biya. Si les auditeurs apprécient sa verve, les autorités, elles, l’aiment beaucoup moins ! En 2003, il est condamné à six mois de prison pour appel à la rébellion, commentaires tendancieux et outrage au chef de l’Etat. A sa sortie du “Kosovo”, l’un des quartiers les plus dangereux de la prison centrale de Yaoundé, capitale du Cameroun, une décision de justice lui interdit d’exercer son métier. Par la suite, il dit s’être fait approcher par des personnes proches du pouvoir qui font pression sur lui pour qu’il change sa ligne éditoriale. Il s’y refuse et doit alors quitter le pays. Lorsqu’on lui demande s’il souhaite rentrer chez lui, sa réponse est sans équivoque : « on peut arracher un homme d’un pays, mais pas le pays du cœur d’un homme. » Toutefois, malgré son attachement au Cameroun, c’est aujourd’hui loin de la nation des Lions Indomptables que Rémy Ngono poursuit sa carrière.

L’ANPE lui trouve une place de vigile

Lorsqu’il débarque en France, il n’a pas d’attache. Après six mois de présence sur le territoire, il dépose sa demande pour obtenir le statut de réfugié. Son titre de séjour en poche, il est pris en charge par la Maison Des Journalistes (MDJ), structure d’accueil et d’entraide pour les journalistes du monde entier. Pour l’instant, la demeure parisienne est la seule au monde à fournir un tel coup de pouce à ceux qui ont dû fuir leurs pays [1]. En plus de les héberger durant six mois, l’association les aide professionnellement.

Pourtant, avec une pointe d’orgueil, Rémy Ngono refuse d’envoyer CV sur CV. « Les autres résidents m’avaient confié leurs déboires professionnels. Je savais déjà que la majorité abandonnait le métier par dépit », se justifie t-il. Il s’inscrit quand même à l’ANPE (aujourd’hui Pôle emploi), au cas où… L’agence l’appelle pour lui proposer du travail dans la restauration ou en temps qu’agent de sécurité. « Cela m’a choqué, se souvient-il, même à France Terre d’Asile, on m’incitait à prendre un métier “alimentaire !” » Pourtant, il a déjà une expérience des médias français : en 2000, il a réalisé plusieurs éditoriaux à RFI depuis Yaoundé. Mais Rémy Ngono refuse d’abandonner. « Si je ne me suis pas découragé au Cameroun, ce n’est pas en France que j’allais baisser les bras », affirme t-il.

Le virage i-télé

En mai 2006, lors de la journée mondiale de la liberté de la presse, une rencontre est organisée par Philippe Spinau, co-fondateur de la structure, entre des journalistes de la Maison et ceux de la chaîne d’information i-télé. Rémy Ngono se rappelle : « C’est mon originalité qui a fait la différence. Ils m’ont alors réinvité à plusieurs reprises. » Lorsque nous l’interrogeons sur son accent très prononcé, il se défend de l’exagérer. « Je n’en joue pas du tout, j’ai toujours parlé comme ça. » En tout cas, son style plait. Et il a pu continuer de le peaufiner à la MDJ. « L’écriture c’est comme un muscle, il ne faut jamais cesser de l’utiliser », affirme l’ancien collaborateur de L’oeil de l’exilé - journal en ligne réalisé par quelques résidents journalistes. En compagnie de ses camarades les plus motivés, il continuera d’entraîner sa plume. Après son départ de la MDJ, le journaliste n’a pas coupé les ponts. « Je passe souvent voir Philippe (Spinau, le directeur de la structure), car je lui suis très reconnaissant de m’avoir aidé », confie Rémy Ngono.

Depuis cette période passée à la MDJ, il a su surmonter ses lacunes. « Au début, il ne connaissait rien en football », se souvient Samuel Yandja, un ancien locataire de la maison. « Je me rappelle même qu’une fois il m’a demandé des précisions sur le foot togolais parce que lors d’une émission, on lui avait posé des questions à ce sujet. Par la suite, il s’est documenté et a acheté plein de bouquins sur ce sport », explique Samuel. Pour Rémy Ngono, réussir est une obligation, pas une option. Après l’expérience i-télévision, il ne refuse pas les nombreuses sollicitations, notamment lors de la Coupe du Monde de 2006, même si elles concernent essentiellement le sport.

De son propre aveux, Rémy Ngono n’a jamais envisagé changer de branche. Depuis qu’une perche lui a été tendue, il n’a plus les ondes des médias français. Il travaille aujourd’hui pour RFI, RTL, ainsi que pour Direct 8 et la récente chaîne francilienne Cap 24. Une belle réussite pour celui qui a toujours refusé de tourner le dos à sa profession.

 

[1] Cadiz et Berlin souhaitent en construire une également

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