mercredi, 02 janvier 2013

POLITIQUE

Article publié le : mercredi 02 janvier 2013 - Dernière modification le : mercredi 02 janvier 2013

La Chambre des représentants approuve l'accord sur le mur budgétaire américain

 

Barack Obama après l'accord validé par les sénateurs le 1er janvier 2013.
Barack Obama après l'accord validé par les sénateurs le 1er janvier 2013.
REUTERS/Jonathan Ernst

 


Par RFI

Le président américain vient de remporter une victoire politique en évitant de justesse le «mur budgétaire», expression désignant une cure d’austérité forcée pour endiguer la dette du pays. Après le Sénat lundi, la Chambre des représentants dominée par les républicains a approuvé, à son tour, le compromis conclu entre la Maison Blanche et les chefs de l’opposition. Mais le feuilleton n’est pas encore terminé. Les discussions sur le relèvement du plafond de la dette ne sont que reportées de quelques semaines.

 

Avec nos correspondants à Washington, Pierre-Yves Dugua et Jean-Louis Pourtet

Après plusieurs heures d'angoisse, les Américains sont soulagés. La majorité d’entre eux n’auront plus à craindre une hausse des impôts importante cette année. La Chambre des représentants vient en effet d’approuver avec une confortable majorité, 257 voix contre 167, la loi approuvée mardi matin 1er janvier par le Sénat.

Dans la foulée du vote, Barack Obama s’est réjoui de cet accord qui constitue « un pas vers une fiscalité plus juste ». Il a rappelé que c’était l’une de ses promesses de campagne.

« Aux termes de cette loi, 98% des Américains et 97% des petites entreprises ne verront pas leurs impôts sur le revenu augmenter, s'est félicité le président démocrate. Des millions de familles continueront de recevoir des crédits d’impôts pour élever leurs enfants et payer leurs études. Les entreprises continueront de recevoir des avantages pour les recherches et les investissements qu’ils effectuent et pour les emplois qu’ils créent dans le secteur de l’énergie. Et les deux millions d’Américains qui sont sans emploi, mais cherchent du travail, continueront de recevoir leurs allocations chômage aussi longtemps qu’ils cherchent activement un emploi. »

Résignation des républicains

Nombre de républicains se sont résignés à voter un texte qu’ils n’aiment guère car il instaure plus de 600 milliards de dollars de hausse d’impôts sur dix ans, sans pour autant réduire durablement les dépenses publiques.

Mais en bloquant le texte, ces conservateurs, souvent affiliés au Tea Party, auraient précipité une chute brutale du pouvoir d’achat avec de fortes baisses automatiques de crédits, de fortes hausses automatiques d’impôts, qui auraient pu déclencher une récession. Et Barack Obama aurait tout fait pour leur en faire payer le prix politiquement.

John Boehner, le président républicain de la Chambre, pour prendre en compte leurs objections, avait envisagé un moment d’introduire des amendements dans le texte, en réclamant 300 milliards de dollars de coupes immédiates. Mais la procédure aurait été longue et son résultat incertain.

Echéances cruciales en février sur le déficit

Dans l’immédiat, l’important est que l’immense majorité des Américains ne subissent pas de hausses d’impôts, que les chômeurs de longue durée continuent de percevoir leurs indemnités, que des milliers de fonctionnaires ne soient pas placés en chômage technique.

Mais ce vote, aussi salutaire qu'il puisse être, ne reste qu'un premier pas. Dans son intervention, le président Obama a pris soin de le rappeler : « Je crois que nous nous rendons tous compte que c'est seulement une étape dans les efforts que nous menons pour relancer notre économie et accroître les opportunités pour tous. Le fait est que notre déficit est toujours trop élevé. » Il a réitéré qu’il ne voulait pas que la classe moyenne soit la seule à se sacrifier pour réduire le déficit. Il a aussi prévenu le Congrès qu’il n’accepterait pas une nouvelle bataille identique à celle de l’été 2011 à propos du relèvement du plafond de la dette pour permettre aux Etats-Unis de payer leurs factures.

Toutes ces questions cruciales chères à Wall Street, aux agences de notation, comme la réduction à moyen et long terme du déficit, le relèvement du plafond de la dette publique et la réforme des régimes sociaux, ont été repoussées à la fin février, ce qui promet un nouveau précipice encore plus dangereux dans deux mois.

En attendant de devoir se battre de nouveau avec les élus sur la réduction notamment des dépenses publiques, le président a décidé de repartir pour quelques jours rejoindre sa famille à Hawaï et prendre un peu de repos.

Etats-Unis

 

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