vendredi, 26 février 2010

Birmanie - Politique

Article publié le : vendredi 26 février 2010


La liberté attendra pour Aung San Suu Kyi



Des militants de la Ligue nationale pour la démocratie manifestent près de l'ambassade de Birmanie à Séoul, le 24 mai 2009, pour réclamer la libération d'Aung San Suu Kyi.
(Photo: Reuters)




Par RFI

Aung San Suu Kyi devra purger sa peine de dix-huit mois d'assignation à résidence. La Cour suprême a rejeté le recours de ses avocats et confirmé sa condamnation ce vendredi 26 février 2010. Une peine consécutive à l'intrusion d'un Américain dans la propriété du prix Nobel de la paix en août 2009.

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

La décision de la Cour suprême n’est absolument pas une surprise. Les généraux birmans avaient déjà annoncé qu’Aung San Suu Kyi ne serait libérée qu’au terme de son assignation à résidence en novembre 2010. On sait que le système judiciaire birman n’a aucune autonomie par rapport au pouvoir militaire et donc les juges ont strictement appliqué ce qu’on dit les généraux birmans.

La junte avait déjà libéré Tin Oo, le numéro deux du parti d’ASSK, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) à la mi-février, et les généraux considèrent que c’est un geste de leur point de vue suffisant pour satisfaire les exigences de la communauté internationale et montrer leur bonne volonté par rapport aux élections qui auront lieu à la fin de l’année.

Le maintien en détention d’Aung San Suu Kyi est lié à l'organisation de ces élections générales. Elle sera probablement libérée juste après le scrutin. Les généraux craignent en fait son pouvoir de mobilisation, son charisme, so neffet catalyseur sur les Birmans. Il faut rappeler qu’en 1990, Aun San Suu Kyi était assignée à résidence et que malgré cela son parti avait très largement remporté le scrutin. La junte ne veut pas se retrouver dans le même cas de figure et entend contrôler strictement l’élection. Aung San Suu Kyi en liberté, représente selon la junte, une menace trop grande.

vendredi, 19 février 2010

Revue de presse Asie

Article publié le : vendredi 19 février 2010


A la une : les préparatifs en Thaïlande avant la journée à haut risque du 26 février



Par Sophie Malibeaux


« Thaksin redéploie ses chemises rouges », titre le Bangkok Post, qui consacre un article à la façon dont l'ancien Premier ministre en fuite mobilise en amont du jugement attendu le 26 février. La Cour suprême doit alors se prononcer sur le maintien ou non du gel des avoirs du clan Thaksin. Un pactole de 76 milliards de baht, soit plus de deux milliards de dollars. En attendant le verdict, les milices populaires portant chemise rouge fleurissent à travers le pays, à en croire ce journal, les députés du camp Thaksin sont également encouragés à mobiliser dans leurs provinces. Selon les sources du Bangkok Post, Thaksin appelle lui-même ses partisans pour les galvaniser et les inciter à rejoindre la capitale, le jour J.


Des rassemblements sont d'ailleurs programmés à partir de ce samedi 20 février. Des miliciens seraient recrutés et payés grassement pour assurer la sécurité et forcer le passage des manifestants. Plusieurs articles s'attachent aussi à décrire le dispositif mis en place par les autorités pour prévenir d'éventuelles irruptions de violence. Les partisans de Thaksin dénoncent par avance les provocations des forces de l'ordre.


Birmanie, les condamnations continuent de pleuvoir


Le rapporteur de l’ONU sur les droits de l’homme Tomas Ojea Qintana poursuit son périple en Birmanie et la presse dissidente le suit pas à pas. Il était ce jeudi 18 février en compagnie des leaders de la Ligue nationale pour la démocratie, Tin Oo et Win Tin, ainsi que d'autres dirigeants du parti de Aung San Suu Kyi. Il apparaît en revanche que Tomas Ojeo Qintana risque de quitter la Birmanie sans avoir pu rendre visite à la célèbre prisonnière de Rangoon.


Au sujet des élections organisées cette année par la junte, à une date qui n'a pas encore été spécifiée, le journal en ligne Mizzima News affirme que les dirigeants de la LND ont rappelé à l'émissaire onusien qu'ils restaient sur leur position initiale : pas de participation au scrutin sans une révision de la Constitution. Ils ont également une autre condition : la libération de tous les prisonniers politiques avant la tenue des élections.


Tout au long de la visite de M. Qintana, Mizzima News rappelle que les condamnations ont continué à pleuvoir. Hier, devant le tribunal de la prison d'Insein, il y avait un moine : U Gaw Thita d'un monastère de Rangoon, connu pour l'assistance qu'il a prodiguée aux victimes du cyclone Nargis. Arrêté à l'aéroport de Mingaladon au retour d'un séjour à Taiwan, les juges ont invoqué les articles relatifs à la loi sur la détention de devises étrangères et le règlement sur les associations illégales, pour le condamner à sept ans de prison.


Chine-Etats-Unis, le temps des remontrances

 

« La Chine attend des Etats-Unis des gestes concrets pour établir une relation saine ». C'est ce que l'on peut lire aujourd'hui à la une du China Daily. Le journal pro-gouvernemental publie le communiqué du ministère des Affaires étrangères, qui accuse les Etats-Unis d'avoir « grossièrement violé les normes gouvernant les relations internationales ». Washington devrait à présent adopter des mesures pour effacer ce geste et arrêter de soutenir les forces séparatistes anti-chinoises.

 

Que se cache-t-il derrière cette rencontre, interroge le journal, dans un article enflammé, où il est question de la « mentalité de la guerre froide ». Pour son auteur, Obama joue la carte tibétaine contre la Chine, pour redorer son blason vis-à-vis de l'opinion américaine.


En Malaisie, du fouet pour la femme adultère

 

Les coups de fouet ou de baton assénés à trois femmes adultères ce jeudi 18 février font couler beaucoup d’encre… Mais on ne peut pas réellement parler de débat sur la question, à la lecture des articles publiés dans The Star. Le journal de Kuala Lumpur va jusqu'à titrer : « Ces coups de bâton qui nous ont fait du bien », et de développer les témoignages anonymes, non pas des récentes condamnées mais de trois autres femmes soumises aux mêmes supplices, et qui affirment - sous la plume du journaliste - avoir apprécié la sentence.

 

Pour contrebalancer ces déclarations, une petite citation de bas de page du président du barreau, qui demande au gouvernement d'abolir le châtiment du fouet et de se plier aux normes internationales. La ministre de la Famille, des Femmes et du Développement communautaire, elle, prend acte de la sanction appliquée aux trois femmes adultères. « On ne peut dénier la sagesse qui repose derrière la jurisprudence de la sharia », dit-elle, tout en admettant que les femmes sont généralement peu consultées sur le bien-fondé de la mise en œuvre des sanctions.

Revue de presse Asie

Article publié le : vendredi 19 février 2010


A la une : les préparatifs en Thaïlande avant la journée à haut risque du 26 février


Par Sophie Malibeaux


« Thaksin redéploie ses chemises rouges », titre le Bangkok Post, qui consacre un article à la façon dont l'ancien Premier ministre en fuite mobilise en amont du jugement attendu le 26 février. La Cour suprême doit alors se prononcer sur le maintien ou non du gel des avoirs du clan Thaksin. Un pactole de 76 milliards de baht, soit plus de deux milliards de dollars. En attendant le verdict, les milices populaires portant chemise rouge fleurissent à travers le pays, à en croire ce journal, les députés du camp Thaksin sont également encouragés à mobiliser dans leurs provinces. Selon les sources du Bangkok Post, Thaksin appelle lui-même ses partisans pour les galvaniser et les inciter à rejoindre la capitale, le jour J.

Des rassemblements sont d'ailleurs programmés à partir de ce samedi 20 février. Des miliciens seraient recrutés et payés grassement pour assurer la sécurité et forcer le passage des manifestants. Plusieurs articles s'attachent aussi à décrire le dispositif mis en place par les autorités pour prévenir d'éventuelles irruptions de violence. Les partisans de Thaksin dénoncent par avance les provocations des forces de l'ordre.


Birmanie, les condamnations continuent de pleuvoir

Le rapporteur de l’ONU sur les droits de l’homme Tomas Ojea Qintana poursuit son périple en Birmanie et la presse dissidente le suit pas à pas. Il était ce jeudi 18 février en compagnie des leaders de la Ligue nationale pour la démocratie, Tin Oo et Win Tin, ainsi que d'autres dirigeants du parti de Aung San Suu Kyi. Il apparaît en revanche que Tomas Ojeo Qintana risque de quitter la Birmanie sans avoir pu rendre visite à la célèbre prisonnière de Rangoon.

Au sujet des élections organisées cette année par la junte, à une date qui n'a pas encore été spécifiée, le journal en ligne Mizzima News affirme que les dirigeants de la LND ont rappelé à l'émissaire onusien qu'ils restaient sur leur position initiale : pas de participation au scrutin sans une révision de la Constitution. Ils ont également une autre condition : la libération de tous les prisonniers politiques avant la tenue des élections.

Tout au long de la visite de M. Qintana, Mizzima News rappelle que les condamnations ont continué à pleuvoir. Hier, devant le tribunal de la prison d'Insein, il y avait un moine : U Gaw Thita d'un monastère de Rangoon, connu pour l'assistance qu'il a prodiguée aux victimes du cyclone Nargis. Arrêté à l'aéroport de Mingaladon au retour d'un séjour à Taiwan, les juges ont invoqué les articles relatifs à la loi sur la détention de devises étrangères et le règlement sur les associations illégales, pour le condamner à sept ans de prison.


Chine-Etats-Unis, le temps des remontrances

« La Chine attend des Etats-Unis des gestes concrets pour établir une relation saine ». C'est ce que l'on peut lire aujourd'hui à la une du China Daily. Le journal pro-gouvernemental publie le communiqué du ministère des Affaires étrangères, qui accuse les Etats-Unis d'avoir « grossièrement violé les normes gouvernant les relations internationales ». Washington devrait à présent adopter des mesures pour effacer ce geste et arrêter de soutenir les forces séparatistes anti-chinoises.

Que se cache-t-il derrière cette rencontre, interroge le journal, dans un article enflammé, où il est question de la « mentalité de la guerre froide ». Pour son auteur, Obama joue la carte tibétaine contre la Chine, pour redorer son blason vis-à-vis de l'opinion américaine.


En Malaisie, du fouet pour la femme adultère

Les coups de fouet ou de baton assénés à trois femmes adultères ce jeudi 18 février font couler beaucoup d’encre… Mais on ne peut pas réellement parler de débat sur la question, à la lecture des articles publiés dans The Star. Le journal de Kuala Lumpur va jusqu'à titrer : « Ces coups de bâton qui nous ont fait du bien », et de développer les témoignages anonymes, non pas des récentes condamnées mais de trois autres femmes soumises aux mêmes supplices, et qui affirment - sous la plume du journaliste - avoir apprécié la sentence.

Pour contrebalancer ces déclarations, une petite citation de bas de page du président du barreau, qui demande au gouvernement d'abolir le châtiment du fouet et de se plier aux normes internationales. La ministre de la Famille, des Femmes et du Développement communautaire, elle, prend acte de la sanction appliquée aux trois femmes adultères. « On ne peut dénier la sagesse qui repose derrière la jurisprudence de la sharia », dit-elle, tout en admettant que les femmes sont généralement peu consultées sur le bien-fondé de la mise en œuvre des sanctions.