vendredi, 02 juillet 2010

Mondial 2010

«Un véritable privilège»



Wesley Sneijder semble retenir son souffle avant le quart de finale contre le Brésil (Panoramic)


par Rédaction Sport24.com (Sport24.com), le 02/07/2010

Bien conscient de l'importance d'un quart de finale de Coupe du Monde face au Brésil, Wesley Sneijder entend bien venger ses prédécesseurs de 1998. Le milieu néerlandais écarte également toute brouille avec son partenaire Robin Van Persie.

Notre envoyé spécial en Afrique du Sud

Wesley, quel est votre sentiment avant de défier le Brésil en quarts de finale de cette Coupe du Monde ?
Wesley Sneijder : Je m'apprête à savourer un moment rare dans une carrière, et j'espère que mes coéquipiers sont dans le même état d'esprit. Il faut que chacun soit conscient que disputer un tel match est un véritable privilège. Sans compter qu'il s'agit aussi d'une occasion unique de prendre une revanche sur ces Brésiliens qui nous avaient éliminés en demi-finales en 1998 après les tirs au but. A l'époque, j'étais encore très loin de la sélection mais ce souvenir m'a marqué...

Que pensez-vous de l'équipe actuelle du Brésil ?
Wesley Sneijder : Je pense que c'est une équipe fantastique, mais que nous pouvons battre en jouant tous à 120% de nos possibilités. C'est une équipe qu'il faut respecter, c'est une évidence, mais qu'en aucun cas nous ne devons craindre. Pour moi, la différence de niveau entre les Pays-Bas et le Brésil est faible. Je pense vraiment que nous pouvons gagner. Nous avons tout pour atteindre les demi-finales, même si je suis conscient que nous jouons contre une grande équipe.

Quelle pourrait être la clé de la rencontre selon vous ?
Wesley Sneijder : Vous savez, à ce niveau de la compétition, on a l'habitude de dire que cela se joue sur des détails. Ce qui est sûr, c'est que pour la première fois depuis le début de cette Coupe du Monde, nous allons faire face à un adversaire qui propose un jeu ouvert, qui nous laissera des espaces. Cela peut être un avantage pour nous.

On a évoqué une éventuelle dispute avec Robin Van Persie après le 8e de finale (Ndlr : Van Persie aurait dit à son entraîneur au moment de sortir qu'il fallait plutôt faire sortir Sneijder). Qu'en est-il réellement ?
Wesley Sneijder : Sur la demande du coach, nous avons parlé avec Robin de ce soi-disant incident. Il m'a assuré qu'il n'avait pas prononcé les mots qui sont sortis dans la presse et je n'ai aucune raison de douter de sa parole. Je n'ai pas de problème avec lui et je n'en ai jamais eu. Il était déçu de sortir, il a exprimé son mécontentement, ce qui peut se comprendre. Point final. Et ne vous trompez pas, face au Brésil, nous serons plus unis que jamais.

Mondial 2010

Retour sur le Mondial

 

ven 02 juil 06:01


 

A votre avis, quelle est l'équipe la mieux placée pour remporter la Coupe du Monde 2010 ?
Pas facile comme question... Plusieurs équipes se tiennent dans un mouchoir de poche, et tout peut encore arriver. L'Argentine a fait forte impression en sortant de son groupe avec trois victoires. Cette équipe a un arsenal offensif impressionnant grâce à Messi, Tevez et Higuain. Les Allemands sont extrêmement réguliers en Coupe du Monde et sont connus pour monter en puissance à chaque tour. Le Brésil... c'est le Brésil ! On s'attend toujours à ce qu'ils fassent quelque chose de bien, et qu'ils aillent en finale. J'adore regarder les Brésiliens jouer au football. Les joueurs semblent tous imperméables à la pression et leur adresse balle au pied est impressionnante. J'ai eu la chance de jouer avec certains d'entre eux durant ma carrière, et ils font clairement partie des sportifs les plus talentueux que j'aie croisés.

Mes autres favoris sont les Pays-Bas et l'Espagne. Les Néerlandais se sont qualifiés assez facilement jusqu'ici, et avec Van Persie, Sneijder et Robben, ils disposent de joueurs capables de faire la différence sur un exploit individuel. L'Espagne, malgré le choc de sa défaite face à la Suisse, est incroyablement forte. Villa est dans une forme extraordinaire, et si Torres commence à marquer, ils vont devenir vraiment difficiles à battre. Sans parler de Xavi, Iniesta, Silva, Alonso, Fabregas...



Qu'avez-vous pensé de l'Angleterre pendant cette Coupe du Monde ?
Nous n'avons pas joué à notre meilleur niveau. Sur les quatre matchs, nous n'avons clairement pas été assez bons. En huitième, -je passe sur le but qui n'a pas été validé- l'Allemagne nous a été supérieure pendant les 90 minutes et a tout à fait mérité de passer en quarts. Pourtant, j'ai vu les gars [les Anglais, ndlr] s'entraîner ; il y avait une très bonne ambiance, l'entraînement était de très haut niveau. C'est juste dommage que nous n'ayons pas pu reproduire tout ça sur le terrain. L'équipe doit maintenant tirer des enseignements de tout ce qui s'est passé, pour revenir plus forte et donner le meilleur d'elle-même.



Qu'avez-vous ressenti en regardant les matchs depuis le banc ?
C'était... différent. Parfois, j'avais vraiment envie de chausser les crampons et d'aller jouer ! C'était assez frustrant par moments, surtout quand on connaît le potentiel de l'équipe. Je dois dire aussi que les supporters étaient incroyables, comme toujours. Ça a dû être dur pour eux, vu les efforts financiers qu'ils ont dû faire pour venir jusqu'en Afrique du Sud. L'équipe était très déçue d'être éliminée si tôt, car les supporters méritaient vraiment qu'on leur ramène le titre.



Est-ce que votre expérience en Afrique du Sud et le succès de Diego Maradona vous donnent envie d'entraîner ?
Je suis flatté qu'on évoque mon nom pour prendre les rênes de la sélection, et je serai toujours disponible pour mon pays, si je peux être utile. Cela dit, je me considère toujours comme un joueur, et je soutiens le sélectionneur actuel à 100%. Pour ce qui est de Diego, il a fait un super boulot jusqu'ici, et je lui souhaite d'aller au bout.



Quel impact la performance de l'équipe américaine peut-elle avoir sur le développement du football aux Etats-Unis ?
Je ne peux qu'être optimiste. J'ai trouvé que les Etats-Unis ont bien joué pendant cette Coupe du Monde, et c'est un très bon signe pour les compétitions à venir. J'ai vu que les audiences télévisées ont considérablement augmenté par rapport à la Coupe du Monde 2006. Le niveau du championnat MLS (Major League Soccer, ndlr) s'améliore chaque année, et l'augmentation du nombre d'équipes de jeunes va clairement participer au développement du football aux Etats-Unis.

jeudi, 01 juillet 2010

Football - Coupe du Monde 2010

Tous derrière le Ghana



Samuel Inkoom avec le drapeau sud-africain, tout un symbole... (Reuters)

par Nizar Hanini (Sport24.com), le 01/07/2010



A une marche d'un exploit inédit, celui d'être le premier pays africain à atteindre les demi-finales de la Coupe du Monde, le Ghana pourra compter sur le soutien de tout un continent avant d'affronter l'Uruguay.

Rarement l'Afrique n'a été aussi unie. Le continent noir, souvent divisé par les conflits, profite de cette première Coupe du Monde organisée sur ses terres pour se fédérer. Un sentiment d'union qui n'a cessé de se renforcer tout au long de la compétition. Assez paradoxalement, le fiasco sportif de ce premier mondial africain (cinq pays du continent sur six éliminés lors du premier tour) n'a pas eu que du mauvais. Si d'Alger à Abuja en passant par Yaoundé, l'occasion de s'enflammer fut rare, cela pourrait radicalement changer dès vendredi avec le Ghana. Uniques rescapés d'un continent groggy par son contingent en totale perdition, les Black Stars peuvent désormais compter sur le soutien indéfectible de l'Afrique. Tour à tour, anciens joueurs, célébrités ou encore récents éliminés africains n'ont pas hésité à choisir leur camp.

Eto'o y croit
A commencer par Samuel Eto'o. En parfait connaisseur du football africain, le Camerounais estime que le Ghana pénètrera sur la pelouse du Soccer City de Johannesburg vêtu d'un costume continental. «C'est une jeune équipe, qui possède un gros potentiel. Les Ghanéens représentent plus que leur pays, ils représentent toute l'Afrique. Je leur souhaite bonne chance et j'espère qu'ils iront le plus loin possible dans le tournoi». Son compatriote Alexandre Song n'en pense pas moins. «C'est une grande équipe. Match après match, elle a produit un football de très haut niveau. Il y a un dévouement extraordinaire dans ce groupe. Je suis persuadé que les Ghanéens vont aller loin», analyse le Gunner. Pour le régional de l'étape, Tsepo Masilela, l'actuelle réussite du Ghana ne doit rien au hasard. Le latéral gauche sud-africain voit même les coéquipiers de Gyan atteindre les demi-finales. «Dès leur premier match, j'ai vu que les Black Stars
pouvaient aller loin. Regardez ce qu'ils ont fait en Coupe d'Afrique des Nations : ils ont atteint la finale avec une équipe très jeune. Je pense qu'ils vont aller au-delà des quarts de finale. Toute l'Afrique les soutient maintenant».

Une évidence selon Pienaar
De son côté, Steven Pienaar, le plus Européen des Sud-Africains, appuie sur l'importance d'être derrière la dernière chance africaine. «Le plus important est d'être derrière le dernier représentant de l'Afrique. Le Ghana possède énormément de qualités et des joueurs très talentueux. Ils ont le potentiel». Lui n'est pas africain mais il a été séduit par ce continent très hospitalier. Le sélectionneur brésilien Carlos Alberto Parreira, vote également Ghana. «Ils sont très organisés et travaillent avec un sélectionneur qui les connaît bien. Il ne faut pas oublier que plusieurs joueurs ghanéens présents en Afrique du Sud ont remporté la Coupe du Monde des moins de 20 ans l'année dernière. Je pense que le Ghana a les moyens de réussir un gros coup».

Et les Ghanéens dans tout ça ? Accra est bien évidemment en effervescence tandis que les principaux intéressés préfèrent se concentrer sur le moment présent. Ce sont donc les anciennes gloires qui ont pris la parole. Plus mesurer, l'ancien défenseur du Bayern Munich Samuel Kuffour, pense que son équipe a «une vraie chance d'avancer». Abedi Pelé, lui, s'était confié au Parisien avant la rencontre face aux Etats-Unis comptant pour les 8es de finale. «On peut aller loin, même si on ne marque pas beaucoup. Contre l'Allemagne, il n'y a pas eu de différences. Si on respecte les consignes, on peut se qualifier». Enfin, comme un symbole, Nelson Mandela a d'ores et déjà annoncé qu'une réception sera organisée samedi en l'honneur du Ghana. En espérant intimement que ses prochaines hôtes seront demi-finalistes...