vendredi, 13 juillet 2012

Politique

Article publié le : vendredi 13 juillet 2012 - Dernière modification le : vendredi 13 juillet 2012

La RDC et le Rwanda conviennent d'une force internationale neutre à leur frontière

 

Il a été décidé de mettre en place une force internationale neutre pour sécuriser les frontières à l'est de la RDC.
Il a été décidé de mettre en place une force internationale neutre pour sécuriser les frontières à l'est de la RDC.
AFP PHOTO/PHIL MOORE

 

Par RFI

Une réunion des onze pays de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs s'est tenue, jeudi 12 juillet à Addis-Abeba en Ethiopie en marge du COREP (Comité des représentants permanents de l'Union africaine). Au menu des discussions, la tension persistante entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda. Il a été décidé de mettre en place et de déployer une force internationale neutre pour sécuriser les frontières à l'est de la RDC.

 

16 heures de réunion. Les ministres de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda avaient manifestement des choses à se dire. Organisée à l’initiative de l’Ouganda, la rencontre a permis d’aplanir les différends et de decider de la mise en place d’une force neutre internationale.

Une initiative dont se félicite Raymond Tshibanda, le ministre congolais des Affaires étrangères : « la Monusco est présente. Mais le mandat de la Monusco n’inclut pas la surveillance et la protection de la frontière, (...)la neutralisation des forces négatives et plus particulièrement le FDLR et le M23. La présence d’une force neutre internationale avec pour mandat d’assurer la surveillance et la protection de la frontière, est un pas en avant dans la bonne direction ».

Quant à Louise Mushikiwabo, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, elle estime que le rapport des Nations unies qui met en cause les responsables rwandais est à prendre avec des pincettes : « les Nations unies au Congo aujourd’hui, c'est treize ans d’existence et aucun résultat en termes de stabilité. Une des plus grosses forces de maintien de la paix dans le monde et des milliards de dollars chaque année qui sont dépensés. Je chercherais bien une raison pour laquelle je n’arrive pas à donner des résultats.. », critique-t-elle;

Les responsables militaires de la région des Grands lacs devraient se retrouver bientôt pour la mise en place et le déploiement de cette nouvelle force neutre internationale.

Ethiopie - ONU - Ouganda - RDC - Rwanda - Union africaine

 

Fiche Pays :

 

vendredi, 08 juin 2012

Politique

Article publié le : vendredi 08 juin 2012 - Dernière modification le : vendredi 08 juin 2012

Mali : ONU, UA et Cédéao exigent la dissolution de l'ex-junte

 

Le commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA Lamamra Ramtane (2e d) et le président de la Commission de l'UA, Jean Ping (3e d), lors du sommet d'Abidjan sur la crise malienne, le 7 juin 2012.
Le commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA Lamamra Ramtane (2e d) et le président de la Commission de l'UA, Jean Ping (3e d), lors du sommet d'Abidjan sur la crise malienne, le 7 juin 2012.
AFP PHOTO / SIA KAMBOU

 


Par RFI

L'ONU, l'Union africaine et la Cédéao, exigent la dissolution immédiate du CNRDRE, l'ex-junte malienne, et son retrait immédiat de la gestion de la transition. L'UA va saisir aussi l'ONU pour obtenir son «appui» à une intervention militaire pour aider l'Etat malien à restaurer son autorité dans le Nord, selon les conclusions du sommet de l'UEMOA, le 7 juin à Abidjan. Elle demandera dans les prochains jours au Conseil de sécurité d'autoriser cette intervention africaine.

 

Notre dossier spécial Mali

Soutien aux autorités de la transition malienne, respect de l’intégrité du pays et possible intervention militaire internationale sont les grands principes réaffirmés par la réunion d’Abidjan. Les participants ont mandaté l’Union africaine à saisir l'ONU pour que le Conseil de sécurité autorise une intervention militaire dans le nord du Mali, contrôlé par des groupes armés, dont des islamistes.

Les participants ont affirmé la disposition des différentes organisations et des pays présents à appuyer financièrement l’éventuelle intervention militaire et à apporter une aide logistique.

Le document final indique que les participants ont « affirmé leur volonté d'oeuvrer à la mobilisation rapide d'un appui adéquat des Nations unies », qui passerait par « une requête formelle » de l'UA, fixant le « mandat précis » d'une opération militaire, destinée à rétablir l'intégrité territoriale du Mali.

La réunion a « reconnu la nécessité de mobiliser tous les moyens appropriés, y compris militaires », pour aider l'Etat malien à restructurer son armée et « appuyer les efforts visant à restaurer dans les plus brefs délais possibles son autorité sur le nord du pays ».

Il s'agit aussi, précise le texte, de l'aider à « combattre les groupes terroristes », « criminels » ou autres « dont l'action remet en cause la stabilité et la sécurité du Mali et de la région ». Les participants ont assuré que leurs organisations et pays étaient prêts à apporter un appui notamment « financier » et « logistique » à ces efforts.

Mais la réunion n'a pas précisé les contours, les composantes ni le mandat exact d'une opération militaire dans le nord du Mali, qui constitue les deux tiers du territoire. Et puis l'ONU, l'UA et la Cédéao, Comunauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, ont aussi « exigé la dissolution immédiate de l'ex-junte malienne. Les trois organisations demandent aux putschistes du 22 mars de se retirer « complètement de la gestion de la transition ».

Réactions

Le gouvernement malien n'est pas opposé à ce que la communauté internationale lui apporte de l'aide, mais il souhaite rester maître de la décision, du calendrier et fixer lui même les contours de la mission qui échoirait à ses partenaires. Hamadoune Touré, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, s'en explique.

Hamadoune Touré

Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement malien

"Le Mali fait partie de l’Afrique et des Nations unies. Il n’est pas question pour nous de dire que nous ne voulons pas un appui. Mais il y a des conditions à remplir d’abord chez nous. Il nous faut évaluer nos propres capacités, puis en fonction de cela, voir s’il y a besoin d’aide extérieure."

 

08/06/2012 par Nicolas Champeaux

 

Ibrahim Boubacar Keita, le président du Rassemblement pour le Mali, n'est pas non plus contre une possible intervention militaire internationale mais pas à n'importe quel prix.

Ibrahim Boubacar Keita

Le président du Rassemblement pour le Mali

"Ces missions doivent bien être explicitées. Ces troupes venant au Mali n'auront pas mission de faire interposition. Ce qui veut dire prendre acte de la partition du pays et la consacrer quelque part. Cela serait pour nous, absolument insupportable. Mais si ceux qui occupent par la force le nord du pays sont butés hors du territoire national, là, il n'y a aucun problème."

 

08/06/2012 par Cyril Bensimon

 

Par ailleurs, le président nigérien Mahamadou Issoufou, interrogé par France 24, notamment sur la crise malienne, est revenu sur les rapports de force existant aujourd'hui au nord du Mali, après l'interruption des relations entre le groupe islamiste Ansar Dine et le MNLA, Mouvement national de libération de l'Azawad. Pour le chef de l'Etat nigérien, c'est clair, ce sont les djihadistes qui dominent le terrain.

Mahamadou Issoufou

Le président du Niger

"Ce sont les djihadistes qui contrôlent la situation au Mali. Les autres forces, qui ont d'autres objectifs, sont très marginales (...) On a des informations sur la présence d'Afghans, de Pakistanais dans le nord du Mali. Ils serviraient de formateurs, ils entraîneraient ceux qui sont recrutés dans les différents pays de l'Afrique de l'Ouest."

 

08/06/2012 par Marc Perelman France 24

Pour le président du Niger, il faut privilégier la négociation pour restaurer la démocratie et l'intégrité territoriale du Mali. Mais pour Mahamadou Issoufou, une intervention militaire serait légitime si les négociations échouent.

Mahamadou Issoufou

Le président du Niger

"Il y a deux possibilités, soit les négociations, soit la guerre. Si jamais on devrait intervenir au Mali, c'est qu'on aura tout essayé, on aura épuisé toutes les autres solutions avant de recourir à la guerre."

 

08/06/2012 par Marc Perelman France 24

Cédéao - Mali - ONU - Union africaine

 

jeudi, 07 juin 2012

Politique

Article publié le : jeudi 07 juin 2012 - Dernière modification le : jeudi 07 juin 2012

Mali : l'Union africaine va saisir l'ONU sur la situation dans le Nord

 

Le chef de l'Etat béninois Boni Yayi, président en exercice de l'UA et membre de l’Uemoa, évoque la prochaine saisine du Conseil de sécurité de l'ONU sur la crise malienne.
Le chef de l'Etat béninois Boni Yayi, président en exercice de l'UA et membre de l’Uemoa, évoque la prochaine saisine du Conseil de sécurité de l'ONU sur la crise malienne.
© Reuters/Noor Khamis

 

Par RFI

Dans les jours qui viennent, l'Union africaine devrait saisir le Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation au Mali, sur demande de la Cédéao. Une décision prise à Lomé, au Togo, lors du sommet des chefs d’Etats de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), en présence des représentants de la Cédéao et du Congolais Sassou Nguesso, président du Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Cette saisine du Conseil de sécurité ouvrirait la voie à un possible envoi d'une force internationale dans le nord du Mali. La région est contrôlée par des mouvements armés touaregs et islamistes.

 

Notre dossier spécial Mali

Les chefs d’Etat ouest-africains ont donc finalement entériné la proposition du président béninois Boni Yayi qui préside actuellement l’UA, de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies. Cette saisine sera effectuée sur requête de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), par le Conseil de sécurité de l’UA dont le président le Congolais Sassou Ngesso a fait tout exprès le déplacement à Lomé hier.

L’Afrique de l’Ouest souhaite ainsi que la communauté internationale marque son engagement en faveur d’un règlement de la crise malienne. L’objectif est d’obtenir un soutien à la consolidation du processus de transition au Mali qui peut passer si nécessaire par le déploiement d’une force de stabilisation. Un soutien également aux efforts de médiation pour une solution négociée en vue de restaurer l’intégrité territoriale du Mali. Mais en cas d’échec, une intervention armée n’est pas exclue.

Enfin, il s’agit d’un appel pour obtenir un appui diplomatique mais aussi militaire et stratégique contre le terrorisme. Quelle place pour le dialogue et la négociation entre les groupes armés et Bamako ? Quelle place pour le rapport de forces ? Faut-il amalgamer groupes armés touaregs et groupes terroristes ?

Derrière l’unanimité affichée, tous les Etats ne font pas la même analyse. Le Mali est en tous cas désormais invité à suivre les initiatives des pays de la région, les chefs d’Etat de l’Uemoa soulignant la fragilité du régime de transition.

A Bamako, l'envoi de troupes au Nord est soutenu, notamment par le FDR, Front du refus. Une coalition de partis qui a rejeté le récent coup d’Etat. Amadou Koïta, le secrétaire politique du Front du refus explique quel devrait être, selon lui, le mandat de cette force.

Amadou Koïta

Secrétaire politique du FDR, Front du refus.

"Le mandat de cette force, c’est d’appuyer le Mali dans son ambition de reconquête des régions du Nord et sécuriser les organes de transition."

 

07/06/2012 par Cyril Bensimon

Par ailleurs, très critique à l’égard du gouvernement, le FDR demande l’ouverture sans délai de consultations avec les forces politiques et sociales en vue de mettre en place un Premier ministre et un gouvernement d’union nationale.

Le mouvement indépendantiste du Nord Mali, après avoir signé un accord avec le groupe islamiste, a suspendu cet accord. Est-ce que ce recul du MNLA face au groupe Ansar Dine est susceptible de modifier le processus de médiation dans la crise au nord du Mali? Djibril Bassolé, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, pays chargé par la Cédéao, d'une médiation au Mali s'en explique. 

Djibrill Bassolé

Ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso

"Ce que nous souhaitons c’est que le MNLA et Ansar Dine , ensemble, se détachent du terrorisme et des groupes armés terroristes qui ont pris possession des lieux . Et qu’ensemble, ils renoncent à la partition du pays."

 

07/06/2012 par Muriel Pomponne

 

Ces réfugiés à l’intérieur de leur propre pays

Du fait des affrontements et de la conquête du nord du pays par Ansar Dine et le MNLA, près de 300.000 personnes ont fui leur maison ces derniers mois. A Bamako, ils sont au moins 15.000.

A Nimana, particulièrement, dans la banlieue de Bamako, ils sont une centaine, essentiellement des chrétiens, à avoir trouvé refuge dans une institution catholique. Les conditions d’accueil sont plutôt bonnes, la solidarité a fait son œuvre, mais deux mois après sa fuite de Diré, Seydou Sangaré, un fonctionnaire, ne décolère pas :

« Si nous, nous étions restés là-bas, ils nous auraient égorgés. Faut-il attendre à ce qu’ils nous attaquent ? Ici, il n’y a pas d’activité, donc on ne fait rien. On prend du thé, on cause de la rébellion. Voilà notre seule activité. Comment allons-nous retourner chez nous ? C’est une autre affaire. Aujourd’hui, s’ils déposent les armes, moi je retournai chez moi, même s’il faut aller à pied. Mais, je ne peux pas rentrer parce que ma vie sera en danger ».

Madina Traoré, elle, a fui Gao après la chute de la ville. Cette jeune fille de 17 ans, élève dans une école d’infirmière, est aujourd’hui réfugiée au sein de sa famille à Bamako : « Pour le moment, je suis à la maison, sans rien faire puisque je n’ai pas pu avoir l’opportunité d’aller à l’école. Donc c’est un peu trop difficile pour moi d’accepter cette année blanche. Jusqu’à présent, je n’arrive pas à l’accepter. Je ne compte pas rentrer pour le moment, je préfère attendre un peu parce que ce n’est pas encore calme là-bas »

Tiefolo Coulibaly, lui, est arrivé il y a seulement un mois de Kidal et le désœuvrement lui pèse déjà.

« Je vis chez mon frère qui s’occupe de moi, dit-il. Je me sens comme un poids parce qu’avant j’étais quelqu’un d’indépendant. Je travaillais, j’étais salarié. Je subvenais à tous mes besoins. La situation est triste, aujourd’hui. J’espère retourner à Kidal quand il y aura de meilleures conditions de vie, quand la ville de Kidal reviendra comme au temps où je l’ai connue, quand il y aura une vraie vie ! » .

 

Bénin - Burkina Faso - Cédéao - Congo-Brazzaville - Mali - ONU - Togo - Union africaine

 

Fiche Pays :