mercredi, 09 décembre 2009
Le président Ould Abdel Aziz s'exprime sur l'enlèvement des humanitaires espagnols
Les autorités se sont exprimées mardi 8 décembre pour la première fois sur l’enlèvement le 29 novembre dernier des trois humanitaires espagnols dans le pays. Le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz a pris lui-même la parole lors d'une conférence improvisée. Le rapt avait été revendiqué, plus tôt dans la journée, par al-Qaïda au Maghreb Islamique.
Depuis l’enlèvement des trois humanitaires espagnols il y a dix jours, les autorités mauritaniennes avaient opté pour la loi du silence. Pas une seule déclaration officielle n’avait été faite que ce soit pour confirmer le kidnapping , indiquer les moyens déployés ou faire état de l’avancée des recherches. Un silence sur lequel avaient fleuri les rumeurs les plus diverses, parlant tantôt de localisation des otages, tantôt de libération tantôt d’assaut manqué.
Mardi 8 décembre, plusieurs heures après la revendication de l’enlèvement par un porte-parole d’al-Qaïda au Maghreb Islamique, le président de la République a lui-même brisé ce silence au terme d’une visite inopinée dans un hôpital.
Mohamed Oul Abdel Aziz a expliqué l’enlèvement en indiquant que c’est « le cumul d’erreurs sécuritaires et militaires des régimes précédents qui a conduit à ce genre d’actes terroristes ». Il a fait notamment état de corruption ainsi que de manque de matériel et de moyens au sein de l’armée.
Toutefois le président a immédiatement précisé que depuis l’installation de l’actuel gouvernement, le pays s’est attelé à « équiper les forces armées et de sécurité et à les entraîner pour leur permettre de mener à bien leur mission essentielle de protection du pays et de ses hôtes, une tâche qui ne peut cependant être réalisée en un jour », a encore ajouté le
12:22 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mauritanie, ould abdel aziz, al-qaïda, espagne
«Contrôles au faciès» : une réalité selon Besson
Le ministre de l'Immigration Eric Besson a reconnu mercredi matin sur RTL que les «contrôles au faciès» des jeunes étaient une «réalité» en France, soulignant cependant le «républicanisme» de la majorité des policiers, gendarmes et forces de sécurité.
«L'IGS (Inspection générale des services, police des polices) est une instance qui fonctionne bien et qui sanctionne à ce titre 2.500 policiers par an. L'immense majorité des policiers, gendarmes et des forces de sécurité en France sont républicaines. Je le vis. Je suis frappé par leur républicanisme», a précisé Eric Besson.
Le ministre a aussi reconnu qu'«une minorité des Français ont des relents racistes et xénophobes». Les Français de souche «ne sont pas racistes» mais «il y a encore du chemin à parcourir» car «une minorité de Français ont des relents racistes et xénophobes. Bien sûr que c'est une réalité», a-t-il dit. «C'est à nous de présenter un projet républicain, des solutions républicaines: lutter avec force contre les discriminations», a préconisé le ministre.
Un lien entre l'immigration et l'identité nationale
M. Besson a également jugé «absurde» de «nier» le lien «historique» entre immigration et identité nationale. «La France a toujours été une terre d'immigration et d'intégration. C'est toujours d'actualité: 200 000 étrangers arrivent sur notre sol au titre du long séjour. Nous accordons la nationalité française à 110 000 étrangers. Nous sommes le pays le plus généreux en matière d'asile et 30% des mariages sont mixtes. Avec ça, si vous voulez nier qu'il y a un lien entre immigration, intégration et identité nationale ça veut dire qu'on nie l'histoire», a-t-il affirmé.
Le ministre a de nouveau plaidé pour une «hiérarchie des appartenances» dans la cadre de la définition de l'identité nationale, précisant qu'en ce qui le concernait il se sentait «Français, méditerranéen et européen».
«Je suis né au Maroc et j'y suis très attaché. Chacun peut avoir sa hiérarchie d'appartenance», a-t-il déclaré, ajoutant : «la bonne intégration suppose de ne pas renoncer à son histoire personnelle et à ses origines» mais «d'accepter qu'elles deviennent secondes par rapport à l'appartenance française».
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11:57 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, identité nationale
Au Sénégal, Besson débat de l'identité nationale

Éric Besson se recueille sur la tombe du président-poète Léopold Sédar Senghor, au cimetière Bel-Air de Dakar.
Photo : Aurélie Fontaine
Le ministre de l'Immigration, en visite hier à Dakar, a défendu sa politique. Mais la polémique sur l'amalgame entre identité nationale et immigration continue.
Dakar. De notre correspondante« Vu d'ici, vous comprenez que la question de l'identité nationale soit dirigée contre les émigrés ? », interroge un journaliste sénégalais. Réponse d'Éric Besson : « Le débat sur l'identité nationale est bien plus large que la question de l'immigration. » Avant d'ajouter que nier la France comme « terre d'immigration et d'intégration, c'est nier la réalité française d'aujourd'hui ».
En France, les deux principales communautés d'Afrique subsahariennes viennent du Mali et du Sénégal. Dans ces deux pays, « l'amalgame entre immigration et identité nationale n'est pas bien perçu. On nous exclut de ce qu'est la France. Elle se barricade, devient de plus en plus ingrate par rapport à tout ce que l'Afrique a fait pendant les guerres mondiales », regrette Farba Sy, journaliste au quotidien Kotch.« Je n'ai à m'excuser de rien » Une critique dont s'est défendu Éric Besson.
La France, pas plus que l'Europe, n'est « une forteresse qui voudrait ériger des barrières à son entrée ». Selon lui, les accords migratoires signés avec le Sénégal en 2006 et ratifiés en mai fonctionnent bien, avec « 80 % d'octroi de visas, 108 métiers acceptés par les accords migratoires et une trentaine de cartes Compétence et Talents délivrées ». Éric Besson a annoncé qu'un comité de suivi de ces accords allait être mis en place en janvier.
Pour Abdoul Aziz Diop, politologue et auteur de Sarkozy au Sénégal, le rendez-vous manqué avec l'Afrique, la France réussit assez bien sa politique d'immigration. Le problème ? « À chaque fois qu'il y a une élection, on fait peur aux Français. L'immigration est instrumentalisée. C'est le délit de faciès. »Arrêt sur la tombe du président Senghor, hommage aux tirailleurs sénégalais, Éric Besson se défend d'un discours d'apaisement. « Je ne cherche à rien calmer. Lorsque je suis au Sénégal, je n'ai à m'excuser de rien sur le débat de l'identité nationale française. »
11:50 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, sénégal, identité nationale






