mardi, 05 janvier 2010
Revue de presse des Amériques
L’information fait la une de nombreux journaux américains: l'auteur de l'attentat suicide qui a tué sept fonctionnaires de la CIA le 30 décembre en Afghanistan était un Jordanien recruté par les services de renseignement de son pays. Mais il travaillait également comme agent double à la solde d'al-Qaïda. C'est donc la stupéfaction qui règne ce mardi dans les colonnes de plusieurs grands quotidiens américains. Puisque le scénario de l'attentat révèle à nouveau les failles dans le système de renseignement des Etats-Unis.
« Dans un premier temps, le terroriste a été décrit comme un soldat afghan ou encore un informateur local sans grande importance », note le Washington Post. « Mais ce qu'on apprend maintenant c'est qu'il s'agissait bel et bien d'une action planifiée méticuleusement et de longue date par al-Qaïda ».
L'auteur de l'attentat sanglant a été identifié comme Humam al-Balawi, un Jordanien, recruté par les services de renseignement de son pays pour retrouver la trace du numéro 2 d'al Qaïda, al-Zawahiri. Pourtant, al-Balawi avait un passé marqué par son fervent soutien à al-Qaïda et au Jihad. « Pas plus tard qu'au mois de septembre dernier, il a donné une interview dans un magazine, associé à al-Qaïda en Afghanistan. Interview dans laquelle il a notamment déclaré: ‘Quand l'amour du Jihad a pénétré le cœur d'un homme, il ne le quittera plus’ », rapporte le Washington Post.
Le New York Times est encore plus explicite. Le quotidien cite un spécialiste de l'islamisme radical. Celui-ci raconte que le Jordanien a même été l'un des auteurs les plus référencés sur les forums jihadistes: « Il faisait parti des cinq principaux jihadistes. Il était l'un des gros poissons ». Malgré ces faits indéniables, l’homme a pu gagner la confiance des services secrets jordaniens et de la CIA « parce qu'il "avait livré dans les mois qui précédents des renseignements fiables et utiles », écrit le Los Angeles Times. La confiance en al-Balawi était même telle que « des agents de la CIA avaient fait le voyage de Kaboul jusqu'à la base avancée de Chapman, dans l'est du pays, pour rencontrer leur informateur qui leur avait promis des renseignements importants », détaille le New York Times.
« L'incident meurtrier démontre le risque d'infiltration des structures américaines en Afghanistan, car les forces américaines coopèrent avec des partenaires locaux », estime le journal qui conclut : « La Maison Blanche reconnaît le problème d'infiltration, mais explique aussi que les Américains sur le terrain non pas vraiment le choix. Un ancien officier de la CIA, qui est maintenant conseiller de l'administration Obama, a ainsi déclaré ce week-end : ‘Nous sommes obligés de prendre ses risques. Nous devons le faire avec prudence et c'est pourquoi nous devons tirer les leçons de l'attaque contre la base de la CIA à Khost’ ».
Venezuela : la population ressent la crise énergétique
Au Venezuela, la crise énergétique a de plus en plus de conséquences sur la vie de la population. En une aujourd'hui du journal El Nacional, la photo d'une foule immense devant les grilles fermées d'un centre commercial au centre ville de Caracas. Hugo Chavez a décrété de nouveaux rationnements en électricité. Tous les bâtiments publics et centres commerciaux du pays n'ouvrent désormais qu'à 11 heures du matin et éteignent leurs lumières à 21 heures, plus tôt qu'auparavant.
Le Venezuela, en proie à une grave crise énergétique, veut ainsi baisser la consommation globale de l'électricité du pays de 20%. Seulement voilà : « les centres commerciaux n'abritent pas seulement des supermarchés et des magasins de vêtements, mais aussi des services publics, des notaires, des centres de santé et d'étude et des pharmacies », explique El Nacional. Le sujet se trouve d'ailleurs en une de presque tous les journaux vénézuéliens. « Les horaires d'ouverture limités risquent aussi d'avoir de lourdes conséquences économiques », prévient le quotidien El Universal. « De nombreux employés ont déjà perdu leur travail, l'industrie, également frappée par les restrictions, accuse une baisse importante de production. Et même la vie culturelle en prend un coup. Plusieurs théâtres vénézuéliens ont annulé leur programmation de soirée ».
18:55 Publié dans REVUE DE PRESSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : revue de presse
CHILI
Depuis lundi 4 janvier la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert, Chuquicamata, est paralysée. Ses mineurs sont en grève. Après seulement une journée de grève, le cours du cuivre a atteint son niveau le plus haut en 17 mois. La société publique Codelco qui gère le site estime ses pertes à 8 millions de dollars par jour de grève. Les mineurs réclament leur part en salaire de la récente hausse du cours du cuivre ainsi que de meilleures conditions de travail.
Avec notre correspondante Santiago du Chili, Claire Martin
Codelco croise les doigts. Le géant chilien du cuivre a fait une nouvelle proposition lundi 4 janvier aux travailleurs de sa plus grande mine, Chuquicamata. Tous les trois ans, l’entreprise et les syndicats renégocient les contrats. Cela faisait 13 ans qu’il n’y avait pas eu de grève.
Cette fois, les travailleurs des trois principaux syndicats de Chuquicamata soit 95 % du personnel ont voté en faveur de la grève à une petite majorité. Les activités de Chuquimata sont complètement paralysées. Pourtant, Codelco offrait des sommes pharaoniques aux travailleurs. Des primes qui représentent 5 fois ce que gagne la majorité des Chiliens par an.
Leur grève est donc très mal perçue par la population, d’autant que Codelco est une entreprise publique. Quand Chuquicamata fait grève, c’est le portefeuille de l’Etat chilien qui rétrécit. Chaque jour, il débourse 8 millions de dollars.
C’est un revers aussi pour la coalition de centre-gauche au pouvoir. C’est elle qui mène les négociations avec les travailleurs. A moins de deux semaines du second tour de l’élection présidentielle, cette grève lui fait de l’ombre. Ce qui n’arrange pas les affaires de son candidat, Eduardo Frei, qui n’était déjà pas bien placé dans les sondages.
18:47 Publié dans ECONOMIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chili, cuivre
Revue de presse Afrique
En ce début d’année 2010, certains journaux du continent s’interrogent en effet sur le sens et la portée de ces célébrations. Avec comme fil conducteur, la question des relations avec l’ancienne puissance coloniale. Le site d’information burkinabé Fasozine pose le problème : « l’Afrique francophone indépendante s’apprête à célébrer ses 50 ans d’affranchissement de la tutelle coloniale. Mais, l’a-t-elle jamais quittée ? »
La réponse est non, manifestement, pour le quotidien Le Pays, toujours au Burkina. Le Pays qui rappelle que c’est à Paris, le 14 juillet prochain, que seront organisées les festivités marquant ce cinquantième anniversaire. Date et lieu ô combien symboliques…
50 ans d’échecs ?
« Le 14 juillet couronnera les manifestations de ce cinquantenaire de nos indépendances. Et une fois encore, remarque Le Pays, la France restera dans son rôle de reine vers laquelle se ruera une colonie d’abeilles. C’est la France qui tiendra le rôle de chef d’orchestre du gigantesque boucan qui sonnera l’approfondissement et la modernisation de ses relations avec ses 14 ex-colonies. Comme quoi, s’exclame le quotidien burkinabé, elle a beau chasser le naturel, son sens du paternalisme revient au galop ! »
Alors, s’interroge Le Pays, « au-delà des flonflons de la fête, quel bilan ces pays africains peuvent-ils tirer de leurs 50 années débarrassées du joug colonial ? Qu’en ont-ils fait ? Assurément, répond le journal, cet anniversaire devrait être une occasion d’introspection véritable pour ces ex-colonies françaises d’Afrique subsaharienne. Une introspection qui devrait, pour autant que ces pays veuillent vraiment regarder la vérité en face, les amener à mesurer toute l’étendue de leur échec sur pratiquement tous les plans : déficit démocratique criard alors que 2010 s’annonce comme une année charnière avec des élections à l’horizon ; regain d’instabilité sur fond de coups d’Etat atypiques et sophistiqués ; décollage économique toujours introuvable, etc… Bref, en l’espace de cinq décennies, conclut Le Pays, l’Afrique francophone n’aura que très peu avancé dans sa marche vers le développement et le progrès. »
Trop de dépendances…
Une analyse plutôt partagée par L’Indicateur Renouveau au Mali : « Cinquantenaire du Mali : fête d’indépendance ou d’interdépendance ? », s’interroge le journal. « Cinquante ans d’existence méritent une fête. Mais dans le cas de notre pays dont le sort et le devenir sont liés au bon vouloir de la puissance colonisatrice, cela relève d’une vue de l’esprit », affirme L’Indicateur Renouveau.
Pour le journal malien, cette dépendance est flagrante dans le domaine alimentaire : « après un demi-siècle de gestion autonome, nos dirigeants ne sont pas parvenus à gagner le combat de l’autosuffisance alimentaire, écrit-il, malgré les immenses potentialités dont dispose le Mali. Alors qu’il est admis par tous que l’indépendance d’une famille passe par son grenier. Tel n’est pas le cas aujourd’hui car 50 ans après, notre pays reste tributaire des importations et des dons de l’extérieur. (…) Si le cinquantenaire a un sens aujourd’hui, s’exclame L’Indicateur Renouveau, ça serait de réveiller les cultivateurs du pays en leur donnant des moyens modernes pour faire face au défi de l’indépendance. Sinon le citoyen lambda ne fêtera cette manifestation que de nom. »
Le « jeu trouble » de la France
Dépendance économique donc, mais aussi dépendance politique… Exemple au Niger, avec ce point de vue de l’hebdomadaire Le Canard Déchaîné pour qui « la France est incapable de dépassement pour laisser se développer et soutenir les processus démocratiques, véritables germes d’une émancipation de certaines des anciennes colonies vis-à-vis de l’ancienne métropole. » Et Le Canard Déchaîné de dénoncer le soutien que, selon lui, le président Sarkozy apporte au président Tandja et d’affirmer que « les perspectives ne sont pas bonnes pour la démocratie en Afrique francophone. (…) Nous pensons que ce jeu trouble de la France sur une question sur laquelle elle ne devrait pas transiger pour des raisons évidentes d’histoire, de culture et de valeurs qui lui sont chères, doit impérativement cesser, affirme l’hebdomadaire nigérien. Le cycle d’instabilité sociale et politique auquel aboutissent ces soutiens iniques ne peuvent que conforter tous ceux qui auraient pu douter que l’Afrique n’est pas prête pour la démocratie. »
L’exemple camerounais ?
Enfin, autre vision de ce cinquantenaire des indépendances avecCameroon Tribune. Une vision beaucoup moins critique… Cameroon Tribuned’exception camerounaise (…) : tributaire d’un héritage humain et culturel trop hétéroclite, le Cameroun, écrit-il, semblait condamné à devenir les Balkans de l’Afrique, une zone d’instabilité chronique par essence ingouvernable, (…) avec, précise-t-il, trois héritages coloniaux (allemand, anglais et français), deux langues officielles, (le français et l’anglais), deux religions sans compter l’animisme et surtout 245 langues et ethnies ! » met l’accent sur l’unité camerounaise et parle même «
Et pourtant, s’exclame Cameroon Tribune, « les acquis au terme de 50 années d’indépendance n’en sont que plus significatifs. L’identité nationale et le sentiment d’appartenance à la mère-patrie sont, à notre sens, en constante progression. (…) La nation existe bel et bien et ses fondements sont solides. » Et le quotidien camerounais plutôt d’obédience gouvernementale, on l’aura compris, conclut ainsi : « la démocratie, paradigme essentiel pour l’épanouissement des peuples, avance à grandes enjambées, tandis que l’économie se construit, malgré les écueils. »
18:35 Publié dans REVUE DE PRESSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire des indépendances africaines, burkina faso, cameroun, france, mali, niger, revue de presse





