lundi, 09 novembre 2009

Le dalaï-lama aux portes du Tibet

Par ouest-france.fr, publié le lundi 09 novembre 2009

Le dalaï-lama, hier ,à Tawang, au milieu des moines bouddhistes.

Le dalaï-lama, hier ,à Tawang, au milieu des moines bouddhistes.
Photo : AFP

Sa visite dans un monastère de l'Arunachal Pradesh irrite Pékin, qui réclame la pointe nord-est de l'Inde.

Des milliers de pèlerins avaient fait le voyage, certains marchant depuis cinq jours. Le dalaï-lama s'est posé en hélicoptère au monastère tibétain de Tawang, dans l'État d'Arunachal Pradesh, à la pointe nord-est de l'Inde. Il y a été accueilli par des sonneries de trompes et des centaines de drapeaux de prière fendant le vent glacial.

Cette visite à un jet de pierre du Tibet n'est pas du goût de Pékin, qui accuse le leader tibétain en exil de vouloir « briser les relations » « Je ne promeus que la fraternité universelle », objecte l'intéressé.

Dalaï-lama ou pas, la Chine voit rouge dès qu'il est question de l'Arunachal Pradesh. Pour Pékin, ce territoire de 87 000 km2 constitue la partie sud du Tibet - annexé en 1951 - et il devrait donc lui revenir. Le mois dernier, le régime chinois avait déjà hurlé lorsque Manmohan Singh, le Premier ministre indien, y avait effectué un déplacement.
entre la Chine et l'Inde.

Madrid fatigué du chantier permanent

Ouest-france.fr, publié le lundi 09 novembre 2009

Le plan de relance espagnol a mis le paquet sur les travaux publics, avec 269 chantiers ouverts à Madrid en 2009.

Le plan de relance espagnol a mis le paquet sur les travaux publics, avec 269 chantiers ouverts à Madrid en 2009.
Photo : Isabelle Birambaux

Beaucoup d'habitants s'estiment heureux que la capitale espagnole n'ait pas remporté les JO de 2012.

Madrid. De notre correspondante

Circuler ou marcher dans la capitale madrilène est devenu un vrai parcours du combattant : rues bouclées, circulation bouchée, accès aux commerces limités, pavage de rues piétonnes. Les décibels des marteaux-piqueurs ne gâchent pas la bonne humeur des Espagnols, qui semblent se délecter du brouhaha.

« S'il n'y avait pas de bruit, je crois que ça me manquerait », remarque ce jeune Madrilène cherchant à se frayer un chemin dans les dédales du chantier de la place de Callao, au centre-ville. Pour lui, cette folie constructrice « représente la promesse d'une ville qui ne terminera jamais ».

La relance à coups de pelleteuse

Tous ne partagent pas cet enthousiasme. Juan soupçonne la mairie d'avoir quelques intérêts douteux pour que, périodiquement, soient refaits trottoirs ou tuyauteries.

Ceux qui souffrent le plus sont les commerces, dont l'accès est souvent bloqué. « Beaucoup ont perdu jusqu'à 50 % de leur chiffre d'affaires. Certains ont dû fermer », explique Miguel Angel Fraile, secrétaire général de la Confédération des commerces espagnols.

S'il soutient le « plan E » du gouvernement (8 milliards d'euros, en 2009) pour relancer l'économie, principalement à coups de pelleteuse, il réclame une meilleure gestion des travaux publics, afin d'éviter les préjudices aux commerçants et aux passants. Il suggère d'orienter l'enveloppe 2010 du plan (5 milliards) ailleurs que vers les voies publiques.

Il est vrai que, cette année, selon le ministère de la Politique territoriale, 555 millions d'euros ont été consacrés à 269 chantiers de construction dans la seule ville de Madrid.

vendredi, 06 novembre 2009

La Vache qui rit



Par Danielle Birck

Le célèbre fromage à tartiner a eu 88 ans en 2009. Un anniversaire marqué par l’ouverture d’un musée à Lons-le-Saunier, sa ville natale, et la publication d’un livre, C’est une vache, elle rit.Gilles de Bure y retrace la saga de la marque qui a régalé et amusé des générations d’enfants, marqué de son empreinte son Jura natal et essaimé son logo et ses portions dans le monde entier. Nostalgie garantie.

C’est là même où les premiers fromages marqués du sigle du plus populaire des ruminants ont vu le jour, en 1921, dans les locaux de la première usine Bel, qu’a été conçue la « Maison » de La Vache qui rit, avec un bâtiment ontemporain et écologique venu compléter les deux caves originelles, conservées en l’état.

Le nouvel édifice rassemble sur 3500 mètres carrés un musée – où l’histoire du mythique fromage français est déclinée en quelque 600 objets et affiches -, un jardin d’enfants (conçu en collaboration étroite avec la Cité des sciences de la Villette à Paris), une salle pédagogique, ainsi qu’une cafétéria et une boutique.

En attendant d’aller à Lons-le-Saunier pour découvrir La Vache dans tous ses états, on peut se plonger dans le livre de Gilles de Bure, C’est une vache, elle rit, (éditions Nicolas Chaudin), dont la tranche argentée évoque les portions du fromage…


Visite virtuelle du musée


Pour commencer, une plongée dans le Jura,  sous le soleil ou la neige, avec les gris ou les ocres de ses architectures, dans ce  pays de tradition fromagère depuis le Moyen-âge avec ses  riches pâturages où paissent les vaches montbéliardes, les seules dont le lait soit autorisé pour la fabrication du comté, autre gloire de la région.

De la Wachkyrie à La Vache qui rit …

Le comté justement : c’est pour l’affiner, avec le gruyère, que Jules Bel fonde1865 à Orgelet la fromagerie qui porte son nom. En 1897 il s’installe à Lons-le-Saunier où en 1921 dans une nouvelle usine, rue Richebourg, son fils Léon Bel, met au point sa première portion de Vache qui rit. Ce qui n’en fait pas l’inventeur du fromage fondu, inventée quelques années plus tôt en Suisse. 

Une vache soit, mais pourquoi hilare? Eh bien, à cause de la guerre, la grande, celle de 14-18. Les camions de l’unité de ravitaillement en viande à laquelle appartenait Léon Bel s’ornaient de l’image d’un bœuf au large sourire. Avec l’humour des pioupious, le bovin devint bien vite « la Wachkyrie », une « mise en boite » des célèbres Walkyries de la mythologie germanique devenues les logos des véhicules militaires allemands… Léon bel sut s’en souvenir et fit appel au dessinateur Benjamin Rabier - l’auteur de Gédéon

[1]était aussi celui du bœuf qui riait sur les camions -  pour la création du logo de ce qui était devenu La Vache qui rit… D’une mise en boite à l’autre !




DR

La boite, justement, et sa judicieuse petite tirette de fil rouge) a été inventé par un certain Yves Pin. Son idée, à la base était de faciliter l'ouverture des enveloppes postales… Il y aurait eu aussi, nous apprend Gilles de Bure, une petite musique, un Fox-trot composé en 1919 par un certain Clapson, pour ses anciens compagnons d’arme « en souvenir «  de cette fameuse Wachkyrie…

Enfin, c’est grâce aux boites de Vache qui rit, qu’un certain nombre d’entre nous auront eu dès l’enfance leur premier grand vertige devant le mystère de l’infinitude. Ces boites où la Vache qui rit porte des boucles d'oreille constituées de boîtes de Vache qui rit, elles-mêmes illustrées d'une vachequi rit qui porte des boucles d'oreille constituées de boîtes de vache qui rit... et ainsi de suite à l’infini.. Plus tard, ils auront appris que cela s’appelle une mise en abyme, mais peut-être pas que c’est Madame Bel, l'épouse de Léon, qui en aurait eu l’idée…

L’histoire continue

Au fil des pages on glanera informations et anecdotes, tandis qu’un tour d’horizon iconographique des déclinaisons de La Vache qui rit en dehors de l’hexagone donne la mesure de la gloire planétaire du fameux fromage fondu à la française. Au passage, on peut s’amuser au petit jeu de « comment dit-on La Vache qui rit, en anglais, en arabe, etc… ». On suit aussi l’évolution de la publicité, des premières affiches à la « com » du troisième millénaire, via notamment les sportifs…


C'est une vache, elle rit/Nicolas chaudin

Dès le départ La Vache a inspiré dessinateurs et affichistes, avec ce que Gilles de Bure appelle « la ronde des crayons ». Des artistes la détournent, comme Rancillac, d’autres la multiplient, comme Wim Delvoye à la biennale de Lyon en 2005, et son installation composée de plus de 4000 étiquettes de Vache qui rit… la BD ne résiste pas avec Franquin, et son « Gaston Lagaffe qui rit »…

Histoire d’aller au-delà des apparences, Gilles de Bure n’hésite pas à allonger La Vache sur le divan de Sylvie Zucca, pour qui « le fil rouge qui sert à dégoupiller la portion évoque l’inconscient »… Avant de refermer le livre sur les témoignages de personnalités de tous horizons : « souvenirs, souvenirs », chacun y va de son évocation. On retiendra celle de la chef Hélène Darroze, qui se souvient de la soupe au potiron de sa grand-mère, où une portion de Vache qui rit remplaçait la cuillerée de crème fraîche. « Aujourd’hui, je perpétue la tradition pour ma fille », ajoute la chef parisienne doublement étoilée.

La tradition se perpétue et l’histoire continue. Ce qui est devenu le groupe Bel – dont le principal actionnaire est la société familiale Unibel - est aujourd’hui le premier fabricant de fromage fondu en Europe, avec 12 000 collaborateurs dans le monde entier, une trentaine de filiales et un chiffre d’affaires de quelque 2,2 milliards d’euros en 2008. A La Vache qui rit sont venues s’ajouter d’autres marques, créées ou acquises, comme Babybel, Kiri, Port-Salut, Leerdamer ou Boursin, dernière acquisition en 2008. Le groupe compte 27 sites de production répartis dans le monde entier dont deux en France Comté, à Lons-le-Saunier et à Dole. Mais La Vache qui rit tient toujours la vedette vedette, avec « 10 millions de portions qui sont dégustées chaque jour (soit 2300 toutes les trois secondes) et qui, empilées les unes sur les autres, représenteraient l’équivalent de cinq cents tours Eiffel »…


[1] Benjamin Rabier : Gédéon, La vache qui rit et Cie, Ed. Somogy, 2009