vendredi, 06 novembre 2009
Revue de presse française : Sondages et transparence
Lire les journaux, cela permet de prendre le pouls de l'opinion publique... Pour ce faire, il y a aussi les sondages. Libération trouve que Nicolas Sarkozy abuse de ces enquêtes. Et titre sur « L'obsédé des sondages» Laurent Joffrin explique dans son édito qu'au «vu de la somme dépensée, 3 millions d'euros, cela fait un sondage par jour!» Et que cela « illustre la méthode employée », contestable selon lui, quand elle « débouche sur un mode de gouvernement d'abord fondé sur la communication ».
Sondages et transparence; cette enquête du jour de Libération se base sur le détail des factures révélées par l'Elysée pour 2008 et 2009. C'est justement l'argument employé par les défenseurs de l'Elysée, et Libé rappelle les propos de l'un d'entre eux : « Il ne faudrait pas oublier que la transparence a été voulue par le président, pour rompre avec l'opacité précédente.»
La crise financière est finie
Toujours au chapitre de la transparence, alors que cette semaine les journaux s'interrogeaient sur le rôle des banquiers après la crise, Libération a interrogé en exclusivité le patron de la BNP-Paribas. Baudoin Prot, qui avait créé la polémique cet été, en provisionnant un milliard d'euros pour les bonus. Que dit-il aujourd'hui? Il s'efforce de démontrer que la BNP est un exemple de bonnes pratiques. Il s'est rangé aux recommandations de la ministre de l'Economie, avec de nouvelles règles qui encadrent la profession.
Pour le reste, le patron de la BNP confirme que « la crise financière est terminée, mais que la crise économique, elle, continue. »
Les « couacs »
La Tribune ose une comparaison entre le chef de l'Etat et son Premier ministre, qui lui permet de faire la synthèse des derniers événements politiques : « Sarkozy l'autorité. Fillon l'austérité. » Nicolas Sarkozy, rappelle le journal, « a tancé Jean-Pierre Raffarin et Rama Yade. Il fait acte d'autorité sur ses troupes à l'approche des régionales.» Et La Tribune estime, à l'instar d'un leader de la majorité « que tout le monde va rentrer dans le rang ».
Le Premier ministre, de son côté, a donné une interview exclusive au Monde. Avec, là aussi, un certain nombre de mises au point. Il s'affirme comme le chef de gouvernement, et « chacun doit rester à sa place ». Il annonce « des ajustements très importants pour réduire les déficits ».
Au chapitre des divergences d'opinion sur les grands sujets du jour. Il y a le montant de l'emprunt. Le chef de l'Etat a tranché, et Les Echos le met à la Une : « il ne dépassera pas 50 milliards d'euros", car "le défi de la dette est obsédant ».
Notez encore que L'Humanité fait sa Une sur ce qu'on appelle « le mi-mandat »... Le quotidien communiste affirme que « la politique du chef de l'Etat est désormais critiquée par une majorité de Français » et donc pour lui, il le met en manchette, c'est : « Sarkozy : l'ampleur du mal ».
Une page d'Histoire
La chute du mur de Berlin... Le journal France-Soir s'exclame à la Une : «Personne n'oublie ! ». C'était il y a vingt ans. Le journal populaire fait un dossier spécial, très fourni de six pages... qui nous fait revivre pas à pas cet extraordinaire moment de l'Histoire. La brèche s'était ouverte à la fin de l'été 89 en Hongrie. Lorsque le président de l'époque avait ouvert la frontière vers l'Ouest, « des dizaines de milliers de vacanciers Est-Allemands s'étaient enfui par là ». C'était la 'grande évasion', raconte France-Soir...
Anniversaire de la chute du mur de Berlin : « les confidences d'Angela Merkel », titre pour sa part Le Figaro, qui a recueilli, comme quelques grands journaux européens, les souvenirs qu'elle a gardé de cette époque, et qu'elle a confié dans cet entretien qui a eu lieu dans son bureau, lequel «domine Berlin réunifié». Elle était physicienne à l'Académie des Sciences de Berlin-Est. « Je suis tombée dans une gigantesque marée humaine à un check-point » raconte celle qui allait devenir la première femme chancellière allemande. De toute cette époque d'avant le mur, madame Merkel a gardé « de très beaux souvenirs d'enfance, même si la RDA était un Etat de non-droit ».
Dans les propos d'Angela Merkel, il y a une petite pique contre François Mitterrand, que Le Figaro relate avec gourmandise, car elle a ironisé sur l'attitude du chef de l'Etat français au moment de la chute du mur : « il n'était pas très en pointe ». C'est vrai que c'est tout un débat qui ressurgit ainsi. François Mitterrand, socialiste, aurait peut-être pu appuyer plus fort le vent de la liberté venu de l'Est, mais il était chef d'Etat, et cela l'obligeait à faire preuve d'un minimum de prudence.
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A la une : La question des gaz à effet de serre
Cette question devrait de nouveau agiter le sommet du Forum de coopération de l’Asie Pacifique (l’APEC) la semaine prochaine, des agronomes ont peut être mis au point la pelouse magique à Wellington. Belle photo de vache sur le site du New Zeland Herald ce vendredi matin. Des paddocks de gazon génétiquement modifié permettraient, d’après ces scientifiques et si c’est au goût de l’animal bien sûr… Cette herbe génétiquement transformée permettrait de réduire… et oui les pets de vache accusés comme vous le savez de contribuer à l’effet de serre. Nos bovidés seraient moins ballonnés et du coup cela réduirait d’autant la production de méthane. Pour l’instant le laboratoire qui a émis l’idée n’en est qu’au stade du projet. Mais déjà, les protecteurs de la nature s’inquiètent. La Nouvelle-Zélande est un grand producteur de lait, les OGM dans l’herbe pourraient nuire à la qualité du produit disent-ils et la réputation du pays.
Valse des ambassadeurs
La valse des diplomates -Bangkok qui rappelle son ambassadeur à Phnom Penh et dans la foulée, évidemment, Phnom Penh qui fait de même-, est un signe de plus de la tension qui monte entre les deux pays. Et à chaque fois, les deux mêmes noms se retrouvent à la Une : Celui de l'actuel Premier ministre cambodgien Hun Sen et celui de son ami, l'ancien premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra, condamné pour corruption dans son pays. Hun Sen lui a offert le gîte et le couvert et même un boulot à son ami Thaksin, en le nommant conseiller économique du gouvernement. Ce qui évidemment ne plaît pas du tout au gouvernement thaïlandais.
Sourire côté cambodgien, agacement côté Thaïlandais
Comment réagit la presse dans chacun des pays ? La presse cambodgienne donne un compte rendu plutôt plat de l'affaire, à peine ici où là une pointe d'ironie. Selon le Phnom Penh Post, Thaksin a dit qu’il ne viendrait pas au Cambodge. Alors, c'est ballot semble s’étonner le journal ! Comment va faire Thaksin pour conseiller le gouvernement cambodgien sur les affaires économiques s’il n’est pas là ? Réponse du journal qui cite le porte-parole du gouvernement à Phnom Penh: « Avec les autoroutes de l'information, Thaksin peut travailler depuis n'importe où dans le monde affirme le haut fonctionnaire et aider ainsi le Cambodge à se développer ». Il fallait y penser.
Côté thaïlandais le ton est nettement moins amusé
Comment réagit la presse dans chacun des pays ? La presse cambodgienne donne un compte rendu plutôt plat de l'affaire, à peine ici où là une pointe d'ironie. Selon le Phnom Penh Post, Thaksin a dit qu’il ne viendrait pas au Cambodge. C'est ballot fait semblant de s’étonner le journal : Comment va faire Thaksin pour conseiller le gouvernement cambodgien sur les affaires économiques, s’il n’est pas là ? Réponse du journal qui cite le porte-parole du gouvernement à Phnom Penh: « Avec les autoroutes de l'information, Thaksin peut travailler depuis n'importe où dans le monde et aider ainsi le Cambodge à se développer ». Il fallait y penser. Côté thaïlandais le ton est nettement moins amusé, semble-t-il. Visiblement The Nation n'est pas du côté des « chemises rouges », ces militants pro-Thaksin qui continuent de soutenir l'ancien premier ministre en Thaïlande. The Nation qui s'inquiète et s'interroge : « Que prépare Thaksin désormais » demande le journal ? Un peu comme s'il s'agissait d'un mauvais garçon, à qui il fallait faire la leçon. Il aurait dû se taire explique The Nation mais « il a préféré accuser le gouvernement Thaïlandais d'en faire trop, de suréagir comme un enfant ». Il faut dire aussi que cette polémique arrive dans un contexte d'instabilité en Thaïlande et de fébrilité à la frontière entre les deux pays. Faut-il alors s'inquiéter ? Oui confie ce responsable politique thaïlandais qui visiblement ni d’humour, ni de répartie. Vous lirez ses propos dans le Bangkok Post. Si (Thaksin) est conseiller du gouvernement à Phnom Penh alors dit-il : « Il faut s’inquiéter pour les dommages qu'il va infliger à l'économie… Cambodgienne ».
Ouïgours privés d’internet
Les habitants du Xinjiang sont toujours privés d’Internet en Chine. Le problème est résumé par dessin dans le China Daily. Le dessin d'un ordinateur portable avec sur l’écran, un panneau d’interdiction et ces mots : « Accès refusé ». Le quotidien en ligne reprend la version officielle : le réseau a cessé de fonctionner 24 heures après le début des émeutes, entre ouïgours musulmans et les Hans en juillet dernier, qui ont fait près de 200 morts. « Le gouvernement central a bloqué les accès au web dans la province du Xinjiang parce que c'était un outil vital pour les meneurs (de la révolte) » poursuit le journal. Depuis cette date tous les habitants de la province sont coupés du net et rouspètent. Il y a cet homme d'affaire qui explique qu'il a dû délocaliser son bureau pour communiquer avec ses clients. Il y a cette mère qui s'inquiète pour sa fille qui « devait s'inscrire à la faculté en Australie sur internet ». Et puis il y a tous ceux parmi ces habitants du Xinjiang, que le China Daily n’a pas interrogé. Les Ouigours eux aussi sont coupés du net et même bien plus que cela.
Discriminations en Corée du Sud
Ils sont nombreux les cas de discrimination dans ce pays. La presse nous en donne deux exemples ce vendredi matin. D'abord ce travailleur égyptien sans papiers qui obtient gain de cause en justice. L'histoire est racontée par le Korea Times. Mustafa a 29 ans. Il a été blessé après avoir été molesté par l'un de ses collègues sur un chantier. Le court administratif de Séoul a jugé qu'il devait être dédommagé pour cet acte raciste. Et puis autre histoire, celle de ce professeur d’université indien Bonojit Hussain, et sa compagne coréenne Han Ji-sun. Leur récit est dans le Korea Herald. Le quotidien y consacre cinq pages très émouvantes. Oh c’est une histoire malheureusement banale. Hussain et sa compagne se font agresser verbalement puis physiquement un jour dans un bus. Hussain porte plainte pour insultes racistes, mais la police doute de sa qualité d'enseignant et même de la légalité de son titre de séjour. La presse s'est emparée de l'histoire en Inde et en Corée et ça donne ce long récit à lire ce matin dans le Korea Herald.
Prison qui danse au Philippines
Quand les matons filment, les prisonniers dansent au Philippines. Pour finir de vous réveiller et puisque nous sommes vendredi je vous conseil cette vidéo sur le site du Daily Telegraph. C'est en Australie mais par définition si c'est sur internet, c'est aussi chez vous. Allez-y cliquez, ça vous mettra de bonne humeur. Des centaines de prisonniers aux philippines sont alignés dans la cour de la prison en combinaison orange. Queen et les autres rugissent dans les hauts parleurs et hop, tout le monde se met à danser ! La chorégraphie a été enregistrée fin octobre au pénitencier de Cebu. C’est un prisonnier condamné à la prison pour crime en série qui a réglé la chorégraphie. La vidéo a déjà fait plusieurs fois le tour du web. A la fin certains prisonniers se retrouvent même en tutus -bleus et verts fluo-. « I want to break free » dit la chanson. Croyez-moi, ça donne un style !
10 villes pour 2010
Et on termine par un conseil à nos auditeurs internautes voyageurs. Le site du Sydney Morning Herald propose dix villes à découvrir cette année. Il y a de très belles photos, c’est en partenariat avec le guide Lonely Planet avec parfois des choix étonnants. Oubliez Paris, Londres, Rome, New York ou encore Berlin qui ne font pas partie de la liste. Le Sydney Herald conseil d’avantage Kyoto, Singapour, Istanbul, Sarajevo ou Abu Dhabi pour les amateurs de shopping. Et puis des villes moins attendues telles que Charleston aux Etats-Unis, Lecce en Italie la florence des Pouilles ou encore Cuenca la troisième ville d’équateur que les Incas il y a bien longtemps la « terre aussi grande que le paradis ». Si voyager au paradis vous dit. Allez-y, jetez un œil au Sydney Morning Herald.
18:58 Publié dans REVUE DE PRESSE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cambodge, chine, nouvelle zélande, philippines, revue de presse, thaïlande
La sortie de crise au menu du G20 Finances
Les ministres des Finances et banquiers centraux des vingt principales économies mondiales sont réunis vendredi et samedi à Saint Andrews, en Ecosse. Dans ce berceau historique du golf, ils tenteront de trouver un cadre de travail pour mieux sortir de la crise.
Les moyens de sortir de la crise devraient occuper la majeure partie des débats du groupe du G20 qui réunit les principaux pays développés et émergents de la planète à Saint Andrews. Les débats porteront sur la mise en place du cadre de travail, un mode de fonctionnement basé sur la surveillance multilatérale, avec le Fonds monétaire international (FMI) comme arbitre.
Le G20 a montré au cours du sommet de Pittsburgh une parfaite unité sur ce point. Les pays se sont ainsi mis d’accord pour ne pas relâcher l’effort public engagé pour faire face à la crise qui, même si elle montre quelques signes d’apaisement, est loin d’être terminée. Au registre des données incitant à l’optimisme, les principales banques américaines et européennes annoncent des résultats record et se bousculent pour rembourser aux Etats les prêts d’urgence mis en place pour les sauver.
Hausse du chômage
Un autre indicateur a alimenté un mouvement d’optimisme : les Etats-Unis, la première économie mondiale, renouent avec la croissance. Après sa plus longue récession depuis les années 1930, le produit intérieur brut (PIB) américain pour le troisième trimestre 2009 a augmenté de 3,5% par rapport à la même période de l’année dernière, un peu plus que ce qu’attendaient les économistes. Les experts du Fonds monétaire international ont également revu à la hausse leurs prévisions pour l’économie mondiale en 2010, à 3,1% de croissance. Un rebond, selon eux, essentiellement dû au dynamisme de l’Asie et plus particulièrement de la Chine.
L’économie repart mais on est encore loin d’une sortie de crise. Les plans de relance mis en place par les pays du G20 ont permis, selon le Bureau international du travail (BIT), de sauver jusqu’à 11 millions d’emplois cette année, mais cela n’empêchera pas le chômage mondial d’atteindre un record en 2009 en touchant 241 millions de personnes.
Statu-quo monétaire
La montée continue du chômage a également été pointée par les banquiers centraux. A la veille de cette réunion du G20 Finances à Saint Andrews, les grandes banques centrales, Réserve fédérale américaine (Fed), Banque centrale européenne (BCE) et Banque d'Angleterre, ont toutes maintenu leurs taux à des niveaux historiquement bas mercredi et jeudi, en notant que les signes de reprise étaient loin d'être suffisamment installés pour modifier leur politique monétaire. La conjoncture des marchés financiers n’a « globalement pas changé » depuis septembre et les dépenses des ménages, moteur traditionnel de l’économie américaine, « restent entravés » par la montée continue du chômage, conclut le comité monétaire de la Fed.
Soucieux des incertitudes planant sur la croissance, les ministres des finances du G20 devraient donc se déclarer en faveur d’un retrait des mesures de relance mais « seulement quand il sera temps » et « de manière coopérative et coordonnée ». Dans une interview publiée vendredi dans les médias européens, le ministre des Finances britannique a estimé qu'il faut « continuer le travail du G20 commencé depuis un an ». « Si nous n'agissons pas, il y a le risque que nous soyons confrontés à une décennie de croissance molle et de faible emploi », a expliqué Alistair Darling.
18:54 Publié dans ECONOMIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : g20, ecosse, finances





