mercredi, 09 décembre 2009

Kofi Yamgnane confirme ses liens d'amitié avec le diplomate français expulsé

08/12/2009 | La rédaction web de Jeune Afrique | Par : Pierre Boisselet


Kofi Yamgnane est dirige le mouvement Kofi Yamgnane est dirige le mouvement "sursaut Togo", créé en 2005© Frédéric Jouval/JA

Le candidat à l’élection présidentielle togolaise, Kofi Yamgnane, confirme ses liens d’amitié avec Eric Bosc, le diplomate français expulsé du Togo. Il assure que ces relations étaient sans rapport avec le scrutin prévu pour le 28 février et y voit un signe de « panique » du pouvoir.

Pour Kofi Yamgnane, cela ne fait aucun doute : la relation qu’il entretenait avec le diplomate français est à l’origine de l'expulsion de ce dernier du Togo. Les autorités togolaises ont donné quinze jour à Eric Bosc, premier secrétaire de l'ambassade de France, pour quitter le territoire, et lui reprochent de s’être livré à des « activités incompatibles avec son statut ».

Joint par Jeune Afrique, Kofi Yamgnane, a confirmé ses liens d’amitié avec Eric Bosc, mais il nie tout rapport entre cette relation et la politique intérieure togolaise.

« Je le connaissais avant sa nomination au Togo »

« Ce n’est pas parce que l’un est diplomate et l’autre est un homme politique que nous n’avons pas le droit d’être amis », s’est-il indigné.
Franco-togolais, Koffi Yamgnane est installé à Lomé depuis un an. Il affirme avoir rencontré Bosc bien avant son arrivée à Lomé. « Je le connaissais déjà lorsqu’il était en poste à Haïti, a-t-il indiqué. Nous sommes devenus plus proches depuis que nous sommes au Togo. »

L'appartenance des deux hommes à la Bretagne (Eric Bosc en est originaire et Kofi Yamgnane y a été maire) les a « rapprochés », a-t-il ajouté.

Bosc, arrivé à Lomé il y a trois ans, était chargé « du suivi de la politique intérieure » togolaise. Le ministère français des Affaires étrangères soutient son travail, affirmant dans un communiqué que son fonctionnaire n’avait « jamais outrepassé sa mission, faisant preuve d’un grand professionnalisme dans ses contacts avec tous les partis légaux » . En réaction à cette expulsion, Paris a d'ailleurs demandé le départ d’un diplomate togolais.

« Le pouvoir panique »

Selon Kofi Yamgnane, les deux hommes se rencontraient régulièrement autour d’un verre. « Mais on ne parlait pas de politique », insiste-t-il. A ses yeux, la décision des autorités togolaises est irrationnelle et témoigne d’une « panique » à l’égard de sa candidature à l'élection présidentielle prévue le 28 février 2010.

Guinée : la junte accuse Kouchner d'avoir voulu "préparer un coup d'Etat"

09/12/2009 | La rédaction web de Jeune Afrique


Selon la junte, Dadis Selon la junte, Dadis "va bien" et "rentrera bientôt"© AFP

 

La France dément toute implication dans la tentative de meurtre contre le capitaine Moussa Dadis Camara. Le chef de la junte devrait "bientôt" rentrer mais, en attendant son retour, les militaires putschistes suspendent leur participation aux négociations de sortie de crise.

Le porte-parole du chef de la junte guinéenne, le ministre Idrissa Chérif, a accusé le chef de la diplomatie française et des "services français" d'avoir voulu "préparer un coup d'Etat" en Guinée, dans un entretien accordé mardi soir à des journalistes français.

La France "dément énergiquement" des "rumeurs absurdes" et rappelle la "priorité" de la tenue d'élections, a déclaré mardi le porte-parole .

"Ce sont des rumeurs absurdes que nous démentons énergiquement, il n'y a pas de temps à perdre en polémiques stériles", a déclaré mardi à l'AFP le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero. Et de rappeler la "priorité" de la tenue d'élections.

"Il y a trois jours de cela, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a reçu (l'opposant guinéen) Alpha Condé", a affirmé le ministre chargé de Communication à la présidence, Idrissa Chérif, à des journalistes de RFI, de France 24 et l'AFP.

"Un pays colonisateur nommément cité"

"Ensemble, ils ont appelé [le président de la Commission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, Mohamed Ibn] Chambas pour lui demander de faire des déclarations et essayer de prendre des contacts avec l'intérieur de la Guinée, afin de pouvoir préparer un coup d'Etat pour renverser le régime, en l'absence du chef de l'Etat", a soutenu M. Chérif.

M. Chérif a de nouveau affirmé que la tentative de meurtre du chef de la junte, Moussa Dadis Camara, le 3 décembre, par son aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba, était une "tentative de coup d'Etat".

Et il a alors suggéré que des "services français" avaient pu être impliqués.

"Ce n'est pas seulement un attentat qui a été préparé, mais un coup d'Etat, et un pays colonisateur de la Guinée a été nommément cité par ceux qui ont été pris. Ils ont dit qu'ils avaient été encouragés par certains services de nos colonisateurs", a-t-il assuré, en précisant ensuite: "ce sont des services français".

"Nous allons faire passer (les individus arrêtés) à la télévision et ils vont expliquer comment ça a été organisé", a-t-il encore déclaré.

Chambas "actionné" par Kouchner ?

A la télévision d'Etat guinéenne, M. Chérif avait déjà accusé mardi M. Kouchner d'avoir "actionné" M. Chambas pour qu'il "déstabilise la Guinée".

M. Chambas avait notamment déclaré mardi, dans un entretien accordé à un média international repris par la presse guinéenne, que les putschistes devaient être "ostracisés dans la région, en Afrique et sur la scène internationale".

M. Chambas avait également déclaré sur RFI qu'il fallait "trouver un moyen de sortir de la crise" en Guinée et faire en sorte que la junte "contribue positivement et constructivement pour un établissement de la démocratie".

Par ailleurs, l'ambassade de France à Conakry n'a pas souhaité commenter des informations circulant dans la ville, selon lesquelles la voiture diplomatique de l'ambassadeur aurait été soumise, lundi, à un contrôle par des militaires. Ce contrôle, à l'entrée de l'aéroport de Conakry, aurait eu lieu dans le contexte des recherches menées pour retrouver le militaire Toumba, dont la tête est mise à prix.

Les militaires ont en effet annoncé le 5 décembre qu'une "forte récompense" serait attribuée à toute personne qui permettrait d'arrêter l'ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara.

Médiation en suspend

La junte affirme que Dadis, en convalescence au Maroc, "va bien" et qu'il "rentrera bientôt", mais cette version officielle est mise en doute par bon nombre de Guinéens qui s'interrogent sur l'état de santé réel du capitaine, qui n'a pas fait d'apparition ni de déclaration dans les médias depuis la tentative de meurtre.

Toujours est-il que c'est le numéro deux de la junte qui se charge de l'intérim. Le ministre de la Défense guinéen, le général Sékouba Konaté, était absent lorsque le président putschiste a été attaqué. Il est rentré à Conakry dans la nuit de vendredi après un voyage d’affaires de quelques jours au Liban.

Longtemps considéré comme un fidèle de Dadis, Sékouba Konaté a vu ses relations avec ce dernier se détériorer quand le chef du CNDD a commencé à afficher son goût pour le pouvoir et à entretenir le doute autour de ses véritables intentions. Le fossé entre eux s’est encore creusé après les massacres du 28 septembre.

Un massacre qui a aggravé la crise guinéenne, provoquant l'intervention du médiateur et président burkinabè Blaise Compaoré. Le "facilitateur" a déjà recueilli les propositions de sortie de crise des Forces vives (partis, syndicats, société civile) et de la junte. Blaise Compaoré avait remis alors un « protocole d’accord favorable à la junte », qui avait provoqué la colère des Forces vives.

"Pour le moment, notre participation aux négociations n'est pas bannie mais suspendue jusqu'au retour (au pouvoir, ndlr) du président", a déclaré à la télévision nationale le colonel Moussa Keïta, ministre secrétaire permanent du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte).

"Nous savons que c'est dans la négociation, certainement, que le peuple ou la nation aura son salut. Mais, pour le moment, ce qui préoccupe le CNDD et le gouvernement, c'est la santé du président, c'est la quiétude interne", a expliqué le colonel Keïta, apparaissant en uniforme, dans une interview diffusée plusieurs fois dans la soirée par la radio-télévision guinéenne.

Cheick Aboubacar Maïga II de Ramatoulaye : Un guide spirituel connu et respecté

mercredi 9 décembre 2009

Il est selon de nombreux spécialistes, l’un des plus grands érudits de l’islam au Burkina Faso. Le Cheick Aboubacar Maïga II de Ramatoulaye est connu et respecté dans la région du Nord et au-delà. Grâce à ce grand leader religieux, le village de Ramatoulaye, situé à 30 km de Ouahigouya, est un lieu de pèlerinage à l’occasion des grandes fêtes musulmanes notamment le Mouloud commémorant la naissance du prophète Mahomet.

De nombreux musulmans convergent des pays voisins tels que la Côte d’Ivoire, le Ghana, Le Mali… pour écouter la lecture du Coran, les prêches et les conseils, de la nuit jusqu’au petit matin.

Aboubacar Maïga II est cofondateur de la confrérie Tidjiania au Burkina Faso. « Mon grand-père, le Cheick Aboubacar Maïga II était parmi les premiers à introduire la Tidjiania dans le Nord et nous nous sommes établis à Ramatoulaye dans le Yatenga », rappelle-t-il.

Quel est le secret du guide spirituel qui fait de Ramatoulaye un lieu de pèlerinage international à chaque Mouloud ? « La vérité et la religion ! », confie le Cheick.

« Je ne manque pas le pèlerinage de Ramatoulaye à cause de la ferveur religieuse et de la pertinence des prêches », confirme un fidèle musulman de Ouagadougou. « Je suis comme tout le monde. Cheick c’est une appellation de respect. On m’a donné ce nom à ma naissance en référence à mon grand-père le Cheick Aboubacar Maïga I », soutient en toute modestie, l’érudit.

Pour lui, la célébration du 49e anniversaire de l’indépendance à Ouahigouya est un grand honneur fait à la région du Nord. « C’est l’occasion de mettre fin aux petites querelles, de s’unir davantage, rassembler les efforts pour le développement de la région et du Burkina Faso ».

Il a déjà organisé plusieurs prières pour la réussite de la fête nationale et lancé des appels à la mobilisation. « Nous avons formulé des bénédictions pour que les gens viennent en bonne santé, fêtent en bonne santé, retournent en bonne santé, dans la joie et sans incident », a souligné le Cheick Aboubacar Maïga II de Ramatoulaye.

D’ailleurs à chaque cérémonie, il est installé aux premières loges par le protocole. Les autorités lui demandent toujours des bénédictions, et les fidèles s’empressent de lui serrer la main. Imperturbable, le guide spirituel ne déroge pas à ce qui est pour lui un devoir.

Bachirou NANA

Sidwaya