vendredi, 06 novembre 2009
Revue de presse Afrique : Rajoelina claque la porte
Les négociations d'Addis Abeba ont connu un énième rebondissement cette nuit et cela donne ce titre de L'Express de Madagascar, à la Une avec une photo : « Rajoelina claque la porte ».
Très en colère, d'après le journal, de ne pas avoir été considéré comme le président de la transition. « Je pars, je pars » a-t-il lancé à une heure et quart du matin, et c'est ce qu'il a fait.
Le journal raconte que, peu de temps auparavant, il avait mis la barre assez haute, en réclamant une majorité au sein du gouvernement et des autres institutions de la transition. S'en est suivi un « échange verbal » avec Joachim Chissano, l'ancien président du Mozambique. C'est un peu plus tard, « alors que tout semblait rentrer dans l'ordre, que Rajoelina s'est levé et a quitté la salle de réunion ».
Le journal précise que malgré tout les négociations ont bien avancé sur la question du gouvernement.
Le Kenya et la CPI
Le Kenya où des violences se sont déroulées en 2008 après les élections. La Cour pénale internationale procéde aujourd'hui à un examen préliminaire pour « crimes de guerre et crime contre l'Humanité ». C'est dans ce cadre là que le procureur, Luis Moreno Ocampo est arrivé à Nairobi et le site Angop qui diffuse depuis la capitale de l'Angola, donne son planning : rencontre avec le président et le Premier ministre notamment. Ces deux réunions seront sans doute les plus importantes, car les deux principaux leaders du pays n'ont pas très envie de saisir eux-même la Cour pénale... D'après Angop, ils ne veulent pas prendre le risque d'être considérés « comme étant à l'origine de poursuites judiciaires contre des membres de leurs camps respectifs ».
Le procès de Jean-Pierre Bemba
La date a été fixée ce jeudi : ce sera le 27 avril de l'an prochain. Une dépêche des Nations unies reprise par all Africa.com rappelle qu'il est poursuivi pour deux crimes contre l'Humanité et trois crimes de guerre. Ces horreurs ont été commises par les troupes qu'il avait envoyées en République Centrafricaine fin 2002 et début 2003. Jean-Pierre Bemba est considéré comme « pénalement responsable en qualité de chef militaire ». La dépêche rappelle qu'il a été arrêté par les autorités belges, et qu'il est actuellement détenu au quartier pénitentiaire de Scheveningen, à La Haye...
La Guinée en crise
La question du départ de la junte est toujours dans la balance , comme dit le quotidien Sidwaya... en rapportant « qu'après deux jours de concertation (...) les forces vives campent sur leurs positions ». Les forces vives, c'est un regroupement de partis politiques et de syndicats.
Le facilitateur, le président Blaise Compaoré, leur avait demandé de lui faire des propositions. Les mêmes suggestions ont été avancées, par exemple les mesures qu'il faut prendre d'urgence pour la sécurité. Et puis la transition politique nouvelle qu'il faut mettre en place.
L'ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo, qui fait partie des forces vives en tant que leader de l'UFDG, l'Union des Forces Démocratiques de Guinée, a dit que la médiation de Blaise Compaoré était porteuse d'espoir. «Il demande la dissolution du CNDD» au pouvoir à Conakry, et que «le chef de la junte soit évincé du pouvoir». La piste qu'il propose ensuite, c'est une autorité de transition «consensuellement identifiée».
Du côté de l'USTG, le syndicat des travailleurs, son secrétaire général, le docteur Ibrahima Fofana, demande lui « en un temps record »... « des élections libres et transparentes ». Toujours selon Sidwaya Quotidien, Blaise Compaoré, le facilitateur a trouvé ces propositions à la fois«constructives et intéressantes».
Médias d'Afrique
Une réunion au sommet a lieu actuellement au Nigéria. Le Potentiel, journal de RDC s'intéresse à ce deuxième forum des médias d'Afrique, qui se tient à Lagos. C'est une réunion importante pour ce qui est de la réflexion sur l'avenir. Il a lieu dans des circonstances particulières, explique ce journal, qui donne la parole au fondateur du groupe de presse auquel appartient Le Potentiel, Modeste Mutinga, actuellement rapporteur du Sénat. Et celui-ci explique que «la presse devrait dorénavant, sur le continent, concourir à la bonne gouvernance, elle-même indissociable du pluralisme politique, du respect de la dignité et de la grandeur de l'Homme». Vous le voyez, c'est tout un programme.
19:09 Publié dans REVUE DE PRESSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : madagascar, revue de presse
Revue de presse française : Sondages et transparence
Lire les journaux, cela permet de prendre le pouls de l'opinion publique... Pour ce faire, il y a aussi les sondages. Libération trouve que Nicolas Sarkozy abuse de ces enquêtes. Et titre sur « L'obsédé des sondages» Laurent Joffrin explique dans son édito qu'au «vu de la somme dépensée, 3 millions d'euros, cela fait un sondage par jour!» Et que cela « illustre la méthode employée », contestable selon lui, quand elle « débouche sur un mode de gouvernement d'abord fondé sur la communication ».
Sondages et transparence; cette enquête du jour de Libération se base sur le détail des factures révélées par l'Elysée pour 2008 et 2009. C'est justement l'argument employé par les défenseurs de l'Elysée, et Libé rappelle les propos de l'un d'entre eux : « Il ne faudrait pas oublier que la transparence a été voulue par le président, pour rompre avec l'opacité précédente.»
La crise financière est finie
Toujours au chapitre de la transparence, alors que cette semaine les journaux s'interrogeaient sur le rôle des banquiers après la crise, Libération a interrogé en exclusivité le patron de la BNP-Paribas. Baudoin Prot, qui avait créé la polémique cet été, en provisionnant un milliard d'euros pour les bonus. Que dit-il aujourd'hui? Il s'efforce de démontrer que la BNP est un exemple de bonnes pratiques. Il s'est rangé aux recommandations de la ministre de l'Economie, avec de nouvelles règles qui encadrent la profession.
Pour le reste, le patron de la BNP confirme que « la crise financière est terminée, mais que la crise économique, elle, continue. »
Les « couacs »
La Tribune ose une comparaison entre le chef de l'Etat et son Premier ministre, qui lui permet de faire la synthèse des derniers événements politiques : « Sarkozy l'autorité. Fillon l'austérité. » Nicolas Sarkozy, rappelle le journal, « a tancé Jean-Pierre Raffarin et Rama Yade. Il fait acte d'autorité sur ses troupes à l'approche des régionales.» Et La Tribune estime, à l'instar d'un leader de la majorité « que tout le monde va rentrer dans le rang ».
Le Premier ministre, de son côté, a donné une interview exclusive au Monde. Avec, là aussi, un certain nombre de mises au point. Il s'affirme comme le chef de gouvernement, et « chacun doit rester à sa place ». Il annonce « des ajustements très importants pour réduire les déficits ».
Au chapitre des divergences d'opinion sur les grands sujets du jour. Il y a le montant de l'emprunt. Le chef de l'Etat a tranché, et Les Echos le met à la Une : « il ne dépassera pas 50 milliards d'euros", car "le défi de la dette est obsédant ».
Notez encore que L'Humanité fait sa Une sur ce qu'on appelle « le mi-mandat »... Le quotidien communiste affirme que « la politique du chef de l'Etat est désormais critiquée par une majorité de Français » et donc pour lui, il le met en manchette, c'est : « Sarkozy : l'ampleur du mal ».
Une page d'Histoire
La chute du mur de Berlin... Le journal France-Soir s'exclame à la Une : «Personne n'oublie ! ». C'était il y a vingt ans. Le journal populaire fait un dossier spécial, très fourni de six pages... qui nous fait revivre pas à pas cet extraordinaire moment de l'Histoire. La brèche s'était ouverte à la fin de l'été 89 en Hongrie. Lorsque le président de l'époque avait ouvert la frontière vers l'Ouest, « des dizaines de milliers de vacanciers Est-Allemands s'étaient enfui par là ». C'était la 'grande évasion', raconte France-Soir...
Anniversaire de la chute du mur de Berlin : « les confidences d'Angela Merkel », titre pour sa part Le Figaro, qui a recueilli, comme quelques grands journaux européens, les souvenirs qu'elle a gardé de cette époque, et qu'elle a confié dans cet entretien qui a eu lieu dans son bureau, lequel «domine Berlin réunifié». Elle était physicienne à l'Académie des Sciences de Berlin-Est. « Je suis tombée dans une gigantesque marée humaine à un check-point » raconte celle qui allait devenir la première femme chancellière allemande. De toute cette époque d'avant le mur, madame Merkel a gardé « de très beaux souvenirs d'enfance, même si la RDA était un Etat de non-droit ».
Dans les propos d'Angela Merkel, il y a une petite pique contre François Mitterrand, que Le Figaro relate avec gourmandise, car elle a ironisé sur l'attitude du chef de l'Etat français au moment de la chute du mur : « il n'était pas très en pointe ». C'est vrai que c'est tout un débat qui ressurgit ainsi. François Mitterrand, socialiste, aurait peut-être pu appuyer plus fort le vent de la liberté venu de l'Est, mais il était chef d'Etat, et cela l'obligeait à faire preuve d'un minimum de prudence.
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A la une : La question des gaz à effet de serre
Cette question devrait de nouveau agiter le sommet du Forum de coopération de l’Asie Pacifique (l’APEC) la semaine prochaine, des agronomes ont peut être mis au point la pelouse magique à Wellington. Belle photo de vache sur le site du New Zeland Herald ce vendredi matin. Des paddocks de gazon génétiquement modifié permettraient, d’après ces scientifiques et si c’est au goût de l’animal bien sûr… Cette herbe génétiquement transformée permettrait de réduire… et oui les pets de vache accusés comme vous le savez de contribuer à l’effet de serre. Nos bovidés seraient moins ballonnés et du coup cela réduirait d’autant la production de méthane. Pour l’instant le laboratoire qui a émis l’idée n’en est qu’au stade du projet. Mais déjà, les protecteurs de la nature s’inquiètent. La Nouvelle-Zélande est un grand producteur de lait, les OGM dans l’herbe pourraient nuire à la qualité du produit disent-ils et la réputation du pays.
Valse des ambassadeurs
La valse des diplomates -Bangkok qui rappelle son ambassadeur à Phnom Penh et dans la foulée, évidemment, Phnom Penh qui fait de même-, est un signe de plus de la tension qui monte entre les deux pays. Et à chaque fois, les deux mêmes noms se retrouvent à la Une : Celui de l'actuel Premier ministre cambodgien Hun Sen et celui de son ami, l'ancien premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra, condamné pour corruption dans son pays. Hun Sen lui a offert le gîte et le couvert et même un boulot à son ami Thaksin, en le nommant conseiller économique du gouvernement. Ce qui évidemment ne plaît pas du tout au gouvernement thaïlandais.
Sourire côté cambodgien, agacement côté Thaïlandais
Comment réagit la presse dans chacun des pays ? La presse cambodgienne donne un compte rendu plutôt plat de l'affaire, à peine ici où là une pointe d'ironie. Selon le Phnom Penh Post, Thaksin a dit qu’il ne viendrait pas au Cambodge. Alors, c'est ballot semble s’étonner le journal ! Comment va faire Thaksin pour conseiller le gouvernement cambodgien sur les affaires économiques s’il n’est pas là ? Réponse du journal qui cite le porte-parole du gouvernement à Phnom Penh: « Avec les autoroutes de l'information, Thaksin peut travailler depuis n'importe où dans le monde affirme le haut fonctionnaire et aider ainsi le Cambodge à se développer ». Il fallait y penser.
Côté thaïlandais le ton est nettement moins amusé
Comment réagit la presse dans chacun des pays ? La presse cambodgienne donne un compte rendu plutôt plat de l'affaire, à peine ici où là une pointe d'ironie. Selon le Phnom Penh Post, Thaksin a dit qu’il ne viendrait pas au Cambodge. C'est ballot fait semblant de s’étonner le journal : Comment va faire Thaksin pour conseiller le gouvernement cambodgien sur les affaires économiques, s’il n’est pas là ? Réponse du journal qui cite le porte-parole du gouvernement à Phnom Penh: « Avec les autoroutes de l'information, Thaksin peut travailler depuis n'importe où dans le monde et aider ainsi le Cambodge à se développer ». Il fallait y penser. Côté thaïlandais le ton est nettement moins amusé, semble-t-il. Visiblement The Nation n'est pas du côté des « chemises rouges », ces militants pro-Thaksin qui continuent de soutenir l'ancien premier ministre en Thaïlande. The Nation qui s'inquiète et s'interroge : « Que prépare Thaksin désormais » demande le journal ? Un peu comme s'il s'agissait d'un mauvais garçon, à qui il fallait faire la leçon. Il aurait dû se taire explique The Nation mais « il a préféré accuser le gouvernement Thaïlandais d'en faire trop, de suréagir comme un enfant ». Il faut dire aussi que cette polémique arrive dans un contexte d'instabilité en Thaïlande et de fébrilité à la frontière entre les deux pays. Faut-il alors s'inquiéter ? Oui confie ce responsable politique thaïlandais qui visiblement ni d’humour, ni de répartie. Vous lirez ses propos dans le Bangkok Post. Si (Thaksin) est conseiller du gouvernement à Phnom Penh alors dit-il : « Il faut s’inquiéter pour les dommages qu'il va infliger à l'économie… Cambodgienne ».
Ouïgours privés d’internet
Les habitants du Xinjiang sont toujours privés d’Internet en Chine. Le problème est résumé par dessin dans le China Daily. Le dessin d'un ordinateur portable avec sur l’écran, un panneau d’interdiction et ces mots : « Accès refusé ». Le quotidien en ligne reprend la version officielle : le réseau a cessé de fonctionner 24 heures après le début des émeutes, entre ouïgours musulmans et les Hans en juillet dernier, qui ont fait près de 200 morts. « Le gouvernement central a bloqué les accès au web dans la province du Xinjiang parce que c'était un outil vital pour les meneurs (de la révolte) » poursuit le journal. Depuis cette date tous les habitants de la province sont coupés du net et rouspètent. Il y a cet homme d'affaire qui explique qu'il a dû délocaliser son bureau pour communiquer avec ses clients. Il y a cette mère qui s'inquiète pour sa fille qui « devait s'inscrire à la faculté en Australie sur internet ». Et puis il y a tous ceux parmi ces habitants du Xinjiang, que le China Daily n’a pas interrogé. Les Ouigours eux aussi sont coupés du net et même bien plus que cela.
Discriminations en Corée du Sud
Ils sont nombreux les cas de discrimination dans ce pays. La presse nous en donne deux exemples ce vendredi matin. D'abord ce travailleur égyptien sans papiers qui obtient gain de cause en justice. L'histoire est racontée par le Korea Times. Mustafa a 29 ans. Il a été blessé après avoir été molesté par l'un de ses collègues sur un chantier. Le court administratif de Séoul a jugé qu'il devait être dédommagé pour cet acte raciste. Et puis autre histoire, celle de ce professeur d’université indien Bonojit Hussain, et sa compagne coréenne Han Ji-sun. Leur récit est dans le Korea Herald. Le quotidien y consacre cinq pages très émouvantes. Oh c’est une histoire malheureusement banale. Hussain et sa compagne se font agresser verbalement puis physiquement un jour dans un bus. Hussain porte plainte pour insultes racistes, mais la police doute de sa qualité d'enseignant et même de la légalité de son titre de séjour. La presse s'est emparée de l'histoire en Inde et en Corée et ça donne ce long récit à lire ce matin dans le Korea Herald.
Prison qui danse au Philippines
Quand les matons filment, les prisonniers dansent au Philippines. Pour finir de vous réveiller et puisque nous sommes vendredi je vous conseil cette vidéo sur le site du Daily Telegraph. C'est en Australie mais par définition si c'est sur internet, c'est aussi chez vous. Allez-y cliquez, ça vous mettra de bonne humeur. Des centaines de prisonniers aux philippines sont alignés dans la cour de la prison en combinaison orange. Queen et les autres rugissent dans les hauts parleurs et hop, tout le monde se met à danser ! La chorégraphie a été enregistrée fin octobre au pénitencier de Cebu. C’est un prisonnier condamné à la prison pour crime en série qui a réglé la chorégraphie. La vidéo a déjà fait plusieurs fois le tour du web. A la fin certains prisonniers se retrouvent même en tutus -bleus et verts fluo-. « I want to break free » dit la chanson. Croyez-moi, ça donne un style !
10 villes pour 2010
Et on termine par un conseil à nos auditeurs internautes voyageurs. Le site du Sydney Morning Herald propose dix villes à découvrir cette année. Il y a de très belles photos, c’est en partenariat avec le guide Lonely Planet avec parfois des choix étonnants. Oubliez Paris, Londres, Rome, New York ou encore Berlin qui ne font pas partie de la liste. Le Sydney Herald conseil d’avantage Kyoto, Singapour, Istanbul, Sarajevo ou Abu Dhabi pour les amateurs de shopping. Et puis des villes moins attendues telles que Charleston aux Etats-Unis, Lecce en Italie la florence des Pouilles ou encore Cuenca la troisième ville d’équateur que les Incas il y a bien longtemps la « terre aussi grande que le paradis ». Si voyager au paradis vous dit. Allez-y, jetez un œil au Sydney Morning Herald.
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mardi, 27 octobre 2009
Revue de presse Amériques du 27/10/2009
Par Julie Lerat (rfi.fr). Article publié le 27/10/2009
Une démission embarrassante pour l’administration américaine
Le Washington Post consacre un article à cette démission bien embarrassante, celle d’un diplomate américain en poste en Afghanistan qui était en désaccord avec la politique américaine dans le pays. Mathew Hoh, ancien marines, avait été nommé un peu plus tôt cette année responsable civil de la province de Zabul, à l’Est de l’Afghanistan. Une province où sévit l’insurrection talibane. Mathew Hoh, écrit le Washington Post, a le profil idéal pour servir la nouvelle administration américaine : c’est un homme brillant, promis à une belle carrière.
Il a pourtant décidé d’y mettre un terme. Le mois dernier, le jeune homme de 36 ans a été le premier officier américain à démissionner pour protester contre la politique américaine en Afghanistan. Un politique qui, selon lui, ne fait que nourrir l’insurrection, ce qu’il a expliqué dans une lettre de 4 pages.
L’administration américaine a tout fait pour éviter que l’affaire ne fasse trop de bruit, explique le Washington post. Elle a prié Mathew Hoh de rester, lui a proposé un autre emploi, à Kaboul, puis à Washington, mais Mathew Hoh a refusé, convaincu que les Etats-Unis demandent à leurs soldats de mourir en Afghanistan pour ce qui est « avant tout une guerre civile dans un pays lointain ».
Honduras : meurtre dans l’entourage du président putschiste
Au Honduras, c’est une affaire de meurtre qui fait la une des quotidiens. Le meurtre du neveu du président putschiste Micheletti. Ce crime n’aurait pourtant rien à voir avec la situation politique du pays, comme le laisse entendre El Tiempo, qui raconte comment les choses se sont passées. Enzo Micheletti, 25 ans, a été exécuté d’une balle dans la tête et retrouvé mort au bord d’une route. Il était accompagné d’un ami. Et c’est cet ami qui aurait été visé. D’après El Tiempo, c’est un groupe de délinquants, les Ochalandos, connus dans le secteur, qui aurait assassiné les deux hommes.
Selon le quotidien La Prensa, le neveu du président putschiste était un jeune homme jovial, toujours prêt à rendre service, il avait beaucoup d’amis. Le crime n’était donc ni politique, ni personnel, mais il jette la lumière sur la violence quotidienne dans ce petit pays d’Amérique centrale.
L’affaire du vol du poumon gauche
Au Pérou, on évoque un autre genre de crime : un vol. Mais pas n’importe lequel, le vol d’un poumon gauche... Ce poumon faisait partie d’une exposition sur le corps humain, et cela fait plusieurs semaines qu’il défraie la chronique. Ce poumon gauche avait en effet disparu, ce qui avait provoqué l’indignation des organisateurs de l’exposition. Il était ensuite réapparu, 48 heures plus tard. Itinéraire d’un poumon volé que l’on peut retrouver dans El Commercio. Le journal raconte que depuis cette réapparition, les soupçons se sont portés sur la directrice de l’exposition. Susan Hoefken, aurait orchestré ce vol pour faire un coup de pub à son exposition.
Elle s’est exprimée devant les médias pour la première fois depuis ces révélations, elle est citée dans El Commercio. « J’ai peur de sortir dans la rue, dit-elle, en larmes. J’ai l’impression qu’on va me lapider. Ce qui m’arrive en ce moment, je ne le souhaite à personne ».
La jeune femme de 32 ans a été la cible de nombreuses critiques ces dernières semaines, comme le rappelle le journal. L’affaire a pris une telle ampleur que le président péruvien lui-même s’est joint aux critiques : il est allé jusqu’à suggérer que Susan Hoefken renonce à sa nationalité péruvienne. Pourtant, la jeune femme nie en bloc. « Je demande à tout les Péruviens qu’ils me laissent le bénéfice du doute », a-t-elle conclu.
Hugo Chavez « parle comme un socialiste, mais dépense comme un capitaliste »
Dans le journal El Espectador, en Colombie, on peut voir en une la photo d’Hugo Chavez, le président vénézuélien, le regard fier, et un perroquet sur l’épaule... Avec ce titre : « Chavez dépense près de 600 millions de pesos en costumes », soit plus de 300 000 dollars, et sans compter les quelque 92 000 dollars nécessaires au nettoyage des fameux costumes.
L’article commence fort : selon le journal, le budget prévisionnel 2010 adopté cette semaine par la Parlement a prévu une hausse de 638% pour les dépenses du palais présidentiel par rapport à 2009. Chavez aura donc l’an prochain 1 545 millions de dollars pour couvrir entre autres ses frais de voyage, sa sécurité, etc. C’est presque deux fois plus que le budget prévisionnel du ministère de l’Energie et du Pétrole.
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Revue de la presse française
Grand débat sur l’identité nationale
A lire dans les colonnes du Parisien un petit résumé des critiques adressées au ministre de l'Immigration, Eric Besson, qui vient de lancer un grand débat sur l’identité nationale : «soupe nationaliste, retour du pétainisme, marketing électoral». L'opposition est vent debout contre ce projet. Les verts, les socialistes ou encore les communistes. La manchette de L'Humanité, ce mardi matin, par exemple est : «Besson chasse sur les terres de la droite extrême».
Concrètement, le débat lancé par Eric Besson va commencer le 2 janvier prochain. Il va durer deux mois et sera organisé dans les préfectures et sous-préfectures avec notamment la participation (normalement) d'associations, de syndicats, d'élus locaux… L'objectif est de redéfinir l'identité nationale française. Les participants auront (entre autres) à répondre à 2 grandes questions : « Pour vous qu'est-ce qu'être Français aujourd'hui» et «Quel est l'apport de l'immigration à l'identité nationale?»
« Ce qui est national n’est pas forcément louche »
Tout cela -on l'a vu- irrite beaucoup l'opposition qui dénonce une manœuvre politicienne avant les régionales de mars 2010. L'éditorialiste du Figaro le reconnaît d'ailleurs: « il y a évidemment une part de tactique dans le lancement de ce débat à 5 mois des élections» (pour récupérer donc une partie de l'électorat Front National). Mais, d'après Paul-Henri du Limbert, les socialistes notamment plutôt que de monter sur leurs grands chevaux «devraient se saisir de ce débat et en profiter pour remettre leurs idées au clair». «Au lieu de dire comme Vincent Peillon que la burqa ne menace pas l'identité du pays alors que chacun est persuadé du contraire, le PS pourrait s'interroger sur les dérives du communautarisme en France».
Sur ce point d'ailleurs, les éditorialistes du Figaro et de Libération se rejoignent. Laurent Joffrin rappelle, en effet, que «ce qui est national n'est pas forcément louche, intolérant ou vichyste». «Ce débat est d'autant plus légitime que la définition de l'identité nationale doit changer.» Le titre -du coup- de Libération ce matin en première page, c'est : «La nation parlons-en» avec cette question «Faut-il laisser à la droite le monopole du débat ?»
Villepin, « le gorille du Rwanda »
Toujours à droite, Dominique de Villepin se prépare pour 2012. Déclaration à lire ce mercredi dans Le Parisien : «Je me considère clairement comme une alternative à Nicolas Sarkozy». Dominique de Villepin ne dit toujours pas donc s’il sera candidat lors de la prochaine présidentielle mais en tout cas, il rassemble ses partisans. Début de l'offensive ce soir avec une grande réunion publique organisée à la Maison de l'Amérique Latine à Paris.
L'ancien Premier ministre va aussi publier prochainement un livre et puis il partira pour un tour de France «à la rencontre des Français». Le tout alors qu'il est toujours suspendu à la décision des juges dans le procès Clearstream. Le jugement sera rendu le 28 janvier prochain.
En attendant donc, à l'Elysée, on n’apprécie pas vraiment l'offensive des villepinistes mais on la traite plutôt « avec mépris » nous apprend Le Parisien. Villepin, selon un proche de Nicolas Sarkozy, «c'est le gorille du Rwanda, il pousse son cri en se frappant le torse. Il est impressionnant ! Mais c'est un herbivore qui n'a jamais mangé personne...»
L’affaire Jean Sarkozy encore mal digérée à l’Elysée
Il faut dire aussi que L'Elysée -en ce moment- a d'autres chats à fouetter. Nicolas Sarkozy serait encore très affecté par l'affaire Jean Sarkozy qui a finalement renoncé à la présidence de l'EPAD. C'est un poids lourd du gouvernement, toujours cité par Le Parisien, qui l'affirme. Pour lui, le président serait aussi mal qu'à l'hiver 2007. C'est à dire au moment de son divorce avec Cécilia.
On termine avec cette petite histoire animalière à lire dans les colonnes de Libération. Il y a une dizaine de jours, dans un petit village de Dordogne, plus de 3 000 visons s'échappent dans la nature. Des malfaiteurs ont ouvert leur enclos. Depuis, « la vie des habitants est ponctuée par les cris stridents de ces milliers de bestioles (…) qui, au lendemain de la grande évasion, sautillaient dans tout le village ».
Au début, « ça pouvait paraître amusant, affirme l'office national des forêts, mais en réalité c'est une catastrophe » parce que les visons pourraient « détruire l'équilibre de l'écosystème local ». Du coup de nombreux habitants ont mis la main à la patte pour récupérer ces petites bêtes.
par Céline Missoffe
[27/10/2009]
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Revue de la presse Afrique
Moins de 90 % des voix ? « Un crime de lèse-majesté » !
En Tunisie, le président Ben Ali a été reconduit à son poste avec 89,62 % des voix soit sous la barre des 90%. «Voilà donc Ben Ali réélu avec un score qui n'est pas du Ben Ali », estime le quotidien L'Observateur au Burkina. L'Observateur qui s'interroge : «Comment est- ce que les Tunisiens ont-ils osé pareil crime de lèse-majesté? (…) Moins de 90 % des voix au vénéré pacha du palais de Carthage (…) c'est un chiffre qui va tristement faire date (...) Un véritable crève-cœur pour le guide très éclairé qui doit se sentir désormais comme un minus». Et conclusion du journal de Ouagadougou : «Les Tunisiens ne sont décidément pas reconnaissants envers l'artisan de la «stabilité et de la prospérité économique » de leur pays» (!)
Enfin les Tunisiens, pas tous les Tunisiens... Les journaux officiels sont -eux- évidemment très élogieux. Le quotidien La Presse est honoré -d'ailleurs- «de présenter ses chaleureuses félicitations au président Ben Ali (…) et au peuple tunisien qui a encore une fois fait montre de maturité politique ». A lire toujours dans La Presse : un chapelet de louanges sur le chef de l'Etat «qui a garanti une campagne électorale ouverte à tous les candidats (...) qui sort renforcé de cette épreuve démocratique car il a donné, si besoin est, une preuve éloquente de son engagement irrévocable en faveur d'une vraie construction de la démocratie.» Et même son de cloche, par exemple, dans le quotidien Le Temps : « En votant Ben Ali, les Tunisiens votent pour le bien être, la stabilité, le progrès et la démocratie.»
L’envoyée spéciale du Monde expulsée
Il est donc beaucoup question de démocratie, un domaine dans lequel la Tunisie n'a évidement aucune leçon à recevoir puisque le pays jouit notamment d'une très grande liberté de la presse. Seuls les journaux officiels sont autorisés dans le pays. Et pour ce qui est des journalistes étrangers, mieux vaut visiblement garder sa langue dans sa poche sinon, c'est la porte tout simplement. C'est ce qui est arrivé-en tous cas- à l'envoyée spéciale du Monde en Tunisie, Florence Beaugé, qui a été expulsée la semaine dernière et qui se voit accusée «d'appel au meurtre, au coup d'Etat et à l'attentat».
Le Monde indique que Florence Beaugé a signé plusieurs articles dans lesquels elle dresse le bilan de la présidence Ben Ali avec ses bons et ses mauvais côtés. Mais surtout la journaliste a mis en avant «l'exaspération des Tunisiens face à la façon dont la famille Ben Ali et celle de son épouse, Leïla Trabelsi, s'accaparent les richesses du pays ». Ce qui a visiblement irrité au plus haut niveau puisqu'à la veille des élections, le président Ben Ali a fait une déclaration solennelle à la télévision, nous apprend Le Monde. Déclaration au cours de laquelle il a accusé ses opposants de « mener une campagne désespérée auprès de certains journalistes étrangers». Il a d'ailleurs menacé ses opposants de poursuites judiciaires.
« Tapis rouge » pour Mohamed Ould Abdel Aziz
Le président mauritanien effectue sa première visite officielle en France depuis son élection le 18 juillet dernier. Et pour l'occasion, Paris lui déroule «le tapis rouge», analyse Le Pays au Burkina. «Abdel Aziz est absous de tous ses pêchés et à présent, adoubé par la France». En clair, écrit le quotidien, «on retombe dans le scénario classique ». « Paris crie d'abord au coup d'Etat anti constitutionnel. (NDLR : En Mauritanie, c'était le 6 août 2008 avec le renversement du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi) Puis, changement de posture. L'essentiel, pour la France, étant que ses intérêts soient saufs ».
Aux yeux de l'Elysée donc, le président mauritanien est devenu «un homme fréquentable». Avis que ne partage pas Le Pays. Le Pays pour qui, « nulle part au monde, Abdel Aziz ne saurait trouver un chirurgien capable de lui rectifier son portrait de militaire putschiste parvenu au pouvoir par la plus inélégante des procédures (…)».
par Céline Missoffe
[27/10/2009]
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vendredi, 23 octobre 2009
Revue de presse des Amériques du 23 octobre 2009
Par Michèle Gayral (RFI). Article publié le 23/10/2009
Haro sur « La Familia »
Du nord au sud du continent américain, on rend compte ce vendredi de l’opération policière qui a abouti, aux Etats-Unis, à l’arrestation de plus de 300 trafiquants du cartel mexicain « La Familia ». Le New York Times consacre un article de une au coup ainsi porté à l’une des organisations mexicaines de trafic de drogue « les plus impitoyables...[…] un groupe connu pour décapiter ses ennemis ». Il n’y avait aucune figure de premier ordre parmi les 303 personnes arrêtées entre mercredi et jeudi, mais l’importance de l’opération va « perturber sérieusement le système de distribution du cartel », rapporte le grand quotidien de New York, qui cite un expert d’après lequel « ce que ce groupe a de particulier, c’est son messianisme... Il justifie ses actions en affirmant qu’il apporte la justice divine. »
Cette intervention « de côte à côte », précise le Christian Science Monitor pour suggérer qu’elle a couvert tout le territoire américain, visait à « aider les autorités mexicaines à démanteler un ensemble de six cartels criminels, de plus en plus puissants, de plus en plus violents ». La Familia Michoacana, s’il est le plus jeune de ces cartels, est aussi l’un des plus brutaux, ajoute le journal de Boston qui rappelle que le dernier message « biblique » qu’il a délivré était « accompagné de cinq têtes lancées sur une piste de danse à Uruapan ».
Du côté des journaux mexicains, on se félicite en général de ce coup de main de la police fédérale américaine. Et on signale par ailleurs, comme le fait Milenio, que la lutte continue aussi au Mexique où six autres membres présumés de La Familia viennent d’être capturés par la police fédérale. A noter toutefois un article très critique de l’Universal, sous le titre « Les drogues au nord, les armes et l’argent au sud ». Car les armes qu’utilisent les trafiquants mexicains proviennent des Etats-Unis, et malgré « le mur métallique mis en place entre Chihuahua et le Texas,... les failles sont nombreuses », s’indigne le journal, qui assure que ces armes transitent « par les autoroutes américaines... pour alimenter les circuits criminels du Mexique », sans qu’aux Etats-Unis on combatte un trafic dont « les itinéraires sont connus de tous ».
Les bases américaines en Colombie
L’hebdomadaire colombien Cambio s’est procuré le texte final du fameux accord sur les bases américaines en Colombie qui ont provoqué la colère d’Hugo Chavez et de plusieurs autres dirigeants sud-américains. D’après cet accord, les soldats venus des Etats-Unis pourront utiliser six bases militaires colombiennes : trois des forces aériennes, deux de la Marine et un centre d’entraînement de l’armée de terre, ainsi que, en cas de besoin, d’autres bases de façon conjointe. Et le nombre de soldats américains autorisés à intégrer ces bases ne devra pas dépasser 800. Cet accord devrait encore être approuvé par le Parlement colombien, ajoute Cambio.
« Guerre linguistique » au Québec?
Les journaux canadiens réagissent diversement à une décision de la cour suprême sur l’enseignement en français au Québec. Il s’agit d’un cas de figure bien particulier : certaines familles non-francophones, mais non-anglophones non plus, installées au Québec mais désireuses de faire étudier leurs enfants en anglais, avaient trouvé pour contourner le système québécois un biais : ils envoyaient leurs enfants, explique le Devoir, « à grands frais (entre 5 000 et 30 000 dollars par an), dans des écoles privées non subventionnées, qui ne sont pas soumises aux lois linguistiques du Québec. Ensuite, faisant valoir que ces enfants avaient reçu la majeure partie de leur instruction en anglais, les parents demandaient une dérogation pour les inscrire à l’école publique anglaise ». Le gouvernement du Québec a tenté de s’y opposer, mais la Cour suprême du Canada a jugé jeudi qu’il avait tort. « La guerre linguistique est ouverte », lance le Devoir, qui précise que le premier ministre Jean Charest, ainsi contraint de revoir ses lois, veut « trouver un moyen de faire respecter la primauté du français en éducation ».
Le ton est différent dans le Globe and Mail de Toronto, qui estime que ce jugement est un « espoir » pour des « milliers de parents au Québec qui veulent envoyer leurs enfants dans des écoles publiques anglaises ». Le grand journal canadien anglophone fait réagir un père, ravi, originaire d’Inde, l’un des 25 parents qui avaient saisi la cour. Mais en donnant au gouvernement québécois un an pour revoir ses lois, poursuit le Globe and Mail, les juges ont pris le risque de « piquer le sentiment nationaliste », sans empêcher le Québec de seulement assouplir sa législation.
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Revue de presse Afrique du 23 octobre
Le journal Le Monde interdit au Maroc
C'est un sujet qui intéresse la liberté de la presse, mais pour les autorités de Rabat, il s'agit d'un « manquement au respect qui est dû à la famille royale ». De quoi s'agit-il ? Le cousin du roi, le prince Moulay Ismaïl s'étant marié récemment, un caricaturiste marocain, Khaled Gueddar, a fait un dessin publié au Maroc, dans le journal pour lequel il travaille : Akhbar al-Youm. Résultat : le caricaturiste et son directeur sont jugés par le tribunal administratif de Casablanca. Le journal Le Monde, qui s'en est fait l'écho en publiant la caricature, a été interdit au royaume chérifien, hier et aujourd'hui. Reporters sans frontières a organisé une manifestation de soutien au caricaturiste, hier, en compagnie de Bakchich.info, un site d'information pour le net sur lequel travaille également le dessinateur marocain.
Expulsée de Tunisie
Le Monde toujours, mais cette fois il s'agit de l'élection présidentielle en Tunisie. Une journaliste du quotidien, qui devait couvrir le scrutin de dimanche, Florence Beaugé, a été expulsée. « Un acte souverain », se contente-t-on d'indiquer à Tunis où elle était « indésirable », selon le ministre de la Justice et des Droits de l'homme, Béchir Tekkari. Lequel a précisé qu'elle « avait été avertie, mais qu'elle a insisté pour venir ».
Le Quai d'Orsay, autrement dit le ministère français des Affaires étrangères, a effectué une démarche auprès de la Tunisie pour qu'elle autorise l'entrée de la journaliste, mais cette démarche est restée infructueuse.
Florence Baugé avait effectué récemment un séjour sur place, au cours duquel, pour son reportage, elle avait interrogé des opposants particulièrement critiques vis-à-vis du régime. Pour ce qui est de cette élection présidentielle en Tunisie, Le Monde y consacre son éditorial, intitulé « Ben Ali 5 ». L'auteur estime que le président Ben Ali se dirige vers une reconduction à la tête de l'Etat, « après un quart de siècle au pouvoir » et dresse son bilan en distribuant quelques bons points : en matière économique d'abord où les choix se sont « révélés être les bons »... et « sur des questions cruciales comme le statut de la femme ou la démographie, il a eu l'intelligence de poursuivre l'œuvre de Bourguiba », écrit encore Le Monde. En revanche, la Tunisie reste un état policier, « impitoyable pour les opposants, laïcs ou islamistes, embastillés, torturés, tabassés, sur fond de mieux être économique. »
Débat sur le voile
La presse française évoque l'Egypte, avec un débat qui s'est durci depuis quelques temps. La polémique fait rage entre opposants et partisans du voile intégral. C'est Le Figaro qui raconte cette « bataille du niqab ». Vis-à-vis du voile, l'Etat a longtemps hésité. Le Figaro explique qu'il a été « permissif » et qu'aujourd'hui, il veut « endiguer l'engouement pour le voile », et donc il cherche la bonne tactique. Le journal s'efforce de donner la parole aux uns et aux autres. Il y a cette réflexion que l'on peut retenir : « le voile intégral est une vertu. Comment peut-on condamner la vertu ? » Arguments religieux, arguments hygiénistes, arguments sécuritaires : l'Egypte qui se veut la vitrine d'un islam modéré constate que « désormais près de deux femmes sur dix portent le voile, surtout dans les campagnes ». Ce n'était pas le cas il y a une dizaine d'années. Le niqab se serait banalisé « sous l'influence des travailleurs qui rentrent du Golfe et qui se sont imprégnés des valeurs de la monarchie wahabite. » Le boom des chaînes satellitaires religieuses y serait également pour quelque chose.
Bujumbura, l'opposition s'inquiète
Au Burundi, l'opposition est préoccupée par la dégradation du climat politique. C'est un article du Potentiel de Kinshasa. Les quatre principaux partis d'opposition du Burundi ont « exprimé leurs préoccupations ». Selon ces partis d'opposition, le pouvoir veut « torpiller les élections de 2010 ». Leur manifeste sort à l'occasion de la visite au Burundi du secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des affaires politiques. Le CNDD est accusé « d'utiliser la restriction des activités politiques après les violences postélectorales. » Et aussi d'avoir « mis la main sur les médias publics qui seraient devenus une chasse gardée du pouvoir.»
Richesse du sous-sol, silence
Les richesses minières de la RD Congo : dans le même journal, Le Potentiel de Kinshasa, on peut lire un long article sur le « pillage des minerais » dont il a déjà été question. Le Potentiel raconte que le document de la commission d'enquête du Sénat « fait un tabac » à travers le monde, mais que sur place on a droit à un « silence inquiétant ». A l'origine, rappelle Le Potentiel, il y avait eu un article d'Africa Confidential, intitulé « Mines, dollars et corruption ». Et puis le journal Le Monde, entre autres, s'est intéressé au « rapport Mutamba Dibwe », mais tout cela n'aboutit qu'à un « silence complice et coupable », selon Le Potentiel.
par Brice Barillon
[23/10/2009]
18:47 Publié dans REVUE DE PRESSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : revue de presse, afrique
Revue de la presse française du 23 octobre
Jean Sarkozy, en pleine lumière, le renoncement du fils : hier soir à la télévision, sur France 2. A la veille du scrutin, il annonce qu'il renonce à la présidence de l'Epad, la société qui gère le quartier de la Défense, à côté de Paris.
Plus fort que son père ?
Une vraie performance télévisuelle, selon les journaux. La Voix du Nord écrit par exemple que « le père peut être rassuré sur les capacités du fils à tirer partie d'un échec ». Affronter les feux d'un 20 heures à 23 ans, avec l'assurance d'un vieux briscard : « même Nicolas Sarkozy aurait peut-être raté l'épreuve », s'exclame le journal. En tout cas, tous les éditoriaux de la presse quotidienne régionale y sont consacrés. L'Union pour dire que c'est « un rebondissement prémédité, comme on les aime... au journal de 20 heures ! ». Autre remarque, plutôt admirative, celle du Républicain Lorrain : « Jean Sarkozy a de l'aplomb, le sens du verbe, un splendide carnet d'adresses, et bien qu'avec un certain retard, il montre qu'il a aussi le sens des réalités. » Le Midi Libre va lui aussi jusqu'à se demander si le fils Jean n'est pas plus fort que Nicolas le père. « Car ce jeune homme de 23 ans a fait preuve d'un grand sens politique ».
Jean Sarkozy renonce
Mais après les fleurs et les coups de chapeau, il y a le bilan et les traces que cela laissera. Après deux semaines d'un tumulte intensif sur l'âge du fils du capitaine, il est difficile de dire qui a gagné ou qui a perdu. Sous le titre « Au nom du père », on peut lire dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace une analyse d’Olivier Picard qui explique que « le fils était à deux doigts de perdre son père », et que celui-ci, « sentant le danger, a laissé de côté son instinct paternel exagérément promotionnel. »
Les journaux semblent ne pas douter que la décision a été prise à l'Elysée. Libération écrit que cela s'est fait « dans le bureau du président ». « Le fils prend ses cliques, le père une claque », ajoute le journal, et le titre de Une est le suivant : « Le sacrifice du fils ». Plus sobres, Le Figaro, comme Aujourd'hui en France, Le Parisien et France Soir, annoncent que « Jean Sarkozy renonce ». La Tribune, journal d'économie, parle des « Sarkozy qui battent en retraite ».
« Beaucoup d'excès, beaucoup d'outrances, et du vrai aussi »
Retournons à la presse régionale, pour laquelle, finalement, ce pourrait être la fin du feuilleton. La Montagne dit que Nicolas Sarkozy a fait « le geste qui calme le jeu », « la pression étant devenue presque intenable dans la majorité ». La Charente Libre revient sur la méthode, estimant que « le plus instructif » dans le choix de Jean Sarkozy est « la manière dont il a été mûrement préparé et annoncé ». Il y aura « des traces », selon L'Alsace, qui ajoute qu' « à l'étranger, les journaux se sont moqués de notre pays », et que dans les républiques bananières, « on rigole des déboires domestiques de l'ancien colonisateur ». A ce propos, Libération a fait une sorte de tour du monde de la presse internationale. Au Brésil, « un magazine appelle les Français à reprendre la Bastille ». En Italie, on compare Nicolas Sarkozy à « certains chefs d'Etats africains ». Les journaux anglo-saxons et « la presse africaine s'en donnent à cœur-joie ». Bref, c'est un constat qui a été fait à l'Elysée, et que reprenait hier soir dans le journal de 20 heures Jean Sarkozy : « il y eu beaucoup d'excès, beaucoup d'outrances, et du vrai aussi »...
L'affaire Grégory
L'autre grand titre de la presse ce matin concerne l'affaire Grégory, avec là aussi un rebondissement de taille, puisque les progrès de la science ont permis d'isoler des empreintes ADN sur un timbre et sur une enveloppe envoyés à l'époque par le corbeau. « L'enquête est relancée », annonce France-Soir. « Des pistes nouvelles s'ouvrent ». Des vérifications vont être effectuées dans les Vosges par la justice, à la demande de la cour d'appel de Dijon qui rouvre le dossier.
Rappelons que ce fait divers avait marqué les années 80, et qu'il s'agit de l'assassinat du petit Grégory, dont le corps avait été retrouvé ligoté dans la Vologne. Aujourd’hui en France, Le Parisien précise que l'ADN « n'est pas celui des parents », Jean-Marie et Christine Villemin.
Choisir le sexe de son enfant
Le Parisien s'attache à un autre sujet de société celui-ci : la possibilité pour certains parents de choisir le sexe de leur enfant. La pratique est interdite en France. Le Parisien explique qu'il suffit de se rendre à l'étranger, où « des cliniques se sont spécialisées dans ce business. » En Belgique, au Royaume-Uni, en Grèce et à Chypre, c'est une polémique qui commence sur un phénomène qui se développe, raconte le journal.
Election présidentielle en Tunisie
La Croix titre sur « les Tunisiens (qui) votent sans illusion ». Un dossier consacré à l'élection présidentielle de dimanche. La Croix, comme Le Monde, annoncent que le président Ben Ali va se faire réélire pour la cinquième fois. Le journal catholique publie un reportage de son envoyée spéciale où il est raconté « comment les Tunisiens peuvent tout faire, sauf de la politique. » Et qu'il est « risqué de critiquer le président. » Pour ce qui est du Monde, son envoyée spéciale, Florence Baugé, a été expulsée. « Indésirable », selon le ministre tunisien de la Justice et des Droits de l'Homme, Béchir Tekkari. Récemment, elle avait fait un reportage en compagnie d'un certain nombre d'opposants, particulièrement critiques, notamment l'avocate Radia Nasraoui, laquelle, interdite de voyage, fait l'objet de poursuites judiciaires.
par Brice Barillon
[23/10/2009]
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Revue de presse Asie du 23 octobre 2009
C’est un pavé dans la mer et précisément dans le golfe du Bengale que lancent les auteurs de ce rapport commandé par le congrès des Etats-Unis. Le texte est mentionné par le Daily Mirror à Colombo. L’armée et les paramilitaires sont mis en cause dans la disparition de civils. Les tigres Tamouls sont rendus responsables d’avoir utilisé des réfugiés comme « boucliers humains ». Le Tamil Net, l’organe de la rébellion tamoule, reprend le texte dans sa quasi-intégralité et demande qu’une justice internationale soit mise en place afin de juger les crimes commis pendant l’offensive militaire du début de cette année au Sri Lanka.
Forteresse ASEAN
Les chefs d'états et de gouvernement du Sud-est asiatique on à nouveau rendez-vous dans une station balnéaire de Thaïlande à partir de ce vendredi et jusqu'à dimanche. La loi sur la sécurité intérieure est en vigueur dans toute la région, raconte le Bangkok News. La marine surveille les côtes, les véhicules sont fouillés, 18 000 policiers et militaires sont mobilisés.
Il faut dire que le précédent sommet, en avril dernier, s'était terminé par un fiasco. C’était déjà dans une station balnéaire. The Nation se souvient de ces scènes rocambolesques : Des chefs d'Etat obligés de quitter les lieux par bateaux ou même de faire demi-tour, en plein ciel, avec leur avion, avant même d'avoir pu se poser en raison des manifestations… ça fait désordre !
Militants de la cause birmane
Cette fois, les « chemises rouges » ne seront pas de sortie affirme encore The Nation. Les partisans de Thaksin Shinawatra, opposés à l'actuel gouvernement, se sont en engagés à ne pas jouer les perturbateurs assure le quotidien. Des engagements qui visiblement ne suffisent pas à rassurer. Deux précautions valent mieux qu’une semble dire le chef de la police thaïlandaise qui, toujours selon The Nation, a interdit aux leaders des « chemises rouges » d’approcher les bâtiments où se tient la rencontre.
Des militants de la cause birmane seront en revanche bien présents. L'Irrawaddy, le journal de l'opposition birmane en exil, annonce la venue de manifestants déterminés à faire pression sur l'Association. « Il faut absolument que l'ASEAN revoit ses engagements vis à vis de la junte » affirme l'éditorialiste de l'Irrawady. « Depuis que l'Asean a admis la Birmanie dans ses rangs il y a douze ans, (cela n'a fait) que dissimuler les agissements de l'un des gouvernements parmi les plus répressifs au monde » ajoute le journal en ligne.
Accrochages entre militaires thaïlandais et cambodgiens
Autre sujet qui pourrait faire l’objet de polémique pendant ce sommet : les accrochages réguliers entre soldats cambodgiens et thaïlandais. « Il ne fait pas bon traîner le long de la frontière avec la Thaïlande. Le 19 octobre dernier, un soldat thaïlandais de l'unité 2608 aurait 'tiré sur un groupe de villageois cambodgiens' pendant qu’ils étaient supposés couper du bois dans la zone frontalière » Un acte qualifié par le gouvernement cambodgien de « sérieuse violation des principes humanitaires internationaux. »
Séisme en Afghanistan
C'est à croire que le sort s'acharne. Après les armes, la guerre, la drogue, les attentats, la fraude aux élections, voilà que la terre tremble en Afghanistan. Un séisme d'une magnitude de 6,2 a frappé les montagnes de l’Hindou Kouch à 270 km de Kaboul, à 230 km de Mingora au Pakistan.
Des secousses ont été ressenties dans les provinces pakistanaises de la frontière du nord-ouest et au Penjab. Ce qui a d’ailleurs donné lieu à quelques scènes de panique à Rawalpindi et Islamabad où des habitants sont sortis de leur maison raconte la télévision Géo News dont les informations sont reprises par plusieurs quotidiens en ligne dont The News. Seuls quelques blessés ont été signalés pour le moment mais les informations pourraient mettre du temps à remonter, notamment des villages de montagnes, très isolés et situés à l’épicentre du séisme.
Rendez-vous secret entre les deux Corées
On a parfois du mal à y voir clair dans les relations entre les deux Corées. Selon une information révélée par la télévision sud-coréenne, des officiels des deux pays se seraient rencontrés secrètement à Singapour, la semaine dernière afin de préparer une rencontre au sommet affirme le Bangkok Post. C'est la chaîne KBS qui a donné l'info et qui, là encore, est largement reprise dans vos quotidiens ce matin. Rencontre secrète. Si cela était confirmé ce serait effectivement une éclaircie. Le dernier sommet entre les deux pays remonte à 2007.
Le Japon fait pression sur Pyongyang
Au Japon, le gouvernement entend faire pression sur la Corée du Nord. Pour cela, l'arme secrète du nouveau premier ministre Yukio Hatoyama, c'est la loi ! Le gouvernement est prête à dégainer sont projet de loi affirme le Asahi Shimbun. Le texte devrait être présenté au parlement en urgence lundi, il vise à autoriser les gardes côtes japonais à inspecter TOUS les navires venant ou se rendant en Corée du Nord… dans l’intention bien sûr d’y trouver des armes ou tout matériel contrevenant à la résolution des Nations unies sur la Corée du Nord.
Pour terminer, un mot sur la Tour Eiffel…
Qui est ce matin en Une du New Zeland Herald au moins pour sa version internet. La Tour Eiffel que vous n’avez pas vu éclairée en arrivant cette nuit à la radio, Lisa. Mais qui le sera chaque soir pendant 10 minutes de 8 h à minuit jusqu’au 31 décembre explique le Herald. Le monument parisien parmi les plus photographié dans le monde souffle ses 120 bougies. Ca se fête ! Happy Birthday, la Tour !
par Stéphane Lagarde
[23/10/2009]
18:44 Publié dans REVUE DE PRESSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : revue de presse, asie, asean





