mercredi, 23 décembre 2009

COP15 : L’Incinération de l’Afrique

COP15 : L’Incinération de l’Afrique


La 15e Conférence des Parties (COP15) de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) s’est achevée à Copenhague en queue de poisson par l’adoption d’un accord appelé L9 arraché, nous dit-on, par Obama à la dernière minute aux dirigeants suivants : Wen Jiabao (Chine), Manmohan Singh (Inde) et Jacoba Zuma (Afrique du sud). Et voilà l’humanité réduite à la portion congrue…

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mardi 22 décembre 2009 / par Alex Engwete, pour l'autre afrik


C’est un accord qui n’est pas contraignant et les grands pollueurs ont libre champ de se donner des marges arbitraires fictives de limite des émissions de gaz à effet de serre qui leur plaisent. Voici donc le monde se comporter comme un procrastinateur qui temporise, diffère et renvoie au lendemain des décisions urgentes à prendre sur le champ : on se donne rendez-vous en décembre 2010 à Mexico City pour la COP16…


Cet accord est loin des expectatives des milliards des habitants de la planète - dont ceux des pays en voie de développement qui constituent le G-77 de l’ONU ; et surtout ceux des Etats insulaires qui verront leurs pays disparaître à la fin de ce siècle, avec le plafonnement hypothétique du réchauffement climatique à 2°C annoncé par Obama. La présidence annuelle du G-77 se faisant par rotation, c’est le Soudan qui assume cette année la présidence de ce groupe - par la voix outragée, à la COP15, du Soudanais Lumumba Stanislaus Di-Aping. La réaction de l’ambassadeur Lumumba Stanislaus Di-Aping à l’accord d’Obama fut acrimonieuse, frisant l’insulte et l’outrage non seulement à chef d’Etat, mais aussi à ceux qui soutiennent que la Shoah est incomparable dans l’histoire de l’humanité.


Voici le florilège des réactions de Lumumba Stanislaus Di-Aping au L9 d’Obama : « On nous demande de signer l’incinération de l’Afrique ». « Cet accord résultera sans aucun doute en une dévastation massive en Afrique et dans les petits Etats insulaires. Il a le plus bas niveau d’ambition qu’on puisse imaginer. Il n’est rien moins que le climato-scepticisme en action. Il condamne des pays dans un cycle perpétuel de pauvreté. Obama a éliminé toute différence entre lui et Bush ». Et, plus ostensiblement, Lumumba Stanislaus Di-Aping a aussi comparé L9 à la Shoah, affirmant que l’accord « est une solution basée sur les valeurs même, à notre avis, qui ont conduit six millions de personnes dans des fours crématoires en Europe ».


Comme l’on peut s’y attendre, cette dernière affirmation de Lumumba Stanislaus Di-Aping a outragé beaucoup de gens. Mais avant de s’outrager, que l’on considère un moment le fait que le stress climatique qui se fait déjà sentir à plusieurs points du globe — dont l’Afrique — a été causé par un réchauffement de la planète de seulement 0,6° C au cours des cent dernières années. Le plafonnement incertain du réchauffement climatique à 2° C proposé par Obama se traduira en fait par la disparition des pays insulaires, l’avancée désertique en Afrique, la rareté de l’eau, la disparition d’une cinquantaine d’espèces animales, des guerres climatiques et hydrauliques et des millions de morts.


Mais revenons à la COP15 et au L9 d’Obama. Les Etats-Unis ne font pas partie du Protocole de Kyoto dont la COP est un mécanisme de mise en œuvre. On s’étonne donc que toutes les nations puissent dépendre d’une feuille de route climatique imposée par ce pays, l’un des deux grands pollueurs de la planète avec la Chine. De plus, où est la transparence et la démocratie dont Obama se fait le chantre lorsqu’on voit cet accord sortir d’un conciliabule entre la Chine et l’Amérique - l’entité « Chimerica » (Chine et Amérique) du Professeur Naill Ferguson ou le « G-2 » de Jacques Attali . Ah, j’oubliais, il y avait aussi l’Inde et l’Afrique du Sud dont les intérêts ne coïncident pas nécessairement avec ceux des autres pays en développement, soit dit en passant, qui servent de couverture à ce diktat du G-2 sur le monde.


Régis Debray dit que les Grecs appellent le Président des Etats-Unis le " Planétarque", c’est-à-dire le monarque planétaire absolu. Cette description a été confirmée le vendredi 18 décembre au Bella Center où les présidents et les chefs du gouvernement du monde, tous assis comme des enfants sages et tétanisés, y compris Dmitri Medvedev, regardaient pérorer Obama qui n’a même pas daigné se mêler à eux. Et le Planétarque est réapparu plus tard lors d’une conférence de presse pour dicter cet accord L9 au monde. Dans son monologue, il a d’abord affirmé ce que l’accord contenait de positif pour son pays : le gouvernement étatsunien est en train de transformer son économie et de sauvegarder des emplois par l’investissement dans l’« économie verte » qui libérera l’Amérique de sa dépendance du « pétrole étranger » ; cet effort illustre le leadership des Etats-Unis de par le monde ; que Copenhague n’est que le commencement d’une nouvelle approche aux problèmes inhérents au changement climatique…


Comme tout Planétarque, Obama vise d’abord les intérêts des multinationales de son pays à qui il donne carte blanche pour leurs activités polluantes et sacrifie des millions d’êtres humains sur l’autel de la religion de l’ultra-néolibéralisme.


Le jeudi 17 décembre à Copenhague, devant une foule de représentants des ONG et de jeunes protestataires venus de tous les points du globe, l’Archevêque Desmond Tutu s’est écrié en ces termes : « Nous savons que plus de 300 000 personnes autour du monde meurent chaque jour de pauvreté causée par des émissions [des gaz à effet de serre] provenant des pays riches. Hello, les riches ! Hello là-bas, hello l’Amérique ! »


L’Ambassadeur Lumumba Stanislaus Di-Aping fait courageusement écho à ce cri d’alarme lancé en plein désert par Desmond Tutu en réservant formellement une fin de non-recevoir à ce plan du Planétarque. Il montre au monde que si l’Afrique n’a pas les moyens d’arrêter l’inexorable, elle a tout au moins la capacité de signaler à l’humanité — à haute voix — qu’on est à bord d’un train emballé dont les freins ont été sabotés par son propre conducteur.

mercredi, 09 décembre 2009

Sommet de Copenhague : Tensions autour du groupe d’experts sur le climat

Article publié le : mercredi 09 décembre 2009

Le prix Nobel de la paix 2007, Rajendra K. Pachauri, du Giec, durant l’ouverture du sommet de Copenhague, le 7 décembre 2009.
Reuters / Bob Strong



Par RFI

Les négociations en vue d’un accord pour limiter le réchauffement climatique deviennent plus tendues à Copenhague jusqu’à remettre en question les méthodes des scientifiques du Giec, le groupe d’experts sur le climat, lauréats du prix Nobel de la paix 2007.

Les scientifiques du Giec, le groupe d’experts sur le climat, ne sortiront pas indemnes des négociations de Copenhague. Ce sont leurs différents rapports, leur synthèse de toutes les études produites par les climatologues du monde entier qui servent de référence en termes d’évaluations du réchauffement pour les négociations. Or, ceux ci font l’objet de critiques, à la fois sur le fond et sur la forme.

Pour ce qui est du fond les attaques, peu crédibles -alors même que l’organisation météorologique mondiale vient de démontrer que cette décennie est la plus chaude de l’histoire-. Ces attaques, viennent des climato-sceptiques aidés dans leur travail de sape par ce qu’il est convenu d’appeler le « climategate » : la divulgation de courriels piratés qui remettent en cause le bien-fondé du réchauffement climatique.

Une enquête est actuellement en cours en Angleterre qui remonterait jusqu’à des pirates informatiques établis en Russie et enregistrés en Arabie Saoudite. Rien de bien sérieux, selon la revue scientifique Nature si ce n’est l’usage que certains pourraient en faire. Surtout au moment même des négociations de Copenhague

Remise en cause des méthodes de calculs

Il ne s’agit pas d’une remise en cause proprement dite du réchauffement climatique dans les négociations, mais une remise en cause des méthodes de calcul utilisées et donc des résultats qui en découlent et qui servent de base aux négociations.
Cette fronde face aux chiffres et aux hypothèses des scientifiques du Giec, est jugée trop frileuse et largement en deçà de la réalité des conséquences des émissions de gaz à effet de serre sur le réchauffement de la planète.

Cette fronde vient principalement des pays en développement qui considèrent que les hypothèses de départ sont biaisées et peu équitables pour les pays non responsables historiquement de ce réchauffement. Des critiques qui ont l’intérêt de mettre en avant la nécessité d’un recadrage, notamment pour ce qui est de l’effet à long terme des émissions sur le climat.

Le prochain rapport du Giec qui doit sortir en 2014, devrait prendre en compte ces réajustements nécessaires. Il sera selon toute vraisemblance, plus alarmiste et donc, plus exigeant encore sur les responsabilités des pays historiquement les plus pollueurs.

lundi, 07 décembre 2009

De Kyoto à Copenhague, ce qu'il faut savoir

Par liberation.fr


Qu'est ce qui a été décidé au Japon en 1997? Les engagements ont-ils été tenus? Que va-t-il se passer au Danemark durant les douze jours du sommet? Toutes les clés pour comprendre les enjeux de la conférence qui s'est ouverte ce lundi matin.


 

(REUTERS)


Protocole de Kyoto, kesako?

C'est, à ce jour, le premier outil international et unique instrument multilatéral de lutte mondiale contre l'effet de serre.

Protocole additionnel à la convention de l'ONU sur les changements climatiques adoptée en 1992 à Rio, Kyoto a été conclu en décembre 1997 et est entré en vigueur en février 2005.

Son avenir se jouera à Copenhague, car les engagements conclus au Japon s'achèvent fin 2012.

Que visait-il?

L'objectif de Kyoto était de réduire les émissions mondiales de six principaux gaz à effet de serre (GES), dont le CO2, d'au moins 5% en 2012 par rapport à 1990.

Selon une étude publiée mi-novembre dans la revue Nature Geoscience, les émissions ont bondi de +41% par rapport à 1990 et celles liées à l'utilisation d'énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) ont bondi de 29% entre 2000 et 2008, malgré un léger ralentissement l'an dernier dû à la crise.

Ce protocole a-t-il été un succès?

Non. La contrainte de réduction de Kyoto ne pèse que sur les 38 pays industrialisés (dont l'Union européenne) qui l'ont ratifié, au nom de leur responsabilité historique due à leur développement précoce dès la fin du XVIIIe siècle.

C'est pour cette raison que les Etats-Unis avaient refusé de ratifier le traité.

Les 38 pays (dits de l'Annexe 1) qui ont ratifié le protocole représentaient 46% des émissions de gaz à effet de serre en 2004 (pour 20% de la population mondiale et 57% du PIB). Ils se sont vu imposer des «objectifs différenciés» de -8% pour l'UE à +15% pour la Russie, -6% pour le Canada ou le Japon.

Par ailleurs, les pays émergents, dont la Chine, devenue premier pollueur mondial (19% des émissions), ou l'Inde, sont exonérés de ces engagements, au même titre que l'ensemble des pays en développement malgré leur croissance exceptionnelle.

Qu'est-ce que le sommet de Copenhague?

Cette conférence, à laquelle participent 192 pays, doit garantir le renouvellement des engagements internationaux en enrôlant cette fois dans l'effort l'ensemble des grands pollueurs, soit au sein d'un protocole de Kyoto amendé, soit par un nouveau traité.

Fait sans précédent depuis la conférence fondatrice de Rio (1992), une centaine de chefs d'Etat sont attendus lors de ce rendez-vous danois

Quels sont les objectifs de cette conférence?

Limiter à deux degrés la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre. L'objectif, qui passe par une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre , est aujourd'hui largement partagé. Mais la répartition des efforts nécessaires pour y parvenir est loin de faire l'unanimité.

Pour espérer rester sous la barre des deux degrés, selon les scientifiques, il faut diviser par deux, d'ici à 2050, les émissions mondiales des gaz à effet de serre, issues pour l'essentiel de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz. Et de 80% celles des pays industrialisés.

L'enjeu est de favoriser, grâce à des transferts de fonds et de technologie, l'émergence pour les pays du Sud d'un nouveau modèle de développement, moins gourmand en combustibles fossiles que celui qui fut celui des pays du Nord pendant des décennies.

Comment mettre ces objectifs en musique?

Les engagements des grands pays en développement doivent passer par une série d'actions mesurables, vérifiables, leur permettant d'infléchir la hausse vertigineuse de leurs émissions dans le même délai. Il faut donc parvenir à un système de contrôle des engagements et des actions programmées. Il faut aussi parvenir à un accord sur le financement de l'aide à l'adaptation des pays les plus vulnérables au changement climatique en cours et à l'atténuation des émissions des économies en développement dès l'adoption du nouvel accord.

L'accord de Copenhague, si accord il y a, doit stipuler le montant chiffré (qui paye quoi, pour qui), ainsi que son mode de gestion et de contrôle.

Il faut aussi parvenir à fixer une date-limite pour transformer cet accord en un traité international d'ici la fin de 2010, à temps pour prendre le relais des engagements pris à Kyoto pour 2008-2012.

Enfin, le sommet de Copenhague doit déboucher sur des décisions techniques concernant la protection de forêts et le transfert de technologies propres.

Faut-il être optimiste sur les accords à attendre de ce sommet?

Non et oui. Actuellement, mis bout à bout, les engagements annoncés à ce jour par les pays industrialisés à l'horizon 2020 représentent une baisse de 12% à 16% de leurs émissions par rapport à 1990, loin de la fourchette de 25% à 40% mise en avant par les scientifiques pour se placer sur la bonne trajectoire.

Ces dernières semaines ont pourtant apporté quelques signaux encourageants, avec les premiers engagements chiffrés des Etats-Unis, de retour dans le jeu climatique après huit années d'inaction sous Bush, et de la Chine - les deux principaux pollueurs de la planète - puis, jeudi, de l'Inde.

Pourquoi les négociations sont-elles si compliquées?

Les grands pays émergents, Chine et Inde en tête, expriment leur frustration et soulignent la «responsabilité historique» des pays industrialisés dans le réchauffement.

Et si Copenhague se conclut sur un échec?

Ce sommet n'est que le préambule à la conférence de Mexico, qui aura lieu l'an prochain. Les négociateurs visent un ensemble de décisions politiques, dont certaines avec application immédiate, qui donneraient lieu à un traité en 2010. Au plus tard lors de la conférence de Mexico qui aura lieu en fin d'année.

Le Brésil en grand arroi à Copenhague

Article publié le : dimanche 06 décembre 2009


Portion de la forêt tropicale amazonienne, partiellement abattue, sur le site d'une ancienne mine d'or au Brésil.
AFP / Antonio Scorza



Par RFI

Sept cents Brésiliens participeront au sommet organisé par les Nations unies : ONG, comme représentants du gouvernement. Le président viendra participer à la fin des travaux.

Avec notre correspondante à Brasilia, Annie Gasnier

Pour diriger la délégation officielle, le président Lula a désigné sa chef de cabinet, Dilma Rousseff. Le choix est surprenant, car cette ancienne ministre des Mines et de l´énergie est aujourd´hui en charge des grands travaux d´infrastructures du pays, dont le programme multiplie, par exemple, les grands chantiers en Amazonie avec construction de routes, de ponts et des barrages qui éventrent la forêt.

Mais Dilma Rousseff étant la dauphine déclarée du président, elle va bénéficier d´une tribune internationale pour colorer de vert son discours. En campagne l´an prochain, elle pourrait avoir pour adversaire l´ancienne ministre, connue et respectée du milieu environnemental, Marina Silva.

Le Brésil arrive à Copenhague avec des propositions chiffrées mais floues. Brasilia a l´intention de réduire de 36 à 39% ses émissions de gaz polluants, et de 80% la déforestation en Amazonie. Un but pour lequel il aimerait être aidé, et remplir son Fonds amazonien grâce aux collaborations des pays riches, les premiers pollueurs de la planète.

Sommet de Copenhague : l’Afrique aura son mot à dire

La 15e Conférence sur le climat se déroule du 7 au 18 décembre au Danemark

L’Afrique est sur le qui-vive. Le continent attend que le sommet sur le climat adopte de vrais engagements sur les réductions de gaz à effet de serre. La 15ème Conférence sur le climat qui se déroule du 7 au 18 décembre, à Copenhague, s’est fixée pour objectif la diminution des émissions mondiales à partir de 2020 et le maintien du réchauffement moyen sous le seuil de 2°C.

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lundi 7 décembre 2009 / par Stéphanie Plasse (afrik.com)

« L’Afrique n’est pas prête à signer n’importe quel accord tant que nos revendications et nos exigences ne sont pas prises en compte », a déclaré mardi à Dakar, Djibo Leyti Kâ, le ministre sénégalais de l’Environnement. Le ton est donné, le continent compte défendre ses politiques et ses stratégies de lutte contre le changement climatique, lors de la 15e conférence sur le climat qui doit se dérouler du 7 au 18 décembre, à Copenhague, au Danemark.

En novembre dernier, lors d’une rencontre internationale à Addis Abbeba, en Ethiopie, les chefs d’Etat africains s’étaient mis d’accord sur les questions clés à aborder lors de ce sommet. Les objectifs à atteindre sont, dans les prochaines années, l’atténuation des changements climatiques, l’adaptation de l’Afrique aux changements climatiques, le transfert des technologies, le renforcement des capacités des pays africains, et le financement.

Le problème du financement

Un point soulevé à l’occasion du 7e Forum mondial pour le développement durable, début octobre, à Ouagadougou, au Burkina Faso. Les dirigeants africains ont alors statué sur le montant des compensations qu’ils demanderaient à Copenhague. « Nous pensons qu’il faut 65 milliards de dollars (44 millions d’euros) pour pouvoir faire face, d’un point de vue continental, à ces phénomène de changement climatique », a annoncé le président du Comité d’organisation, Salifou Saxwadogo.

Une requête entendue par le ministre français du développement Jean-Louis Boorlo qui, dans ses propositions en vue du sommet de Copenhague, a inclus un « Plan Justice Climat ». Un document ambitieux qui prévoit la somme de 410 milliards de dollars (275 milliards d’euros) sur 20 ans en direction des pays les plus exposés au réchauffement climatique, dont 305 milliards de dollars reviendraient au continent africain.

Le front commun des pays émergents

Malgré ces promesses de financement, l’Afrique du sud, comme d’autres pays émergents, n’entend pas remplir les objectifs fixés par le Sommet de Copenhague, qui se veut plus contraignant que le protocole de Kyoto. Avec la Chine, l’Inde et le Brésil, le pays a proposé mardi un texte pour la Conférence sur le climat différent du projet de déclaration finale envisagé par le Danemark. Le même jour, cette proposition a été soumise à la discussion lors d’une réunion préparatoire avec des représentants des pays développés, a indiqué le négociateur en chef de l’Afrique du Sud, Alf Wills. « Il y a deux positions différentes sur la table, et le processus doit maintenant établir s’il y a des points communs », a-t-il affirmé.

Ces deux propositions traduisent les points de vue divergents entre pays industrialisés et pays en développement. Ces derniers sont hostiles à l’adoption d’un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050. Ils récusent également tout engagement en faveur d’une réduction des émissions mondiales à partir de 2020 et du maintien du réchauffement moyen sous le seuil de 2°C.

Pourtant, les conséquences de l’effet de serre touchent l’Afrique de plein fouet : désertification, dérèglements climatiques (inondations, sècheresse). Selon le groupe intergouvernemental d’études sur le climat (GIEC), créé en 1992, les pluies ont diminué de 25% en trente ans dans le Sahel et la température a augmenté en moyenne de 0,7 degrés en Afrique en un siècle.

Lire aussi :

- Réchauffement climatique : l’Afrique met les pays riches sous pression
- Réchauffement climatique : l’Afrique veillera à ses intérêts à Copenhague

mardi, 24 novembre 2009

Niébé Bt : Mobilisation sous-régionale autour de la recherche

mardi 24 novembre 2009

Le Burkina Faso, le Mali et le Togo sont les pays de la sous-région bénéficiaires d’un projet sur le niébé Bt. Du 3 au 6 novembre 2009 à Joly hôtel à Ouagadougou, les chercheurs des pays concernés ont participé à l’atelier de lancement et de formation de l’équipe dudit projet. L’objectif est d’améliorer la productivité de cette culture en luttant contre le principal ravageur, le Maruca vitrata, dans le but de contribuer à atténuer la crise alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Le niébé, en langue mooré « benga », est mal connu pour ses qualités nutritives au point que pour redorer un tant soit peu le blason de cet aliment, l’artiste-musicien MCZ n’avait pas hésité à débuter sa carrière en vantant les qualités du « benga » : « benga, benga show, benga ya noogo », pour dire que le niébé est bon.

Et ce dernier n’a pas tort puisque le niébé est très riches en protéines et en calcium. Son apport non négligeable en carbohydrates fait du « benga » un condensé de nutriments, surtout pour les populations les plus pauvres qui n’ont pas souvent accès à la viande ou au poisson.

Aujourd’hui, il n’est plus seulement consommé dans les milieux pauvres puisque, dans un somptueux hôtel d’Abuja au Nigeria et dans une compagnie aérienne sud-africaine, le « benga » est servi en dessert, en plat de résistance, etc. L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Centre fournissent 80% des 7,6 millions de tonnes de niébé produit à travers le monde. Les données de 1998 à 2007 montrent que les trois plus grands producteurs en Afrique sont le Nigeria, avec plus de 2 millions de tonnes par an ; le Niger, 600 000 tonnes en moyenne, et le Burkina Faso, 400 000 tonnes.

La plante qui tolère la sécheresse, se substitue au coton comme culture de rente dans les aires à faible pluviométrie. Mais il faut compter également avec l’action dévastatrice du Maruca vitrata Fab pouvant causer des dégâts atteignant 80%. Et la coordinatrice régionale du projet, le Dr Clémentine Dabiré, de lâcher, amère :

« Autant les hommes aiment le niébé, autant les insectes ne s’en privent pas. Ces derniers font beaucoup de dégâts ; et comme il y a de nouvelles techniques qui sont développées pour insérer des gènes dans les plantes pour leur permettre de résister aux ravageurs, cette technique a été essayée au niveau du niébé, qui a pu être transformé ».

Le présent projet, a-t-elle précisé, va consister à tester cette nouvelle variété qui a été mise au point en Australie.

Selon elle, l’objectif global est de contribuer à atténuer la crise alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre par l’amélioration de la productivité du « benga ». De manière spécifique, cela consistera à amener les producteurs à utiliser les variétés de haricot biotechnologique pour accroître la productivité au Burkina Faso, au Mali et au Togo.

Mais pour le moment, a rassuré la responsable du laboratoire d’entomologie agricole de Kamboinsé et du département des productions végétales à l’INERA (Institut de l’Environnement et de Recherches agricoles), la préoccupation actuelle, c’est d’abord l’expérimentation.

Une licence d’exploitation a été négociée et obtenue avec les propriétaires de la technologie par la Fondation africaine de technologie agricole (AATF). Un protocole d’accord a été signé entre AATF et la Conférence des dirigeants de la recherche agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre (CORAF/WECARD) pour la gestion et la coordination du projet.

Ce qui va permettre d’obtenir des graines de haricot transgéniques pour la conduite des essais en milieu confiné, après, bien sûr, l’acquisition de l’agrément avec l’Agence nationale de biosécurité (ANB) du Burkina Faso.

Les participants, au cours de leur conclave, ont pu se familiariser avec certains thèmes, notamment les biotechnologies classique et moderne, cas de l’agriculture ; la transgénèse végétale ; la plante de niébé et son mode de reproduction ; le gène Bt et autres gènes ; l’étude de cas d’un essai en milieu confiné : le cas du coton transgénique au Burkina Faso ; les limites de la biotechnologie.

Soulignons que le présent projet entre bien dans les objectifs du programme Biotechnologie et Biosécurité de CORAF/WECARD, déjà engagé dans la promotion du développement du sorgho bio fortifié, auquel participe l’INERA de notre pays.

Cyr Payim Ouédraogo

L’Observateur Paalga

lundi, 23 novembre 2009

Les villes côtières menacées par la hausse du niveau des mers

Article publié le : lundi 23 novembre 2009

Manifestation contre le échauffement climatique avec les associations WWF, Greenpeace, Oxfam, place de la Bourse à Paris, le 24 octobre 2009.
AFP/Lionel Bonaventure



Par RFI

Une étude du Fonds mondial pour la nature (WWF) pointe les effets catastrophiques d'une élévation du niveau des mers consécutive à la fonte des glaces. «C'est la raison pour laquelle nous devons tout mettre en œuvre pour empêcher une hausse des températures supérieure à deux degrés par rapport aux températures préindustrielles», avertit Walter Vetterli, l'un des directeurs du WWF.

Avec notre correspondant à Genève, Laurent Mossu

Le niveau des mers pourrait augmenter d’un demi-mètre en cas d’élévation de la température de 0,5 à 2 degrés d’ici 2050. Selon les études effectuées par le Fonds mondial de la nature (WWF), la fonte des glaces entraînerait des inondations catastrophiques.

Les 136 villes côtières les plus importantes du globe subiraient des dégâts considérables évalués à plus de 18. 900 milliards d’euros. La côte nord-est des Etats-Unis serait proportionnellement l’une des plus touchées, avec une hausse du niveau des eaux, supérieure de 15 centimètres à la moyenne mondiale. Il en  découlerait une fréquence et d’une gravité accrues des tempêtes et des ouragans.

Cela se traduirait par une aggravation du coût des dommages de plus de 3.300 milliards d’euros. La seule recette pour bloquer la hausse des températures consiste selon le WWF, à réduire de 40% d’ici 2020 les émissions de CO2 dans les pays industriels.

 

mercredi, 11 novembre 2009

La NASA balaye les rumeurs sur la fin du monde en 2012

mercredi 11 novembre 2009

La NASA est formelle : la fin du monde n’est pas pour 2012. L’agence américaine a pris l’initiative de répondre sur son site Internet, point par point, aux théories apocalyptiques qui déchaînent les passions depuis quelques mois, notamment sur le Web.

Point de départ de ces prophéties du malheur : une fable annonçant une collision, le 21 décembre 2012, entre la Terre et la planète Nibiru ou "planète X", qui aurait été découverte par les Sumériens. Le calendrier Maya s’arrêterait quant à lui au solstice d’hiver 2012, date à laquelle une myriade de catastrophes naturelles (tsunamis et séismes, mais également d’une inversion des pôles) est censée mettre fin au monde tel que nous le connaissons. Les prévisions du I-Ching, ou "Livre des mutations" d’astrologie chinoise, concorderaient. Une étude scientifique américaine réalisée par la Centre national de recherche atmosphérique (NCAR) prévoit, elle, une intensification de l’activité du Soleil en 2012, interprétée par certains comme la preuve scientifique de ce bouleversement cosmique.

Une kyrielle de sites internet tentant de réunir preuves scientifiques et conseils de survie ont vu le jour ces derniers mois, le "site officiel" du 21 décembre 2012, allant jusqu’à proposer l’achat en ligne de radios manivelle et kits de premiers soins, vendus pour la modique somme de 179,99 dollars (120 euros). Petits et grands écrans cherchent à cerner le phénomène : aux forums et vidéos qui animent la Toile, s’ajoutent désormais des documentaires. France 4 diffusera mardi 9 novembre "21/12/2012 : La conspiration de l’apocalypse", la veille de la sortie en France de la sortie du dernier film à gros budget d’Hollywood 2012, réalisé par Roland Emmerich.

"AUCUN SCIENTIFIQUE DIGNE DE FOI DANS LE MONDE N’EST CONSCIENT D’UNE MENACE"

Accusée de désinformation et prise de cours par la vitesse de propagation de ces rumeurs apocalyptiques, la NASA, visiblement inquiète, a choisi de publier sur son site internet un argumentaire assorti d’un "questions/réponses", pour mettre un terme aux polémiques.

"Les scientifiques dignes de ce nom dans le monde savent que 2012 n’est associé à aucune menace particulière", martèle la Nasa sur son site. "Nairibu et toutes les histoires autour de planètes sont des rumeurs qui circulent sur Internet. (...) Si la Terre risquait d’être heurtée par un astéroïde ou par une planète X, les instruments astronomiques actuels auraient déjà repéré un tel objet depuis au moins dix ans."

Au sujet du calendrier Maya, l’agence est catégorique : "Tout comme le calendrier accroché au mur de votre cuisine se poursuit au delà du 31 décembre, le calendrier Maya se poursuit au delà du 12 décembre 2012. (...) Et tout comme votre calendrier reprend son cours au 1er janvier, un autre cycle long commence pour le calendrier Maya", explique-t-on aux internautes.

David Morrison, scientifique de la NASA, répond même en images dans une vidéo mise en ligne sur le site de la Nasa en juin 2009 : "Depuis deux ans, j’ai répondu à des centaines de questions au sujet de 2012 et de la supposée menace qui pèse sur la Terre. Je veux saisir l’opportunité qui m’est donnée de vous le dire plus directement : il n’y a aucune menace qui pèse sur la Terre en 2012 (...) Toutes les thèses liées à l’apocalypse ne sont qu’une vaste rumeur."

Inutile, donc, d’investir dans un kit de survie 2012 : "Il n’existe aucune preuve scientifique à l’appui de toutes ces fictions dans des livres, ou des documentaires, au cinéma et partout sur internet" conclut la Nasa.

Célia Héron (www.lemonde.fr)

- Site de la NASA : http://astrobiology.nasa.gov/ask-an...
- http://www.larousse.fr/encyclopedie...
- http://www.nsf.gov/news/news_summ.j...
- NASA :http://www.nasa.gov/topics/earth/fe...

lundi, 26 octobre 2009

Concours photo Veolia Environment : découvrez les gagnants de l'édition 2009

Paru le 2009-10-26

Londres, Angleterre - Les 100 meilleurs clichés du concours photo Veolia Environment Wildlife Photographer of the Year sont exposés depuis le 23 octobre au muséum d'histoire naturelle de Londres. Maxisciences vous propose de découvrir les images récompensées dans chaque catégorie.

Le gagnant du concours général est un Espagnol du nom de Jose Luis Rodriguez, qui a immortalisé un loup sautant une clôture pour se précipiter vers sa proie. Ravi de sa victoire, le photographe explique : "Je suis terriblement heureux. Cette photographie résume ma carrière. J'ai rêvé de prendre une image comme celle-ci des années durant, mais je n'ai pu voir se concrétiser ma vision qu'aujourd'hui, avec l'aide de l'électronique et de la technologie infrarouge".

Dans la catégorie "Nature en noir et blanc", c'est le dénommé Danny Green qui l'emporte avec un impressionnant cliché montrant une gigantesque nuée d'environ 1,5 million d'étourneaux transformant le ciel en véritable "tempête vivante".

Autre gagnant, le jeune Écossais Fergus Gill, âgé de 16 ans, l'emporte dans la catégorie des 15-17 ans avec une superbe photo montrant des bruants jaunes se disputant leur pitance.

Découvrez ces images et d'autres : http://www.maxisciences.com/photographie/les-photographie...

Le nucléaire en 5 leçons

Une centrale nucléaire

L’Hexagone a fait le choix du nucléaire dans les années 1950.

Grâce à cela, la France s’est partiellement libérée de sa dépendance aux énergies fossiles même si les questions relatives aux déchets et aux risques nucléaires font l’objet d’un vif débat. Mais au fait, c'est quoi le nucléaire ?

Nucléaire

Radioactivité et énergie nucléaire

La majorité des atomes qui se trouvent dans la nature possèdent des noyaux dits "immortels", aussi qualifiés de "stables".

Il existe cependant d’autres noyaux dits "instables", qui se désintègrent au fil du temps en libérant leur énergie excédentaire. Ce sont ces noyaux, dits radioactifs, qui sont utilisés pour produire de l'énergie dans les centrales nucléaires.

particules

La fission et la fusion nucléaire

La fission nucléaire signifie l’éclatement d’un noyau instable en deux noyaux plus légers et en plusieurs particules élémentaires.

La fission spontanée est très rare : en effet, l’uranium 235 est le seul élément naturellement fissile. Inversement, lorsque deux ou plusieurs noyaux atomiques forment un noyau lourd, on parle de fusionchaleur, dont une partie sera transformée en électricité. nucléaire. Cette dernière réaction est envore plus difficile à réaliser que la fission. Dans les centrales nucléaires, c'est la fission nucléaire qui est utilisée pour produire de la

Le combustible nucléaire

Qu'ils soient naturels ou synthétisés par l'Homme, différents produits peuvent servir de combustibles nucléaires.

Le combustible nucléaire contient des matières fissiles qui sont utilisées dans le cœur des réacteurs nucléaires pour entretenir des réactions de fission nucléaire en chaîne. Il en existe plusieurs types. Parmi les principaux atomes utilisés, nous trouvons les uraniums 233 et 235, mais aussi les plutoniums 239 et 241. Un seul se trouve à l’état naturel : il s’agit de l’uranium 235.

le réacteur nucléaire Pulstar

Le fonctionnement d'une centrale nucléaire

Comme nous l'avons déjà évoqué, c'est la fission réalisée au coeur du réacteur nucléaire de la centrale qui produit de la chaleur, dont 30 à 40 % sont convertis en énergie électrique.

Ce dégagement est permanent et obtenu de manière complexe : dans une tranche nucléaire (une unité constitutive de la centrale, ndlr), un réacteur nucléaire est situé en amont d'une installation thermique qui fournit de la vapeur, laquelle est convertie en énergie mécanique grâce à une turbine. Cette énergie mécanique est ensuite utilisée par un alternateur pour produire de l'énergie électrique.

contrôle de déchets radioactifs

Le problème des déchets nucléaires

La fabrication d'énergie nucléaire produit des déchets. Radioactifs, ces derniers doivent être pris en charge spécifiquement, pour éviter toute contamination humaine ou environnementale. 

A l'heure actuelle, l'Homme ne sait toujours pas rendre les déchets radioactifs inertes. Aujourd'hui et après bien des dérives (rejet en mer...), ils sont entreposés de façon extrêmement contrôlée et réversible, en attendant le développement de techniques de traitement efficaces.

Source : maxisciences.com

 

 


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