lundi, 20 mai 2013
SPORT
Toulon, la force de la différence
Par Arnaud Coudry, 20-05-2013

- FRANCK FIFE/AFP
Le Rugby Club Toulonnais a décroché, samedi à Dublin, la première coupe d’Europe de son histoire contre Clermont. La réussite fulgurante d’un modèle à part dans l’ovalie.
Toulon défie les lois du rugby. Mourad Boudjellal, l’impétueux président qui a relancé le club varois, ne fait rien comme les autres. Forcément, cela a déteint sur son équipe qui ne ressemble à aucune autre. Et qui se joue des modèles établis. Le RCT a décroché, samedi à Dublin contre Clermont, la première coupe d’Europe de son histoire pour sa deuxième participation à la prestigieuse compétition continentale. Ascension fulgurante pour un club qui était encore en Pro D2 il y a seulement cinq ans…
Sur la pelouse de l’Aviva Stadium, les joueurs de Bernard Laporte ont également tordu le cou aux statistiques. Leur défense de fer a fini par prendre le dessus sur les assauts auvergnats. Arc-boutés, ils ont encaissé deux essais en début de deuxième mi-temps, n’en ont inscrit qu’un - en contre - par Delon Armitage. Les Clermontois ont fait le jeu (68% de possession de balle, 75% d’occupation du terrain) mais ont fini par s’écrouler, encore une fois.
La force des Toulonnais, qui ont effectué 176 plaquages contre 66 à leurs adversaires (!), aura été d’y croire jusqu’au bout, de plier sans jamais rompre. «Je ne sais pas comment on a fait pour gagner, je n’ai pas vraiment d’explication, avance Frédéric Michalak après avoir décroché une 4e couronne européenne. On est allé la chercher avec le cœur. Sur le match, on ne mérite peut-être pas de gagner, mais on n’a rien lâché. Clermont aurait dû tuer le match, ils ne l’ont pas fait, on a joué sur leurs fautes.»
La discipline - credo de Laporte depuis des années - des Rouge et Noir a été sans faille, notamment dans les derniers instants du match où les Jaunards pilonnaient leur rideau défensif. «On ne s’est pas affolé, on a été discipliné. C’est le cœur, l’envie qui a fait la différence», acquiesce le talonneur Sébastien Bruno.
Le RCT, caricaturé par beaucoup comme une phalange de mercenaires, une simple constellation de «Galactiques», s’épanouit quand l’adversité est exacerbée. À contre-courant. Seule contre tous. Une différence qui fait sa force. Laporte, après le match, a tenu à asséner : «Ces joueurs ont été critiqués avec des noms désagréables, désobligeants. Ils ont remis les pendules à l’heure.» Et d’enfoncer le clou : «Certaines phrases lâchées avant le match par les Montferrandais, comme quoi ils ne fêteraient pas leur victoire, nous ont aidés dans notre préparation. Avant de penser à faire la fête, il faut gagner les matches. On s’est même demandé s’il fallait qu’on vienne…»
Une machine à broyer
Boudjellal a offert à Laporte ce qu’il voulait : un pack de mammouth, dur à l’extrême, et un buteur de classe mondiale, sans équivalent sur la planète ovale, Jonny Wilkinson. Méthode payante. L’ouvreur anglais, juste avant ses 34 ans, décroche son premier titre européen. Véritable catalyseur du groupe. Quand le RCT s’est retrouvé mené 15-6 à la 50e minute, beaucoup ont cru que la messe était dite. Mathieu Bastareaud, élu homme du match, raconte que l’Anglais a réuni ses troupes sous les poteaux : «Jonny a pris la parole. Il était très calme, ça nous a remis la tête à l’endroit. Je me suis dit : "C’est possible". J’ai regardé autour de moi, j’ai vu les joueurs qu’on avait : des champions du monde, des mecs qui ont l’expérience de ce genre de situation… Je me suis dit : "Mets-toi dans leur roue et suis-les".»
La machine à broyer vient de glaner un premier titre depuis 1992. Et l’ogre varois, encore en lice pour le doublé H Cup-Top 14, ne compte pas en rester là. L’appétit vient en mangeant. Après l’entrée, un gros plat de résistance s'annonce, avec le remake de la dernière finale du championnat contre le Stade Toulousain, vendredi à Nantes, en demi-finales du Top 14. Boudjellal a beau déclarer que sa «saison est terminée. Les Toulousains peuvent venir en claquettes, je m’en fous…», il ne dupe personne. Dimanche, il a présenté la coupe d’Europe au peuple toulonnais alors que son équipe est restée en stage en Irlande. Sûrement pas pour s’encanailler à Temple Bar…
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16:03 Publié dans SPORTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : toulon, rugby, h cup
FOOTBALL
Serge, vous venez d’être convoqué par Sabri Lamouchi pour disputer les deux prochains matches des éliminatoires de la Coupe du monde 2014 avec la Côte d’Ivoire. Que ressentez-vous ?
Je suis très content, c’est une fierté d’être appelé dans ce groupe de qualité. J’espère que nous allons vivre des moments intéressants.
Vous avez longtemps hésité entre les sélections française et ivoirienne. Pourquoi ?
Je me connais, je sais comment je suis. Au moment où la Fédération ivoirienne avait besoin de moi, c’est-à-dire avant la CAN 2013, je ne me sentais pas encore prêt mentalement et je pensais ne pas avoir les armes nécessaires pour me défendre. Aujourd’hui, avec le temps, après réflexion, c’est différent. En grandissant, on mûrit et on commence à se responsabiliser. C’est ce que j’ai fait pour prendre ma décision. Ce n’était pas facile. J’ai essayé de rester le plus calme et le plus discret possible, sans me précipiter et en évitant toute chose qui pourrait être mal interprétée.
"La Côte d’Ivoire n’a rien à envier à l’Equipe de France"
A quel moment les discussions avec la Fédération ivoirienne ont-elles débuté ?
Je discute avec les dirigeants ivoiriens depuis très longtemps, avant la CAN. J’ai toujours été honnête avec eux. En début d’année, je leur ai expliqué que je ne me sentais pas prêt à répondre favorablement à leurs sollicitations pour l’instant. Mais je leur ai dit qu’à l’avenir, je ne fermais aucune porte… tout en précisant que je n’en ouvrais aucune non plus, que ce soit pour la sélection française ou pour la Côte d’Ivoire. C’était du cinquante-cinquante, j’avais besoin de réfléchir.
Qu’est-ce qui a fait pencher la balance en faveur des Eléphants ?
J’ai accepté de jouer pour la Côte d’Ivoire parce qu’elle possède un bon groupe, qui n’a rien à envier à celui de la France. Il s’agit vraiment d’un groupe de qualité. Récemment, un coéquipier (Jean-Daniel Akpa Akpro, ndlr) a été sélectionné avec les Eléphants et ne m’a rapporté que de bons échos. Cela a joué. L’expérience ne pourra être que bénéfique. Je suis très content à l’idée de rejoindre cette sélection qui est désormais la mienne, mais aussi celle de mon pays d’origine. Je suis comme un gosse dans un rêve. La balance a penché en faveur de la Côte d’Ivoire parce qu’il y a une Coupe du monde qui arrive bientôt et c’est un rêve de gosse de la disputer. J’en ai l’occasion, je me devais de la saisir parce qu’elle ne va pas se représenter dix fois dans ma vie… J’ai donc pris cette décision très importante pour moi puisque je sais qu’elle s’appliquera à vie. Je me sentais prêt pour aller en sélection, c’était le bon moment.
"Pas de meilleur retour sur ses terres"
Sabri Lamouchi n’attendait plus que votre aval pour vous convoquer. Vendredi, lorsqu’il a dévoilé sa liste, vous n’avez donc pas été surpris ?
Même si je m’y attendais forcément, j’avais le cœur qui battait très fort. Je suis très content. Je ne cache pas ma joie. J’ai vraiment envie d’y aller, notamment pour découvrir un nouveau challenge, sur le plan international.
Vous avancez surtout des arguments sportifs pour justifier votre décision de revêtir le maillot des Eléphants, s’agit-il du seul critère qui a guidé votre choix ?
Non, bien évidemment : je suis né à Abidjan. C’est vrai, je n’y suis pas resté très longtemps, j’ai passé toute une partie de mon enfance en France, tous mes amis y vivent. Mais je suis né en Côte d’Ivoire, j’y ai grandi et j’ai encore de la famille au pays : mes cousins et mes tantes notamment. J’ai vécu en Côte d’Ivoire en étant gamin et, en juin, je vais revenir en portant le maillot du pays… Ca fait plaisir. Il n’existe pas de meilleur retour sur ses terres.
"Très déçu que Drogba ne soit pas sélectionné"
Il paraît que Didier Drogba vous a appelé en début d’année. Vous confirmez ?
Tout à fait. Avant la CAN, il m’a téléphoné pour me convaincre de venir. Quand un joueur de son calibre vous appelle, ça fait réfléchir c’est sûr ! Mais je suis resté très calme et serein, je n’ai pas "cédé à la tentation" directement. N’importe quel gamin de mon âge aurait pourtant cédé : c’était quand même Didier Drogba à l’autre bout du fil ! Cela change la donne, c’est certain, mais je suis resté très zen et je lui ai dit la même chose qu’au sélectionneur : je ne me sens pas prêt à venir pour l’instant mais je ne ferme pas la porte à la Côte d’Ivoire à l’avenir.
Quelle a été votre réaction en voyant que le nom de Didier Drogba n’apparaissait pas sur la liste des 26 Eléphants retenus ?
Je suis très déçu. Mais, quand Didier Drogba a vu mon nom dans la liste, il a dû se dire que son discours a porté ses fruits. J’espère vraiment le revoir très bientôt en sélection, c’est quelqu’un d’important dans le collectif ivoirien. Récemment, il a fait des gros matches en Ligue des champions. Donc c’est un peu une déception de ne pas le voir. Mais je suis avant tout là pour moi, avec un objectif très important : qualifier mon pays pour la prochaine Coupe du monde.
Retrouvez mardi, la seconde partie de l’entretien avec Serge Aurier, consacrée à sa saison avec Toulouse.
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Côte d’Ivoire
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SPORT
RDC : Carteron en passe de devenir le nouvel entraîneur du TP Mazembe ?
Patrice Carteron, le sélectionneur du Mali, est depuis quelques jours à Lubumbashi. Pas forcément un hasard, quand on sait que Moïse Katumbi, le président du TP Mazembe, est à la recherche d’un entraîneur.
Le site officiel du TP Mazembe a le sens de l’anticipation. Dimanche après-midi, Moïse Katumbi n’est pas arrivé seul au stade de Kamalando, avant le match de la Coupe de la CAF entre les Corveaux et les Mozambicains de Liga Muçulmana (4-0). Il était accompagné de Patrice Carteron (42 ans), sélectionneur du Mali depuis juillet dernier. Et le site du club congolais n’a pas vraiment donné dans la langue de bois, en affirmant que le Français « semble être le candidat numéro 1 à la succession de Lamine N’Diaye », puisque le technicien sénégalais est devenu directeur technique après l’élimination en Ligue des Champions le 7 mai dernier face aux Sud-africains d’Orlando Pirates (1-3, 1-0).
Le président de la Fédération malienne "surpris"
Moïse Katumbi, qui avait nommé après cet échec un collège d’entraîneur (Mihayo-Fall-Mulot-Mwakasu) s’active pour trouver un successeur à N’Diaye. « Je suis sous contrat avec le Mali (NDLR : jusqu’en 2014). J’effectue juste une visite amicale. Ce que je peux dire, c’est que Mazembe a de très belles installations », a expliqué Carteron à Jeune Afrique, lors d’un échange de SMS. Une situation qui a interpellé Hammadoun Kola Cissé, le président de la Fédération du Mali. « Je n’étais pas au courant de cette visite, j’ai eu l’information, comme vous, par Internet… Je suis surpris, pas énervé. Patrice Carteron est peut-être allé superviser les joueurs maliens qui évoluent au TP Mazembe (B. Diarra, C. Traoré, A. Bagayoko et O. Cissé) », a répondu le dirigeant malien, sans grande conviction. « Je vais l’appeler pour avoir quelques explications. Il est sous contrat. Il n’est pas question qu’il parte. » À moins que la puissance financière de Moïse Katumbi ne finisse par l’emporter.
>> À lire : Moïse Katumbi : "Faire du TP Mazembe un des meilleurs clubs du monde"
Cette rumeur tombe plutôt mal pour le Mali, qui doit disputer le 28 mai prochain un match amical face à une sélection de Bretagne, afin de préparer les matches du mois de juin à Bamako contre le Rwanda (le 9) et le Bénin (le 16), en qualifications pour la Coupe du Monde 2014. Car les Aigles, qui comptent le même nombre de points (6) que l’Algérie, leader du groupe H grâce à sa meilleure différence de buts, sont toujours en course pour aller au Brésil dans un an.
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