mercredi, 02 décembre 2009

Obiang Nguema, un président de 30 ans

Autoritarisme et corruption au pouvoir sur fond d’or noir en Guinée équatoriale




Avec 95,19% des voix selon le dernier décompte partiel publié mardi, Teodoro Obiang Nguema est assuré de sa réélection à la tête de la Guinée équatoriale, qu’il dirige depuis 1979. Ce petit pays d’Afrique centrale est gangréné par une corruption endémique, en particulier parmi les proches du pouvoir.

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mardi 1er décembre 2009 / par Denis Carlier

 

C’est finalement avec 95,19% des voix que le Président Teodoro Obiang Nguema a été réélu à la tête de la Guinée équatoriale. Le ministère de l’Intérieur a en effet annoncé ce mardi les résultats quasi définitifs. Les résultats complets devront encore attendre jeudi. Au pouvoir depuis 30 ans, Obiang règne sans partage sur ce petit Etat pétrolier de 616 000 habitants.

 

Une élection un peu trop parfaite

Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé lundi une campagne présidentielle dominée par le candidat-président. Les médias officiels ont, selon l’organisation, « chanté les louanges du président-candidat », en prenant « soin de très peu relayer les activités de l’opposition ». En termes de liberté de la presse, RSF classe la Guinée équatoriale à la 158e place sur 175.

 

Le Président Obiang, 67 ans, est peut-être toutefois un peu déçu par son score, lui qui déclarait dimanche dans un meeting qu’il allait sûrement emporter l’élection avec 97% des voix. Placido Mico Abogo, principal opposant, obtient selon les résultats actuels 4,05% des voix. Tous ces chiffres peuvent être mis en doute, puisque le nombre total de votants est légèrement supérieur au nombre d’électeurs inscrits sur les listes, comme l’a relevé mardi l’AFP.

 

Issu d’une carrière militaire, Teodoro Obiang Nguema est arrivé à la tête du pays en 1979, par un coup d’Etat contre son oncle, Francisco Macías Nguema. Il contrôle depuis le pays d’une main de fer, organisant pour la forme des élections qu’il remporte toujours avec un score supérieur à 95%. Obiang a depuis survécu à une douzaine de tentatives de coups d’Etat, dont quelques uns imaginaires.

 

Pétrole contre grosses voitures

Nombreuses sont les accusations de détournement contre ce pays classé 12e Etat le plus corrompu par Transparency International. L’argent de la manne pétrolière est au cœur des préoccupations, dans ce pays où d’importants gisements ont été découverts dans les années 1990. Une enquête a ainsi été menée à partir de 2004 par la Securities and Exchange Commission (SEC), l’agent de contrôle des marchés étasunien, sur l’existence de transactions douteuses sur des comptes de la Riggs Bank, à Washington (DC).

 

Selon la SEC, un total de 700 millions de dollars y a transféré au profit d’Obiang et de ses proches, en provenance des compagnies pétrolières ExxonMobil Corp, Amerada Hess Corp, ChevronTexaco, Devon Energy Corp et Marathon Oil Corp. La banque a été condamnée à une amende record de 16 millions de dollars pour avoir tu le détail des virements, et s’est finalement faite racheter.

 

Human Rights Watch a détaillé ces accusations de corruption dans un rapport sur la question du pétrole paru en juillet. La Guinée équatoriale est un pays « où les gens devraient avoir un revenu per capita équivalent à celui de l’Espagne ou de l’Italie », explique Arvind Ganesan, responsable de l’élaboration du document. C’est selon lui la corruption qui empêche que la situation économique de la population s’améliore. Le pays se situe à la 29e place mondiale en termes de PIB/habitant. Une situation qui est néanmoins enviable dans la région puisque le pays attire désormais de nombreux immigrés.

 

Parmi les abus financés par le biais des comptes de la Riggs Bank figure l’achat de deux manoirs en banlieue de Washington, pour 3,8 millions de dollars. Entre 2004 et 2006, le fils aîné d’Obiang, Theodorin, a quant à lui dépensé la modique somme de 43,5 millions de dollars pour des résidences de luxe ou des voitures de sport. Teodoro Obiang Nguema est enfin, avec feu Omar Bongo et Denis Sassou Nguesso, l’un des trois présidents impliqué dans l’affaire française des biens mal acquis, pour laquelle la justice s’est déclarée incompétente à juger sur le fond.

lundi, 30 novembre 2009

Namibie : soupçon de fraudes aux élections

Les élections présidentielles et législatives qui se sont tenues en Namibie vendredi et samedi pourraient être entachées de fraudes, note Lefigaro.fr. C’est du moins l’affirmation de quatre formations d’oppositions, dont le Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP). Le parti au pouvoir, l’Organisation des peuples du sud-ouest africain (Swapo), est d’avance donné vainqueur, mais les résultats ne sont pour l’heure pas encore disponibles.

Lundi 30 Novembre 2009 - Par afrik.com

 

lundi, 09 novembre 2009

Le parti au pouvoir renforce son emprise sur le Sénat

09/11/2009 | AFP


L'UPR a obtenu dimanche 12 sièges sur les 17 qui étaient à pourvoirL'UPR a obtenu dimanche 12 sièges sur les 17 qui étaient à pourvoir© AFP

Le parti au pouvoir en Mauritanie, l'Union pour la République (UPR) a obtenu dimanche une très large victoire aux élections pour le renouvellement du tiers du Sénat, a-t-on appris de source officielle.

Avant cette élection, la plupart des sénateurs (45 sur 56) soutenaient déjà le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, porté au pouvoir par un coup d'Etat militaire en août 2008 puis élu à la présidence en juillet 2009.

L'UPR a obtenu dimanche 12 sièges sur les 17 qui étaient à pourvoir, selon les résultats définitifs de la sénatoriale partielle, communiqués à l'AFP par le ministère de l'Intérieur.

Battue partout, l'opposition perd notamment Boutilimitt (centre ouest), fief du président du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) Ahmed Ould Daddah.

Tout au long de la campagne, les principaux partis d'opposition avaient dénoncé les "fortes pressions" exercées selon eux par le pouvoir sur les conseillers municipaux (qui choisissent le sénateur de leur circonscription).

Alliance stratégique

Le parti islamiste modéré Tewassoul, dirigé par Jemil Ould Mansour, remporte un siège à Nouakchott où il avait fait le choix de s'allier au parti au pouvoir.

Malgré cette alliance ponctuelle avec le régime, ces islamistes se placent cependant toujours dans l'opposition. Ils justifient leur attitude par leur volonté de "se positionner suivant les intérêts politiques" du parti.

Un parti de la majorité présidentielle, l'Union pour la démocratie et le progrès (UDP) de la ministre des Affaires étrangères Naha Mint Mouknass, remporte un siège à à Kaédi (sud).

Le parti au pouvoir se trouve par ailleurs en ballotage favorable dans une circonscription, où un second tour sera organisé dans une semaine.

Il est cependant battu par deux listes "indépendantes" qui décrochent deux sièges.

Un 18e sénateur, représentant les Mauritaniens en Afrique, sera élu plus tard par ses pairs.

vendredi, 06 novembre 2009

2012 : DSK battrait Sarkozy au second tour

J.J. (lefigaro.fr), 06/11/2009


Dominique Strauss-Kahn revient souvent dans les sondages comme le meilleur candidat du PS pour 2012.
Dominique Strauss-Kahn revient souvent dans les sondages comme le meilleur candidat du PS pour 2012. Crédits photo : AP

Le président du FMI serait le seul candidat de l'opposition à même de battre Nicolas Sarkozy en 2012, d'après un sondage CSA pour La Chaîne Parlementaire. Il l'emporterait avec 51% des voix.

51 contre 49. C'est d'un tout petit point que Dominique Strauss-Kahn pourrait battre Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle de 2012, selon un sondage CSA* pour LCP Assemblée nationale. Et c'est le seul parmi les six candidats de l'opposition testés à pouvoir l'emporter.

En deuxième position, François Bayrou obtiendrait 49%. Martine Aubry est créditée de 47% des intentions de vote, à égalité avec Bertrand Delanoë. Enfin, en queue de peloton, figurent Ségolène Royal et François Hollande avec respectivement 45% et 43 % des voix.

 

Les femmes préfèrent Sarkozy

Si, dans les derniers sondages, Nicolas Sarkozy est donné en tête au premier tour, un duel face à l'actuel président du FMI pourrait donc lui être fatal. Dominique Strauss-Kahn bénéficierait d'un soutien massif des trentenaires (56%), des CSP+ (61%) et plus globalement des populations actives (58%).

Autre détail intéressant, si les femmes votent en majorité pour Nicolas Sarkozy (52%), les hommes sont quant à eux plus enclins à choisir DSK comme prochain chef de l'Etat (55%).

Une des surprises de ce sondage tient aussi dans les taux d'abstention démesurés. Ils ses situent tous, quelle que soit le duel envisagé, aux alentours de 40% (blancs et nuls compris), soit deux fois plus qu'en 2007. Un résultat qui est probablement à mettre sur le compte de la difficulté éprouvée par les sondés à se projeter dans l'avenir.

Ces résultats sont à prendre avec des pincettes car la marge d'erreur, d'environ 3%, peut être déterminante.

* Sondage réalisé par téléphone les 4 et 5 novembre 2009 auprès d'un échantillon national représentatif de 910 personnes âgées de 18 ans et plus, inscrites sur les listes électorales.

A LIRE:

» DSK, exilé magnifique

mardi, 03 novembre 2009

Rentrée politique du CDP : Difficile de cacher son candidat, grand favori pour l’élection de 2010

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a entamé sa rentrée politique, à travers une session de formation de ses cadres et des responsables du parti, le 31 octobre 2009 à Ouagadougou. Une occasion de parler de l’élection présidentielle de 2010.

Le CDP ne cache pas qu’il est en campagne pour la prochaine élection présidentielle. En parti “organisé et discipliné”, il ne veut pas dévoiler pour l’instant, le nom de son candidat, mais laisse sentir que rien ne changera. “ Nous allons, bien sûr, demander aux responsables des différentes sections de bien s’organiser pour se mettre en ordre de bataille, car ce n’est pas la veille qu’il faut préparer les armes de combat ”, a soutenu Naboho Kanidoua, 1er vice-président du bureau exécutif national du parti, chargé de l’Orientation, intervenant à l’ouverture de la rentrée politique, samedi passé au ciné Neerwaya.

Il explique que tout parti digne de ce nom est permanemment en campagne, non seulement pour être au contact de la population, mais aussi pour donner sa position sur toutes les questions politiques importantes. La date officielle des campagnes électorales n’est, à ses yeux, qu’une simple “ question d’organisation du système démocratique ”. “ Sinon un parti doit être toujours conquérant ”, a-t-il poursuivi.

Quant au candidat du parti à cette élection, les responsables du CDP éprouvent plus de difficultés à le cacher qu’à le trouver. Ils ne savent pas non plus à quand exactement ils se réuniront pour tenir le Conseil national du parti, l’instance habilitée à désigner le candidat, étant donné selon M. Kanidoua, que la date n’est même pas encore fixée pour tenir ce Conseil. “ Mais, indique-t-il, pour nous au CDP, on ne change pas une équipe qui gagne ” et d’ajouter : “ ça peut être une indication pour vous ”. Clément Sawadogo, secrétaire à l’organisation du CDP commence lui aussi par le rappel du sacro-saint principe du devoir de réserve. “ Dans notre parti, il y a des principes qui sont clairs. On ne peut pas faire des déclarations comme on veut ”, fait-il savoir avant d’ajouter : “ nous savons tous à peu près ce qui se passera, mais nous avons besoin de le déclarer à titre officiel, à travers une instance du parti qui en son temps, se déterminera de manière claire ”.

Pour être un peu plus clair, il conseille à tous ceux qui s’intéressent au candidat du méga-parti, de patienter jusqu’à la tenue du Conseil national, “même si cela ne comportera pas de grande surprise, parce qu’au Burkina Faso, tout le monde sait celui qui peut diriger ce pays et qui ne le peut pas”. La rentrée politique a donné l’occasion au CDP de s’exprimer sur certains sujets. Il a demandé que les acteurs politique guinéens, “ fassent preuve de solidarité et de disponibilité ” à l’endroit du président Blaise Compaoré, dans l’accomplissement de sa mission d’apaisement de la situation en Guinée et de d’accompagnement de la transition sans heurts. Les mêmes sollicitations sont adressées à toutes les parties prenantes issues de la communauté internationale.

Le CDP a réaffirmé son soutien naturel au président du Faso et lui a exprimé ses vœux de succès. L’élection présidentielle étant dans tous les esprits au sein des états-majors, le CDP a saisi l’occasion pour vanter ses mérites, à travers l’action gouvernementale. Il a alors félicité le gouvernement de Tertius Zongo, mais aussi le peuple burkinabè pour la “ promptitude exemplaire et la solidarité déployées dans une totale transparence ” suite aux inondations du 1er septembre.

Former pour se renforcer et pour gagner

Depuis sa création, le CDP n’a enregistré aucune grande défection. Des militants ont certes quitté la chambre principale pour la chambre secondaire, mais personne n’est vraiment entré en grande rébellion pour “se retrouver en brousse”. Toutefois, pour parer à toute éventualité, le parti tient à une “mobilisation consciente et constante” de tous ses membres, capables de résister aux charmes de l’adversaire et de convaincre les électeurs. Le président du parti, Roch Marc Christian Kaboré, souhaite que le Burkina Faso puisse disposer, au gouvernail de l’Etat, “ des hommes et de femmes politiquement formés, hautement conscients de leurs responsabilités, compétents dans leurs domaines d’action et incarnant avec exemplarité, les vertus du citoyen digne et intègre ” Cette formation est donc, selon lui, un appel des militants à aller à la conquête du savoir, afin d’exercer avec efficacité leur part de pouvoir en tant que membre du parti dirigeant.

Ainsi, environ 300 cadres et responsables du CDP se sont retrouvés à la salle du ciné Neerwaya pour l’ouverture de la rentrée politique du parti marquée par la session de formation. La formation axée sur la connaissance du parti et l’élection présidentielle à venir regroupe les membres des bureaux des sections provinciales. Les thèmes de cette formation portent sur “ Les origines et la nature social-démocrate du CDP ”, “ les textes qui régissent l’organisation et le fonctionnement du parti ” et “ les résolutions prises par le parti lors de son 4è congrès ordinaire ”. Cette formation concrétise le début d’un encadrement permanent des membres du parti. Elle répond à un souci récurrent face auquel le 4è congrès ordinaire du parti a pris une résolution.

Le CDP compte ainsi entretenir ses partisans, des cadres aux militants de base, dans la connaissance des enjeux du moment, des fondamentaux du parti, des armes et stratégies politiques pour garantir son leadership au sein des formations politiques du pays. Les membres des bureaux de section devront à l’issue de cette formation être en mesure d’encadrer les militants de base afin qu’ils puissent connaître l’histoire du parti, sa ligne politique qui est celle de la social-démocratie et surtout connaître ses statuts et règlement intérieur “ pour un fonctionnement dynamique et harmonieux de ce parti”. Tout cela, c’est “ afin de nous préparer pour les grandes batailles politiques à venir ”, de l’avis de M. Kanidoua, par ailleurs, 1er vice-président de l’Assemblée parlementaire burkinabè.

L’élection présidentielle s’invite désormais dans toutes les rencontres du CDP. Ce parti créé en 1996, a remporté toutes les élections à tous les niveaux. Il a défait sans coup férir, ses 12 concurrents au fauteuil présidentiel de 2005. Mais l’opposition burkinabè se forme et s’organise peu à peu et le CDP ne veut prendre aucun risque lui qui, sous la conduite de Blaise Compaoré, entend propulser le Burkina Faso au rang des pays émergents à l’horizon 2020. Le nouveau contrat d’objectifs majeur avec le peuple burkinabè est de faire du Burkina Faso une nation forte et émergente dans les dix prochaines années. Pour ce faire, il lui faut gagner d’abord l’élection de 2010.

“ Il nous faut nous préparer à cette bataille politique qui recèle bien d’enjeux politiques, économiques et sociaux ”, a indiqué le président du parti Roch Marc Christian Kaboré, à la cérémonie de clôture de la formation. En entendant, la candidature de Blaise Compaoré laisse peu de doute. Après la victoire du CDP durant la courte bataille de l’éligibilité de son candidat en 2005, très peu d’arguments juridiques pourront être opposés en 2010 à Blaise Compaoré, parti pour être le grand favori. Mais il lui faudra d’abord être candidat. A ce sujet Me Bénéwendé Stanislas Sankara arrivé au second rang à la précédente course au fauteuil présidentiel, s’est assuré le titre de premier candidat déclaré pour l’année prochaine.

Former pour un militantisme favorable à la paix

Fort de sa puissance organisationnelle et de ses soutiens multiples, le CDP ne craint presque rien. Et cela peut pousser à des actes de dérive de la part des militants zélés. Cette formation devra permettre d’orienter les énergies vers l’essentiel. Ainsi, le président du CDP ne souhaite pas que ses militants se fassent des ennemis inutilement. Cette session leur dotera d’outils et de savoir suffisants pour agir avec “clairvoyance, sagesse et lucidité”. “Nous vous appelons au calme et à la sérénité, à la tempérance et à la modération afin de préserver notre pays des saccages de la démocratie mal assimilée et de ses ravages”, a-t-il lancé à l’endroit des participants. C’est un cours de démocratie en règle dispensé par M. Kaboré aux cadres et responsables des sections du CDP. Il a demandé à chacun d’observer la tolérance et d’accepter l’autre pour être en phase avec l’Etat de droit. Le CDP qui dit tenir haut la flamme démocratique opte pour le combat d’idées tout en excluant l’usage des armes.

De l’avis de M. Kaboré, le CDP a pu résister à toutes les épreuves de la vie du pays et a su maintenir “ le cap de la lutte pour la sauvegarde des intérêts des larges masses populaires ” Aussi les responsables du parti présidentiel appellent-ils les militants à se préparer à l’aube des joutes électorales, à la seule bataille qui vaille, celle des urnes. Ils souhaitent aussi que cette compétition se déroule dans “ la clarté et la transparence totales ”. Former les militants aux principes et valeurs de la démocratie, les armer pour convaincre les électeurs et vaincre l’adversaire dans la transparence, le CDP entend s’imposer en 2010 de la manière la plus irréprochable possible ; l’opposition est prévenue.

Aimé Mouor Kambiré (aimekambire@yahoo.fr)

Sidwaya.bf

 

mardi, 27 octobre 2009

Unesco : coup de sang libyen

27/10/2009 | Jeune Afrique | Par : Abdelaziz Barrouhi

L’élection de la Bulgare Irina Bokova, le 15 octobre, à la direction générale de l’Unesco a provoqué la colère de la Libye. Abdelkabir Alfakhery, son ministre de l’Éducation et de la Recherche scientifique, a informé par écrit la Conférence générale de l’Unesco, qui se tient du 6 au 23 octobre à Paris, que la Libye « condamne ce choix » et qu’elle a l’intention, si celui-ci est maintenu, de « geler ses programmes de coopération » avec l’Unesco.

En cause, un différend entre Tripoli et Sofia à propos des cinq infirmières et du médecin d’origine palestinienne emprisonnés en Libye entre 1999 et 2007 et condamnés à la peine capitale, commuée en prison à vie, dans une affaire d’infection par le virus du sida de 460 enfants à l’hôpital de Benghazi où ils travaillaient. Après une intervention de l’Union européenne, Tripoli les a extradés dans le cadre d’un accord prévoyant qu’ils purgeraient le reste de leur peine dans leur pays. Mais le gouvernement de Sofia les a reçus avec les honneurs et graciés.

Depuis, la Libye soutient que la Bulgarie a violé l’accord sur l’entraide judiciaire, ce qui remet en question, selon elle, l’accès des citoyens bulgares à des postes de responsabilité dans les organes de l’ONU. « Ce que nous voulons, c’est que la Bulgarie corrige son erreur en appliquant l’accord », nous a déclaré Abdesselam el-Qallali, délégué permanent de la Libye à l’Unesco. Qallali précise que son pays ne se retirera pas de l’Unesco, mais qu’il pourrait « geler » ses accords de coopération. Ceux-ci portent sur la publication, financée par Tripoli, de livres pédagogiques relatifs à l’histoire de la colonisation en Afrique et d’un ouvrage sur les langues africaines, ainsi que sur la réalisation d’un projet d’un montant de 72 millions de dollars destiné à réformer les systèmes d’enseignement supérieur et de recherche libyens grâce à l’utilisation des technologies de l’information. Tripoli a en outre retiré sa candidature au Comité exécutif de l’Unesco, dont l’élection a eu lieu le 14 octobre.

lundi, 26 octobre 2009

Carnage à Bagdad

26/10/2009 | AFP


Le double attentat suicide a fait 99 mortsLe double attentat suicide a fait 99 morts© AFP

Un double attentat suicide contre des bâtiments officiels en plein coeur de Bagdad a fait dimanche 99 morts, une attaque que le gouvernement a imputée à Al-Qaïda et "ses alliés" pour torpiller les élections prévues en janvier.


Il s'agit du bilan le plus meurtrier depuis plus de deux ans en Irak, où quatre attentats visant une secte religieuse kurde avaient fait 400 morts dans la province de Ninive (nord) le 14 août 2007.

La première attaque a visé vers 10H30 (07H30 GMT) le ministère de la Justice et celui des Municipalités et des Travaux publics qui se font face dans la rue de Haïfa. Dix minutes plus tard, une seconde explosion s'est produite devant le siège du gouvernorat de Bagdad, dans le même secteur.

Le général Kassem Atta, porte-parole du commandement militaire de la capitale, a parlé de "deux attentats suicide". "Les kamikazes ont utilisé pour le premier un camion transportant une tonne d'explosifs et pour le second une voiture remplie de 700 kg d'explosifs", a-t-il déclaré à l'AFP.

Il a par ailleurs précisé que 92 personnes blessées étaient toujours hospitalisées.

Le Baas et Al-Qaïda accusés

"Les crimes du Baas et d'Al-Qaïda ne réussiront pas à bloquer le processus politique et la tenue des élections. C'est la même main maculée de sang, qui a commis les attentats du 19 août, et nous punirons les ennemis de l'Irak", a affirmé dans un communiqué le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki qui s'est rendu sur les lieux des attentats.

L'Irak avait accusé la Syrie d'abriter les commanditaires du double attentat du 19 août, qui visait deux ministères à Bagdad et avait fait 95 morts, provoquant une crise diplomatique avec Damas.

La Syrie, qui avait nié abriter les commanditaires, a condamné dimanche dans un communiqué les attentats du même jour, parlant d'"actes criminels".

Les présidents américain Barack Obama et français Nicolas Sarkozy ont également condamné les attaques.

L'Iran, l'allié régional de la Syrie, a dénoncé des "actions terroristes (qui) visent à perturber (...) le processus de renforcement des structures démocratiques".

99 morts et 712 blessés

"Nous avons recensé 99 morts et 712 blessés", a déclaré à l'AFP un haut responsable du ministère de la Santé. Le porte-parole du gouvernement Ali al-Dabbagh a confirmé ces chiffres.

Les attentats ont permis paradoxalement de sauver une personne, selon un policier sur place. Il a raconté à l'AFP qu'un homme venait d'être kidnappé et se trouvait dans le coffre d'une voiture au moment des explosions. Il a été libéré par les forces de l'ordre, deux des ravisseurs ont été tués et le chauffeur du véhicule a été blessé.

Le chef de l'armée de terre irakienne avait mis en garde samedi contre le risque d'un regain de violences dans les prochains mois en raison des élections générales prévues le 16 janvier.

Dans un entretien avec l'AFP, le général Ali Gheidan, s'était également dit préoccupé par les répercussions d'un éventuel report du scrutin.

Dissensions sur la loi électorale

Selon un parlementaire, les dirigeants irakiens qui ont discuté dimanche soir de la nouvelle loi électorale devaient se retrouver lundi pour arriver à un accord.

"Le président (kurde) Jalal Talabani, le Premier ministre (chiite) Nouri al-Maliki et le président du Parlement (sunnite) Iyad al-Samarraï se rencontreront lundi pour arriver à une décision finale sur les amendements afin de les envoyer au parlement", a indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat ce député irakien qui assistait à la réunion.

Il a en outre affirmé que, pendant la réunion de dimanche soir, M. Talabani avait reçu un appel téléphonique de son homologue américain Barack Obama qui "a pressé les participants d'arriver à un accord".

Le parlement irakien n'est pas parvenu mercredi à trouver un accord sur une nouvelle loi électorale, en raison de l'âpre bataille entre Arabes et Kurdes pour le contrôle de la région pétrolière de Kirkouk (nord).

lundi, 19 octobre 2009

Sarkozy père et fils, un sain esprit pour l’Afrique ?

Quand les fils à papa du continent reçoivent le pouvoir sur un plateau


La tendance est à la dynastie politique, craignent les médias français face au cas de Jean Sarkozy. Bien moins frileux, un certain nombre de dirigeants du continent africain organisent de manière active leur succession. Certains « fils de » sont déjà parvenus au pouvoir, et beaucoup échafaudent des plans pour y parvenir. Mais la tâche n’est pas aussi facile qu’il y paraît…
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Tempête blonde sur la France… La chevelure de Jean Sarkozy, fils du Président français Nicolas Sarkozy, est à la une de tous les médias en France. La chronique de son élection annoncée à la tête de l’Epad, organisme de gestion du quartier d’affaire de La Défense, lui vaut une critique acerbe, y compris d’une partie de la majorité parlementaire. Les accusations de népotisme se sont faites en quelques jours de plus en plus vives, et la presse internationale s’est à son tour emparée du sujet pour moquer le « prince Jean ». Nicolas Sarkozy, qui a lui-même dirigé l’EPAD de 2005 à 2006, se retrouve dans une situation difficile à gérer.

Jean Sarkozy n’est pas le premier fils de président français à entrer en politique. La moitié des enfants de présidents français de la Ve République, et même l’intégralité de leurs descendants mâles ont sauté le pas vers l’action publique, selon le décompte de Slate.fr. Ils n’ont pas toujours réussi à percer pour autant.

 

Des exemples de réussite


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L’ambition de Jean Sarkozy est comparée, par un certain nombre d’acteurs médiatiques et politiques, avec le comportement de plusieurs fils de présidents africains. Actualité oblige, Ali Bongo est l’exemple le plus cité. Son lien de filiation avec feu le Président gabonais Omar Bongo est certes contesté par certains, à l’image du candidat Bruno Ben Moubamba sur son blog, mais Ali a bien bénéficié de son nom pour prendre le pouvoir. Selon l’opposition, il a de plus été aidé pour convaincre les juges constitutionnels de son bon droit par sa belle-mère, également présidente de la Cour constitutionnelle. Comme souvent avec les « fils de », Bongo fils est considéré par beaucoup comme une pâle réplique de son père.

 

Ali rejoint ainsi le Président de RDC Joseph Kabila dans le club très fermé des « fils de » aux affaires. Kabila fils suit les pas de son père, Laurent-Désiré, en devenant son conseiller militaire lors de la guerre civile contre le dictateur Mobutu Sese Seko. Il reprend le flambeau en 2001, après l’assassinat de Kabila père, et n’est officiellement élu que 5 ans plus tard, en 2006. Il reste critiqué comme un relatif étranger, car, à l’image d’Ali Bongo, il parle français mais ne pratique pas les langues vernaculaires.

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Faure Gnassingbé a lui aussi de qui tenir : son père, Gnassingbé Eyadéma, a pris la tête du Togo en 1967, alors que Faure n’était âgé que d’un an. En 2002, Eyadéma modifie la constitution, afin de permettre à son fils, alors âgé de 35 ans, de pouvoir prétendre à la présidence. Il agit ainsi en bon père de famille puisqu’il meurt en effet d’une crise cardiaque en 2005. Tout comme son père 38 ans plus tôt, Faure prend le pouvoir par un coup d’Etat militaire. Une simple accélération du processus de désignation, selon ses vues.

 

Des candidatures en attente de validation

Nombreux sont ceux, parmi les présidents africains, qui planifient d’ors et déjà leur succession de façon dynastique. Et on sait que la période de transition post mortem n’est pas facile. Il suffit pour s’en convaincre de voir l’opposition farouche apparue au Gabon entre les anciens « frères », Ali Bongo et André Mba Obame, après la mort d’Omar. Les ambitions personnelles se font hélas plus fortes que le respect de la mémoire du chef, aussi vaut-il mieux bien préparer son départ.


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En Lybie, la famille de Mouammar Kadhafi est sacrée. Le guide libyen est ainsi entré dans un violent conflit diplomatique avec la Suisse suite à l’arrestation de son fils Hannibal, soupçonné d’avoir molesté des employés de l’hôtel où il résidait. Mais c’est le moins médiatique Seif al-Islam Kadhafi qui semble promis à la succession, parmi les huit enfants de Mouammar. Relativement critique du bilan de son père, il s’est engagé depuis 2007 dans une démarche de réformes. Mouammar Kadhafi s’est ému début octobre du fait que Seif al-Islam ne possède pas encore de poste officiel, estimant que son propre travail s’en trouvait perturbé. Le guide libyen devrait sous peu retrouver la paix de l’esprit.

 

 

Le voisin égyptien semble également sur une pente monarchique. L’opposition est persuadée que Gamal Moubarak, fils du Président, se présentera en 2011. Hosni Moubarak laisse tout de même planer un savant doute : peut-être se représentera-t-il lui-même pour un huitième mandat… En 2005, Gamal a dirigé la campagne de réélection de son père. Il occupe par ailleurs un poste au sein du Parti national démocratique (PND).


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Le Président sénégalais Abdoulaye Wade manie, avec la même subtilité qu’Hosni Moubarak, l’ambiguïté quant à l’échéance de 2012. Peut-être briguera-t-il un troisième mandat, à l’âge de 87 ans… à moins qu’il ne laisse son ministre de fils, Karim Wade, candidater à sa place. Idrissa Seck et Macky Sall, anciens Premiers ministres, avaient un temps espéré obtenir l’intronisation. Mais le sang importe, pour « Gorgui » (le « vieux » en wolof).

 

A Brazzaville, le Président congolais Denis Sassou Nguesso pense sérieusement à suivre l’exemple de feu son beau-fils Omar Bongo. Son enfant Denis Christel Sassou Nguesso, responsable du pétrole congolais, est passionné par la sape. Il aime plus largement à impressionner en dilapidant l’argent public. « Kiki » prépare, à la direction du Pôle des jeunes républicains (PJR) un brillant avenir à la tête de son pays.

 

Quant à Ousmane Tandja, il est encore discret mais devrait bientôt s’afficher au palmarès des « fils de ». C’est du moins l’avis de l’opposition, après le coup de force constitutionnel du président nigérien Mamadou Tandja en août. Selon Libération, il s’occupe depuis Shanghai de développer les relations avec le deuxième partenaire économique du Niger. Il semble que la société Trendfield, dirigée par un Hongkongais et un Français, serve de porte d’entrée aux investissements chinois.

 

Considérations techniques et morales

Il est important de préciser qu’avant de préparer son héritier à accéder au trône, le dirigeant autoritaire se doit d’assoir sa propre position par la pratique du « tripatouillage de constitution », afin de se libérer de la contrainte d’un nombre limité de mandats. Ce n’est qu’une fois confortablement installé qu’il peut commencer à penser à ses enfants. D’aucuns diront que ce palmarès manque cruellement de femmes. Il semble en effet que la loi salique s’applique de manière implicite dans les tractations de succession.

La pratique népotique n’est bien entendu pas l’apanage des dirigeants africains, et on peut la retrouver sous une forme ou sous une autre dans un certain nombre de pays du Nord, même parmi les plus démocratiques. Pour ne prendre qu’un exemple récent et marquant, George W. Bush doit une majeure partie de sa carrière politique à celles de son père George H. W. Bush, président avant lui, et de son frère Jeb Bush, gouverneur de Floride au moment de l’élection présidentielle de 2000.

Même s’il n’est pas question ici de prétendre établir de comparaisons trop hasardeuses, un point commun remarquable mérite d’être mis en avant dans la défense des « fils de ». Dans une tribune sur les fils Wade et Sassou Nguesso parue sur Afrik.com, au point de vue par ailleurs respectable, Bedel Baouna avance que « c’est un déni de démocratie que de les disqualifier d’avance, sous prétexte qu’ils sont fils de présidents ». Dans une entrevue au Figaro ce vendredi, le Président Nicolas Sarkozy défend son fils Jean en ces termes : « 45 conseillers […] élus au suffrage universel […] ont […] le droit de postuler à un poste d’administrateur à l’Epad. Sauf un ! Et pourquoi ne le peut-il pas ? Parce qu’il est mon fils ».


Quand les « fils de » d’Europe et d’Asie ciblent l’Afrique

Fils aîné de l’ancien Président français François Mitterrand, Jean-Christophe Mitterrand fait ses armes africaines comme journaliste de l’AFP en Afrique de l’Ouest, avant de rejoindre l’équipe de son père à la cellule africaine de l’Elysée en 1983. Il en prend la tête entre 1986 et 1992 et gagne le surnom de « Papamadi », qui moque sa filiation. Il est depuis 1993 confronté à sa participation présumée dans le trafic d’armes de l’Angolagate. Le tribunal correctionnel de Paris rendra à ce sujet son verdict le 27 octobre.

Fils de l’ancien Premier ministre britannique Margaret Thatcher (1979-1990), Mark Thatcher est arrêté en 2004 en Afrique du Sud. La justice l’accuse d’avoir aidé au financement d’une tentative avortée de coup d’Etat en Guinée équatoriale, visant à renverser le Président Teodoro Obiang Nguéma pour le remplacer par un opposant en exil, Severo Moto. Après des aveux partiels, il est condamné en 2005 à 3 millions de rands d’amende (380 000 euros) et quatre ans de prison avec sursis. En 2008, lors du procès en Guinée équatoriale du cerveau de l’opération, Simon Mann, ce dernier affirme que Thatcher fils avait été bien plus qu’un simple financeur.

Les « fils de » occidentaux ne sont pas les seuls à trouver leur bonheur en Afrique. Hu Haimeng, fils du Président chinois Hu Jintao, a dirigé de 1997 à 2008 la société Nuctech, basée en Chine, quittant ses fonctions avant que n’éclate l’année suivant en Namibie un scandale de détournement de fonds. Si rien ne permet pour le moment d’accuser directement Hu Haimeng, l’affaire est du moins soigneusement étouffée par la censure chinoise.

 

Lundi 19 octobre 2009, par Denis Carlier

Source : afrik.com

Crédit photo : Flickr - Jean Sarkozy/ Ammar Abd Rabbo


vendredi, 16 octobre 2009

Maroc : un parti de la majorité menace de quitter le gouvernement

16/10/2009 | AFP

Tous les membres du RNI ne sont pas d'accord avec la position du président du partiTous les membres du RNI ne sont pas d'accord avec la position du président du parti© AFP

Un parti important de la majorité a menacé jeudi de se retirer de la coalition gouvernementale après l'échec de son candidat face à un membre de l'opposition pour le "perchoir" de la Chambre des conseillers (chambre haute), a-t-on appris mercredi auprès de sa direction.

"Le conseil national du RNI (Rassemblement national des indépendants/centre) étudie la possibilité d'un retrait du gouvernement (du Premier ministre) Abbas El Fassi", a déclaré à l'AFP le président du RNI Mustapha Mansouri, également président de la Chambre des représentants (chambre basse).

Mercredi, le comité exécutif du RNI, la plus haute instance du parti, s'est réuni pour débattre de l'échec de son candidat, Maâti Benkadour, face à Mohamed Cheikh Biadillah, secrétaire-général du PAM (Parti authenticité et modernité), à la présidence de la Chambre des conseillers.

Le RNI compte actuellement sept ministres au gouvernement.

La coalition gouvernementale est composée principalement de l'Istiqlal (dirigé par Abbas El Fassi), de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), du Parti du progrès et du socialisme (PPS), du RNI et du Mouvement Populaire (berbériste/MP).

L'opposition parlementaire est, pour l'essentiel, formée des islamistes du Parti justice et développement (PJD), du PAM et de l'Union constitutionnelle (UC).

Le RNI divisé

Un courant se déclarant 'réformiste' au sein du RNI a toutefois exprimé son opposition à la direction du parti, soulignant son "étonnement" après les propos de Mustapha Mansouri et confirmant indirectement les rumeurs de crise au sein même de cette formation politique.

Le chef de file de ce courant, le ministre des Finances Salaheddine Mezouar, par ailleurs membre du bureau exécutif du RNI, a ainsi déclaré à l'AFP que M. Mansouri avait agi de "manière unilatérale, sans concertation avec les structures interne du parti".

"Une telle déclaration n'engage que lui et ne peut en aucun cas être attribuée au RNI, qui constitue une composante essentielle de l'actuelle coalition gouvernementale", a-t-il insisté.

"Nous sommes engagés dans un grand projet démocratique et moderne (. . . ) et le sort d'un parti aussi important que le nôtre ne dépend pas uniquememnt de l'attitude d'une personne", a conclu M. Mezouar.

mercredi, 14 octobre 2009

L'opposition qualifie de "mascarade" l'élection d'Ali Bongo

14/10/2009 | AFP


Selon la Cour constitutionnelle, M. Bongo est élu avec 41,79% des voixSelon la Cour constitutionnelle, M. Bongo est élu avec 41,79% des voix© AFP

Son élection confirmée par la Cour constitutionnelle gabonaise lundi soir, Ali Bongo, fils du président Omar Bongo Ondimba décédé en juin après 41 ans au pouvoir, devrait être investi vendredi alors que l'opposition dénonce "une mascarade".

Après cinq semaines de feuilleton, la Cour a finalement validé l'élection malgré "quelques insuffisances" et rejeté ou déclaré irrecevables les 11 recours en annulation du scrutin déposés par 9 candidats et une citoyenne.

Selon la Cour, M. Bongo est élu avec 41,79% des voix. Ce chiffre, issu du recomptage des voix effectué fin septembre par la Cour, est légèrement différent de celui (41,73%) qui avait été annoncé le 4 septembre et avait provoqué un fort mouvement de contestation. Lors d'émeutes à Port-Gentil, la capitale pétrolière, 3 personnes avaient été tuées, selon les autorités, au moins 5 d'après l'opposition.

Le score des deux principaux rivaux d'Ali Bongo, qui s'estiment chacun vainqueur du scrutin, n'est que légèrement modifié mais il entraîne un bouleversement de poids: l'opposant Pierre Mamboundou passe avec 25,66% des voix devant l'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame, crédité de 25,33% des suffrages. Cet ancien proche d'Ali Bongo avait été classé deuxième du scrutin (25,88%) dans le résultat du 4 septembre, devant M. Mamboundou (25,22%).

"La Cour, c'est la tour de Pise"

Avant même la lecture de l'arrêt de la Cour, M. Mba Obame, auteur de l'un des 11 recours, a annoncé qu'il entamait une grève de la faim, dénonçant "un coup d'État électoral" et "une dérive dictatoriale".

Une "petite clique s'arc-boute sur ses intérêts en prenant tout le pays en otage", a-t-il déclaré. "La mascarade continue".

"Le président Bongo nous avait laissé un pays qui avait des institutions crédibles, mais l'égoïsme, la mesquinerie (. . . ), la soif effrénée de pouvoir des uns et des autres ont en quelques mois ruiné le travail accompli", a-t-il ajouté.

"La Cour, c'est la tour de Pise: elle penche toujours du même côté. Nous ne sommes pas surpris", a déclaré Yvette Ngwevilo Rekangalt, une des 8 autres candidats qui avaient déposé un requête.

Comme les autres requérants, elle avait refusé d'envoyer un huissier pour assister au recomptage des voix, estimant qu'il fallait aussi un représentant par candidat, ce qui avait été refusé par la Cour.

"Les décisions de la Cour sont irrévocables mais la loi ne doit pas être au service d'un pouvoir (. . . ) Si la loi est au service du pouvoir, le peuple reprendra un jour son pouvoir", a-t-elle conclu.

"Le droit et la loi ont prévalu"

Le Secrétaire général du parti d'Ali Bongo, le Parti démocratique gabonais (PDG), Faustin Boukoubi a pour sa part dit "éprouver un sentiment de pleine satisfaction".

"Si Ali Bongo Ondimba avait voulu faire un coup de force, on n'aurait pas attendu quatre mois. Le droit et la loi ont prévalu. (. . . ) Le Parti démocratique gabonais a prouvé qu'il était un parti démocratique", selon lui.

"Tous les Gabonais ont un président qui va s'atteler à tous les problèmes des Gabonais et faire du Gabon un pays émergent", a promis M. Boukoubi.

Si le verdict de la Cour n'a entraîné aucun incident, la tâche s'annonce cependant compliquée pour Ali Bongo, selon plusieurs observateurs. "Personne n'est prêt à négocier avec lui", a confié un responsable de l'Union du peuple gabonais (UPG), le parti de M. Mamboundou.

Ali Bongo, qui appartient à une petite ethnie, "aura contre lui les Fang (ethnie de M. Mba Obame, relativement majoritaire dans le pays -entre 30 et 40%), les Punu (ethnie de M. Mamboundou) et les Nzébis (ethnie de Zacharie Myboto, un autre candidat battu). Le pays va être ingouvernable", a-t-il estimé.

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