mardi, 24 novembre 2009

Dirigeants africains : Qu’ils nous fassent l’économie de ces présidentielles !

mardi 24 novembre 2009

Teodoro Obiang Nguema, le président équato-guinéen, est un très grand démocrate : tous les sept ans, il se donne beaucoup de peine pour organiser une élection, dans l’espoir de voir un de ses compatriotes prendre la relève. Malheureusement, faute de candidats pour lui faire ombrage, il la gagne toujours : ainsi, la dernière présidentielle, il l’a remportée avec un score de 97%. Excusez du peu.

Le combat était donc très serré, et il s’en est fallu de peu que quelqu’un d’autre le remplace, afin qu’il cultive désormais son propre jardin. Mais, comme les habitants du pays manquent d’ambition, autant continuer à faire leur bonheur malgré eux.

Tenez, cette année encore, il va leur donner une énième chance : une présidentielle aura lieu dimanche prochain. Le combat sera encore impitoyable, puisqu’il y a quatre autres candidats, dont Placido Mico Abogo, le seul opposant à siéger à l’Assemblée nationale, considéré comme le challenger.

Le vrai empêcheur de gouverner en rond, Severo Moto, en exil en Espagne, que l’homme fort de Malabo ne veut même pas voir en peinture, n’a pas fait acte de candidature. Certainement qu’il a le palu.

Cette fois-ci, si la « terreur » Placido Mico Abogo ne gagne pas, ce sera tant pis pour lui. Toujours est-t-il que celui qui préside aux destinées du pays depuis le coup d’Etat fait à son oncle en 1979 promet un score meilleur que celui de 2002.

Ce n’est tout de même pas sa faute s’il est adulé par le peuple ! Dans quelques années, quand il sera usé par l’âge ou lorsque ses sujets ne voudront plus de lui – ce qui est improbable -, il y aura une pièce de rechange, qui ressemble point par point à l’original, prête à l’emploi :

il s’agit de son fils, Teodorin. Pour le moment, il n’est que ministre de l’Agriculture et de la Forêt. Pour la cause nationale, il gravira vite les échelons afin de parvenir à la magistrature suprême. Le bonheur, seuls les Obiang peuvent le partager. C’est génétique, et ils n’y peuvent rien.

Ainsi vit le nouvel Eldorado africain, depuis la découverte du pétrole en 1995 et son exploitation, qui a aussitôt suivi. Tout cela, grâce à Teodoro Obiang Nguema !

Dans cette contrée du continent, qui est la seule à parler espagnol si fait qu’elle s’est inscrite à la Francophonie, tout le monde ne vit et ne travaille que pour le roi : du maître d’hôtel au serveur en passant par le conducteur de taxi qui vient prendre le visiteur, à l’aéroport. Tout le monde a la carte des services secrets. Le désordre n’est donc pas permis.

Il n’y est pas rare qu’un directeur d’aéroport, qui a eu l’outrecuidance de laisser un aéronef voler dans l’espace aérien national pendant que celui du président décollait, soit conduit dans un lieu sûr et questionné avec un grand professionnalisme.

Et, rassurez-vous, la présence d’un représentant des droits humains n’est pas nécessaire, puisque l’interrogatoire sera fait dans les normes. Si le patron de l’aéroport en ressort ensanglanté, c’est qu’il aura raté une marche.

Dans ce pays, les prisons ne désemplissent pas. C’est la preuve que la Justice travaille. Et le peuple doit bien aimer ces méthodes, puisqu’à chaque fois il élit les Obiang ; mieux, la Guinée équatoriale bénéficie de la magnanimité des puissances occidentales, qui ferment les yeux sur cette gestion exemplaire du pouvoir.

Au Nord, il fait bien froid pendant l’hiver, et il ne faut surtout pas manquer de pétrole pour le chauffage. Alors, autant ne pas frustrer le fournisseur et baisser pudiquement les yeux lorsque les esprits chagrins parlent de certaines pratiques chez les Teodoro Obiang. Ne vaut-il pas mieux aller voir là où ça ne va pas, en tournant le regard vers les pays qui n’ont pas d’or noir par exemple ?

Les élections passent et Teodoro Obiang Nguema demeure. Et s’il gagne moins de 97,1% à l’issue de l’élection du 29 novembre 2009, ce sera un drame national. C’est d’ailleurs la norme presque partout en Afrique, où beaucoup de chefs d’Etat sont trop aimés du peuple :

en Egypte, en Ethiopie, au Zimbabwe ou au Burkina par illustration. Et Dieu seul sait combien ça ne coûte pas, ces présidentielles qui confirment leur popularité ; en investissements humains, matériels et surtout financiers.

Mais, comme les bons dirigeants, on n’en trouve pas à tous les coins de rue, il faut bien faire des sacrifices pour que celui qui occupe le plus moelleux des fauteuils y reste. Car le coût des élections ne révulse personne.

A titre d’exemple, au Burkina, pour la présidentielle 2005, le logiciel Oracle, qui a permis l’informatisation du fichier électoral, n’a coûté que 98 millions de francs CFA. Le montant de l’ensemble de l’informatisation s’est élevé à 2 598 660 375 F CFA ; sans compter les autres grosses dépenses, dont les factures sont tout aussi insignifiantes. La démocratie n’a pas de prix, diront les têtes bien pensantes. Soit.

Mais ne serait-il pas plus sage d’investir cet argent, servant à élire toujours le même candidat, dans le développement local ? Puisque le bien-aimé dirigeant suprême est aimé à vie par les populations, ces dernières voudraient qu’il se tourne vers d’autres préoccupations : qu’il y ait plus de barrages, de fontaines ou de centres de santé. De toutes les façons, quand les sujets ne voudront plus du leader national, ils passeront par la rue pour le lui faire savoir et le remercier par la même occasion pour les énormes sacrifices qu’il a consentis pour eux.

Issa K. Barry

L’Observateur Paalga

 

lundi, 23 novembre 2009

Burundi : les prochaines élections, un test pour une paix fragile

Les élections de l’année prochaine au Burundi, présentées comme une étape importante dans le long parcours du pays vers une paix durable, pourraient déclencher de nouveaux conflits en raison de la coexistence d’un grand nombre d’armes illégales et de mouvements de jeunes très organisés des partis politiques, selon des analystes.

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vendredi 20 novembre 2009 / par Notre partenaire IRIN

Au Burundi, les luttes de pouvoir ont provoqué des accès de violence armée et des périodes de guerre civile depuis l’indépendance en 1962 et jusqu’à ce que le dernier groupe rebelle du pays abandonne et devienne un parti politique en avril 2009.

Selon Jean-Marie Gasana, analyste chevronné du Burundi, les risques associés aux mouvements jeunes sont intensifiés par la présence « d’importants stocks d’armes entre les mains des civils ».

« Ce qui est encore plus préoccupant, c’est ce qui pourrait arriver si l’opposition contestait le résultat des élections », a-t-il dit à IRIN, à Bujumbura. « Nous pourrions voir se répéter le scénario… de violences suivant des élections irrégulières ».

« Nous pourrions retomber dans une guerre civile », a également dit Pierre-Claver Mbonimpa, président fondateur de l’Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues.

« Nous devons aussi faire attention à la police et à l’armée, qui ont toutes deux intégré d’anciens rebelles dans leurs rangs », a-t-il ajouté. « En cas d’incident durant les élections, ces personnes pourraient être tentées de soutenir leur mouvement d’origine ».

D’après un militant pour les droits humains, qui a demandé à garder l’anonymat, certains des anciens rebelles progouvernementaux dans la capitale sont armés et opèrent en marge des structures officielles de la police et de l’armée.

« La situation pourrait devenir chaotique, car les [groupes de] jeunes ont souvent été utilisés pendant les guerres civiles passées et [la situation actuelle] n’est pas différente », a averti M. Mbonimpa.

Certains de ces groupes trouvent que les autorités s’en prennent injustement à eux. Odette Ntahiraja, secrétaire générale du Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD), un parti enregistré en juin 2009, a dit à IRIN que ses jeunes sympathisants « se voyaient souvent refuser le droit de manifester ».

« Parfois, ils sont même arrêtés et certains sont frappés, alors que d’autres groupes de jeunes sont armés et commettent des actes d’intimidation sans qu’aucune action ne soit menée à leur encontre », a-t-elle ajouté.

Des risques de violences électorales

Pour l’Institute for Security Studies basé à Pretoria, en Afrique du Sud, des attitudes aussi injustes de la part des autorités font du Burundi « un exemple type de pays ayant un risque potentiel de violences liées aux élections ».

Selon Jamila El Abdellaoui, chercheuse chevronnée pour le programme de prévention des conflits de l’institut, une autre raison serait le « [ré]armement des milices par plusieurs partis politiques afin d’intimider l’électorat ».

« Le fait que la phase de réintégration du processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), récemment mené à terme par le pays, ait en grande partie échoué, notamment en ce qui concerne les personnes retournant en zone urbaine, explique la disponibilité de certains anciens combattants à rejoindre ces groupes », a-t-elle avancé dans un article publié en octobre.

Pancrace Cimpaye, porte-parole du principal parti d’opposition Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU), a dit que son parti ne causerait aucun mal à ses jeunes sympathisants. Mais il a ajouté qu’ils allaient « se battre » pour les Burundais s’ils étaient pris pour cible par le parti au pouvoir.

« Notre principale préoccupation, à l’approche des élections, est la sécurité. Nous exhortons la communauté internationale à accorder plus d’attention à cela et, si possible, à nous aider à mettre en place un dispositif de protection spécial pour les élections », a-t-il dit.

Pour le Réseau européen pour l’Afrique centrale (EurAC), une coalition d’organisations non gouvernementales (ONG) basée à Bruxelles, « le potentiel de violence n’est pas encore sous contrôle » au Burundi. Le réseau a cité les divisions au sein des partis politiques, les conditions de vie précaires pour une grande part de la population, la mauvaise gouvernance et le fait que « l’État de droit [soit] encore en construction » comme des moteurs potentiels de troubles.

Pour le consultant en matière de conflits fonciers et de droits humains, René-Claude Niyonkuru, les problèmes liés à la terre sont un autre facteur. « Nous aurions tort de dire qu’il n’y aura pas de violences – surtout en ce qui concerne les questions liées à la terre. Les gens sont frustrés, notamment les rapatriés qui sont nombreux à rentrer chez eux. Le gouvernement les a encouragés à revenir, [mais] il semble que ce même gouvernement est mal préparé pour leur assurer une réinstallation en douceur ».

M. Niyonkuru a appelé à une mobilisation de la population pour aborder la question des conflits fonciers. « Pourquoi ne pourrions-nous pas profiter de cette période électorale pour interroger les candidats potentiels sur leurs propositions et leurs engagements dans la résolution des litiges fonciers au Burundi ? »

Désarmement volontaire

Dans le cadre d’une campagne de désarmement volontaire, en octobre, des civils de toutes les régions du Burundi ont remis aux autorités des milliers d’armes à feu, de grenades et de cartouches de munitions. D’après Léopold Banzubaze, responsable adjoint de la Commission nationale de désarmement, plus de 80 000 armes – soit près de 80 pour cent de toutes les armes en circulation selon M. Banzubaze – ont été remises aux autorités depuis 2007.

De nombreux analystes estiment qu’en dépit de ces campagnes, des dizaines de milliers d’armes continuent de circuler au Burundi. Selon les données de la commission, moins de 2 500 armes remises au cours de la dernière phase du désarmement volontaire étaient des fusils. Le reste était des grenades (10 429), des bombes (218) et des mines (28).

Les responsables burundais semblent être conscients des risques liés à la tenue des élections.

« Je peux dire qu’il y a des cas de meurtres et d’autres assassinats qui résultent de notre guerre civile », a dit à IRIN Guy-Michel Mfatiye, chef de cabinet au ministère des Droits de la personne humaine et du genre.

Il a ajouté que son ministère travaillait en collaboration avec le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme afin de « sensibiliser la population à divers niveaux, tant régional et provincial que communal, sur l’importance des élections et la conduite à adopter pendant cette période ».

Selon le président de la Commission électorale, Pierre-Claver Ndayicariye, un comité technique sur les questions de sécurité a été mis sur pied et travaille de concert avec le ministère de la Sécurité publique – avec le soutien de bailleurs de fonds comme les Pays-Bas, la Norvège et le Programme des Nations Unies pour le développement – afin de développer les capacités des forces de sécurité pour garantir le bon déroulement des élections.

« La question de la sécurité est importante avant, pendant et après les élections. Notre message aux partis politiques, en tant que Commission électorale, est : mettre un terme à la provocation entre les groupes de jeunes rivaux. Les partis sont sur le terrain : ils peuvent donc mettre fin à tout acte préjudiciable accompli par leurs membres », a dit M. Ndayicariye.


Photo : Jane Some/IRIN
Des danseurs traditionnels lors de l’ouverture du bureau d’un parti politique dans le district de Cibitoke à Bujumbura : des élections générales sont prévues à la mi-2010 Au Burundi, les luttes de pouvoir ont provoqué des accès de violence armée et des périodes de guerre civile depuis l’indépendance en 1962 et jusqu’à ce que le dernier groupe rebelle du pays abandonne et devienne un parti politique en avril 2009.

Source : afrik.com


Présidentielle : Obiang annonce la couleur

23/11/2009  | AFP


Teodoro Obiang Nguema avait remporté la dernière présidentielle avec 97,1% des voixTeodoro Obiang Nguema avait remporté la dernière présidentielle avec 97,1% des voix© AFP

"Nous allons gagner avec plus de 97% des voix" a affirmé le président équato-guinéen Teodoro Obian Nguema à ses partisans lors d'un meeting avant l'élection présidentielle du 29 novembre.

Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, candidat à sa succession au scrutin du 29 novembre dont il est grand favori, a promis une victoire écrasante lors d'un meeting électoral au nouveau stade de Malabo dimanche.

"Nous allons gagner avec plus de 97% de voix", a affirmé Obiang Nguema à environ 4000 partisans.

"Pays développé en 2020"

"Je ne suis pas un nouveau candidat, je suis le candidat du peuple et je ne vois personne qui peut aller contre la volonté du peuple", a-t-il ajouté.

Il a promis que la Guinée se convertirait en pays développé "en 2020": "cela dépend de notre détermination et ce sera possible avec nos propres ressources économiques (. . . ) nous allons soutenir les entreprises nationales pour avoir une économie fluide ou il n'y aura plus de sortie de notre argent".

Lors du meeting, le président a notamment promis de mettre en place "une formation professionnelle pour les jeunes" pour qu'ils puissent travailler "dans des entreprises étrangères". Selon le président "90% des fonds des entreprises étrangères" quittent le pays.

La campagne électorale, qui a commencé le 5 novembre, doit s'achever le 27. Cinq candidats, dont M. Obiang Nguema au pouvoir depuis 30 ans, sont en lice.

En tout, 291. 000 électeurs seront appelés aux urnes dans 1. 324 bureaux de vote.

Protestation de l'opposition

Lors de la présidentielle 2002, M. Obiang Nguema avait remporté 97,1 % des voix devant quatre autres candidats, selon les résultats officiels.

Le 16 octobre, Placido Mico Abogo, le principal opposant, a estimé que les délais retenus pour le calendrier électoral étaient courts, prêtant au parti présidentiel l'intention de programmer un scrutin "irrégulier".


Présidentielle : Obiang annonce la couleur

23/11/2009 | AFP


Teodoro Obiang Nguema avait remporté la dernière présidentielle avec 97,1% des voixTeodoro Obiang Nguema avait remporté la dernière présidentielle avec 97,1% des voix© AFP

"Nous allons gagner avec plus de 97% des voix" a affirmé le président équato-guinéen Teodoro Obian Nguema à ses partisans lors d'un meeting avant l'élection présidentielle du 29 novembre.

Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, candidat à sa succession au scrutin du 29 novembre dont il est grand favori, a promis une victoire écrasante lors d'un meeting électoral au nouveau stade de Malabo dimanche.

"Nous allons gagner avec plus de 97% de voix", a affirmé Obiang Nguema à environ 4000 partisans.

"Pays développé en 2020"

"Je ne suis pas un nouveau candidat, je suis le candidat du peuple et je ne vois personne qui peut aller contre la volonté du peuple", a-t-il ajouté.

Il a promis que la Guinée se convertirait en pays développé "en 2020": "cela dépend de notre détermination et ce sera possible avec nos propres ressources économiques (. . . ) nous allons soutenir les entreprises nationales pour avoir une économie fluide ou il n'y aura plus de sortie de notre argent".

Lors du meeting, le président a notamment promis de mettre en place "une formation professionnelle pour les jeunes" pour qu'ils puissent travailler "dans des entreprises étrangères". Selon le président "90% des fonds des entreprises étrangères" quittent le pays.

La campagne électorale, qui a commencé le 5 novembre, doit s'achever le 27. Cinq candidats, dont M. Obiang Nguema au pouvoir depuis 30 ans, sont en lice.

En tout, 291. 000 électeurs seront appelés aux urnes dans 1. 324 bureaux de vote.

Protestation de l'opposition

Lors de la présidentielle 2002, M. Obiang Nguema avait remporté 97,1 % des voix devant quatre autres candidats, selon les résultats officiels.

Le 16 octobre, Placido Mico Abogo, le principal opposant, a estimé que les délais retenus pour le calendrier électoral étaient courts, prêtant au parti présidentiel l'intention de programmer un scrutin "irrégulier".

 

lundi, 12 octobre 2009

Sans surprise, Russie unie triomphe

Par RFI. Article publié le 12/10/2009 


Comme prévu, le parti de Vladimir Poutine arrive largement en tête des élections locales russes. Russie unie fait son score habituel : environ les deux tiers des voix, dans un scrutin contesté par l'opposition et boudé par les électeurs.


Avec notre correspondant à Moscou, Thierry Parisot
Affiche électorale montrant Vladimir Poutine (g) et Dmitri Medvedev. Au premier plan, l'aigle bicéphale, emblème de la Russie, en février 2008.(Photo : Reuters)

Affiche électorale montrant Vladimir Poutine (g) et Dmitri Medvedev. Au premier plan, l'aigle bicéphale, emblème de la Russie, en février 2008.
(Photo : Reuters)

 

Des élections, sans surprise, en Russie. Le parti au pouvoir remporte la victoire haut la main, ses adversaires dénoncent des fraudes massives et le président de la commission électorale centrale balaie les critiques d'un revers de manche : « L'opposition est hystérique », dit-il.

Russie unie obtient à Moscou environ 65% des suffrages, c'est son score habituel. De même, le taux de participation est faible, comme d'habitude dans la capitale : un tiers des électeurs s'est déplacé, malgré les encouragements claironnés depuis des semaines à la télévision et malgré les pressions exercées sur les fonctionnaires municipaux.

Aucune ouverture, donc, à l'issue de ce scrutin. Le pluralisme appelé de ses vœux par le président Medvedev n'est pas sorti des urnes. L'opposition libérale rassemblée dans le mouvement Solidarité n'a même pas pu faire enregistrer ses candidats.

Quant à l'opposition autorisée, - les communistes et les ultranationalistes -, elle perd toujours un peu plus de son poids. Reste le parti Russie unie, triomphant, quelles que soient les circonstances : que Vladimir Poutine soit le président d'un pays en plein redressement économique ou qu'il soit le Premier ministre d'une Russie violemment frappée par la crise financière.

lundi, 05 octobre 2009

Triomphe historique du Pasok

Par RFI. Article publié le 05/10/2009

 

Après cinq ans de règne conservateur, les socialistes remportent une majorité absolue avec 43,7% des voix. Ils devraient disposer de 160 sièges sur 300 au Parlement monocaméral grec, selon des résultats partiels portant sur plus de 58% des bureaux de vote. Le Premier ministre sortant, Costas Caramanlis, a démissionné de son parti Nouvelle démocratie qui, avec 35% des voix et 95 sièges, enregistre son pire score.
Le socialiste Georges Papandréou fête la victoire du Pasok avec ses partisans, à Athènes, le 4 octobre 2009.(Photo : John Kolesidis/Reuters)

Le socialiste Georges Papandréou fête la victoire du Pasok avec ses partisans, à Athènes, le 4 octobre 2009.
(Photo : John Kolesidis/Reuters)


Avec notre envoyée spéciale, Corinne Valois

Devant le triomphe des socialistes du Pasok et la chute de la Nouvelle démocratie, Costas Caramanlis a été le premier à prendre la parole, quatre heures après la clôture des urnes. Le Premier ministre sortant a reconnu sa défaite, posé sa démission dans la foulée, ouvrant ainsi la voie à sa succession.

Une demi-heure plus tard, devant une foule de partisans, le nouveau chef du gouvernement grec, le socialiste Georges Papandréou a, de son côté, dans une brève déclaration, appelé tous les Grecs à « se rassembler pour aller de l’avant et pour se préparer à affronter ensemble les difficultés à venir ». Et elles sont nombreuses.

« Ensemble on peut »

Selon le rapport du FMI, publié jeudi dernier, l’économie grecque sera en 2010 confrontée à des difficultés plus grandes qu’en 2009.

Le Premier ministre sortant, Caramanlis, parlait de bloquer les salaires publics et d’accélérer les privatisations grâce à la rigueur et à l’austérité.

Le président du Pasok promet lui de stimuler l’économie en finançant des investissements publics en augmentant les salariés du secteur public. Son programme prévoit aussi de bloquer pendant un an les prix des services contrôlés par l’Etat et d’épargner la faillite aux petites entreprises.

Les électeurs ont suivi l’optimisme de M. Papandréou et son slogan : « Allons ensemble, ensemble on peut ».

A Athènes, après la victoire du parti socialiste

Avec notre envoyé spécial, Piotr Moszynski

Ce qui devait arriver, est arrivé. Annoncée par les instituts de sondages depuis des semaines, la victoire du parti socialiste grec, le Pasok, aux élections législatives anticipées de dimanche, a provoqué une explosion de joie parmi les militants de gauche, et une profonde déception dans les rangs du parti conservateur La Nouvelle Démocratie du Premier ministre sortant Costas Caramanlis.

Le temps d’une soirée, Athènes est devenue verte et blanche, comme les drapeaux du Pasok. On les voyait partout : sur les voitures et les motos parcourant les principales avenues à vive allure et clacksons à fond, mais surtout dans les mains des milliers de militants socialistes qui convergeaient vers le siège de leur parti.

Ambiance d’une grande fête, comme les peuples méditerranéens savent la faire. Une joie énorme, mais tempérée quand même par ces militants qui avouent se rendre parfaitement bien compte du fait que les Grecs ont voté massivement contre le gouvernement conservateur, mais pas nécessairement pour les socialistes.

Un vote protestataire qui ne garantit pas une vraie confiance à la nouvelle équipe au pouvoir et qui risque de rendre sa tâche encore plus délicate. Devant le siège de La Nouvelle Démocratie, peu de sympathisants se sont déplacés. Ceux qui veulent bien parler, essaient de rejeter la responsabilité de la défaite sur les autres, et surtout sur les Américains. Ce sont eux qui ont déclenché la crise, qu’ils en apportent une solution. En Grèce, disent-ils, personne n’est capable d’y remédier.

samedi, 26 septembre 2009

Afrique : pourquoi les élections sont-elles souvent contestées ?

L’annonce de la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle gabonaise a déclenché une vague de contestations et de violences dans la capitale et en province. Malheureusement, les exemples probants d’une alternance pacifique à la suite d’une élection libre et honnête sont très rares. Pourquoi alors les élections sont-elles souvent contestées en Afrique ? Dans cet article, Hicham EL MOUSSAOUI, analyste sur www.unmondelibre.org, nous propose une analyse originale des raisons de ce phénomène. En considérant le processus électoral comme un marché, où les offreurs sont les candidats et les demandeurs les électeurs, l’auteur explique cette contestation comme le symptôme d’un problème de régulation de la concurrence sur le marché politique et de la carence des mécanismes de résolution de conflit, d’où les réactions violentes des contestataires.

Afin de répondre à cette question, l’approche de l’économie des choix publics (Public Choice) semble pertinente. Dans cette approche, on considère qu’il n’y a pas d’Etat qui cherche l’intérêt général, mais seulement des hommes d’Etat (politiques et bureaucrates) qui se préoccupent en premier lieu de leur propre intérêt (recherche du pouvoir). Toujours dans cette approche, le processus des élections, est considéré comme un marché : les offreurs sont les hommes politiques et les demandeurs sont les électeurs. Contre les votes des seconds, les premiers échangent des promesses électorales dans des domaines spécifiques. Bien évidemment, pour que les résultats du scrutin soient admis par tous les participants, ces derniers doivent observer un certain nombre de règles relatives à la concurrence loyale, c’est-à-dire des règles qui garantissent le bon fonctionnement du marché politique. En conséquence, si les élections en Afrique sont souvent contestées c’est parce que les règles du bon fonctionnement du marché politique manquent ou lorsqu’elles existent elles ne sont pas respectées. De quelles règles s’agit-il ?

Qui dit marché politique dit échange entre les électeurs et les candidats, un échange qui ne peut avoir lieu sans le respect du droit de vote des premiers et du droit d’éligibilité des seconds. Malheureusement, les listes électorales sont souvent tripatouillées et le découpage électoral manipulé ce qui donne lieu à des listes fantaisistes et à des situations « coquasses ». A titre d’exemple, lors de la récente élection d’Ali Bongo, on a compté plus de 2 millions d’électeurs inscrits, alors que le pays ne compte qu’environ 1,4 million habitants. Par ailleurs, il a été relevé l’inscription sur les listes de personnes décédées et d’enfants. L’ingérence de l’appareil étatique, souvent au profit des candidats sortants, n’est pas autre chose qu’une violation du droit de vote des électeurs. Par conséquent, l’échange (l’élection) n’est plus bénéfique et la concurrence est faussée, ce qui explique le sentiment d’injustice des électeurs africains et par là-même les mouvements de violence post-électorale.

Bien que les candidats soient de plus en plus nombreux à se présenter aux élections, notamment présidentielles, le candidat ne peut s’approprier totalement le fruit de son travail (campagne électorale) dans la mesure où son droit d’éligibilité est violé. En effet, les listes électorales sont souvent gonflées dans les zones partisanes du candidat de l’appareil étatique et dégraissées dans les zones hostiles. Cela va sans compter les intimidations, les menaces qui émaillent les scrutins. Ainsi, lorsque l’on viole le droit de vote ou d’éligibilité de quelqu’un la probabilité que celui-ci recoure à la violence augmente. Mais les violences post-électorales en Afrique sont-elles une fatalité ?

Apparemment, il n’y a pas de raison a priori qui ferait que les africains soient violents par nature. Au fond, il s’agit d’un problème institutionnel dans la mesure où le règlement du contentieux dans les pays africains souffre du manque de règles et de mécanismes capables de trancher les litiges. Certes, les commissions électorales existent, mais la plupart du temps, elles se contentent de centraliser et d’annoncer les résultats sans aller au fond des choses. Leur indépendance est très limitée dans la mesure où en l’absence d’état de droit, et de séparation des pouvoirs, et avec un manque de moyens, la justice est trop dépendante du pouvoir en place pour aller à l’encontre des favoris de l’appareil étatique. Dès lors, la faiblesse de l’état de droit et l’absence d’une justice indépendante expliquent la méfiance des électeurs africains et donc leurs contestations violentes des élections.

Si les africains ont acquis une mauvaise image des élections, d’où leur méfiance, c’est parce que le processus de la compétition électorale a été faussé. On dit toujours que la concurrence profite aux consommateurs, en l’occurrence aux électeurs. Mais, comme les règles de la concurrence loyale n’ont pas été respectées les élections ont été souvent un moyen de contrôle des gouvernés par les gouvernants sans aucune réciprocité. Faute de choisir des personnes ou des programmes, les électeurs africains ont souvent été capturés par des entreprises de mobilisations ethno-régionales. L’instrumentalisation, par les politiciens, des identités locales et claniques a débouché sur des tensions électorales et dans de nombreux cas sur des violences, voire des guerres civiles comme au Congo-Brazzaville à partir de 1993.

Somme toute, la contestation des élections et la violence qui s’ensuit est un problème institutionnel de régulation de la concurrence politique : enregistrement des candidature des futurs élus, enregistrement des électeurs, le choix des emblèmes ou des symboles ainsi que des couleurs des partis politiques (en raison de l’analphabétisme des électeurs), accès aux médias et liberté de la campagne électorale, Les opérations du vote, du dépouillement des votes et de proclamation des résultats. La mauvaise gouvernance ne fait qu’accentuer ce problème de la régulation de la concurrence politique.

En conséquence, la prévention de la contestation électorale et la réhabilitation de la démocratie africaine passent par une réforme institutionnelle visant l’instauration et la consolidation de l’état de droit, de la justice et l’amélioration de la transparence de manière à protéger les droits de vote des électeurs comme les droits d’éligibilité des candidats.

Hicham El Moussaoui est analyste sur UnMondeLibre.org

Publié en collaboration avec UnMondeLibre.org

 

Vendredi 25 septembre 2009, par notre partenaire Un Monde Libre, pour l'autre afrik

Merkel-Steinmeier, le duel d'un duo

De notre correspondant à Berlin, Patrick Saint-Paul (lefigaro.fr), 25/09/2009


Angela Merkel et Frank-Walter Steinmeier lors d'un débat télévisé, le 13 septembre.
Angela Merkel et Frank-Walter Steinmeier lors d'un débat télévisé, le 13 septembre. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS


PORTRAITS CROISÉS - Elle a su s'imposer à un parti dominé par les hommes. Il s'est toujours accommodé des seconds rôles.

 

Angela Merkel, un «sphinx» devenu «mutti»

«Votez pour la chancelière.» Le slogan d'Angela Merkel tient lieu de stratégie électorale. Détailler le fond de ses propositions, énumérer les raisons de voter pour une alliance de son parti, la CDU-CSU, avec les libéraux du FDP, c'était risquer de perdre des électeurs au centre comme en 2005. Forts de ce constat, la chancelière conservatrice et ses stratèges décident de miser l'essentiel de leur campagne sur la personnalité de la très populaire Angela, pourtant piètre oratrice et peu charismatique. Tout en maintenant un flou artistique sur sa ligne politique.

Passage aux responsabilités oblige, ce n'est plus la même candidate qu'il y a quatre ans. En 2005, «Angie» déchaînait l'enthousiasme de la nouveauté. Pour la première fois, l'Allemagne allait élire une femme à la Chancellerie. Premier chef de gouvernement venu d'ex-RDA, elle symbolisait un aboutissement de la réunification. En 2009, Merkel assume totalement le surnom que lui donnent les Allemands : «Mutti». Une «maman», en temps de crise, c'est rassurant. Ses concitoyens le savent, «Mutti» aborde les problèmes les plus complexes en calculant tous les paramètres, sans idéologie et avec pragmatisme.

En 1990, le chancelier de la réunification, Helmut Kohl, est le premier à repérer le talent de cette fille de l'Est, qu'il surnomme affectueusement «Das Mädchen», la gamine. Née à Hambourg, il y a 55 ans, Angela Dorothea Merkel grandira en RDA, où son père, pasteur, s'installe peu après sa naissance. À Templin, petite ville du Brandebourg, ses professeurs repèrent vite l'intelligence exceptionnelle de cette adolescente qui cultive la bosse des mathématiques. Apolitique, pour échapper aux griffes du système communiste et de sa police politique, la Stasi, elle devient chercheuse en physique. «Parce que, dans ce domaine, la vérité n'est pas si simple à déformer», expliquait-elle récemment.

Après la chute du Mur, elle devient porte-parole du mouvement démocratique. Et comprend vite les règles du calcul politique. Sa force : être toujours sous-estimée. Elle devient ministre de la Condition féminine, puis de l'Environnement. Merkel profite du scandale des caisses noires de la CDU pour renverser Kohl et écraser les éléphants de la CDU. Femme, protestante de surcroît, elle s'impose à la tête d'un parti de tradition catholique et dominé par les hommes.

«C'est un être très fermé qui a appris sous le régime de RDA à ne jamais exprimer ce qu'elle pense, souligne son biographe, Gerd Langguth. C'est un sphinx, mais elle aimerait maintenant apparaître plus humaine.» Sur les plateaux de télévision, elle cultive son style, sans chichis, directe et chaleureuse. Élue quatre ans d'affilée femme la plus puissante du monde par le magazine Forbes, la très discrète Merkel lève un coin de voile sur son intimité. Elle fait elle-même ses courses le week-end. Lorsqu'elle n'a pas le temps, elle dresse des listes pour son mari, physicien de renom mais effacé, Joachim Sauer, avec qui elle avoue partager les tâches ménagères. Moquée pour son manque d'élégance, elle confie sa préférence pour les jeans et les gros pull-overs.

Mais ses convictions restent un mystère. Contrainte de cohabiter avec la gauche, elle a abandonné les thèses libérales défendues en 2005 et se contente de généralités, répétant : «La croissance crée des emplois», ou affirmant que la crise doit être mise à profit «pour jeter les bases d'un nouvel élan». Sans illusion, la branche économique de la CDU la soupçonne d'avoir un cœur social-démocrate, mais voit en elle un rempart contre la gauche. Les Allemands s'étonnent que l'on puisse encore la prendre pour une conservatrice libérale réformatrice du marché à l'étranger, alors qu'elle œuvre pour brider les marchés en imposant de nouvelles règles internationales.

La crise venue, elle essuie de vives critiques de ses partenaires de l'UE lorsqu'elle refuse un plan de relance européen. Elle devient «Madame Non». Merkel sous-estime l'étendue de la débâcle financière et sa gestion de la crise est critiquée, y compris en Allemagne. Mais cette bûcheuse apprend vite. Et la chance sourit à son sens politique dans le dossier Opel. Sans programme électoral détaillé, elle agite le spectre d'une alliance entre les sociaux-démocrates et l'extrême gauche pour promouvoir la coalition qu'elle souhaite former avec les libéraux. «L'Allemagne a besoin d'être dirigée par la CDU et le FDP, pour sortir plus vite et plus forte de la crise», martèle la chancelière. Sans jamais expliquer pourquoi, ni comment.

 

 

Frank-Walter Steinmeier, une éminence trop longtemps grise

Candidat à la Chancellerie ! Jamais le social-démocrate Frank-Walter Steinmeier n'y avait songé. Pas même dans ses rêves les plus fous. Chancelier ? Encore moins. Jusqu'à ce qu'à la fin de l'été 2008 sa popularité dans les sondages le propulse à la tête du SPD, dont il prendra la direction en tandem avec Franz Müntefering à l'automne. Avant cela, ils avaient formé un trio avec Gerhard Schröder, le plus doué d'entre eux, le tribun, jusqu'à sa défaite électorale de septembre 2005.

Steinmeier, c'était «l'efficience grise» de Schröder. Celui qui abattait le travail à la Chancellerie, chef de bureau dévoué du mentor, qui l'avait emmené avec lui de Hanovre à Bonn, puis à Berlin. L'un de ses plus fins stratèges aussi. Mais jamais Steinmeier n'était monté en première ligne. Jamais il ne s'est présenté au moindre mandat électif. Lorsque Schröder lui propose un titre de ministre à la Chancellerie, il refuse. Pourquoi ? «Mais parce que je suis un fonctionnaire !» répondra incrédule ce technocrate pur jus.

A-t-il les capacités pour être chancelier ? Personne n'en doute. L'étoffe d'un leader ? C'est moins certain, tant il a semblé se contenter de son statut de numéro deux, vice-chancelier d'Angela Merkel et ministre des Affaires étrangères. Ce n'est pas un animal politique dominant, qui se bat pour prendre la tête de la meute. Ceux qui le connaissent bien disent qu'en petit comité c'est un homme chaleureux, à l'intelligence séduisante, avec qui il est agréable de boire une bière. Il lui aura fallu près d'un an pour entrer dans la peau du candidat et prendre goût au combat politique.

Au début, Steinmeier, 53 ans, cheveux gris, visage et lunettes rondes, se cherche. Il est ennuyeux, ses phrases sont trop longues, ses raisonnements trop compliqués. Il ne sait pas faire passer le courant. Sa voix est plate, sans émotion. Il singe la diction de Schröder, faite d'envolées et de salves rauques. Les commentateurs raillent son manque de personnalité. Il cherche son propre style. Au fil des meetings, Steinmeier prend confiance. Il fait des phrases plus courtes. À la fin de l'été, il tombe la veste. En bras de chemise, le front en sueur, il commence à lâcher des slogans mieux ciselés : «Notre pays a besoin d'un SPD fort, l'Allemagne a besoin d'une social-démocratie forte.» Ou encore : «Notre pays peut d'avantage. Notre pays mérite mieux», lance-t-il sans jamais nommer Merkel. Il dit vouloir éviter à l'Allemagne une «catastrophe libérale» et «une économie de marché débridée», qui résulterait d'une alliance entre les conservateurs et les libéraux dirigée par Merkel.

Steinmeier comprend qu'il ne faut pas attaquer de front la très populaire chancelière. Mais les Allemands se demandent s'il veut réellement devenir chancelier. Parce qu'il décline les maux du pays, mais que jamais il ne dit : «Je veux être chancelier.» Jusqu'au débat avec Merkel, il y a deux semaines, au cours duquel il se libère : «Je veux être chancelier, lâche-t-il en regardant la caméra au fond des yeux, parce qu'il existe un meilleur choix pour l'Allemagne : c'est moi.» Steinmeier est enfin candidat, et amorce sa remontée dans les sondages. Trop tard. Merkel a pris une avance décisive. Pour le quotidien Frankfurter Allgemeine, Steinmeier «ne possède qu'une seule option stratégique : redevenir le numéro deux de Merkel dans une grande coalition».

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Les Portugais face à la crise lorgnent vers l'extrême gauche

Par Marie-Line Darcy(rfi.fr). Article publié le 25/09/2009 


Dimanche 27 septembre 9,5 millions d’électeurs portugais se rendent aux urnes pour élire leurs représentants à l’Assemblée nationale. Le Parti socialiste y détient actuellement la majorité : 115 des 230 députés. Selon les dernières enquêtes d’opinions, les socialistes sont en passe de perdre cette majorité absolue. Les indécis, encore nombreux, les votes blancs ou nuls et l’abstention devront être pris en compte par les partis qui appellent à voter. Les Portugais eux tentent de trouver des réponses à la crise qui les frappe.


Une usine textile fermée, dans la région de Braga, durement touchée par la crise économique.(Photo : Miguel Riopa / AFP)

Une usine textile fermée, dans la région de Braga, durement touchée par la crise économique.
(Photo : Miguel Riopa / AFP)

 

Elle a le sourire des femmes qui ont vu beaucoup de choses. Amelia, petite femme ronde, ponctue ses phrases de « querida, querida » (ma chérie)  pour bien montrer sa bonne humeur. Pourtant Amelia aurait bien des raisons de se plaindre. « Ma retraite est de 250 euros par mois et en ville ce n’est pas facile. Heureusement le logement m’appartient, sinon je ne sais pas comment je ferai », explique-t-elle dans un sourire qui illumine ses yeux noirs.

Amelia se rend de temps en temps à l’entrée du marché de Campo de Ourique  dans un quartier résidentiel du centre de Lisbonne. Elle y vend à la sauvette les fruits de son jardin, des citrons, des coings ou quelques figues en saison. « C’est trois fois rien, mais ça me fait quelques euros pour améliorer l’ordinaire ». Amelia se dit chanceuse, « pas comme ces femmes qui sont obligées d’aller faire la manche à la sortie des supermarchés ».

Pour ne pas avoir à quémander, Manuela, 66 ans  elle aussi retraitée, exerce toujours sa profession : femme de ménage. « Je fais des petits boulots, un nettoyage de hall d’entrée par-ci, un bureau par-là. C’est le seul moyen que j’ai de m’en sortir. Tant que je pourrai le faire, ce sera ainsi », explique gentiment Manuela. La pauvreté. Elle s’aggrave au Portugal pour les personnes âgées. Selon les chiffres de l’INE- Institut National de Statistiques, près de 23 % des 1,8 million de retraités que compte le pays vivraient sous le seuil de pauvreté, fixé à 366 euros par mois ; 26% des personnes de plus de 65 ans vivraient sous ce seuil.

Le gouvernement de José Socrates est intervenu en créant le complément solidaire pour les personnes âgées, 90 euros par mois pour des revenus plafonnés à 4 960 euros par an. Une mesure sociale qui semble engloutie par les répercussions de la crise qui touche de plein fouet le pays depuis 2008.

Alerte au chômage

La crise a touché des pans entiers d’activités traditionnelles. Dans les vallées du Cavado et du Ave au nord du pays, c’est le secteur textile qui est dans la tourmente. Les usines ferment les unes après les autres, des micro ou petites entreprises mettent la clef sous la porte faute de commandes.  Le textile emploie 120 000 personnes au Portugal, mais le taux de chômage flirte actuellement avec les 12 % contre 9,2 % pour l’ensemble de la population active.

Bassin d’emploi traditionnel comme l’étaient les régions charbonnières et métallurgiques en France autrefois, la région industrielle pourrait ne pas se relever de la crise. « Le secteur emploie 80% de femmes, les niveaux de qualifications sont bas, et les salaires en proportion (salaire minimum national de 450 euros mensuel). Ce qui m’inquiète, c’est le retour forcé des maris au Portugal. Beaucoup sont partis chercher du travail dans la construction en Espagne. Mais là-bas aussi c’est la crise. Alors ils reviennent et ici il n’y a rien », commente Manuel Sousa, un dirigeant syndical.

A Leiria, à 100 km au nord de Lisbonne, même son de cloche. Là, un autre bassin d’emploi traditionnel est touché :  le secteur de la céramique et des faïences. Ailleurs, au sud de Lisbonne c’est le secteur de l’automobile qui est fragilisé, même si les efforts de modernisation sont considérables.

Pourtant, le Portugal est le second pays après la Pologne à avoir débloqué le plus de fonds pour lutter contre le chômage conjoncturel : 0,3 % de son PIB. Des 29 mesures annoncées en décembre 2008, 12 sont en place, elles ont coûté à l’Etat 580 millions d’euros.

Un vote protestataire

«  Les Portugais veulent que l’on s’adresse à leurs portefeuilles. Les grands discours idéologiques ne font plus recette », commente Carlos Magno, journaliste et analyste politique. C’est sans doute ce qui explique les scores réalisés par les partis d’extrême-gauche crédités, dans les sondages du début de campagne il y a 15 jours, de 12 % des voix pour le parti anticapitaliste Bloco de Esquerda et de 10% des voix pour le Parti communiste. Ils réclament une vraie politique sociale  et accusent le PS d’être trop centriste. La droite, celle du parti social-démocrate, emmenée par Manuela Ferreira Leite, première femme élue à la tête d’un parti politique, a surtout axé sa campagne sur le thème de « l’asphyxie démocratique » dont elle rend responsable le gouvernement socialiste sortant, sans toutefois s’avancer trop avant sur des mesures capables de sortir le pays de la crise.

José Socrates semble avoir entendu le message et se présente comme le seul garant de la pérennité du programme de réformes nécessaires pour moderniser son pays qu’il a entamé en 2005. Les sondages publiés vendredi, dernier jour de campagne, semblent lui donner raison.

Mais selon toute vraisemblance le PS devra conclure des alliances s’il veut gouverner dans la légitimité. Il reste encore 1 million d’indécis à convaincre.

jeudi, 24 septembre 2009

Et pourtant, c’est Merkel qu’ils préfèrent

A une semaine des élections, la reconduction de la chancelière à la tête de l’Etat est une quasi-certitude. Mais pourquoi les électeurs auraient-ils intérêt à lui confier un second mandat ?

24.09.2009 | Patrick Schwarz | Die Zeit

L’une des raisons – rarement évoquée – jouant en faveur d’une victoire électorale d’Angela Merkel est la curiosité. Les Allemands ne savent toujours pas à quoi s’en tenir sur leur chancelière. Son mandat a été celui des grandes premières : première femme chancelière, première Allemande de l’Est à accéder à ce poste, première grande coalition depuis quarante ans, pire crise économique mondiale des soixante dernières années… Pourtant, une question reste sans réponse : que vaut vraiment Angela Merkel ? Le sort de la chancelière n’a pas encore été scellé, son histoire n’a pas touché à sa fin, son cas est toujours en cours d’examen. Dès lors, l’intérêt des Allemands pour leur chancelière croît d’autant plus. Bon nombre d’électeurs ne votant pas pour la CDU [Union chrétienne-démocrate] sont passés du scepticisme à la bienveillance : de quoi cette femme est-elle encore capable ? Que peut-elle encore apporter à ce pays ? Le 13 septembre dernier, hélas, jour du débat télévisé entre la chancelière et son principal rival, Frank-Walter Steinmeier, les limites de Mme Merkel et de sa mission ont sauté aux yeux de tous.

En fin de compte, la principale réussite ­d’Angela Merkel n’a pas été d’avoir fait ce qu’elle a fait à la chancellerie, mais d’avoir été chancelière. Ainsi s’explique le paradoxe de ces élections allemandes : bon nombre d’Allemands estiment que Mme Merkel devrait rester chancelière, de préférence sans les libéraux du FDP, mais sans la CDU non plus. C’est là que le bât blesse.

Angela Merkel a rapproché le parti conservateur du centre et des Verts, et lui a insufflé une telle confiance en lui que son slogan électoral “WIR sind die Kraft” [NOUS sommes la force] n’a presque plus rien d’extravagant. Lors du débat télévisé, la candidate est malheureusement retombée dans ses vieux travers et a donné du grain à moudre aux critiques qui lui reprochent son manque de stature.

La victoire relative de son adversaire social-démocrate, Frank-Walter Steinmeier, a tendance à nous faire oublier le principal : la défaite de la chancelière. Tout d’un coup, la fragilité de sa position devient flagrante. La sympathie des Allemands pour leur chancelière se double, en effet, d’un doute persistant. Pourquoi affiche-t-elle si peu les idées politiques qu’elle défend ? N’est-ce qu’une conséquence des circonstances du moment : est-ce par crainte de rivalités internes ? Est-ce le fait d’être en concurrence avec son partenaire de coalition ? Ou bien est-ce la complexité de la situation sociale et mondiale ?

Dans cette campagne, Angela Merkel n’a absolument rien entrepris pour faire pencher les sentiments des électeurs pour ou contre sa candidature. Pour ne pas prêter le flanc à la critique, la chancelière a décidé de s’exprimer le moins possible sur ses projets pour son second mandat. Pour peu courageuse qu’elle soit, la méthode a fait ses preuves. Mais, à présent, la stratégie “présidentielle”, centrée sur la personne de Mme Merkel, atteint ses limites.

Lors du grand débat télévisé, la chancelière nous a offert une démonstration d’une heure et demie de sa méthode “surtout ne pas choquer”. Et c’est précisément ce qui a choqué tout le monde.

Naturellement, les sociaux-démocrates, qui ont suffisamment souffert du rayonnement de la chancelière, avaient déjà attisé les doutes quant à la fermeté de ses convictions. Ils ne lui ont pas reproché d’avoir des idées dangereuses, mais plutôt de n’en avoir aucune qui lui soit propre. Le mal, lui, s’incarnerait sous les seuls traits du président du Parti libéral, Guido Westerwelle (FDP).

Depuis, la présidente de la CDU semble elle-même de plus en plus convaincue par les critiques du SPD envers le FDP. On comprendrait mal, autrement, comment la chancelière est parvenue à rendre son projet de coalition avec les libéraux aussi peu attrayant pour les électeurs.

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