mardi, 12 mai 2009

Zimbabwe : Le bilan des 100 jours pour Tsvangirai

Par  RFI. Article publié le 12/05/2009 

Morgan Tsvangirai.(Photo : Reuters)

Morgan Tsvangirai.
(Photo : Reuters)

Trois mois après la formation du gouvernement d'union nationale, Morgan Tsvangirai estime que son pays est sur la bonne voie. Dans un entretien au journal sud-africain Sunday Times, le Premier ministre raconte également qu'il est arrivé à établir une relation positive avec son vieux rival, le président Robert Mugabe. Ces propos ont été recueillis alors que mardi, Morgan Tsvangirai doit effectuer devant le Parlement le traditionnel discours de bilan des 100 jours.

En moins de 100 jours, il est vrai que le gouvernement d'union a connu quelques succès notables. L'épidémie de choléra a été contenue. La suspension de la monnaie nationale dans les transactions a permis de maîtriser une hyperinflation devenue incalculable. Les rayons des supermarchés ne sont plus aussi vides même si l'essentiel des denrées alimentaires proposées restent inaccessibles pour la majorité des Zimbabwéens. Et même si les fonctionnaires se plaignent encore à juste titre de leurs salaires qui ne leur permettent pas de survivre, les hopitaux et les écoles ont rouvert leurs portes.

Ces résultats ne peuvent cependant masquer les immenses difficultés rencontrées par Morgan Tsvangirai. Les arrestations de proches du MDC (Mouvement pour le changement démocratique) et de journalistes n'ont pas cessé. Les invasions de fermes commerciales appartenant à des blancs non plus. La Zanu-PF n'entend toujours pas lâcher le contrôle de la banque centrale, des instances judiciaires et de l'appareil sécuritaire du pays.

A la tête d'un gouvernement sans ressource, le Premier ministre sait qu'il n'a pas d'autre choix que de devoir composer avec Robert Mugabe. Morgan Tsvangirai ne cache pas les problèmes rencontrés lors de ces trois mois à la tête du gouvernement d'union mais il les minimise dans un but précis : convaincre des bailleurs de fonds occidentaux, toujours sceptiques, de soutenir financièrement les nouvelles autorités du Zimbabwe.