Le Premier ministre indien Manmohan Singh et Carla Bruni-Sarkozy ont été les vedettes mardi de la traditionnelle garden-party du 14 juillet à l'Elysée, où Nicolas Sarkozy a fait une brève apparition.
Un an après Ingrid Betancourt, star de l'édition 2008, Nicolas Sarkozy a accueilli le Premier ministre indien, avec lequel il venait de présider le défilé militaire sur les Champs-Elysées. Après avoir déjeuné ensemble à l'hôtel de Marigny, les deux hommes sont apparus ensemble en début d'après-midi devant les quelque 5.000 invités de la garden-party.
Sous un soleil de plomb et les objectifs des appareils photo, Nicolas Sarkozy a salué le dirigeant de la "plus grande démocratie du monde", "réélu brillamment" par "plus de 700 millions d'électeurs".
Manmohan Singh a remercié le président français pour ce "rare honneur". "Ce n'est pas simplement moi que vous honorez, c'est tout le peuple indien", a-t-il dit, rappelant combien les idéaux de la Révolution française de liberté, d'égalité et de fraternité avaient inspiré la démocratie indienne.
Nicolas et Carla Sarkozy ont ensuite laissé leur invité pour un bain de foule de cinq minutes. Dans la bousculade, ils ont serré quelques mains, avant de regagner rapidement les salons réservés aux "happy few": membres du gouvernement, collaborateurs, amis et famille du président. Comme l'an dernier, les invités "ordinaires" de la garden-party n'avaient pas accès à ces salons, sévèrement gardés.
Auparavant, Carla Sarkozy, négligemment assise sur l'accoudoir d'un fauteuil, avait accueilli les caméras de TF1 dans son bureau pour un entretien exclusif. "On se calme mutuellement. Le bonheur est quelque chose qui apaise", a-t-elle confié à propos de son mari.
Carla Bruni-Sarkozy, qui n'habite que le week-end à l'Elysée, a dit se sentir "toujours un peu invitée" dans le "cadre exceptionnel et magnifique" du palais présidentiel. "On a de la chance avec le temps. Les rosiers sont magnifiques, les bonsaïs aussi", a glissé la première dame. Elle a également rendu un vibrant hommage aux militaires français engagés au service de la "paix" dans le monde, après avoir assisté au défilé du 14-Juillet.
Les téléspectateurs ont aussi eu droit à une visite du bureau présidentiel par le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant. Le premier collaborateur du président a souhaité que M. Sarkozy se représente en 2012.
Si Nicolas Sarkozy ne s'est pas attardé dans les jardins, le Premier ministre François Fillon, arrivé en début d'après-midi après un déjeuner avec son homologue cambodgien Hun Sen, a pris un long bain de foule d'une heure.
D'autres VIP se sont échappés des salons pour rejoindre la "vraie France", selon l'expression d'un élu. "Il fait chaud à l'intérieur. C'est bourré de monde", confiait le jeune secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu, avec une forte envie de dénouer sa cravate.
Dans la foule, on reconnaissait quelques célébrités comme le chanteur Didier Barbelivien, le philosophe André Glucksmann, un des frères Bogdanov ou le "curé des loubards" Guy Gilbert.
Parmi les politiques, quelques rares personnalités de gauche avaient répondu à l'invitation de Nicolas Sarkozy, telles Manuel Valls, régulièrement cité parmi les possibles ministres d'ouverture, l'ancien Premier ministre Michel Rocard, chargé de réfléchir au futur emprunt national, et Michel Charasse, dont le nom circule pour un siège au Conseil constitutionnel. Des représentants d'associations d'aide aux victimes avaient également été invités.
Mais les vraies vedettes étaient les militaires indiens, dont les uniformes chamarrés attiraient les invités pour des photos-souvenir.
Du fait des restrictions budgétaires, le nombre d'invités avait été ramené à 5.000, selon l'Elysée. La fête avait réuni 7.050 l'an dernier, selon le député PS René Dosière, spécialiste des comptes de l'Elysée. La réception avait coûté 475.523 euros. AP








