mercredi, 02 décembre 2009

La France reste ambiguë sur l'envoi de renforts en Afghanistan

Par Reuters, publié le 02/12/2009


PARIS - La France a réaffirmé son soutien à la stratégie de Barack Obama en Afghanistan mais temporise et maintient l'ambiguïté dès qu'il s'agit d'évoquer l'envoi éventuel de renforts militaires français dans ce pays.

Soldat français en patrouille en Afghanistan. La France a réaffirmé son soutien à la stratégie de Barack Obama en Afghanistan mais temporise et maintient l'ambiguïté dès qu'il s'agit d'évoquer l'envoi éventuel de renforts militaires français dans ce pays. (Reuters/Shamil Zhumatov)

Soldat français en patrouille en Afghanistan. La France a réaffirmé son soutien à la stratégie de Barack Obama en Afghanistan mais temporise et maintient l'ambiguïté dès qu'il s'agit d'évoquer l'envoi éventuel de renforts militaires français dans ce pays. (Reuters/Shamil Zhumatov)

 

 

Le président américain a annoncé mardi soir l'envoi par les Etats-Unis de 30.000 soldats de plus en Afghanistan et souhaité que ses alliés de la force internationale sous commandement de l'Otan, dont la France, renforcent également leur contingent.

Selon le quotidien Le Monde, Washington demanderait 1.500 soldats français de plus - chiffre non confirmé jusqu'ici par Paris et jugé fantaisiste par un diplomate de l'Otan.

"La demande est forte", a reconnu le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, à l'issue du conseil des ministres.

Le conseiller spécial du président Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, avait estimé auparavant sur France Inter que ça n'avait "pas de sens de dire d'emblée à tout 'non, non, non, jamais'".

Mais il a assuré qu'aucune décision n'avait été prise.

"Le président de la République a rappelé ce matin (en conseil des ministres) qu'il était important de se donner le temps de la réflexion sur ce sujet", a expliqué le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.

Luc Chatel et Henri Guaino ont réaffirmé que l'objectif de la France était d'abord "l'afghanisation", leitmotiv de Paris.

En octobre, Nicolas Sarkozy avait dit au Figaro que la France n'enverrait pas "un soldat de plus" en Afghanistan et qu'il fallait au contraire "davantage de soldats afghans".

L'Elysée et le ministre de la Défense, Hervé Morin, ont ainsi maintenu jusqu'au début de la semaine que Paris n'irait pas au-delà des 3.750 soldats français déjà engagés dans la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) - auxquels s'ajoutent 150 gendarmes et huit policiers.

Nicolas Sarkozy renvoie désormais toute décision sur un ajustement éventuel du dispositif français à la conférence de Londres sur l'Afghanistan, prévue le 28 janvier.

Il a salué dans un communiqué le "discours courageux, déterminé et lucide" de Barack Obama, qui "ouvre de nouvelles perspectives", et lui a apporté son "plein soutien".

PRIORITÉ À LA FORMATION DE L'ARMÉE AFGHANE

La France attend maintenant de la conférence de Londres des "engagements clairs des autorités afghanes (...) en matière de gouvernance, de développement économique et social et de lutte contre le trafic de drogue" et des "orientations précises sur l'afghanisation dans les zones les plus stables", ajoute-t-il.

C'est dans ce cadre que la France examinera sa contribution à la stratégie internationale, conclut-il, tout en réaffirmant sa "priorité à la formation des forces de sécurité afghane".

Le chef de la diplomatie a estimé qu'il n'y avait aucune nécessité pour le moment d'augmenter les effectifs français.

"Nous, dans notre zone, nous avons le nombre de soldats nécessaires", a-t-il dit après le conseil des ministres. "S'il faut ajuster, on le fera (...) Il y aura peut-être d'autres choses, il y aura peut-être de l'entraînement." Bernard Kouchner a aussi évoqué l'envoi éventuel de civils et de "techniciens".

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, s'attend à ce que les alliés fournissent au moins 5.000 soldats supplémentaires, chiffre inférieur aux espoirs américains.

La gauche française clame pour sa part son opposition à l'envoi de renforts en Afghanistan, alors qu'un débat est prévu sur ce sujet à l'Assemblée nationale le 16 décembre.

Pour l'ex-Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, Paris doit non seulement refuser d'envoyer des soldats supplémentaires mais aussi changer leur mission actuelle.

"Le risque de la décision d'Obama, c'est l'escalade, envoyer sans cesse plus de troupes pour maintenir un ordre de plus en plus précaire", a-t-il dit sur France 2.

Nicolas Sarkozy risque quant à lui de se retrouver lié par sa décision de faire reprendre à la France toute sa place dans le commandement intégré de l'Otan, a ajouté le député PS.

"Pour l'instant, Nicolas Sarkozy dit 'non, je n'enverrai que des formateurs'. Mais nous ne sommes pas certains qu'il ne sera pas lui-même, dans le cadre de cette alliance militaire, pris dans l'engrenage", a déclaré François Hollande.

Les taliban afghans se disent déterminés malgré les renforts US

REUTERS | 02.12.2009 |


Sur la base de Salerno, en Afghanistan. Les taliban afghans ont affirmé que l'envoi de dizaines de milliers de soldats supplémentaires en Afghanistan constituait une stratégie vouée à l'échec qui ne fera que renforcer leur détermination au combat. /Photo prise le 2 décembre 2009/REUTERS/Zohra Bensemra

KABOUL (Reuters) - Les taliban afghans ont affirmé mercredi que l'envoi de dizaines de milliers de soldats supplémentaires en Afghanistan constituait une stratégie vouée à l'échec qui ne fera que renforcer leur détermination au combat.


"Cette stratégie ne profitera pas à l'ennemi. Malgré les nombreuses troupes supplémentaires que l'ennemi va envoyer contre nos moudjahidines afghans, ils sont déterminés à accroître leur nombre et à renforcer leur résistance", disent les taliban dans un communiqué transmis par courrier électronique à la presse.


Jonathon Burch, version française Pierre Sérisier

Renforts: les influents soutiens d'Obama

AFP, 02/12/2009


Plusieurs influents élus du Congrès américain se sont déclarés favorables mardi à l'envoi de 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan, dont le président Obama s'apprête à faire l'annonce.


Le leader de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, a indiqué dans un communiqué que le président doit "présenter (mardi soir) une stratégie aboutie qui va garantir la sécurité des Américains chez eux, démunir Al-Qaïda d'un sanctuaire en Afghanistan et honorer nos troupes et leurs sacrifices quotidiens".


Le président Barack Obama a décidé le déploiement accéléré de 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan, assorti d'un début de retrait des troupes dès la mi-2011.


Le sénateur républicain Kit Bond, qui siège à la commission du Renseignement, s'est pour sa part déclaré "encouragé par le fait que le président a renouvelé la stratégie qu'il avait exposé en mars, une stratégie qui permettra à nos troupes de retrouver le succès et de remettre l'Afghanistan sur la route de la stabilité".


M. Bond a toutefois regretté l'idée d'assortir la nouvelle stratégie d'un calendrier de retrait. "Le président devrait écouter les chefs militaires sur le terrain, pas les généraux de salon à Washington", a-t-il dit.


M. Obama a reçu mardi plusieurs élus mardi à la Maison Blanche pour les informer officiellement de sa nouvelle stratégie avant de s'envoler pour l'école militaire de West Point (nord-est), où il devait prononcer son discours annonçant l'envoi de renforts.

Plus tôt dans la journée, le chef de la majorité démocrate de la Chambre des représentants Steny Hoyer avait fustigé le prédécesseur de M. Obama, George W.

Bush, en affirmant que l'administration de ce dernier avait "tourné les talons" devant l'Afghanistan pour se concentrer sur l'invasion de l'Irak.

"Ils ont commencé quelque chose et n'ont pas terminé, et ils ont laissé le soin à cette administration de tout arranger", a dit M. Hoyer. "Clairement, nous ne commettons pas la même erreur que l'administration Bush", a-t-il dit.

Le fonctionnement des forces étrangères en Afghanistan

Pauline Fréour (lefigaro.fr), 02/12/2009



Un soldat américain patrouille dans la vallée de Jalrez.
Un soldat américain patrouille dans la vallée de Jalrez. Crédits photo : AP


FOCUS - Tour d'horizon des troupes mobilisées et de leurs missions, au moment où le commandant des forces internationales en Afghanistan, le général américain Stanley McChrystal, réclame de nouveaux renforts.

 

Le nombre de soldats étrangers mobilisés en Afghanistan s'élève à 113.000 hommes, répartis entre deux missions. On recense d'une part les troupes participant à l'opération Enduring freedom (OEF), majoritairement américaines et répondant aux ordres de l'Etat-major américain, d'autre part, celles liées à l'ISAF, une force internationale de l'OTAN. Les deux opérations se déroulent en parallèle et en coordination l'une avec l'autre, sous un commandement unique, celui du général américain Stanley McChrystal.

 

OEF : Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis lancent l'opération militaire Enduring Freedom pour renverser les talibans au pouvoir. Après la chute du régime en novembre de la même année, l'OEF est maintenue pour neutraliser l'ensemble des terroristes liés à al-Qaida dans la région. Enduring Freedom mobilise 40.000 hommes, dont 35.000 Américains et quelque 500 Français, qui mènent des actions strictement militaires.

 

ISAF : Parallèlement à l'OEF est créée, quelques mois après la chute des talibans, une Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) sous mandat des Nations unies. L'objectif : rétablir à Kaboul et dans ses alentours un climat de sécurité favorable à la reconstruction, en assurant des missions de police, de conseil auprès du gouvernement, de sécurisation des élections, de soutien à l'armée et de formation des forces de sécurité nationales. Son commandement est confié dès 2003 à l'OTAN, et son mandat étendu à tout le pays. A l'automne 2007, les forces alliées commencent à céder le contrôle de certaines bases stratégiques aux Afghans, première étape dans le processus de retrait des militaires étrangers, mais la résurgence des violences qui s'ensuit pousse le président Obama à revoir début 2009 la stratégie afghane. Dotée en mai d'un nouveau commandant en chef en la personne du général américain Stanley McChrystal, l'Isaf devrait réduire ses opérations militaires lourdes pour mener, en contrepartie, plus de missions à destination des civils : construction d'écoles, lutte contre la corruption des ministères, relance de l'agriculture…

 

Effectifs : Lancée en 2001 avec 5.000 hommes, l'Isaf compte aujourd'hui 71.030 soldats, issus de 43 pays. Les Etats-Unis représentent près de la moitié de ces troupes avec 34.800 hommes, qui seront rejoints dans les six mois à venir par un renfort de 30.000 soldats, a annoncé Barack Obama le 1er décembre. Loin derrière, le Royaume-Uni recense 9.000 hommes, auxquels vont venir s'ajouter 500 autres militaires, et la France 3.300.

 

LIRE AUSSI :

» INTERVIEW - McChrystal : «Comment nous allons gagner en Afghanistan»

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Nicolas Sarkozy salue le discours d'Obama sur l'Afghanistan

Par Reuters, publié le 02/12/2009

 

PARIS - Nicolas Sarkozy a salué mercredi le discours "courageux" de Barack Obama sur l'Afghanistan et réaffirmé l'engagement de la France aux côtés des alliés sans pour autant se prononcer clairement sur l'envoi d'éventuels renforts.


Nicolas Sarkozy a salué mercredi le discours courageux de Barack Obama sur l'Afghanistan et réaffirmé l'engagement de la France aux côtés des alliés sans pour autant se prononcer clairement sur l'envoi d'éventuels renforts. (Reuters/Jean-Paul Pélissier)

Nicolas Sarkozy a salué mercredi le discours "courageux" de Barack Obama sur l'Afghanistan et réaffirmé l'engagement de la France aux côtés des alliés sans pour autant se prononcer clairement sur l'envoi d'éventuels renforts. (Reuters/Jean-Paul Pélissier)

 

Le président américain a annoncé mardi soir l'envoi de 30.000 soldats américains supplémentaires et exhorté les pays membres de la coalition à renforcer également leur contingent.

Alors qu'il avait semblé opposer en début de semaine une fin de non-recevoir aux demandes américaines, le président français a laissé mercredi la porte ouverte à l'envoi de possibles renforts.

Dans un communiqué, il déclare que Paris "examinera sa contribution à la stratégie internationale" après la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Alliance atlantique, jeudi et vendredi à Bruxelles, et la conférence de Londres sur l'Afghanistan prévue le 28 janvier 2010.

Selon Le Monde, Barack Obama aurait réclamé à la France l'envoi de 1.500 soldats supplémentaires en Afghanistan, un chiffre jugé "extrêmement fantaisiste" par un haut diplomate de l'Otan.

"SOUTIEN RENFORCÉ" AU PAKISTAN

A l'heure actuelle, 3.400 soldats français opèrent sur le sol afghan ainsi que 150 gendarmes dans le cadre d'une mission de la force européenne de gendarmerie et des policiers sous bannière de l'Union européenne.

Nicolas Sarkozy juge dans le communiqué le discours de Barack Obama "courageux, déterminé et lucide" et estime qu'il "donne un nouvel élan dans l'engagement international et ouvre de nouvelles perspectives".

"Le Président de la République lui apporte son plein soutien et appelle tous les pays qui veulent aider le peuple afghan à y adhérer", poursuit le communiqué de l'Elysée.

Le chef de l'Etat réaffirme que Paris donnera "la priorité à la formation des forces de sécurité afghanes" tout en faisant valoir que la France a déjà "fortement accru son engagement civil et militaire depuis deux ans".

Dans un entretien au Figaro en octobre, Nicolas Sarkozy avait dit que la France n'enverrait pas "un soldat de plus" en Afghanistan et que sa conviction était qu'il fallait "davantage de soldats afghans".

"Notre objectif est que les Afghans puissent vivre dans un pays pacifié et souverain. La stabilité de l'Afghanistan comme celle du Pakistan sont essentielles pour la paix du monde et pour notre propre sécurité", ajoute-t-il dans le communiqué.

"C'est pour cela que la France restera fermement engagée, avec ses alliés, aussi longtemps que nécessaire, aux côtés du peuple afghan."

L'Elysée précise que la France va apporter "un soutien renforcé au Pakistan voisin dans sa lutte contre les forces de déstabilisation qui menacent toute la région", sans donner de détails sur la nature de cette assistance.

Clément Dossin

Obama envoie 30.000 soldats de plus en Afghanistan

Laure Mandeville, correspondante à Washington (lefigaro.fr), 02/12/2009



Selon le commandant des forces américaines et de l'Otan en Afghanistan, l'envoi de 30.000 hommes lui fournira les «ressources» nécessaires pour mener à bien sa mission.
Selon le commandant des forces américaines et de l'Otan en Afghanistan, l'envoi de 30.000 hommes lui fournira les «ressources» nécessaires pour mener à bien sa mission. Crédits photo : AFP


Après de longues semaines de réflexion, le président américain a dévoilé cette nuit son plan pour sortir de ce long conflit, et annoncé un début de retrait dès 2011.

Peut-on gagner une guerre en annonçant l'heure de la fin de la bataille ? La question faisait déjà rage mardi sur les télévisions américaines, après le discours prononcé dans la soirée par le président Barack Obama sur sa stratégie en Afghanistan. Intervenant devant les élèves de l'Académie West Point, le chef de l'Etat a annoncé que 30.000 hommes supplémentaires seraient envoyés sur le terrain afghan car il y va «de l'intérêt national américain», précisant que ce nouveau déploiement se ferait de manière accélérée pour tenter de frapper fort et vite. Mais après avoir défendu cet effort massif, qui indispose beaucoup de ses partisans du camp démocrate, le chef de l'Etat américain s'est empressé d'ajouter que les troupes américaines commenceraient leur retrait dès l'été 2011, soit dix-huit mois plus tard. Une précision susceptible de plaire à l'opinion publique fatiguée d'une guerre qui dure depuis 2001, mais qui devrait susciter critiques et inquiétudes chez les experts et les militaires qui plaident pour un engagement de long terme.

 

«Je ne prends pas cette décision à la légère», a martelé Barack Obama à propos de sa décision d'engager de nouvelles troupes, dans un discours souvent grave, en rendant longuement hommage au sacrifice des militaires et de leurs familles. «Si je ne pensais pas que la sécurité des Etats-Unis et celle des Américains est en jeu… demain je donnerai avec joie l'ordre à tous les soldats jusqu'au dernier de rentrer», a précisé le président. Evoquant l'historique de l'engagement américain en Afghanistan en 2002 en riposte aux évènements du 11 septembre , le président a rappelé qu'al-Qaida restait une menace susceptible de frapper les intérêts américains et alliés et que cette menace justifiait le combat que mènent l'Amérique et 42 autres pays sur le théâtre afghan. Al-Qaida prépare «de nouveaux attentats à l'heure où je vous parle», a-t-il prévenu, appelant à «faire «face» aux terroristes.

 


Intensifier la formation de l'armée afghane

 

Crédit photo : AP.
Crédit photo : AP.

Le président s'est aussi employé à expliquer très longuement que l'objectif militaire - visant à démanteler, débander et détruire al-Qaida - devait s'accompagner d'un processus intensif et massif de formation de l'armée afghane, pour lui permettre de prendre en charge la sécurité de son pays le plus vite possible. «Nous voulons être votre partenaire, pas votre patron», a-t-il ajouté, s'adressant cette fois aux Afghans et répétant que l'Amérique n'avait nullement l'intention de rester en Afghanistan, car elle devait s'occuper de reconstruire sa propre économie. A cet égard, Barack Obama a expliqué que le surge militaire et la formation de l'armée et de la police afghane (qui reste le maillon le plus faible et le plus nécessaire du dispositif de sécurité), s'accompagnerait d'une assistance civile au gouvernement central d'Hamid Karzaï. Mais il a clairement laissé entendre que ce dernier devrait respecter ses engagements à lutter contre la corruption et améliorer le fonctionnement du pays, en échange. «L'époque du chèque en blanc est révolue», a-t-il prévenu dans un avertissement particulièrement sec, précisant que l'Amérique expliquerait clairement «ce qu'elle attend de ceux qu'elle aide».

 

Dernier point clé du discours d'Obama : le Pakistan. Le président a beaucoup insisté sur l'importance cruciale, pour le succès de la stratégie afghane de la coalition, d'un «partenariat efficace» des Etats-Unis avec le Pakistan. «Nous allons agir en étant parfaitement conscients que notre succès en Afghanistan est lié inextricablement à notre partenariat avec le Pakistan», en butte aux extrémistes et où la hiérarchie d'al-Qaida se cache selon toute vraisemblance, a-t-il scandé, appelant à formuler une stratégie qui marche des deux côtés de la frontière. Le président a également appelé à une mobilisation de ses alliés et à de nouvelles contributions à l'effort de guerre. «Cette guerre n'est pas la guerre de l'Amérique», a-t-il dit.

 


Le spectre d'un nouveau Vietnam

Réagissant au discours de West Point, le général Mc Chrystal, commandant des forces américaines et de l'Otan en Afghanistan, a salué l'annonce de l'envoi de 30.000 hommes, soulignant que cette décision lui fournissait les «ressources» nécessaires pour mener à bien sa mission.

Mais deux types de critiques semblent d'ores et déjà émerger, l'une venant plutôt de la droite et l'autre de la gauche. Dans le camp démocrate, beaucoup avertissent contre le spectre d'un nouveau Vietnam et s'étonnent d'un engagement massif qui va peser sur les finances de l'Etat alors que l'économie est en crise et le chômage à plus de 10%. Mardi, le président a reconnu que les renforts supplémentaires grèveraient le budget de l'Etat de trente milliards de dollars cette année et qu'il en discuterait avec le Congrès pour savoir comment concilier cette dépense avec la rigueur budgétaire qu'il recherche. Mais il a refusé la comparaison avec le Vietnam, jugeant qu'elle reposait sur «une lecture erronée de l'histoire».

 

Si les Républicains semblent beaucoup plus en phase avec le président sur la nécessité de donner aux généraux américains les renforts qu'ils réclament, ils ont en revanche exprimé leur hostilité à toute annonce d'une date de départ des troupes. En annonçant un début de retrait dès 2011, dans dix-huit mois, le risque est d'envoyer aux ennemis talibans et aux alliés afghans et pakistanais, le message que l'Amérique ne sera pas là pour longtemps. «L'Histoire montre que si l'on fixe une date de départ, l'ennemi attend que l'on parte» pour s'emparer du terrain, prévenait fin novembre le sénateur américain John McCain lors d'un forum sur la sécurité à Halifax, au Canada. «Pour qu'une campagne aux tenants et aboutissants aussi complexes réussisse, il faut être prêt «à être très patient», confiait pour sa part mardi un ancien militaire spécialiste de la contre-insurrection. Le calendrier annoncé mardi ne va pas en ce sens. «L'absence d'un calendrier de transition annihilerait le sentiment d'urgence à travailler avec le gouvernement afghan», s'est justifié Obama. Pour lui, «il est clair que les Afghans doivent assumer la responsabilité de leur sécurité, et que les Etats-Unis n'ont aucun intérêt à livrer un combat sans fin en Afghanistan».

 


VIDÉO - Le discours de Barack Obama en intégralité

 


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mardi, 01 décembre 2009

Afghanistan : Stratégies militaires et combats contre les taliban


Les violences atteignent ces derniers mois des niveaux records


Face aux forces de la coalition, les taliban gagnent du terrain et accentuent la pression sur des forces internationales de plus en plus désabusées.

Pour le colonel Francis Chanson, commandant des 740 soldats français en Kapisa, "sur le moyen terme, il n'y a pas de victoire militaire à attendre". "La Kapisa compte aujourd'hui beaucoup plus d'insurgés qu'il y a cinq ans".

Son expérience rejoint la stratégie révisée du général McChrystal, commandant des forces américaines et de l'Otan en Afghanistan, qui privilégie désormais la sécurisation des populations sur la traque des insurgés.

Samedi 15 août, au moins sept civils ont été tués et 91 personnes blessées dans un attentat suicide à la voiture piégée devant le quartier général de l'Otan, à une centaine de mètres des ambassades britannique et américaine. Mardi 18 août, un attentat-suicide perpétré dans une des principales artères de la ville a fait au moins cinq morts et une trentaine de blessés et des roquettes se sont abattues sur le palais présidentiel et le quartier général de la police.

Juillet a battu les records de pertes pour les forces étrangères après le déploiement de milliers de troupes d'élite américaines et britanniques dans la province méridionale du Helmand, zone où est également concentrée la production d'opium.

Le général McChrystal estime que ses forces affrontent "un ennemi désormais beaucoup plus agressif" et mieux armé. "Nous devons stopper leur élan. La tâche est difficile".

Quelque 101 000 soldats étrangers, dont 62 000 Américains, sont stationnés sur le sol afghan. Ils ont notamment pour tâche d'assurer la sécurité lors des élections présidentielle et provinciales du 20 août, que les taliban ont juré de saboter.

Des renforts sont attendus d'ici à la fin de l'année. Comme l'a décidé l'administration Obama, les États-Unis compteront à l'automne 68 000 soldats en Afghanistan.

Zoom:


Renforts américains annoncés

Le président Obama devrait annoncer ce mardi 1er décembre l'envoi de trente mille hommes supplémentaires, pour "finir le travail" contre les Taliban. Une stratégie qui divise ses alliés européens.

JT TV5Monde

1er décembre 2009 - 1'49


“Des difficultés dues à une multitude de champs de bataille“

Etienne Dedurand est directeur du centre des Etudes de Sécurité à l'IFRI. Il a été l'un des très rares Européens et le seul Français à être invité par les Américains à Kaboul pour y être entendu. Il a ainsi contribuer au rapport élaboré par le Général McCrystal sur la situation militaire de l'Otan dans le pays, destiné à Barack Obama. Il explique dans le le journal de TV5Monde ce qu'il faudrait faire en Afghanistan, entre renforts et négociation...

JT TV5Monde
10 novembre 2009 - 8'12


Ban Ki-moon appelle à l'aide

Le secrétaire général des Nations Unies demande l'aide des Etats membres pour renforcer la sécurité de ses personnels en Afghanistan.

Récit d'Amélie Cano
30 octobre 2009 - 1'41


“Les taliban n'ont jamais tapé aussi fort contre les civils étrangers“

Entretien avec Ariane Quentier, auteur de Afghanistan, au coeur du chaos aux éditions Denoël. Ariane Quentier a travaillé pour les Nations Unies en Afghanistan.

JT TV5Monde
28 octobre 2009 - 4'40


L'ONU durement touchée par un attentat à Kaboul

Huit personnes dont cinq membres des Nations Unies ont péri dans une attaque des taliban, présentée comme la "première étape" de leur campagne de déstabilisation contre le scrutin du 7 novembre.

Récit de Sandra Calme
29 octobre 2009 - 1'40


Général Stéphane Abrial “L'Otan va désormais s'occuper des populations en Afghanistan“

L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord a décidé de revoir sa stratégie militaire dans la guerre en Afghanistan. Les explications du général Stéphane Abrial, commandant suprême à l'Otan.

JT TV5Monde
25 octobre 2009


La Grande Bretagne s'engage à envoyer 500 soldats en plus en Afghanistan

L'unité militaire britannique est le deuxième contingent étranger en Afghanistan après les troupes américaines. Londres veut renforcer ce bataillon afin de partager l'effort de guerre souhaité par Barack Obama, pour venir à bout des combattants taliban. Le Premier ministre Gordon Brown pose toutefois des conditions.

Stéphane Leroyer - 15 octobre 2009 - 1'55


Treize mille soldats américains en renfort en Afghanistan

C'est une information du quotidien américain "The Washington Post", Barack Obama a décidé d'envoyer des troupes supplémentaires pour contrer l'avancée des taliban sur le terrain en Afghanistan.

Le commentaire de Damien Coquet
JT- TV5Monde - 13 octobre 2009 - 1'26

Barack Obama dévoile peu à peu sa stratégie pour l'Afghanistan

Article publié le : mardi 01 décembre 2009

 

REUTERS / Bruno Domingos



Par RFI

 

Mardi, devant la prestigieuse école militaire de West Point, Barack Obama devrait annoncer une augmentation significative du nombre de soldats américains en Afghanistan. Il a déjà averti ses homologues européens notamment de ses intentions. La stratégie américaine se précise.

 

Avec notre correspondante à Washington, Donaig Le Du

 

Barack Obama a donné les ordres dès dimanche soir. Ses principaux commandants sur le terrain en Afghanistan, ont été parmi les premiers informés des décisions présidentielles. Et les premiers soldats américains supplémentaires devraient être déployés très rapidement dans les provinces de l’est et du sud du pays.


Lundi, c’était au tour des principaux alliés des Etats-Unis d’être mis dans la confidence ; sans toutefois que ne leur soit révélé le nombre de militaires qui seront envoyés en renfort. Enfin Barack Obama s’entretiendra ce mardi avec plusieurs membres éminents du Congrès juste avant de prononcer son discours à la Nation.

Clarifier la stratégie, fixer des objectifs précis aux troupes américaines et surtout préparer dès maintenant une stratégie de sortie ; le président des Etats-Unis entend aussi prouver que cette guerre n’est pas seulement une affaire américaine. Il veut demander à ses alliés au sein de l’Otan de faire eux aussi un effort, à hauteur de 5 à 10 000 hommes au total.

Barack Obama est convaincu que la solution en Afghanistan ne peut être seulement militaire. Il attend du gouvernement Karzaï qu’il fasse la preuve de sa bonne volonté, en donnant des signes forts dans les domaines de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption.


Washington attend que l'effort de guerre soit partagé par ses alliés

Certains ont d’ores et déjà annoncé une augmentation de leur contribution, tandis d'autres restent sur leurs positions.

Le Premier ministre britannique a expliqué aux députés que les conditions sont remplies pour déployer, comme prévu, 500 soldats supplémentaires et notamment, a-t-il dit, en raison de la promesse obtenue d'une augmentation des contingents des autres membres de la coalition. Selon lui, huit pays sont prêts à augmenter leur contribution. L'effectif britannique est donc porté à 9 500 hommes, a dit Gordon Brown, qui confirme ainsi la place prépondérante de la Grande-Bretagne aux côtés de Washington dans la guerre en Afghanistan.

Même tonalité à Rome qui a 3 250 soldats sur place. Silvio Berlusconi, le président du Conseil, a annoncé qu'il était disposé à fournir une «contribution supplémentaire», mais il n'a toutefois donné aucun chiffre.

Pour sa part, le président français a annoncé une contribution française parfaitement stable. Il y a environ 3 300 soldats français déployés dans le cadre de la coalition et qui resteront là-bas «aussi longtemps que nécessaire», mais il n'y aura pas de troupes supplémentaires, a déclaré Nicolas Sarkozy.

Enfin, avec 1 550 hommes sur le terrain, le Premier ministre australien Kevin Rudd a lui aussi réaffirmé qu'il déclinerait toute demande de renforts. Mais, comme le président français, Kevin Rudd rappelle qu'il n'a pas l'intention de ramener les soldats à la maison...

Il faudra toutefois compter avec l'évolution de la situation sur le terrain. Les opinions publiques donnent des signes d'essoufflement face à cet engagement au résultat incertain. Les Canadiens ont d'ores et déjà fixé la date de leur retrait à 2011.

lundi, 30 novembre 2009

Brown confirme l'envoi de 500 soldats supplémentaires en Afghanistan

30 novembre 2009 - Par france24.com



Lors d'une intervention devant les députés, le Premier ministre a garanti que le contingent britannique en Afghanistan passera de 9 000 à 9 500 soldats début décembre.


AFP - Le Premier ministre britannique Gordon Brown a confirmé lundi l'envoi début décembre de 500 soldats supplémentaires en Afghanistan, afin de porter le contingent britannique à 9.500 hommes, lors d'une intervention devant la chambre des Communes.

 

Le Premier ministre a expliqué aux députés que les trois conditions posées le 14 octobre au déploiement de 500 soldats supplémentaires avaient été remplies : équipements suffisants, augmentation des contingents des autres membres de la coalition et renforcement des forces de sécurité afghanes.

 

"Je confirme que nous allons porter le nouveau niveau de nos troupes à 9.500. Les troupes supplémentaires se déploieront début décembre pour renforcer la présence britannique dans la province du Helmand", a déclaré M. Brown.

 

Il a précisé qu'en incluant les forces spéciales et "autres personnels" non spécifiés, déployés dans le pays, le contingent britannique "dépassera les 10.000 soldats".

jeudi, 26 novembre 2009

La polémique continue autour de la torture subie par les prisonniers afghans

Article publié le : jeudi 26 novembre 2009 - Dernière modification le : jeudi 26 novembre 2009

L’ancien chef d’état-major de l’armée canadienne Rick Hillier (g) et les deux anciens généraux Michel Gauthier (c) et David Fraser devant la commission d'enquête parlementaire de la Chambre des communes.
Reuters/BlairGable


Trois hauts gradés militaires en poste en 2006 et 2007 répondaient mercredi au diplomate canadien qui affirme qu’il avait prévenu ses supérieurs dès cette époque que les prisonniers étaient torturés lorsqu’ils arrivaient dans les prisons afghanes. L’ancien chef d’état-major de l’armée canadienne Rick Hillier, interrogé en comité parlementaire, qualifie de grotesques les propos du diplomate.

Avec notre correspondante à Québec, Pascale Guéricolas

Dans leur témoignage devant les parlementaires, les trois hauts gradés militaires ont démoli point par point les allégations du diplomate canadien en poste en Afghanistan en 2006 et 2007.

Non, les rapports écrits à l’époque par Richard Colvin ne mentionnaient pas de cas de torture parmi les prisonniers transférés aux autorités locales. Non, les Afghans capturés par les soldats canadiens n’avaient rien d’innocents fermiers soumis ensuite à la torture, contrairement à ce qu’affirme le diplomate. Plusieurs personnes arrêtées sur des lieux de combat avaient des traces d’explosifs sur les mains.

Confrontés à deux versions contradictoires de la même histoire, les parlementaires de l’opposition réclament les fameux rapports du diplomate. Des rapports qui auraient même été envoyés au ministre des affaires étrangères. Le gouvernement refuse pourtant de rendre disponible ces informations sensibles.

Du coup, l’opposition, soutenue par Amnesty Internationale, réclame une enquête publique. Les députés veulent comprendre si oui ou non le Canada s’est rendu complice de crimes de guerre en sachant que les prisonniers transférés aux autorités afghanes risquaient la torture.

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