jeudi, 07 janvier 2010

Etats-Unis / Afrique / Défense

Le commandant de l’AFRICOM s’explique à Paris



Article publié le : mercredi 06 janvier 2010


Le général William Ward.
AFP/Fethi Belaid



Par RFI


De passage à Paris, le général William Ward, commandant-en-chef de l'AFRICOM (commandement américain pour l’Afrique), a donné une conférence de presse le 6 janvier pour rappeler le rôle de ce commandement, actuellement installé à Stuttgart en Allemagne. Il a pu ainsi expliquer quelles sont les préoccupations des Etats-Unis concernant la sécurité en Afrique, notamment dans la lutte contre le terrorisme, la piraterie, le narcotrafic et autres crimes.


Lors de cette rencontre avec la presse à l’ambassade des Etats-Unis dans la capitale française, le général William Ward a souligné qu’il n’était pas en Afrique « avec des bataillons de soldats qui se déployeraient un peu partout. Ce n'est pas ce genre d'opération. Nous sommes tous inquiets à propos de la Somalie, du Soudan, de la Guinée et tous les foyers d'instabilité sur le continent. Mais je ne suis pas le policier de l'Afrique. Ce que nous faisons, c'est travailler en collaboration avec certains pays pour leur permettre, en leur donnant des moyens supplémentaires, d'assurer leur propre sécurité ». Il a précise que au Sahel, par exemple, « nous avons des programmes de formation pour les armées régulières, nous les équipons et nous les conseillons afin de leur permettre d'accroitre leurs compétences et d'affronter les menaces terroristes qui existent dans leurs pays. Mais je tiens une nouvelle fois à préciser que nous sommes et nous continuerons d'être une organisation qui collabore avec ses Etats partenaires, qui met en place des activités que nos partenaires nous ont demandé de mettre en place pour les aider ».


Le commandant d’AFRICOM a ajouté qu’il s’agit d’améliorer les compétences de ces pays « pour qu'ils puissent faire face à leurs problèmes de sécurité et qu'ils deviennent de véritables partenaires pour régler les problèmes de sécurité qui existent à l'échelle planétaire. Car il n'y a aucun doute sur le fait qu'une Afrique plus stable et plus sécurisée est dans l'intérêt des Etats-Unis, de la communauté internationale et bien sûr de l'Afrique elle-même ».


AFRICOM reste en Allemagne

Le responsable africain de l'armée américaine a également souligné que son commandement n'a en aucun cas l'intention de développer sa présence militaire sur le continent : « On me demande souvent si mon quartier général va déménager de l'Allemagne vers l'Afrique. Et la réponse est qu'on n'a pas l'intention de le faire. Et à l'avenir, autant que je puisse le dire, nous allons rester où nous sommes, à Stuttgart. Pour l'instant, ça fonctionne. Les personnes qui participent à nos programmes et à nos exercices vont continuer à se rendre régulièrement sur le continent africain, comme je le fais. Mais coupons court à toute rumeur, nous n'allons que là où nous sommes invités. Nous ne nous imposons nulle part ».


Le général William Ward a voulu aussi démentir des rumeurs concernant les activités de la structure militaire qu’il dirige : « Par exemple, AFRICOM n'a jamais demandé de s'installer de manière permanente à Tamanrasset en Algérie ou à Gao au Mali. Nous avons organisé des entraînements là-bas, comme nous le faisons ailleurs en Afrique. Mais cela ne signifie pas que nous allons nous installer là-bas de manière permanente. Nous avons une base à Djibouti. En dehors de ce détachement, nous n'avons aucunement la volonté ou le désir d'installer une autre base sur le continent africain ».

mercredi, 06 janvier 2010

Chine/Afrique

Tournée africaine pour le ministre des Affaires étrangères chinois




Le ministre chinois des Affaires étrangères.
(Photo : Jason Lee/Reuters)



Par RFI


Le ministre chinois des Affaires étrangères est attendu en Afrique ce mercredi 6 janvier 2010. Une tournée qui va le conduire dans cinq pays : le Kenya, le Nigéria, la Sierra Léone, l'Algérie et le Maroc. Une visite qui vise à renforcer la présence chinoise en Afrique, malgré les critiques des pays occidentaux.


Avec notre correspondant à Pékin, Marc Lebeaupin


C'est devenu un rituel depuis une vingtaine d'années. Le premier déplacement du ministre chinois des Affaires étrangères après le Nouvel An est à destination de l'Afrique. Un évènement qui confirme l'intérêt de la Chine pour le « Continent ». Yang Jiechi, le ministre des Affaires étrangères, va passer pas moins d'une semaine en Afrique, officiellement pour entretenir l'amitié traditionnelle sino-africaine, et renforcer le partenariat gagnant/gagnant.


Une visite qui marque surtout la volonté de la Chine de ne pas se laisser impressionner par les critiques occidentales sur le ré-endettement de l'Afrique ou le soutien apporté à des régimes très contestés.


A la veille de ce départ, la revue Economy of China, éditée par l'Université de Pékin, revient sur ces critiques pour mieux les écarter. A propos d'un risque de ré-endettement de l'Afrique, la revue rejette catégoriquement l'hypothèse d'un scénario catastrophe, comme le prévoient certains pays occidentaux. Des pays accusés au passage, de ne pas avoir tenus leurs engagements financiers vis à vis de l'Afrique.


Pékin souligne l'importance des financements d'infrastructure en Afrique. La Chine est devenue en 2008, le deuxième partenaire commercial du continent, devant la France et derrière les Etats-Unis , avec un volume d'échange de plus de 100 milliards de dollars annuel.


Et les autorités chinoises n'entendent pas en rester là, comme le prouve l'accord annoncé l'année dernière à l'occasion du Forum sino-africain de Charm-el-Cheikh, pour l'attribution d'un nouveau prêt de 10 milliards de dollars à l’Afrique.

samedi, 26 décembre 2009

Union Africaine : le dernier sommet de Kaddafi

AFP | Par : Redaction Web


Mouammar Kaddafi est président de l'Union africaine depuis février 2008Mouammar Kaddafi est président de l'Union africaine depuis février 2008© AFP


Le prochain sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union Africaine (UA) se tiendra à Addis Abeba du 31 janvier au 2 février 2010. Il s'agira essentiellement de trouver un successeur au "Guide" libyen, Mouammar Kaddafi, qui préside l'organisation depuis février 2008.


Ce 14e sommet ordinaire de l'UA qui aura lieu à Addis Abeba du 31 janvier au 2 février, aura pour thème officiel "Technologies de l'Information et de la Communication en Afrique: Défis et Perspectives pour le Développement", note un texte officiel rendu public le 24 décembre.


Mais il aura, en réalité,  pour objet principal le remplacement du colonel Mouammar Kaddafi à la tête de l'organisation, un an après qu'il en a été nommé président malgré l'opposition de certains présidents africains.


Récemment, le "Guide" avait essayé d'obtenir de ses homologues, sans succès jusqu'à présent, qu'ils le laissent accomplir un second mandat. Le sommet d'Addis Abeba du mois prochain devrait ainsi être le dernier du président libyen et autoproclamé "Roi des rois traditionnels d'Afrique", en tant que dirigeant de l'organisation panafricaine.


Réunions préparatoires


Le colonel Kaddafi a fêté en septembre dernier ses quarante ans de règne sur la Libye. Sa succession n'est pas encore déterminée mais son fils Seif el-Islam, désigné à la mi-octobre comme numéro deux de la Jamahiriya, tient la corde.


Comme toujours, le sommet de l'UA sera  précédé de réunion préparatoires: au niveau des experts les 25 et 26 janvier et des ministres des Affaires étrangères des 53 Etats membres les 28 et 29 janvier.


L'UA, créée en 2001, organise deux sommets par an, un à Addis Abeba, siège de l'organisation, et l'autre dans l'un des 53 Etats membres. Le dernier, en juillet dernier, s'était tenu à Syrte, en Libye. (avec AFP).

mercredi, 02 décembre 2009

Dépigmentation : les enfants aussi

02/12/2009 | La rédaction web de Jeune Afrique | Par : Habibou Bangré


Dépigmentation : les enfants aussi Dépigmentation : les enfants aussi © DR

 

Certains parents africains utilisent des crèmes pour éclaircir la peau de leurs enfants. La pratique est motivée par un souci esthétique. Une coquetterie que l’on tait jusqu’à ce que des complications surviennent.

 

« Enfant, j’étais très noire, se souvient Nathalie*, une Gabonaise de 34 ans installée depuis quelques années en France. Ma mère s’éclaircissait la peau et je contrastais beaucoup avec elle. Dans la rue, on lui disait même : "On dirait que ce n’est pas toi sa mère." Alors quand j’ai eu environ 8 ans, elle a commencé à verser un peu de crème éclaircissante dans mon lait corporel. »

 

Même rituel pour sa cousine du même âge qui vivait avec elle. « Ma mère ne supportait pas de voir quelqu’un trop noir, poursuit Nathalie, qui ne s’éclaircit plus la peau depuis cinq ans. Elle ne pouvait pas dormir tant qu’elle ne nous avait pas mis sur le corps le lait qu’elle avait coupé avec Halog ! » Une crème à base de corticostéroïdes utilisée pour traiter les inflammations et les prurits.

 

L’histoire de Nathalie, Isabelle Mananga-Ossey l’a entendue maintes fois. « Plusieurs jeunes filles m’ont dit que c’est leur mère qui leur a donné la première crème, indique la présidente-fondatrice de l’association française Label Beauté Noire. Mais ces mères ne veulent pas faire du mal : elles n’ont pas conscience que les produits contiennent des choses qui peuvent rendre malade. »

 

Pratique opaque

Combien d’enfants sont dépigmentés artificiellement ? Difficile d’obtenir ne serait-ce qu’une estimation. En France, la plupart des spécialistes interrogés parlent d’un phénomène « marginal », alors que d’autres confessent n’avoir jamais entendu parler de la pratique.

 

En Afrique de l’Ouest, en revanche, les cas sont à la hausse, affirme le Dr Fatimata Ly, dermatologue et présidente de l’Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle (Sénégal). Quant à Isabelle Mananga-Ossey, elle se montre catégorique : « Le Gabon, les deux Congos, le Cameroun et la Centrafrique sont gangrénés par ce fléau ! »

 

Principalement en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, beaucoup d’adultes utilisent de dangereux mélanges (javel, mercure, hydroquinone, corticoïde, verre pillé…) et souffrent de brûlures, vergetures et autres irruptions cutanées qui peuvent les défigurer. Les enfants sont-ils sujets à des complications ? Elles seraient très rares. Pour exemple, le Dr Khady Sy Bizet, spécialiste des peaux noires à Paris, n’a reçu qu’un seul cas de complication cutanée chez l’enfant en vingt-deux ans de carrière.

 

Lait corporel « spécial enfant »

« Les problèmes dermatologiques sont moins sévères parce que la quantité de dépigmentant utilisée est moins importante », commente le Dr Fatimata Ly. Elle souligne cependant que l’abus de cortisone peut dérégler les glandes endocrines, qui sécrètent des hormones. Or « les effets secondaires sont plus rapides chez l’enfant que chez l’adulte parce que la peau n’est pas mature », avertit le Dr Khady Sy Bizet.

 

Pour éviter le pire, certains parents utilisent des produits « haut de gamme », supposés moins dosés en agents éclaircissant agressifs. Une tendance à laquelle se sont adaptées des marques comme HT26. Nathalie confie en effet qu'elle déboursait entre 15 000 et 22 000 FCFA (entre 23 et 30 euros environ) pour acheter, en pharmacie ou en grande surface, la grande bouteille de lait corporel HT26 « spécial enfant ».

 

Autre stratégie : masser son ventre de femme enceinte avec des produits dépigmentants. « Les dermocorticoïdes passent la barrière cutanée et vont dans le sang. Les futures mères se disent donc qu’en les utilisant leur enfant sera plus clair à la naissance », confie Isabelle Mananga-Ossey. C’est compter sans le risque de fausse couche. Ou le retentissement sur la taille de l’enfant à la naissance, note le Dr Antoine Mahé, dermatologue au centre hospitalier de Meaux et auteur du livre Dermatologie sur peau noire.

 

Sélection biologique

Une chose est sûre, si la dépigmentation des adultes est un secret bien gardé, celle des enfants est carrément taboue. En Afrique mais également en France, où la mairie de Paris a lancé le 5 novembre une campagne sur les dangers de la dépigmentation. « J’ai reçu il y a quelques années un couple de Congolais [Brazzaville] qui s’éclaircissaient la peau et mettaient un peu de produit à leur bébé. Je leur ai dit d’arrêter, et je ne les ai plus revus », raconte le Dr Antoine Petit, dermatologue à l’hôpital Saint-Louis de Paris.

 

En Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, la clarté du teint est signe de beauté ou encore de réussite sociale. Mais dans l’Hexagone, c’est, pense-t-on, un levier d’intégration. « Il y a une grande pression à la conformité pour échapper au racisme, à la discrimination », analyse Ferdinand Ezembe, docteur en psychologie.

 

Pour que l’enfant ait de meilleures chances, des parents se ravitaillent donc en crèmes éclaircissantes. Notamment à Strasbourg-Saint-Denis et à Château-Rouge, deux quartiers parisiens à forte concentration africaine. Des femmes vont même plus loin. « Elles pratiquent la sélection biologique, révèle Ferdinand Ezembe. Elles cherchent des partenaires clairs de peau, en se disant que leur enfant aura 50 % de chances en plus de réussir dans la vie. »

*Le prénom a été changé.

mardi, 01 décembre 2009

Revue de presse Afrique / A la Une : le feuilleton de la présidentielle en Côte d’Ivoire

mardi 01 décembre 2009


Le débat se poursuit sur l’organisation et la date du scrutin. Ca y est… La date fatidique du 29 novembre est passée. Le scrutin aurait dû -ou aurait pu- avoir lieu avant-hier dimanche, selon les différentes appréciations des uns et des autres… Et le passage de cette date, qui a été un véritable point de mire pour tous les Ivoiriens, ravive donc le débat dans le monde politique et dans la presse sur le «chronogramme» des élections, comme on dit sur le continent. Avec toujours cette lancinante question de la date du scrutin et des différentes conditions pour y parvenir.


Rien de plus…

Hier, le président Gbagbo a convoqué les principaux acteurs du processus électoral, ainsi que les responsables militaires. Il s’agissait de faire le point sur le calendrier. Et comme le constate le quotidien gouvernemental Notre Voie, le président de la Commission électorale indépendante, Robert Beugré Mambé s’est borné à rappeler les quatre étapes obligatoires avant la tenue du scrutin : « la gestion du contentieux, la production des listes et des cartes électorales, la distribution des cartes, et le temps de la campagne électorale. Tout cela mis bout à bout et, vous avez la date des élections », a-t-il déclaré.


« Quand prendra fin cette comédie populaire ? »

Pour sa part, la presse d’opposition commence à s’impatienter… Le Nouveau Réveil rapporte les propos tenus hier lors d’un meeting par Alassane Ouattara : « nous allons exiger, a-t-il affirmé, que les élections se tiennent au début de l’année prochaine courant janvier-février. »
Et dans les colonnes du quotidien d’opposition, le ton se durcit : « avant-hier dimanche, c’était le 29 novembre, jour où devait se tenir le premier tour de l’élection présidentielle. (…) Et personne n’a bronché. Sixième report de la présidentielle, s’exclame le journal. Quand prendra fin cette comédie populaire ? » s’interroge Le Nouveau Réveil. Le quotidien d’opposition se pose également des questions sur le comportement de la Commission électorale indépendante et rappelle que celle-ci «ne fait que proposer une date. Et c’est en dernier ressort, écrit-il, le président de la République qui, au gré de ses intérêts l’accepte ou la rejette. » Bref, pour Le Nouveau Réveil, c’est bien Laurent Gbagbo qui tire les ficelles et qui entend encore gagner du temps.


Un désarmement par la force ?

Le Patriote, le journal du RDR, le parti d’Alassane Ouattara va encore plus loin. Le Patriote qui affirme que « Gbagbo prépare un mauvais coup. (…) Qu’il entend lancer des offensives contre des positions des Forces armées des Forces Nouvelles dans le grand ouest et dans le nord du pays. Une sorte de désarmement par les armes », qui d’après Le Patriote, lui permettrait de laisser encore passer quelques mois et de n’organiser la présidentielle qu’en octobre 2010, « c'est-à-dire, s’exclame le journal, boucler deux mandats en un, mais surtout se donner de réelles chances, en gagnant ainsi un temps considérable, synonyme à ses yeux de l’essoufflement financier de ses adversaires (…). »


« La CEI doit prendre ses responsabilités »

De son côté, L’Observateur au Burkina, sans aller jusqu’à avancer des scénarios compliqués, affiche également son impatience : « il faut bien qu’une date soit enfin fixée et que l’on s’y tienne pour régulariser la succession au fauteuil présidentiel en Côte d’Ivoire. Car cela fait trop de reports maintenant. » Et le quotidien burkinabé de rappeler que cela fait presque dix ans que Laurent Gbagbo est au pouvoir, et qu’il devait mettre son fauteuil en jeu en 2005. « Il est vrai que certains n’ont pas intérêt à ce que la situation se normalise, relève L’Observateur, mais il faut bien mettre fin à ce désordre. Alors, conclut-il, la CEI doit prendre ses responsabilités et fixer une date définitive et fixe. »


Intolérance…

Etonnement et inquiétude dans la presse ouest-africaine après le référendum en Suisse sur l’interdiction des minarets. « On peut comprendre que l’amalgame entre l’Islam et le terrorisme ait fait ses preuves, affirme le journal en ligne burkinabé Fasozine. (…) On peut aussi se dire que les problèmes entre la Libye et la Suisse ont joué sur cette vox populi. (…) Mais cela ne saurait conduire à cette intolérance coupable,Mais de là à rejeter toute une communauté religieuse, il y a une frontière que les Suisses n’auraient jamais dû franchir. » s’exclame le journal. (…)


Le Pays, toujours au Burkina, s’interroge sur les répercussions de cette votation : « à vouloir acculer et accabler une communauté, qui a jusque-là fait preuve de pacifisme, ne risque-t-on pas de la braquer, de la pousser à la révolte ? C’est peut-être l’objectif recherché par les nationalistes suisses. (…) Et cette affaire, conclut le journal, est révélatrice du sentiment anti-immigré qui s’empare de plus en plus de la Suisse, voire de l’Europe toute entière. »

mercredi, 25 novembre 2009

Les pirates ouvrent un deuxième front en Afrique

Thierry Portes (lefigaro.fr), 25/11/2009



Alors que les attaques se multiplient au large de la Corne de l'Afrique, c'est dans les eaux du Bénin, dans le golfe de Guinée, qu'un pétrolier a été braqué mardi.

Des pirates viennent de mener une attaque sanglante contre un pétrolier au large du Bénin, face aux côtes de l'Afrique de l'Ouest qui, jusqu'à présent, paraissaient relativement épargnées. Dans le golfe de Guinée, et plus précisément au large du Nigeria, proche du Bénin, de telles attaques ne sont certes pas rares, mais elles ne causent généralement pas de victime.

Le Cancale Star, pétrolier de 230 mètres de long ayant son port d'attache à Monrovia (Liberia), a été attaqué à 18  milles nautiques des côtes béninoises, dans la nuit de lundi à mardi. Le commando de six ou sept hommes a ouvert le feu lors de l'assaut. Le responsable des machines, de nationalité ukrainienne, a été tué. Selon un médecin dépêché à bord et cité par l'AFP, il y a eu en outre «quatre blessés dont un par éclat de balle». Parmi les blessés figure l'adjoint du commandant.

Le commando, après avoir fait main basse sur l'argent gardé dans le coffre du navire, a pris la fuite. Un des assaillants a toutefois été maîtrisé par l'équipage et est désormais aux mains des forces de polices béninoises. Il serait de nationalité nigériane, et viendrait de la ville de Badagry, très proche de la frontière béninoise.

Dans son dernier rapport, le bureau maritime international (IMB) a relevé 306 attaques en mer de janvier à septembre 2009, alors qu'il en avait dénombré 293 sur toute l'année 2008. Les attaques avec des armes à feu ont également augmenté, de plus de 200 %.

 

Le cas du Nigeria

 

Des pirates qui avaient attaqué l'Alvares Cabral au large de la Somalie sont surveillés par des soldats portugais, le 19 novembre 2009.
Des pirates qui avaient attaqué l'Alvares Cabral au large de la Somalie sont surveillés par des soldats portugais, le 19 novembre 2009.Crédits photo : AFP

Quasiment la moitié des actes de piraterie dans les mers du globe sont menés au large de la Somalie, dans le golfe d'Aden, le long des côtes du Kenya et désormais jusqu'aux Seychelles où s'aventurent les commandos somaliens. Mais l'IMB souligne que la situation au Nigeria n'en demeure pas moins «préoccupante». L'IMB indique qu'il n'a pas pris en compte 50 % des attaques dénoncées par les compagnies pétrolières rançonnées par les bandes armées de rebelles sévissant dans le delta du Niger riche en pétrole. Peut-être l'IMB devra désormais également surveiller les pirates nigérians, si ceux-ci se décident à attaquer les pétroliers hors des frontières maritimes de leur pays.

La situation au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest ne peut cependant être comparée à celle qui prévaut de l'autre côté du continent, au large de la Corne de l'Afrique, où les pirates somaliens ont déclaré une véritable guerre aux marines du monde entier. Évidemment, s'il devait être rapidement suivi d'autres dans les mêmes eaux, cet assaut contre le Cancale Star au large du Bénin ne manquerait d'inquiéter armateurs et forces de sécurité internationales confrontés à une augmentation croissante des actes de piraterie sur les mers du globe depuis le début du millénaire.

LIRE AUSSI :

» Contre la piraterie, l'Europe veut former une armée

» Pirates : les marines s'adaptent

lundi, 23 novembre 2009

Francophonie : les journalistes réclament la suppression des peines privatives de liberté en matière de délits de presse

Les assises de la presse francophones se déroulent au Cameroun

Les journalistes francophones réclament plus de liberté. Ils ont adopté des résolutions dans ce sens à l’occasion des 41e Assises de la presse francophone qui se tiennent au Cameroun.


par Dorothée Ndoumbè


Les assises de l’Union internationale de la presse francophone (UPF) qui se tiennent du 17 au 22 novembre pour la première fois au Cameroun ont pour thème : "Ethique et déontologie à l’heure d’Internet : liberté et responsabilité des journalistes". Ce thème, très évocateur pour les différents journalistes présents aux travaux, exprime le malaise qui existe dans la pratique de ce métier, dit-on, le plus beau du monde.

La liberté du journaliste, et surtout sa responsabilité étaient au menu des travaux de Yaoundé. Le journaliste est un éducateur, un formateur et un informateur. Pour cela, il a l’obligation morale de s’assurer de l’exactitude de l’information qu’il donne. De nouveaux obstacles s’opposent à la libre expression des journalistes et des dérives sont déplorées dans le monde entier avec la montée en puissance du cyberjournalisme et d’Internet. Le vide juridique qui existe dans le domaine de la presse en ligne dans la plupart des pays francophones inquiète. A l’UPF, on insiste pour que les gouvernements agissent au plus vite dans ce domaine.

Du côté de la liberté des journalistes, l’UPF indique que près de 200 journalistes sont incarcérés dans le monde entier. Parmi ces journalistes, une centaine est francophone d’où le besoin de tirer la sonnette d’alarme dans les pays concernés pour un journalisme plus responsable.

"Oui" à la dépénalisation des délits de presse

Le président international de l’UPF, Alfred Dan Moussa, a été clair dans ses différentes interventions au sujet de la dépénalisation des délits de presse. L’UPF est favorable à la suppression des peines privatives de liberté au profit des sanctions pécuniaires qui seraient plus productives en cas de dérive professionnelle.

Les intervenants dans les ateliers ont tous plaidé pour un journalisme professionnel et plus responsable. Les journalistes devraient être plus conscients de leurs responsabilités vis- à-vis du public. Ils doivent être compétents et s’appuyer sur leurs fondamentaux. Quant aux éditeurs de medias, ils ne doivent pas être obnubilés par les dividendes de leurs actionnaires ou par la complaisance envers la puissance publique. Mais ils doivent être responsables de la qualité de l’information qu’ils diffusent. A cet effet, Internet apparaît pour tous comme un outil très important qu’il faut apprivoiser comme tous les autres avec les mesures prudentielles de recoupement et de vérification de l’information. Au lieu de la suppression des peines, les journalistes sont pour leur responsabilisation et leur auto-sanction.

Dans une déclaration, les confrères venus du Gabon ont consigné leurs inquiétudes aux sujets des exactions (arrestations, fermetures de radios et télévisions…) dont ils sont victimes. Ils ont saisi la tribune qui leur était offerte pour dénoncer le recul de la liberté au Gabon depuis l’accession du président Ali Bongo Ondimba au pouvoir.

La difficulté d’informer

Un tableau peu reluisant de la presse camerounaise a été dressé au cour des travaux. L’entrée dans la profession des personnes dépourvues de formation et la prééminence des forces de l’argent et autre lobbies dans le paysage médiatique en sont les principales causes. Les entreprises de presse sont en général assez fragiles et attirent par conséquent peu les investisseurs. La solution proposée est le regroupement de petits medias « artisanaux » en petites ou moyennes entreprises de presse qui peuvent mieux survivre dans un environnement difficile.

Les participants engagent l’UPF à entreprendre une démarche officielle auprès des organisations compétentes et leur demandent de prendre toutes les mesures pouvant mettre un terme aux violations des droits d’auteur et d’éditeur sur le support Internet. En plus de cet engagement, la création des instances d’autorégulation est très recommandée. Ces instances devront s’appuyer sur les codes de bonnes pratiques reconnus par tous et associer les services des pouvoirs publics pour éviter tout corporatisme.

Les Assises de l’UPF s’achèvent sur de bonnes résolutions. Mais encore faudrait-il les mettre en pratique avec l’appui des pays membres afin que les recommandations ne restent pas lettre morte.

Source: afrik.com

Revue de presse Afrique : Les négociations inter-guinéennes font du surplace…

lundi 23 novembre 2009

C’est un véritable tollé sur les sites internet guinéens d’information : les dernières propositions du médiateur de la crise, Blaise Compaoré, soulèvent incompréhension et colère. « Personne n’imaginait que Compaoré soumettrait des propositions aussi favorables à la junte, fulmine GuinéeNews : maintien de Dadis Camara au pouvoir, candidature (donc élection) du chef de la junte à la fin de la transition, etc. C’est comme si le président burkinabé ignorait que c’est contre cette candidature du putschiste au pouvoir en Guinée que ce même Dadis Camara a fait tuer plusieurs dizaines de nos compatriotes », s’exclame GuinéeNews.

Complicité entre Blaise et Dadis ?

« Transition : Blaise Compaoré propose la junte, l’opposition dit non ! », titre Guinée Conakry Infos, autre site d’information guinéen qui estime que « le dialogue de sourds semble avoir atteint son paroxysme en Guinée. »
Le site Aminata, pour sa part, constate que « la classe politique, les syndicalistes, ainsi que les acteurs du Conseil national des organisations de la société civile ont rejeté en bloc les propositions du médiateur. Les Forces vives estiment que le départ de la junte du pouvoir est un point non négociable. » Et Aminata d’affirmer qu’il y aurait une forme de « complicité entre Blaise et Dadis, sinon, explique-t-il, l’absurdité des points proposés par le médiateur est telle que si les Forces vives avaient accepté, c’est tout le peuple de Guinée qui aurait refusé. »
Dans la presse burkinabé, le ton est plus mesuré. Toutefois, L’Observateur reconnaît que le projet d’accord politique global concocté par le président Compaoré s’avère être « du miel pour le CNDD et du fiel pour les Forces vives. »
« Les Forces vives qui vont remettre leurs contre-propositions aujourd’hui », souligne Le Pays, toujours au Burkina. Parmi ces contre-propositions : « la non-candidature du capitaine Dadis Camara et de tout autre membre du CNDD aux élections, ne pas mettre à la tête de la transition un chef de l’Etat, et revoir la composition du futur gouvernement d’union nationale, qui ne se composerait que d’un tiers des Forces vives. »

Comment arriver à un compromis ?

« La Guinée à la croisée des chemins », constate le site d’information burkinabé Fasozine. Fasozine qui s’interroge : « Blaise Compaoré saura-t-il redistribuer les cartes pour arracher un compromis de sortie de crise ? (…) En endossant, a priori, la disqualification de Moussa Dadis Camara et de la junte dans la conduite de la transition, la communauté internationale avait pour ainsi dire donné caution et espoir aux revendications de l’opposition guinéenne, constate Fasozine. Mais comment à présent obtenir un compromis politique (…) ? Il est clair que les tenants actuels du pouvoir ne lâcheront pas le morceau (…), d’autant que le premier mémorandum du facilitateur les conforte dans leur position. »

Et ça continue…

Algérie-Egypte… Le match se poursuit dans les coulisses médiatiques et diplomatiques, avec toujours la même intensité. Les médias algériens tirent à boulets rouges encore ce lundi sur leurs confrères égyptiens, les accusant d’entretenir la polémique et de relayer les accusations du pouvoir. « Après le fils qui a traité les Algériens de – mercenaires – et de – terroristes –, s’indigne Le Quotidien d’Oran, c’est au tour d’Hosni Moubarak d’apporter sa contribution publique à la troisième mi-temps médiatique que les Egyptiens veulent imposer après la défaite de leur équipe sur le terrain. »
Dans un discours avant-hier devant les députés, le président égyptien, sans jamais citer l’Algérie, a notamment affirmé que « l’Egypte ne fera pas preuve de laxisme envers ceux qui portent atteinte à la dignité de ses citoyens. » Un discours qui a suscité les foudres donc des journaux algériens. El Watan parle « d’hystérie politico-médiatique égyptienne. (…) En parfait stratège, le président Moubarak tente par tous les moyens de faire accepter l’idée d’imposer son fils comme successeur légitime. Une qualification de l’Egypte pour le Mondial 2011 aurait certainement favorisé cette entreprise, affirme El Watan. Et c’est sans doute la raison pour laquelle le président égyptien, poursuit-il, a vécu cette défaite comme un drame personnel. »
De son côté, le quotidien Liberté adresse un coup de chapeau aux Algériens dans leur ensemble, qui, écrit-il, « se sont bien défendus face à l’agression égyptienne. Avec des excès parfois, certes, reconnaît-il, mais excusables parce que sans commune mesure avec la vulgarité de la campagne injurieuse coordonnée par les autorités égyptiennes et leurs réseaux audiovisuels. »

Kadidia à l’honneur !

Enfin, d’après le portail d’information malien Maliweb,  l’article le plus lu et le plus commenté ces derniers jours est une simple dépêche sur… l’élection de Miss Mali ! Les concours de beauté sont toujours très suivis par les journaux du continent, car apparemment, ils sont appréciés des lecteurs. Ce concours de Miss Mali, organisé par l’ORTM, l’Office des radios et télévision du Mali, ne fait pas exception. Ainsi on apprend que la lauréate 2010 s’appelle Kadidia : 19 ans, 1,75 m, 50 kilos. Elle a reçu un chèque d’un million et demi de FCFA et divers cadeaux. Et bien évidemment, sa photo est dans de nombreux journaux. Là aussi, il y a fort à parier que c’est en ce moment la photo la plus regardée…

jeudi, 19 novembre 2009

Le dirigeant sud-soudanais à l'Elysée

19/11/2009 | AFP


Le dirigeant soudanais Salva KiirLe dirigeant soudanais Salva Kiir© AFP

Salva Kiir est à Paris ce jeudi. Il devrait être reçu à l'Elysée et au ministère de l'écologie. En faveur d'une sécession avec le Soudan, il a appelé les électeurs à voter dans ce sens lors du référendum prévu en 2011.

Le dirigeant soudanais sudiste, Salva Kiir, est ce jeudi à Paris pour des rencontres politiques, notamment à l'Elysée et avec le ministre français de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, a indiqué le ministère français des Affaires étrangères.

Vice-président du gouvernement soudanais

"M. Salva Kiir se trouve aujourd'hui (jeudi) à Paris et aura des entretiens à la présidence de la République ainsi qu'avec le ministre d'Etat Jean-Louis Borloo", a déclaré lors d'un point-presse le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, en réponse à une question sur la présence du chef sudiste en France.

Le chef de la diplomatie française "Bernard Kouchner souhaitait le rencontrer mais" étant donné qu'il se trouve actuellement "à Kaboul, nous examinons avec M. Kiir la possibilité d'une réunion de travail au Quai d'Orsay", a précisé le porte-parole.

Salva Kiir, président du Sud-Soudan semi-autonome, est aussi le vice-président du gouvernement d'union nationale regroupant les anciens ennemis du Nord et du Sud qui a pour mandat de rendre l'unité du Soudan "attirante" pour les électeurs d'ici au référendum.

Référendum sur l'indépendance

Il a livré le mois dernier un plaidoyer en faveur de la sécession du sud du pays lors d'un référendum à venir, affirmant que l'unité allait faire des sudistes des citoyens de "second rang".

Le Sud-Soudan doit décider lors du référendum prévu en 2011 s'il veut l'indépendance et la séparation d'avec le Nord.

En 2005, un accord de paix a mis fin à plus de deux décennies de guerre civile entre le nord et le sud du Soudan à l'origine de deux millions de morts.

L'accord a permis la formation d'un gouvernement d'union nationale entre le Parti du Congrès national (NCP) du président Omar el-Béchir et le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) de Salva Kiir.

lundi, 16 novembre 2009

Télécoms : MT à la conquête de l'Ouest

16/11/2009 | Jeune Afrique | Par : Faïza Ghozali


L'opérateur marocain a acquis 51% du burkinabè Onaltel (ici, le siège à Ouaga)L'opérateur marocain a acquis 51% du burkinabè Onaltel (ici, le siège à Ouaga)© AHMED OUOBA

Et de quatre ! Le 7 juillet dernier, Maroc Telecom (MT) s’est emparé de 51 % du capital du malien Sotelma, pour quelque 275 millions d’euros. Une acquisition venue s’ajouter à trois autres « emplettes » du marocain au sud du Sahara : première à avoir ouvert le bal, la Mauritanie lui a cédé le contrôle de Mauritel en avril 2001, suivie, en décembre 2006, par le Burkina, où MT a acquis 51 % d’Onatel avant de s’emparer, en février 2007, de 51 % de Gabon Telecom. Chaque fois, MT a privilégié la privatisation d’opérateurs historiques, sur des marchés à fort potentiel de croissance, lui permettant de totaliser 19,6 millions de clients et d’afficher, pour le premier semestre 2009, un chiffre d’affaires de 14,6 millions de DH (1,3 million d’euros), en hausse de 1,9 % par rapport à 2008.

A contrario, ayant accéléré la cadence de ses achats ces trois dernières années, MT a dû muscler ses investissements sur le marché subsaharien et a ainsi déboursé 100 millions d’euros en 2008. Reste que le fleuron marocain de la téléphonie, coté à la fois à Paris et à Casablanca (il pèse un quart de la capitalisation boursière de la place), est la propriété à 53 % du français Vivendi, dont il est d’ailleurs la filiale la plus rentable. Et c’est via MT que Vivendi a tenté une offensive sur les actifs africains de Zain, avant d’y renoncer…

Après MT, Méditel, second opérateur GSM du royaume et désormais 100 % marocain – depuis le rachat, en septembre, par FinanceCom et CDG, des participations de Telefónica et Portugal Telecom –, se sent pousser des ailes… qui pourraient aussi le conduire hors de ses frontières.

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