mercredi, 06 janvier 2010

Afrique du Sud

Jacob Zuma : Et de trois !



L’Afrique du Sud a une troisième première dame



Le président sud-africain Jacob Zuma, en polygame assumé, a commencé l’année en beauté. Il a épousé lundi sa troisième femme (mais c’est son cinquième mariage), Thobeka Stacey Madiba, lors d’une cérémonie célébrée ce lundi dans son village.

Augmenter la police Diminuer la police Imprimer l'article Envoyer l'article à un ami Réagir à l'article mardi 5 janvier 2010 / par Falila Gbadamassi (Source : afrik.com)


Le marié a fait montre de ses talents de danseur et la mariée a rappelé que l’on pouvait être très chic, même en tenue traditionnelle zoulou : il suffit de porter entre deux coiffes un foulard Louis Vuitton, assorti à l’imprimé léopard, lui aussi très tendance, du costume zoulou. Le président sud-africain, Jacob Zuma, a convolé en justes noces avec sa troisième épouse ce lundi lors d’une cérémonie traditionnelle à laquelle ont assisté 2 000 invités et ses deux précédentes épouses dans son village de Nkandla, dans le Kwazulu Natal. Thobeka Stacey Madiba, 36 ans, la jeune épousée a été joliment récompensée pour sa patience. Son cher et tendre avait dû repousser sa cinquième noce, prévue l’année dernière, pour cause de calendrier politique chargé (il a été élu président en 2009).

 

Un sixième mariage en perspective

A 67 ans, le premier chef d’Etat zoulou de l’Afrique du Sud ne compte pas s’arrêter en si bon chemin quand la tradition l’y autorise. Ainsi, il aurait déjà une quatrième compagne en vue. L’heureuse élue se prénomme Gloria Bongi Ngema et a déjà un fils avec Jacob Zuma. En décembre dernier, elle s’est rendue à Nkandla avec un cadeau pour la famille de son fiancé, signe que la dot a été payée dans sa totalité. Le "pantalon d’amour", le surnom du Président dans la presse sud-africaine, aurait encore dans ses revers une autre prétendante. Une princesse swazie, Sebentile Dlamini, dont le pays, réclame que sa situation soit « clarifiée », selon Mail&Guardian. Sa famille a reçu dix vaches en 2002 et la princesse attend toujours.


Si les mœurs du Président divisent, notamment la jeune génération qui trouve la polygamie rétrograde, il faut noter que la société sud-africaine s’avère de plus en plus large d’esprit. Le journal sénégalais Le Quotidien souligne ainsi que « le même jour, l’Afrique du Sud célébrait son premier mariage gay légal ». Après la récente affaire Caster Semenya, la Nation Arc-en-Ciel ne cesse de rappeler au monde qu’elle tente, tant bien que mal, de faire sauter toutes les barrières. Et c’est certainement avec stoïcisme que les Sud-Africains attendent de savoir s’ils auront ou non une première dame.


Les femmes du président

- Sizakele Khumalo est la première femme à avoir ravi le cœur de Jacob Zuma. Il l’a rencontrée en 1959 et l’a épousée en 1973. Sizakele Khumalo vit à Nkandla, le village de son mari dans le Kwazulu Natal. Elle, qui n’a pas eu d’enfants, s’occupe de l’importante progéniture de son mari, estimé à 18 ou 19 enfants. L’amour de jeunesse de Zuma serait une femme très réservée et timide.


- Kate Mantsho, sa deuxième épouse, s’est donnée la mort en 2000. Dans sa lettre d’adieu, elle estimait que sa vie de couple avait été « 24 années d’enfer ». Jacob Zuma l’avait épousée en 1976.


- Nkosazana Dlamini-Zuma, ancienne ministre des Affaires étrangères de Thabo Mbeki, a été la troisième femme à convoler avec Jacob Zuma. Elle divorcera en 1998.


- Nompumelelo Ntuli est la quatrième femme de Jacob Zuma (deuxième épouse officielle). Ils se sont dit « oui » en 2008.


- Thobeka Mabhija est depuis le 4 janvier la cinquième femme du président sud-africain, mais sa troisième épouse officielle.

mardi, 05 janvier 2010

Afrique du sud

Cinquième mariage pour Zuma, un sixième en préparation

 

Les médias doivent se tenir à l'écart des noces du président ZumaLes médias doivent se tenir à l'écart des noces du président Zuma© AFP


Le président sud-africain épouse ce lundi Stacey Thobeka Mabhija, de trente ans sa cadette. La presse n’est pas invitée...


Le président sud-africain Jacob Zuma épouse lundi 4 janvier Stacey Thobeka Mabhija, 37 ans, avec qui il a déjà trois enfants. La cérémonie de mariage traditionnelle devait commencer à 06H00 du matin dans la province natale du président, le KwaZulu-Natal, selon le quotidien local The Sunday Times.


Les médias doivent se tenir à l'écart des noces, a déclaré dimanche la présidence sud-africaine, qui démentait encore il y a peu l'approche de l'union. Ces noces sont « une cérémonie familiale privée », a-t-elle indiqué dans un communiqué, cité par l'agence de presse SAPA.


Le leader zoulou, âgé de 68 ans, serait le père de quelque 22 enfants. Il s’est marié quatre fois - sa première femme étant Gertrude Sizakele Khumalo, rencontrée en 1959 - et a divorcé deux fois.


Jusqu'à ce lundi, le tribun de l'ANC (au pouvoir) entretenait deux fiancées, dont Stacey Thobeka Mabhija, ainsi que plusieurs maîtresses… « De nombreux politiciens prétendent être monogames alors qu’ils cachent des maîtresses et des enfants. Moi, je préfère la transparence… », se félicite-t-il.


Depuis début 2008, les médias sud-africains avancent que Jacob Zuma pourrait épouser une sixième femme : Bongi Ngema. De quoi alimenter la polémique sur sa polygamie - tradition autorisée chez les Zoulous mais aussi par la constitution sud-africaine.

(avec agences)

 

04/01/2010 | La rédaction web de Jeune Afrique

Coupe du monde Afrique du Sud 2010

Coupe du monde Afrique du Sud 2010 : Le sommet de toutes les émotions et du "wack"

 

Pour la première fois de son histoire, la Coupe du monde de football senior se dispute en terre africaine. Depuis cette annonce, l’émotion est vive sur le continent noir. Pour sûr, cette Coupe du monde sera l’une des plus belles fêtes du football. Sera-t-elle aussi l’édition où un pays africain remportera la plus prestigieuse des coupes ? Rien n’est moins sûr. Mais l’évidence est que le "wack" (magie) s’invitera à ce rendez-vous.

 

Le mercure monte allègrement sur le continent. Chaque jour qui passe, on se sent de plus en plus proche de la Coupe du monde. De Johannesburg à Alger, d’Abidjan à Yaoundé en passant par Accra et Lagos, l’effervescence pour la Coupe du monde va de plus en plus croissante.


En effet, c’est depuis les éliminatoires pour ce rendez-vous que la fièvre est perceptible. L’engagement, la détermination, la rage de vaincre des équipes nationales, montrent jusqu’où chacune d’elle aura envie d’être de ce concert des grandes nations. Il faut noter que c’est la première fois que l’Afrique abrite cette fête mondiale depuis sa création en 1930. Ce qui donne encore plus de piquant aux éliminatoires.


L’acharnement des uns et des autres pour le rendez-vous a malheureusement fait des victimes. On se souvient encore du drame survenu au stade Houphouët-Boigny le 29 mars 2009 lors d’un match Côte d’Ivoire/Malawi. 19 personnes ont péri suite à des bousculades à l’entrée du stade. Un drame qui a plongé toute la famille footballistique dans une consternation générale. Au sommet de l’instance suprême du football, le président Joseph Blatter n’a pas manqué d’adresser ses condoléances à la communauté du football ivoirien et aux familles des victimes.


logocdm10.jpgSelon une source médicale, l’incident serait survenu suite à des jets de gaz lacrymogène par la police. Le stade Houphouët-Boigny d’une capacité de 35 000 places était déjà plein à craquer alors que de nombreux spectateurs forçaient encore le passage, provoquant ainsi la bousculade et l’effondrement d’un pan de mur. Comme pour consoler la Côte d’Ivoire, le sort leur a offert une victoire écrasante de 5 buts à 0.


Ce qui a fait dire des Eléphants Yaya Touré : "nous souhaitons aller le plus loin possible dans la compétition en hommage à toutes les victimes". La fièvre en prélude de l’ouverture des jeux, c’est aussi la tournée de la Coupe du monde dans tous les 53 pays du continent, le tirage au sort des différentes poules de cette coupe et les coupes du monde de football en juniors et cadets disputées respectivement en Egypte et au Nigeria. A moins de 160 jours du coup d’envoi, les Sud-Africains ne cachent pas leur joie à l’idée de voir leur pays sous les feux des projecteurs.


"Quel que soient les résultats de l’Afrique du Sud, sur le plan sportif, notre pays sortira vainqueur à plus d’un titre. Je suis convaincu que le jour n’est plus très loin où l’on dira, "sans la Coupe du monde, nous n’en serions pas là", a affirmé Doctor Khumalo, l’un des plus grands footballeurs de tous les temps en Afrique du Sud.


Le "wack" sera assurément du rendez-vous

Le continent africain est réputé pour ses mythes et autres magies. Cette réalité va assurément se déteindre sur la coupe du monde qui s’y organise pour la première fois. Dans l’imaginaire collectif occidental, les footballeurs africains seraient les plus coutumiers à des pratiques occultes. On a souvent parlé des fameux marabouts africains et de leurs gris-gris : cordelettes attachées autour des reins des joueurs, amulettes dissimulées dans les chaussettes, dans les chaussures ou exposées autour du cou, des poignets ou des doigts.


Les entraîneurs européens ayant exercé à la tête des formations africaines l’ont souvent témoigné : des nuits passées dans les cimetières, des consultations de marabouts, des potions à boire ou à verser dans les buts avant le début d’un match... L’entraîneur français, Phillipe Troussier lui, était si plongé dans cette pratique qu’il a été surnommé "le sorcier blanc".


Il a publiquement pris part à des sacrifices en compagnie de Winnie Mandela en 1998, lorqu’il était entraîneur des Bafana Bafana. Ces incantations devraient leur attirer la chance à la Coupe du monde France 98. Ces pratiques sont légion sur le continent. Et pour sûr, tous les six pays africains qualifiés pour la Coupe du monde 2010 s’y emploient dans l’ombre.


Il ne serait donc pas étonnant de voir des canaris, des peaux d’animaux et autres amulettes dans les stades en Afrique du Sud. Mais l’Afrique n’est pas la seule à croire à cette pratique. Le Brésil, premier pays au classement FIFA en ferait également usage de même que certains pays européens. C’est donc dire que la Coupe du monde 2010 est aussi le sommet des gris-gris. Et comme certaines croyances soutiennent que le wack africain ne marche véritablement que sur le sol africain, on est alors tenté de croire que l’un des représentants du continent remportera la coupe en or massif.


B. Léopold YE

Sidwaya

mardi, 01 décembre 2009

Afrique du Sud: tous les bébés atteints du sida seront soignés, selon le président Zuma

PRETORIA (AFP) - 01.12.2009


Tous les enfants sud-africains de moins d'un an atteints du sida bénéficieront obligatoirement d'un traitement, a assuré mardi le président Jacob Zuma, qui a annoncé une série de mesures pour lutter contre cette pandémie qui touche particulièrement son pays.


voir_le_zoom : Le président sud-africain Jacob Zuma à Port of Spain le 28 novembre 2009.Le président sud-africain Jacob Zuma à Port of Spain le 28 novembre 2009.
AFP - Eitan Abramovich



Tous les enfants sud-africains de moins d'un an atteints du sida bénéficieront obligatoirement d'un traitement, a assuré mardi le président Jacob Zuma, qui a annoncé une série de mesures pour lutter contre cette pandémie qui touche particulièrement son pays.

 

"Tous les enfants de moins d'un an recevront un traitement s'il sont testés positif", a déclaré Jacob Zuma lors d'un discours à la nation à Pretoria à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida.

 

L'Afrique du Sud est le pays dans le monde qui compte le plus grand nombre de personnes infectées par le virus du sida avec 5,7 millions de personnes atteintes sur un total de 48,5 millions d'habitants.

lundi, 30 novembre 2009

Afrique du Sud : Israël et l'apartheid

30/11/2009 | Jeune Afrique

Pour la première fois, le gouvernement sud-africain a officiellement comparé les agissements des autorités israéliennes dans les territoires palestiniens occupés à ceux de la minorité blanche à l’époque de l’apartheid. Un communiqué diffusé le 20 novembre à Pretoria qualifie en effet la décision israélienne d’autoriser la construction de neuf cents logements destinés à des colons juifs – mesure assortie d’expulsions de familles palestiniennes – dans le quartier de Gilo, à Jérusalem, de « condamnable » et similaire aux « déplacements forcés de population à l’époque de l’apartheid ». Le ministère israélien des Affaires étrangères et la communauté juive d’Afrique du Sud ont aussitôt réagi. S’il est relativement fréquent que des personnalités de l’ANC, voire des ministres, se risquent, à titre individuel, à ce type de comparaison, jamais le gouvernement en tant que tel n’avait exprimé une telle position.

mercredi, 25 novembre 2009

Journée internationale contre les violences faites aux femmes

Article publié le : mercredi 25 novembre 2009

Des femmes se réunissent, le 25 novembre 2008 à Toulouse, pour dénoncer les violences faites aux femmes dans le cadre de la journée internationale pour l'élimination de la violence faite aux femmes.
AFP/Remy Gabalda


Par RFI

 

Le Premier ministre français François Fillon doit annoncer mercredi que les violences faites aux femmes seront la grande cause nationale 2010. Vingt-cinq associations qui aident les femmes se sont unies au sein du collectif « grande cause nationale 2010 contre les violences faites aux femmes ». Elles souhaitent, au travers de campagnes de communication et d'actions de prévention, que toutes les formes de violence reculent.

 

Pour le collectif, cette décision du gouvernement est un signe fort, mais les associations veulent aller plus loin que le simple symbole. Annie Guilberteau est la directrice générale du Centre national d'information des droits des femmes et de la famille : « Nous attendons un appui évidemment de l’action des associations que nous sommes et nous attendons une forte assistance pour que les différents dispositifs législatifs qui existent soient véritablement mis en œuvre ».

En 2008, 156 femmes ont trouvé la mort sous les coups de leur conjoint. Le 3919, numéro d'appel d'urgence pour les femmes victimes de violence, a été utilisé par 18 000 femmes.

 

Pour Nicole Crépeau, présidente de la Fédération nationale solidarité Femmes (FNSF), faire de ces violences une cause nationale devrait permettre de les aider. « Déjà, quand elles osent appeler, ça leur permet de sortir de leur isolement. On leur dit que c’est inacceptable ce qu’elles vivent, qu’elles sont prises dans un engrenage et qu'elles ne sont pas responsables de ce qui leur arrive. Ce sont les paroles fortes que l’on doit leur dire et qui vont leur permettre de vouloir enclencher quelque chose ».

 

Tout au long de l'année 2010, il y aura des campagnes médiatiques et des conférences pour sensibiliser le plus grand nombre de personnes, et des actions de prévention seront mises en place dans les écoles.

Afrique du Sud : «16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux enfants»

 

Le trafic d’êtres humains et la prostitution, voici les thèmes sur lesquels la campagne « 16 jours d’activisme » a choisi cette année de mettre l’accent. Des problèmes qui méritent une attention particulière alors que l’Afrique du Sud accueillera en juin prochain la Coupe du monde de football.

Mais la campagne ne s’arrête pas là. Au cours des 16 jours à venir, des centaines de conférences, d’actions de prévention et d’ateliers vont se dérouler à travers le pays pour dénoncer tout type de violence commis sur les femmes et les enfants.

Pour Romi Sigsworth, du Centre pour l’étude de la violence et de la réconciliation (CSVR), l’accent doit être mis sur la prévention dans un pays où, selon elle, « les auteurs sont le plus souvent des proches de la victime ». La chercheuse met notamment en cause le système patriarcal de la société sud-africaine au sein duquel les droits des femmes ne sont pas toujours garantis.

Selon des chiffres de la police, 71 500 cas d’abus sexuels ont été reportés entre avril 2008 et mars 2009. Des chiffres officiels qui sont en légère baisse par rapport à l’année précédente. Mais selon Sigsworth, la plupart des abus ne sont pas reportés et le nombre de cas réels pourrait être 9 à 10 fois plus important.

mardi, 24 novembre 2009

Le long automne du patriarche

24/11/2009 | Jeune Afrique


Le long automne du patriarcheLe long automne du patriarche© DR

Nelson Mandela, 91 ans, est au crépuscule de sa vie. Il ne sort quasiment plus. Celia W. Dugger, de l’International Herald Tribune, a rencontré ses proches et dresse un portrait touchant de l‘homme qui incarne encore la nation sud-africaine.

 

Nelson Mandela est un vieil homme. Ses cheveux ont blanchi, sa silhouette est frêle. Il entre, lentement, dans son cabinet de travail, s’appuyant de tout son poids sur une canne. Enlève ses chaussures, s’installe dans un fauteuil, puis lève ses jambes, l’une après l’autre, pour les poser sur un repose-pieds, racontent ses visiteurs. Son épouse, Graça Machel, ajuste la position « pour que ses jambes soient parallèles, puis elle dépose un baiser sur son front », raconte George Bizos, ancien avocat de Mandela et l’un de ses plus proches amis.

 

À gauche de son fauteuil, une table basse couverte de journaux, en anglais et en afrikaans, la langue des Blancs qui l’ont emprisonné pendant vingt-sept ans. La famille et les amis se tiennent toujours à sa droite, du côté où il entend le mieux. Sa mémoire n’est plus aussi vive, il aime pourtant toujours rappeler le souvenir d’histoires racontées mille fois, « polies comme des pierres », comme dit l’un de ses proches. […]

 

Nelson Mandela, probablement le chef d’État le plus respecté au monde, a plusieurs fois annoncé qu’il se retirait de la vie publique, apparaissant de temps en temps à un concert pop donné en son honneur ou à un meeting politique. Récemment, il a annulé des rendez-vous, alimentant ainsi des rumeurs alarmantes sur son état de santé. Sa fondation a dû publier un communiqué indiquant qu’il allait « aussi bien que l’on puisse espérer pour un homme de 91 ans ».

Son héritage est l’objet de tous les soins. « Il était et reste un archiviste obsessionnel, raconte Verne Harris, en charge de la “mémoire” de Mandela depuis 2004. Un livre, Conversations avec moi-même, composé de nombreuses reproductions de documents sera bientôt disponible. Il contient des pépites venues d’endroits inattendus. Comme les calendriers touristiques que l’administration pénitentiaire lui donnait chaque année à Robben Island. Il y notait son quotidien, mais aussi sa pression artérielle, et parfois un rêve. Comme celui avec sa fille Zindzi, 3 ans au moment de son emprisonnement et qu’il n’a pas revue avant ses 15 ans. « Elle me demandait de l’embrasser et me disait que je manquais de chaleur », écrivait-il de sa cellule.

 

Les rumeurs sur sa santé viennent aussi du fait qu’il reçoit moins. « Il est fatigué des bavardages avec des gens qu’il ne connaît pas », indique Verne Harris. « Il peut se souvenir en détail d’événements du passé. Mais vous savez ce qu’est la vieillesse… La mémoire du présent commence à mal fonctionner et il y a aussi des jours moins bien que d’autres », poursuit-il.

 

C’est l’épouse de Nelson Mandela, Graça Machel, 64 ans, veuve de l’ancien président mozambicain, Samora Machel, qui veille sur lui aujourd’hui. « Ils se comportent comme de jeunes amoureux, se prenant par la main », confie George Bizos. Ses vieux amis et les piliers de la lutte antiapartheid continuent de lui rendre visite. Graça n’aime pas qu’il reste seul pour déjeuner, quand elle n’est pas à Johannesburg, de peur qu’il ne mange pas assez. Alors, de temps en temps, George Bizos reçoit un coup de téléphone, une invitation à déjeuner. Il s’assoit à sa droite. Et tous deux dégustent leur plat préféré, la queue de bœuf en sauce, et parlent du bon vieux temps. […]

 

S’il disparaît de la scène, Mandela n’en reste pas moins au cœur des pensées. Pour beaucoup, il est toujours le leader idéal – chaleureux, magnanime, disposé à reconnaître ses erreurs – auquel on compare ses successeurs. Il est le père fondateur dont les valeurs constituent les piliers de la nation.

 

« La pensée de Mandela est le ciment qui unit l’Afrique du Sud », explique Mondli Makhanya, rédacteur en chef du Sunday Times. « Plus il vieillit, plus il s’affaiblit, plus proche est l’inévitable, et nous avons tous peur de ce moment. D’abord parce que nous l’aimons, ensuite parce que, après lui, qui va nous fédérer ? »

 

Comme un enfant devenu grand, craignant à chaque fois qu’il quitte ses vieux parents qu’il s’agisse de la dernière visite, les Sud-Africains se préparent à l’ultime adieu à leur héros.

La Coupe du Monde au service de la sensibilisation au VIH en Afrique du Sud

La Coupe du Monde au service de la sensibilisation au VIH en Afrique du Sud

Dans moins de sept mois, l’Afrique du Sud accueillera un événement sportif d’importance planétaire : la Coupe du Monde de football. Les millions de fans du ballon rond qui répondront à l’appel aussi bien dans le pays qu’à l’étranger représentent une chance en or pour le secteur des affaires et celui du tourisme en Afrique du Sud, mais également pour la lutte contre le VIH/SIDA.

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mardi 24 novembre 2009 / par notre partenaire IRIN (afrik.com)

 

Le 18 novembre 2009, des responsables sanitaires, des activistes et des organisations de la société civile se sont réunis à Johannesbourg afin de planifier la manière de tirer le meilleur parti de l’événement, qui se déroulera pendant 30 jours dans huit des neuf provinces sud-africaines.

 

Les médias internationaux ont récemment indiqué que la Coupe du Monde pourrait aggraver l’épidémie de VIH/SIDA qui frappe déjà sévèrement le pays. Toutefois, la rencontre sportive est vue comme une opportunité de répondre à la crise sanitaire par d’autres intervenants, dont l’ancien joueur de football Ronny Zondi, qui représente le secteur du sport et des loisirs du Conseil national de lutte contre le sida sud-africain (SANAC en anglais), l’organe chargé de la coordination des activités anti-VIH en lien avec la Coupe du Monde.

 

Les stades, les parcs destinés aux fans, les hôtels et les bars sont autant de lieux où l’on pourrait diffuser des messages de prévention sur le VIH, distribuer des brochures et des préservatifs, et proposer des services de conseil et dépistage volontaires. Lors de la rencontre, il a également été souligné le besoin pour toutes les organisations engagées dans la lutte contre le VIH/SIDA de travailler en collaboration avec la Fédération internationale de football, la FIFA, et son comité organisateur local (COL), afin d’éviter le chevauchement d’efforts et la diffusion de messages contradictoires.

 

Le docteur Victor Ramathesele, médecin en chef du COL, a exhorté les participants à tirer profit de l’expertise de la FIFA en matière de marketing afin de diffuser des messages de prévention du VIH/SIDA avant et pendant la Coupe du Monde.

 

Noluntu Ntloko, de l’unité chargée du marketing de la FIFA, a informé les participants des restrictions applicables à l’utilisation des marques déposées de la FIFA or des autres marques qui pourraient entrer en conflit avec celle de ses commanditaires et partenaires commerciaux. En outre, il a encouragé les organisations à acheminer leurs activités prévues dans le domaine de la prévention du VIH par le biais du COL.

Dans le cadre du mouvement Football for hope, la FIFA a déjà conclu des partenariats avec des organisations de la société civile engagées dans la lutte contre l’épidémie. Parmi ces partenaires figure Grassroots Soccer, qui s’emploie avec une ONG locale, Sonke Gender Justice, à former des entraîneurs de football pour que ces derniers sensibilisent les jeunes au VIH/SIDA.

Plusieurs organisations ne comptent pas relâcher leurs efforts après le coup de sifflet final de la Coupe du Monde, mais elles prévoient, au contraire, de mener des campagnes durant toute l’année 2010 et de s’adresser à l’ensemble du continent.

Wayne Alexander, de Dance4Life, une initiative internationale qui a pour but d’impliquer et de responsabiliser les jeunes, a informé les participants au sujet du Fair Play for Africa, une campagne de mobilisation communautaire visant à promouvoir le droit aux soins de santé de qualité pour tous les Africains et à tenir les gouvernements africains responsables de l’accès aux soins. Jusqu’à présent, 200 ONG se sont engagées à participer à l’initiative et des activités se dérouleront dans douze pays d’Afrique au cours de l’année 2010.

« Nous avons parcouru un long chemin », a estimé le docteur Robin Petersen, responsable de la rencontre de Johannesbourg. Il y a 10 ans, lorsque l’Afrique du Sud a envisagé de déposer sa candidature pour accueillir la Coupe du Monde, le pays a été pressé de ralentir la propagation de l’épidémie. « Aujourd’hui, nous prévoyons de tirer profit de cet événement pour trouver des solutions à l’une des plus importantes crises à laquelle notre pays est confronté », a-t-il conclu.

Lire sur le même sujet : AFRIQUE DU SUD : Les footballeurs se joignent à la lutte contre le VIH/SIDA

Coupe du monde 2010 : la zizanie des vuvuzelas

Objet de fierté nationale en Afrique du Sud, les trompettes exaspèrent les non-initiés

La vuvuzela, trompette des supporters sud-africains, promet de créer une grosse polémique en juin 2010, quand commencera la Coupe du monde. L’équipe japonaise a exprimé à la mi-novembre son opposition à la trompette. Mais en juin déjà, les critiques avaient fusé, lors du « tour de chauffe » de la Coupe des confédérations. Joueurs, entraîneurs, commentateurs et supporters avaient eu du mal à se faire au bruit assourdissant des trompettes. Il reste que c’est là affaire de fierté nationale, et le président de la FIFA a choisi de ne pas chercher à les interdire pour les mondiaux. Les mauvaises langues persiflent et disent que la vuvuzela est encore la meilleure arme d’une sélection nationale sud-africaine au plus bas niveau de son histoire.

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(afrik.com) mardi 24 novembre 2009 / par Denis Carlier

Le président de la FIFA, Joseph Blatter, a du mal à se souvenir du nom… « La buzela… la vubizila… », il butait encore en juin sur le nom de cet étrange instrument, lors d’un conférence de presse, rapporte un journaliste du Buteur. Pourtant, la vuvuzela s’annonce comme un enjeu majeur de la prochaine Coupe du monde, en Afrique du Sud. La liste des équipes qualifiées pour juin et juillet 2010 est désormais connue. Mais la principale épreuve à venir se présente sous la forme d’une fine trompette en plastique, longue de 62 centimètres.

Inoffensive, la vuvuzela ? Pas quand des centaines de supporters des Bafana Bafana, l’équipe nationale, s’emploient à en jouer de concert. Ceux qui suivent la Coupe d’Afrique des nations (CAN) ne sont pas sans le savoir : c’est alors tout le stade qui résonne d’un formidable bourdonnement. Et que personne n’espère une minute de pause, le bruit dure, de manière continue, jusqu’au coup de sifflet final, voire bien après.

Un concert de critiques

Le président de Football du Japon (JFA), Motoaki Inukai, a demandé l’interdiction des vuvuzelas après un match amical Japon-Afrique du Sud, le 14 novembre dernier. Mais c’est la tenue en Afrique du Sud de la très peu médiatique Coupe des confédérations, au mois de juin, qui a lancé le débat dans le microcosme footballistique. De quoi donner un avant-goût de l’ampleur des critiques qui ne manqueront pas de tomber lors des mondiaux.

L’international espagnol Xabi Alonso a ainsi pris position en juin contre les vuvuzelas. « Je pense qu’elles devraient être interdites », a-t-il déclaré selon une chronique du Guardian, ajoutant : « Nous sommes habitués à ce que les gens crient, mais pas à ce bruit de trompettes, qui empêche de se concentrer et qui est insupportable. Elles rendent très difficile la communication entre les joueurs. Elles sont un dérangement et ne font rien pour créer une atmosphère ». Un propos relayé, après le match du 14 novembre, par le défenseur de l’équipe du Japon Marcus Tulio Tanaka, qui s’est plaint, selon la BBC que les joueurs ne puissent pas « entendre ce que les coéquipiers disent à plus de deux mètres ».

L’entraîneur néerlandais, Bert van Marwijk, avait déjà appuyé ce point de vue en déclarant, comme le rapporte ESPN : « Vous voulez donner des instructions à vos joueurs durant le match, mais c’est presque impossible avec ce bruit. Donc pour moi, les trompettes doivent rester hors du stade ». Plusieurs présentateurs et chaînes ont également protesté contre l’inconfort auditif créé chez les téléspectateurs par les vuvuzelas. Le chroniqueur sportif du Guardian prédit même que le premier réflexe des supporters devant leur poste de télévision sera de couper le son.

La vuvuzela, seul atout de l’Afrique du Sud pour la Coupe du monde ?

Face à ce flot de critiques, la réponse de la Fédération internationale de football (FIFA) ne s’est pas fait attendre. Joseph Blatter a alors immédiatement déclaré qu’il ne fallait pas « essayer d’européaniser une Coupe du monde africaine ». « J’ai toujours dit qu’on venait en Afrique. C’est bruyant, c’est de l’énergie, de la musique, du rythme, bref c’est l’Afrique ! », a-t-il précisé. Une déclaration dont les connotations n’ont pas été beaucoup commentées.

C’est pourtant bien la question du racisme qui a été mise en avant par certains partisans de l’instrument, à un moment où pourtant les Sud-africains blancs commencent à se plaire à regarder des matchs de football, et même à jouer de la vuvuzela. C’est par exemple l’argument qu’avance Setumo Stone, dans une chronique de juin pour le quotidien sud-africain Mail&Guardian, même s’il préfère parler d’« intolérance ». « Je signale que nous ne jouons pas de vuvuzela parce que nous sommes africains. Nous jouons de la vuvuzuela parce que nous y obtenons une poussée d’adrénaline du bruit créatif qu’elle produit », s’emporte-t-il.

« Il n’y a rien de raciste là-dessous », se sent obligé de préciser un réfractaire de la trompette sud-africain, interrogé par France 24, avant d’ajouter : « Certains prétendent que les Blancs européens veulent l’interdire, parce qu’ils sont racistes envers les Noirs sud-africains. C’est archi faux. La plupart de mes amis noirs ne supportent pas non plus la vuvuzela ».

Le cinéaste sud-africain Zola Maseko a présenté en juillet dans une tribune au Mail&Guardian une critique plus poussée. Selon lui, l’équipe de football d’Afrique du Sud serait pire que celle du Lichtenstein, et l’unique apport du pays à ce sport serait la vuvuzuela. Il n’y voit qu’une « torture prolongée » sur 90 minutes, « qui ne peut en aucun cas stimuler la créativité ». C’est bien, pour le réalisateur, la peur de se voir accuser de racisme qui a fait que Joseph Blatter a refusé d’interdire la pratique de cet instrument.

Selon Takeshi Okada, l’entraîneur de la sélection japonaise, « peut-être que s’ils jouaient bien au football, [les fans] resteraient tranquilles et regarderaient le match ». Hélas, les résultats des Bafana Bafana sont désastreux, les pires de l’histoire du pays à en croire le classement officiel de la FIFA. Est-ce la raison pour laquelle les ventes de vuvuzelas ne se sont jamais aussi bien portées ?


lundi, 23 novembre 2009

Afrique du Sud : les Robin des bois de l’électricité sévissent à Soweto

Une association militante lutte pour que les habitants du township aient du courant

Depuis plusieurs années, les membres du Comité de crise de l’électricité de Soweto (SECC), en Afrique du Sud, reconnectent illégalement des compteurs pour donner du courant aux plus pauvres. Cette action déplait fortement à l’Eskom, la compagnie publique d’électricité, qui a enregistré cette année plus de la moitié de ses pertes annuelles pour non-paiement des factures dans ce secteur.

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lundi 23 novembre 2009 / par Stéphanie Plasse (afrik.com)

Ce sont les Robin des bois du célèbre township sud-africain, Soweto. Leur mission : garantir un accès à l’électricité aux plus pauvres. « On rend à la communauté ce dont elle a besoin. Le gouvernement a promis de l’électricité, des services de base gratuits pour tous. Nous appliquons la politique qu’ils ont échoué à mettre en place pour les communautés », explique à l’AFP Bobo Majhoba, dirigeant du Comité de crise électrique de Soweto (SECC). Leur procédé est simple : les militants de cette association piratent le système de distribution d’Eskom, la compagnie d’électricité sud-africaine. Un acte qui n’est pas du goût de la société. « Etre sans emploi et avoir des difficultés ne vous donnent pas le droit de faire des choses illégales », s’insurge Bandile Jack, un chargé de clientèle présent dans ce secteur. C’est à Soweto que la compagnie enregistre plus de la moitié de ses pertes annuelles pour non paiement des factures en zone résidentielle. En effet, seulement 20% des foyers de Soweto payent leur facture. Et le SECC en est en partie responsable.

David contre Goliath

Face aux tarifs exorbitants pratiqués par Eskom qui a fortement augmenté ses prix ces dernières années (+27,5 % en 2008, +31,3 % en 2009), l’association n’a qu’un seul mot à la bouche : lutter. Et ce, coûte que coûte. « Nous n’avons pas beaucoup d’argent et de moyens pour nous battre contre Eskom, si ce n’est physiquement et émotionnellement. On met plus d’équipes sur le terrain pour reconnecter les gens, c’est comme cela qu’ils (Eskom) auront la pression », explique Bobo Majhoba. Depuis leur création en 2000, le SECC se livre à des actions de guérilla en faveur des habitants pour que l’électricité soit gratuite pour tous.

Depuis la fin de l’Apartheid, la première puissance économique du continent est confrontée à des manifestations, souvent violentes, de la population qui demande de meilleurs services publics. Et pour cause, dans ce pays, environ 43% des Sud-Africains vivent avec moins de deux dollars par jour et près de 40% des actifs sont au chômage. « Il ne se passe pas un jour sans qu’on reçoive une dizaine d’appels de gens à qui l’on a coupé l’électricité », indique au quotidien sud-africain, Mail and Guardian, le porte-parole du SECC, Thabo Molefe.

La misère du township

Isaac Lebodi par exemple connait bien la situation. Les agents d’Eskom débarquent régulièrement chez lui pour couper le courant. « Maintenant je leur dois environ 6000 rands (540 euros) d’arriérés, mais je leur verse environ 300 rands chaque mois », explique-t-il à l’AFP. « Je ne peux pas tout leur rembourser parce-que je ne travaille pas, je n’ai pas d’argent ».

Hasard ou coïncidence ? Le bureau du Comité est situé juste en face de l’agence Eskom de la rue Chris Hani, à Johannesburg. Malgré cette proximité, le courant entre la compagnie et le SECC ne semble pas passer.

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