mercredi, 06 janvier 2010

Yémen

Trois membres d'Al-Qaida arrêtés au Yémen

 

Les forces yéménites ont localisé un chef local d'Al-Qaida retranché au nord-est de Sanaa après avoir arrêté trois extrémistes blessés lundi 4 janvier, a-t-on appris de sources proches des services de sécurité.

L'opération militaire de lundi dans laquelle les trois suspects ont été touchés a entraîné la mort de deux autres activistes et a entraîné la fermeture à Sanaa de l'ambassade des Etats-Unis et de plusieurs missions diplomatiques européennes.

Saluant le succès des "opérations antiterroristes menées le 4 janvier par les forces yéménites", la représentation américaine a annoncé mardi la reprise de ses activités. L'ambassade de France a, quant à elle, rouvert ses portes au public, mercredi. La mission britannique a, elle, repris ses activités mais reste fermée au public.

Le Yémen s'est hissé en tête des préoccupations internationales depuis qu'Al-Qaida dans la péninsule Arabique, émanation du réseau dirigé par Oussama Ben Laden, a revendiqué la tentative d'attentat du 25 décembre contre le vol 253 de la Northwest Airlines entre Amsterdam et Detroit.

Le chef du mouvement, localisé mercredi, était la cible de l'opération de l'avant-veille, ont précisé les forces de l'ordre, qui ont encerclé la maison où il serait retranché, dans la province d'Arhab, 60 km au nord-est de la capitale.

HUIT SUSPECTS ARRÊTÉS

Les trois activistes blessés lundi avaient réussi à prendre la fuite et à gagner une autre province, où ils ont finalement été appréhendés mardi alors qu'ils cherchaient à se faire soigner, a-t-on précisé de source proche des services de sécurité. Il s'agit de "djihadistes" de rang subalterne.
Leur arrestation porte à huit le nombre de membres présumés de la nébuleuse islamiste interpellés ces derniers jours.

La communauté internationale redoute que le Yémen, pays le plus pauvre du monde arabe, qui plus est en proie à des conflits séparatistes, ne devienne une nouvelle place forte d'Al-Qaida, à proximité des gisements de pétrole saoudiens.

Avec l'aide discrète mais récemment accrue des Etats-Unis, les autorités ont ordonné le déploiement de renforts ces derniers jours dans les trois provinces visées en décembre pour tenter d'éradiquer la guérilla islamiste. L'armée a, en outre, dressé de nouveaux barrages sur les grands axes routiers.

mardi, 05 janvier 2010

Nigeria / Etats-Unis

Le Nigeria proteste contre son inscription sur la liste noire des Etats-Unis




Dora Akunyili, ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement nigérian.
Reuters / A. Akinleye



Par RFI


Le Nigeria, pays d'origine d'Umar Farouk Abdulmuttalab, l'auteur de l'attentat manqué revendiqué par al-Qaïda, n’apprécie pas de figurer sur la liste dressée par les Etats-Unis des 14 pays considérés comme soutien au terrorisme. Washington a en effet décidé de renforcer les contrôles de tous les passagers en provenance de ces pays, parmi lesquels figurent le Yémen, le Pakistan, l'Afghanistan, la Somalie et le Nigeria.


A Lagos, on ne comprend pas ces mesures. Il était déjà difficile d'obtenir un visa pour les Etats-Unis. Désormais, après les formalités aéroportuaires, tous les Nigérians désirant voyager sur un vol à destination des Etats-Unis devront se soumettre à une fouille corporelle juste avant l'embarquement.


Pour la porte-parole du gouvernement nigérian, c'est inacceptable. Il est injuste, dit Dora Akunyili de discriminer 150 millions de personnes en raison de la conduite d'une seule. Bien sûr, l'auteur de l'attentat manqué est d'origine nigériane, nul ne le conteste, mais Umar Farouk n'a pas été recruté par al-Qaïda dans son pays. C'est au Yémen qu'il a mûri son projet suicidaire.


Le Nigeria n'admet donc pas de figurer sur cette liste noire des pays soutenant le terrorisme. La plus haute autorité islamique du pays a du reste condamné fermement cette action, jugée par le secrétaire général du Conseil suprême des affaires islamiques, comme un acte isolé. « Nous ne pensons pas, dit Lateef Adeg Bite, qu'il existe au Nigeria de groupes islamiques enclin à de tels actes criminels et violents. »


Cependant, d'autres au Nigeria ne sont pas loin de penser qu'Umar Farouk est le produit de la négligence des autorités nigérianes dans le nord du pays à dominante musulmane.



Article publié le : mardi 05 janvier 2010

samedi, 02 janvier 2010

Obama accuse Al-Qaïda au Yémen de la tentative d'attentat

Publié le 02/01/2010 par AFP


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Le président Barack Obama a accusé, pour la première fois, samedi, la branche yéménite d'Al-Qaïda d'avoir armé et entraîné le jeune Nigérian qui a tenté de faire sauter un avion de ligne américain dans un attentat suicide, le jour de Noël.



 

Le président américain, dans son discours hebdomadaire radiotélévisé, a dit tenir Al-Qaïda pour responsable de cette tentative d'attentat lors du vol Amsterdam-Detroit, en déclarant que les Etats-Unis étaient en guerre contre un "réseau de haine et de violence de grande envergure".


Parlant du suspect nigérian, Umar Farouk Abdulmutallab, Obama a ajouté : "Nous savons qu'il venait du Yémen, un pays en proie à une grande pauvreté et à des insurrections mortelles. Il apparaît qu'il y a rejoint une branche affiliée à Al-Qaïda et que ce groupe, Al-Qaïda dans la péninsule arabique, l'a entraîné, équipé avec les explosifs et dirigé pour l'attaque de cet avion en route vers l'Amérique".


L'attentat manqué a été revendiqué par Al-Qaïda dans la péninsule arabique.


Jusqu'à présent, les autorités américaines n'avaient pas accusé publiquement Al-Qaïda d'être responsable de la tentative d'attentat, notant simplement qu'il semblait y avoir un "lien".


Le président, qui achève ses vacances à Hawaii, a passé deux jours à examiner les résultats de l'enquête préliminaire.


Abdulmutallab est accusé d'avoir tenté de faire sauter l'avion de la Northwest avec des explosifs dissimulés dans ses sous-vêtements. L'attentat a échoué grâce à l'intervention de passagers lors de la tentative de mise à feu.


M. Obama a indiqué qu'en raison des attaques passées d'Al-Qaïda au Yémen, avant même la tentative d'attentat à Noël, il avait demandé de renforcer la coopération des autorités américaines avec ce pays. "Des camps d'entraînements ont été frappés, des leaders éliminés, des complots déjoués. Et tous ceux qui sont impliqués dans la tentative d'attentat de Noël doivent savoir qu'ils auront à rendre des comptes".


Pour répondre aux critiques des Républicains qui lui reprochent d'avoir abandonné le terme de "guerre contre le terrorisme" cher à George W. Bush, M. Obama a évoqué son discours de prise de fonction il y a un an. "Ce jour là, j'ai été très clair en rappelant que notre nation était en guerre contre un réseau de haine et de violence de grande envergure et que nous prendrions toutes les mesures nécessaires pour le combattre et défendre notre pays tout en soutenant les valeurs qui ont toujours distingué l'Amérique parmi les nations".


Jeudi, le directeur du renseignement américain, Dennis Blair, avait demandé à ses collaborateurs de réagir, notant que les attentats à venir seront "encore plus durs à déjouer".


"Le président a été direct en jugeant que les failles du renseignement avaient contribué à l'escalade de la menace. C'est un message dur à entendre. Mais nous l'avons reçu et nous devons désormais avancer et réagir en équipe", a-t-il écrit dans une lettre à son personnel.


"Ce qui me préoccupe le plus est (...) d'anticiper et de stopper les attentats plus rusés de l'avenir", qui "seront encore plus durs à découvrir, interpréter et déjouer", a-t-il ajouté.


Pendant ses vacances, Obama a consulté les hauts responsables de la sécurité nationale pour revoir notamment les procédures de sécurité à bord des avions.


Il a notamment parlé avec Denis McDonough, haut responsable du Conseil de sécurité nationale, et John Brennan, son conseiller pour la lutte contre le terrorisme, selon un responsable de la Maison Blanche.


M. Obama évoquera mardi à Washington avec les responsables concernés des mesures à prendre.


Le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé vendredi à une réunion internationale sur le Yémen et la lutte contre le terrorisme pour le 28 janvier à Londres, en marge d'une conférence sur l'Afghanistan qui doit rassembler les dirigeants de 43 pays.

lundi, 28 décembre 2009

L’administration américaine sur la sellette dans les talk shows dominicaux

Article publié le : lundi 28 décembre 2009


La Secrétaire à la Sécurité intérieure des Etats-Unis, Janet Napolitano.
Reuters / J. Ernst




Par RFI


La ministre de la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, et le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, sont venus défendre dans les émissions politiques du dimanche 27 décembre au matin la politique de l’administration Obama en matière de sécurité.

 

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

 

Les deux représentants de l’administration Obama ont dû expliquer pourquoi et comment un individu qui figurait sur une liste de terroristes potentiels et dont le père même avait averti l’ambassade américaine à Lagos qu’il était devenu radicalisé, a pu arriver aux Etats-Unis sans encombre.

 

Napolitano et Gibbs intervenant sur ABC, NBC et CNN, n’ont pu donner vraiment de réponse, expliquant que l’enquête ne faisait que commencer. Pour la même raison, ils se refusent toujours à pointer du doigt avec certitude al-Qaïda, déclarant qu’ils ne croient pas pour le moment à un complot à grande échelle.

 

Robert Gibbs a rappelé qu’il y avait 3 bases de données recensant les suspects par degré de dangerosité. Le nom d’Abdulmutallab était noyé au milieu de 550 000 autres considérés à bas risques. Il ne figurait ni parmi les 13 000 qui doivent obligatoirement être fouillés minutieusement, ni parmi les 4 000 qui sont interdits de vol.

 

La ministre de la Sécurité intérieure a souligné pour sa part qu’il n’était pas possible de refuser l’embarquement à un passager sans avoir d’informations précises et crédibles. Une excuse mal accueillie par les républicains qui craignent qu’à trop vouloir être politiquement correct, comme ce fut le cas à Fort Hood, le gouvernement devienne laxiste.

jeudi, 24 décembre 2009

Abou Hannas, le juge du désert

Le sort des six ressortissants français, espagnols et italiens capturés ces derniers jours dans la zone du Sahel pourrait dépendre d'un jeune imam mauritanien devenu la caution religieuse d'Al-Qaida au Maghreb islamique, avance le quotidien espagnol El País.


23.12.2009 | Isabelle Lauze



Abou Hannas, dans l'une de ses vidéos - El País.com


Abou Hannas, dans l'une de ses vidéos - El País.com


Les enlèvements de ressortissants européens se multiplient depuis un mois dans le Sahel. Aux rapts du Français Pierre Cammatte, le 25 novembre à Mékana, au Mali, et de trois humanitaires espagnols le 29 novembre dans le nord-ouest de la Mauritanie, revendiqués par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), est venue s'ajouter, le 19 décembre, la capture d'un couple d'Italiens dans le sud-est de la Mauritanie, près de la frontière malienne.


Concernant les trois Espagnols, leur sort est entre les mains d'un Mauritanien connu sous le nom d'Abou Hannas, croit savoir le quotidien El País. Cet homme, âgé d'une trentaine d'années, ancien imam passé à la lutte armée, est depuis quelques années le référent religieux d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), un groupe issu de l'alliance en 2006 des militants algériens du Groupe salafiste de prédication et de combat (GSPC) et de ceux du réseau d'Oussama Ben Laden. La nébuleuse AQMI est composée aujourd'hui, selon des sources des renseignements français et mauritaniens, de quatre brigades fortes de 300 hommes de sept nationalités différentes. "La forte expansion d'AQMI a obligé ses dirigeants à se doter d'un juge du désert qui puisse expliquer leurs décisions et les bénir", rapporte l'envoyé spécial du quotidien espagnol à Nouakchott, la capitale mauritanienne, sur la foi de sources proches des salafistes.


La gendarmerie mauritanienne attribue au juge du désert Abou Hannas  la rédaction d'un document intitulé "Manuel sur les prisonniers étrangers", saisi lors d'une opération policière à Nouakchott. Ces quelques feuillets en arabe expliquent que faire avec les personnes enlevées et comment les traiter : s'il s'agit de femmes, les djihadistes sont autorisés à les prendre pour épouses, s'il s'agit de militaires, à les tuer et dans le cas de civils, ils doivent demander un échange de prisonniers ou une rançon.

Yémen: 34 membres présumés d'Al-Qaïda tués dans un nouveau raid de l'armée

24/12/2009 - Source : la-croix.com


SANAA (AFP)


L'armée yéménite a tué jeudi 34 membres présumés d'Al-Qaïda, dont des responsables du réseau, dans un raid aérien qui a visé une réunion du groupe dans le centre du Yémen, portant à 68 le nombre des tués parmi les activistes extrémistes en huit jours, selon des sources de sécurité.

"Le raid a été mené au moment où des dizaines de membres d'Al-Qaïda étaient réunis à Wadi Rafadh", une région montagneuse isolée dans la province de Chabwa, à 650 km à l'est de Sanaa, a indiqué à l'AFP une source au sein des services de sécurité.

Le chef d'Al-Qaïda dans la Péninsule arabique, Nasser Al-Whaychi, et son adjoint, le Saoudien Saïd al-Chahrani, étaient présents à la réunion, a indiqué la même source, qui n'a pas été en mesure de dire s'ils avaient péri dans le raid.

Elle a cependant indiqué que d'autres "dirigeants du groupe, dont Saad al-Fathani et Mohammad Ahmed Saleh al-Oumir, figurent parmi les morts".

Selon cette source, Mohammad al-Oumir était la personne qui avait fait récemment une apparition publique lors d'un rassemblement dans la province d'Abyane (sud-est) et dont la télévision satellitaire arabe Al-Jazira a diffusé mardi une vidéo.

"Des Saoudiens et des Iraniens, présents à la réunion de Wadi Rafadh, figurent aussi parmi les morts", a assuré la même source sans donner plus de détails.

"Les participants à la réunion préparaient des attentats contre des installations économiques au Yémen, en représailles aux opérations de la semaine dernière", a déclaré à l'AFP un responsable yéménite sous couvert d'anonymat.

Une source de la Commission supérieure pour les affaires de sécurité, citée par le ministère de la Défense sur son site internet, a confirmé le raid, précisant que la réunion de Wadi Rafadh était destinée à "planifier et à exécuter des attentats contre des intérêts yéménites et étrangers" au Yémen.

Le bilan du raid porte à 68 le nombre, annoncé à Sanaa, de morts en huit jours parmi les membres d'Al-Qaïda dans la Péninsule arabique, qui regroupe les branches yéménite et saoudienne du réseau d'Oussama ben Laden.

Le 17 décembre, l'armée avait mené un raid contre un camp d'entraînement d'Al-Qaïda dans la province d'Abyane, tuant 30 activistes. Ce premier raid avait aussi coûté la vie à 49 civils, dont 23 enfants et 17 femmes, selon des sources politiques et tribales.

Le même jour, les forces gouvernementales avaient tué quatre autres membres d'Al-Qaïda à Arhab, à 35 km au nord de Sanaa, dans ce que les autorités avaient alors présenté comme une campagne d'"opérations préventives" contre des activistes d'Al-Qaïda "qui planifiaient des attentats".

Depuis, 29 autres membres présumés d'Al-Qaïda, et non 30 comme annoncé auparavant, avaient été arrêtés, ont affirmé les autorités.

"Les forces de sécurité vont continuer à traquer les terroristes (...) et à mettre en échec leurs plans criminels", a affirmé la source de la Commission supérieure, appelant la population à coopérer dans leur lutte contre Al-Qaïda.

"Ceux qui donnent refuge ou aident les terroristes d'Al-Qaïda (...) s'exposeront à des poursuites judiciaires", a-t-elle averti.

"La lutte contre le terrorisme et l'éradication de l'extrémisme est une urgence nationale", a déclaré le vice-Premier ministre pour les Affaires de défense et de sécurité, Rached al-Alimi.

"Le réseau (d'Al-Qaïda) veut faire du Yémen une base pour ses activités terroristes afin de nuire non seulement au Yémen (...) mais aussi à la sécurité et à la stabilité de la région", a-t-il ajouté lors d'un débat mercredi au Parlement.

Le Yémen, pays d'origine d'Oussama ben Laden, a été le théâtre ces dernières années d'attentats contre des missions diplomatiques, des installations pétrolières et surtout des touristes étrangers. La plupart de ces attentats ont été revendiqués par Al-Qaïda.

lundi, 21 décembre 2009

Etats-Unis / Terrorisme : 12 détenus de Guantanamo renvoyés chez eux

Article publié le : lundi 21 décembre 2009

Le camp américain de Guantanamo
AFP


Par RFI

Progressivement, Guantanamo se vide. L’administration Obama a annoncé que lors du week-end, six Yéménites ont été renvoyés dans leurs pays, ainsi que quantre Afghans et deux Somaliens transférés au Somaliland.

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Dans son communiqué, le ministère américain de la justice a souligné que ces rapatriements avaient été entourés des mesures de sécurité appropriées et en consultation avec les pays concernés. Mais Frank Wolf, représentant républicain de Virginie avait adressé vendredi une lettre au président Obama pour essayer de stopper ces transferts qu’il juge dangereux. Sur les 560 détenus ayant quitté Guantanamo depuis 2002 à destination de plus de 35 pays, 18% , selon une agence de renseignements militaire, ont repris leurs activités terroristes.

Les plus difficiles à recaser sont les Yéménites: l’Arabie saoudite a refusé de les accepter dans ses camps de réhabilitation. Jusqu’à présent, Washington n’avait pas voulu les renvoyer au Yémen, où le gouvernement n’avait pas les moyens de les contrôler. Toutefois cette réserve semble disparaitre maintenant que Sanaa, avec l’aide militaire américaine, a lancé une vigoureuse opération contre al-Qaïda.

Sur les 198 détenus restant à Guantanamo en attendant leur transfert dans une prison de l’Illinois, cinq, dont Khalid Sheik Mohamed, le cerveau des attentats du 11-Septembre, seront jugés à New-York devant un tribunal de droit commun, et cinq autres associés à l’attaque contre le destroyer USS Cole passeront devant une commission militaire qui siégera au nouveau pénitencier.

mercredi, 09 décembre 2009

Le président Ould Abdel Aziz s'exprime sur l'enlèvement des humanitaires espagnols

Article publié le : mercredi 09 décembre 2009


Le Président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz.
AFP / Juan Barreto



Par RFI

Les autorités se sont exprimées mardi 8 décembre pour la première fois sur l’enlèvement le 29 novembre dernier des trois humanitaires espagnols dans le pays. Le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz a pris lui-même la parole lors d'une conférence improvisée. Le rapt avait été revendiqué, plus tôt dans la journée, par al-Qaïda au Maghreb Islamique.

Depuis l’enlèvement des trois humanitaires espagnols il y a dix jours, les autorités mauritaniennes avaient opté pour la loi du silence. Pas une seule déclaration officielle n’avait été faite que ce soit pour confirmer le kidnapping , indiquer les moyens déployés ou faire état de l’avancée des recherches. Un silence sur lequel avaient fleuri les rumeurs les plus diverses, parlant tantôt de localisation des otages, tantôt de libération tantôt d’assaut manqué.

Mardi 8 décembre, plusieurs heures après la revendication de l’enlèvement par un porte-parole d’al-Qaïda au Maghreb Islamique, le président de la République a lui-même brisé ce silence au terme d’une visite inopinée dans un hôpital.

Mohamed Oul Abdel  Aziz a expliqué l’enlèvement en indiquant que c’est « le cumul d’erreurs sécuritaires et militaires des régimes précédents qui a conduit à ce genre d’actes terroristes ». Il a fait notamment état de corruption ainsi que de manque de matériel et de moyens au sein de l’armée.

Toutefois le président a immédiatement précisé que depuis l’installation de l’actuel gouvernement, le pays s’est attelé à « équiper les forces armées et de sécurité et à les entraîner pour leur permettre de mener à bien leur mission essentielle de protection du pays et de ses hôtes, une tâche qui ne peut cependant être réalisée en un jour », a encore ajouté le

lundi, 07 décembre 2009

Kaddafi : l'interdiction des minarets en Suisse rend "le plus grand service" à Al-Qaïda

07/12/2009 | AFP


Le minaret d'une mosquée le 30 novembre 2009 à ZurichLe minaret d'une mosquée le 30 novembre 2009 à Zurich© AFP

En interdisant la construction de minarets, la Suisse a rendu "le plus grand service à Al-Qaïda" en lui donnant un "argument" pour s'attaquer à l'Europe, a estimé le numéro un libyen Mouammar Kaddafi dans un discours publié dimanche.

"Ils prétendent qu'ils "combattent Al-Qaïda et le terrorisme" alors qu'ils viennent de (leur) offrir le plus grand service", a déclaré le colonel Kaddafi cité par l'agence officielle Jana.

Les Suisses ont voté le 29 novembre à une large majorité de 57,5% l'interdiction des minarets.

Par ce référendum, la Suisse a fourni un "très fort argument" à Al-Qaïda pour s'attaquer à l'Europe, a estimé M. Kaddafi en marge d'une cérémonie à la Faculté des Sciences religieuse de Zliten (160 km à l'est de la capitale libyenne) ou cours de laquelle il s'est vu décerner samedi un "doctorat honorifique en culture et appel islamiques".

"Référendum raciste"

Selon lui, "les militants d'Al-Qaïda disent maintenant: "nous vous avons prévenu qu'ils sont nos ennemis (. . . ) Regardez qu'est ce qu'ils font en Europe. Venez vous joindre à Al-Qaïda et proclamez le jihad contre l'Europe"".

Pour Kaddafi, dont le pays avait déjà dénoncé "un référendum raciste", l'interdiction des minarets en Suisse a donné aussi un argument aux pays musulmans pour interdire les constructions des églises.

Qualifiant la Suisse de "mafia du monde" et d'"entité fabriquée", le colonel Kaddafi a indiqué qu'il y avait "un appel pour le boycott" de la confédération helvétique par le monde musulman, sans autres précisions.

Tensions entre la Suisse et la Libye

"Nous continuons à leur (les Suisses) dire: vous devez penser à vos intérêts. Vous avez besoin de pétrole, de gaz, de ports, de mer, d'énergie solaire, d'investissements".

"Méfiez-vous avant de perdre ces acquis et ne dépassez pas vos limites", a-t-il prévenu.

Les relations entre la Suisse et la Libye sont tendues depuis l'arrestation musclée d'Hannibal, un fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, le 15 juillet 2008 à Genève.

Le 1er décembre, deux hommes d'affaires suisses retenus depuis juillet 2008 en Libye ont été condamnés à 16 mois de prison ferme pour "séjour irrégulier".

mardi, 27 octobre 2009

Afghanistan: "La communauté internationale paie ses erreurs"

En Afghanistan, les électeurs sont conviés à un deuxième tour pour élire leur président, sur fond de menaces des taliban. Sur le terrain, la coalition internationale essuie des attaques régulières. Et le débat sur l'envoi de troupes supplémentaires occupe les pays engagés. Pour leJDD.fr, Pierre Lafrance*, qui a occupé de hautes fonctions diplomatiques en Afghanistan et au Pakistan, analyse les erreurs de la communauté internationale.

Afghanistan SoldatsPour Pierre Lafrance, la communauté internationale n'a pas analysé suffisamment le contexte socio-économique. (Reuters)


Vous connaissez bien l'Afghanistan et le Pakistan. Comment analysez-vous le retour en force des taliban ces derniers mois?
Leurs moyens se sont renforcés. Ils ont reçu des financements complémentaires. Aujourd'hui, ils ont vraiment peur que la situation leur échappe donc ils veulent à tout prix étendre leur emprise sur le pays. Et ce d'autant plus que les Etats-Unis pourraient lancer une nouvelle offensive et que la communauté internationale prend conscience de ses faiblesses et essaie de s'appuyer davantage sur les formes de démocratie traditionnelles. Les taliban tentent donc d'assujettir la population. Ils essaient de détruire là où ils sont déjà en force. Ils veulent détruire les instances traditionnelles de prises de décision, ce qui limite les interlocuteurs de la communauté internationale.

Bénéficient-ils du soutien de la population?
Depuis des années, les taliban sont partout dans la population locale, de façon plus ou moins dormante. Beaucoup d'étudiants en religion ont regagné leurs villages avec une conviction: la démocratie est mauvaise pour l'Afghanistan. Ils veulent revenir au califat pour le monde musulman. Ils pensent qu'un islam scrupuleusement suivi est un remède aux vilénies du monde. Alors parfois, la population leur dit: "On connaît votre chanson, mais on a envie d'essayer d'autre choses." Et parfois, quand la population a des doutes sur les perspectives qui lui sont présentées, alors les talibans regagnent de l'influence. Ils exploitent le sentiment de frustration au sein de la population, notamment chez les Pachtounes [ethnie des taliban, ndlr] du Nord, malmenés depuis 2001.

La communauté internationale a-t-elle commis une erreur en ne traitant pas les différentes ethnies sur un pied d'égalité?
Oui. Elle n'a pas analysé la situation socio-économique de l'Afghanistan de façon approfondie. Elle aurait dû faire en sorte que tout le monde soit à peu près servi. Elle aurait dû faire en sorte que l'aide internationale parvienne en majorité aux Afghans. Or, celle-ci est retournée vers les pays bailleurs de fonds selon les règles édictées par les agences internationales. L'erreur a été de ne pas suffisamment encourager l'emploi et la création de richesse.

Peut-on revenir en arrière?
C'est aujourd'hui beaucoup plus difficile en raison de l'insécurité. La communauté internationale est obligée de travailler aujourd'hui à contre-courant. Elle paie le prix de ses erreurs. Et puis il ne faut pas oublier la "diversion" irakienne. Les meilleures troupes américaines ont quitté l'Afghanistan pour l'Irak, laissant sur place des soldats qui ont eu un recours abusif aux frappes aériennes avec tous les dégâts collatéraux que l'on connaît.

"On en coupe un morceau et une autre partie renaît"

Aujourd'hui, deux scénarios se profilent: envoyer davantage de soldats en Afghanistan ou concentrer ses efforts sur les éléments d'Al-Qaïda. Qu'en pensez-vous?
Prétendre essayer de tuer Al-Qaïda à la racine, prétendre atteindre les chefs des taliban à la tête pour que le corps meurt, c'est à mon avis une vue de l'esprit. Le deuxième scénario est évidemment très tentant car moins coûteux en vie humaine. Mais les taliban sont davantage une mouvance qu'un mouvement. Il n'y a pas de hiérarchie très rigide. On en coupe un morceau et une autre partie renaît ailleurs. Aujourd'hui, la solution est de protéger au maximum les populations, de créer des zones de développement économique et donc d'augmenter les effectifs.

Le déroulement de l'élection présidentielle en Afghanistan marque-t-il aussi un échec de la gestion politique du conflit?
Depuis très longtemps, la communauté internationale a fait l'erreur de ne pas surveiller d'assez près le gouvernement afin qu'il puisse apparaître comme honnête aux yeux de la population. Elle a pensé que les dirigeants connaissaient bien leur pays. Or, cela fait des siècles qu'ils ne savent pas se débrouiller chez eux, d'où la tension larvée. Les récents événements ont déprécié le processus électoral. Cela dit, le fait qu'on s'attache aujourd'hui à obtenir un vote honnête qui reflète la volonté des électeurs peu rendre confiance à la population sur une certaine forme de démocratie parlementaire. Les taliban ne s'y trompent pas et c'est pourquoi ils essaient d'empêcher ce vote.

Est-on intervenu assez tôt au Pakistan voisin, qui sert de base arrière aux taliban?
La communauté internationale a mis beaucoup de temps à comprendre que les deux questions étaient liées. Il n'y a pas de question afghane sans traiter avec les voisins, l'Iran et le Pakistan. Elle l'a compris il y a deux ans seulement. On a nommé un représentant spécial pour l'Afghanistan et le Pakistan. Mais il aurait fallu le faire dès 2001. Les deux pays ont des problèmes communs, notamment sur le plan économique. Dans les zones tribales du Pakistan, très pauvres, subsiste une économie de prédation: l'argent sert au djihad et non à la création de richesses locales. Il faut agir pour sortir ces zones tribales de leur torpeur.

En tant que président d'une association qui intervient aux côtés des populations en Afghanistan, qu'avez-vous pensé de l'expulsion de trois Afghans la semaine dernière?
Je trouve que ce n'est pas humain. Je travaille dans une organisation humanitaire, je ne peux pas être indifférent à certains manquements à l'humanité. Tant que l'Afghanistan est dans cette situation d'insécurité, on ne peut pas renvoyer ces personnes chez elle. Par ailleurs, prétendre renvoyer des Afghans sous prétexte qu'ils vivent dans des zones où la sécurité est assurée [comme l'a fait Eric Besson, ndlr], c'est un peu cavalier. Or, on ne peut pas être cavalier avec des vies humaines.

*Pierre Lafrance a été premier secrétaire d'ambassade à Kaboul (1973-1975) puis ambassadeur de France au Pakistan (1993-1998). Il préside depuis 2000 l'association Madera (Mission d'aide au développement des économies rurales en Afghanistan), une organisation humanitaire qui travaille depuis vingt ans en Afghanistan.

Marianne Enault - leJDD.fr

Lundi 26 Octobre 2009

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