vendredi, 05 avril 2013

POLITIQUE

Quand Merkel joue à «Madame Normale»

Angela Merkel, le 15 mars 2013 lors d'un sommet à Bruxelles. REUTERS/Laurent Dubrule

Depuis quelques jours, la presse people se régale des photos montrant la chancelière allemande en maillot de bain sur l'île italienne d'Ischia, au large de Naples, où elle passe, comme chaque année, quelques jours de vacances dans un hôtel thermal en compagnie de son mari et de sa belle-famille.

Angela Merkel n'aime pas être prise en photo. Elle a fait savoir mercredi par la voix d'un des porte-parole de son gouvernement, comme le rapporte Der Spiegel, que «toutes ces photos ont été prises en cachette. […] Vous pouvez imaginer que ce n'est pas toujours agréable quand on passe ses vacances quelque part d'avoir l'impression qu'un objectif vous guette dans tous les recoins».

Le maire de Sant' Angelo en personne, le village où séjourne la chancelière cette semaine, s'est même excusé de la présence de paparazzis sur l'île dans une interview téléphonique au Spiegel:

«J'ai vu environ dix photographes ici. J'ai lancé un appel aux photographes, comme quoi ils devaient faire montre du plus grand respect par rapport à la sphère privée de nos invités. Le village est véritablement pris d'assaut. […] Ils ont fait des photos de Signora Merkel dont j'ai honte, sincèrement.»

Sur ces clichés que le Bildzeitung a rassemblé dans un diaporama, on la voit surtout s'occuper des deux petits-enfants de son mari: en promenade dans les champs, en train de cueillir des citrons ou de jouer au ballon sur la plage.

Pour le quotidien Die Welt, il ne s'agit pas de photos volées, mais d'une mise en scène de la normalité –qui n'est pas sans rappeler celle de François Hollande pendant la dernière campagne présidentielle– pour séduire de nouveaux électeurs à l'approche des élections fédérales de septembre:

«Cela paraît cynique d'écrire ça. Il y a pourtant une règle en usage depuis longtemps chez les journalistes: celui qui ne veut pas être photographié en privé n'est pas photographié en privé. Cela fonctionne. Il n'y a pas une seule photo de vacances de tout un tas de célébrités, pas une seule photo scandaleuse, tout simplement rien –parce qu'ils ne le veulent pas.»

Si Angela Merkel avait voulu passer ses vacances à l'abri des regards indiscrets, elle aurait pu prendre exemple sur Barack Obama, lui conseille Die Welt:

«Elle pourrait, par exemple, garder secret le lieu de ses vacances. Elle pourrait faire éteindre le transpondeur de son appareil de l'armée de l'air […] de façon à ce que le vol ne puisse être pisté sur Internet.»

Le journaliste Torsten Krauel estime aussi qu'elle aurait pu choisir de séjourner dans une maison de vacances et non dans un hôtel, et de se baigner dans une piscine privée au lieu de se rendre dans des thermes ouvertes au public. Et va même jusqu'à lui donner un conseil plutôt surprenant de la part d'un journaliste:

«Et elle pourrait, ce qui serait de loin la méthode la plus efficace, menacer la presse de lourdes sanctions en interne, au cas où ne serait ce qu'une photo de la taille d'une tête d'épingle venait à être publiée. Elle a le pouvoir de le faire, et d'autres personnalités le font aussi parfois.»

Photo: Angela Merkel, le 15 mars 2013 lors d'un sommet à Bruxelles. REUTERS/Laurent Dubrule

vendredi, 07 septembre 2012

Déclin démographique

Allemagne : immigrés haut de gamme

07/09/2012 à 15h:24 Par Gwénaëlle Deboutte, à Berlin

L'Allemagne a lancé une campagne intitulée 'Make it in Germany'.	L'Allemagne a lancé une campagne intitulée "Make it in Germany". © Capture d'écran


En plein déclin démographique, le pays d'Angela Merkel est en quête de main-d'oeuvre très qualifiée. Or en Espagne, en Italie ou en Grèce, la crise prive les jeunes diplômés de toute perspective...

Alessandro, 23 ans, a laissé derrière lui sa Toscane natale et rêve de repartir de zéro en Allemagne. Au bout de quelques mois à Berlin, cet ingénieur lumière a trouvé un job dans une salle de spectacle et estime avoir eu de la chance. Avec un taux de chômage à près de 7 %, l'Allemagne est encore épargnée par la crise. Venus d'Italie, d'Espagne ou de Grèce, ils sont donc de plus en plus nombreux à y tenter l'aventure. Comme le firent leurs aînés il y a cinquante ans. Destatis, l'institut allemand de la statistique, note en 2011 « une augmentation significative de l'immigration venue des pays de l'Union européenne touchés par la crise financière » : + 90 % par rapport à 2010 pour les Grecs (soit 11 000 personnes), + 52 % pour les Espagnols (7 000)... Et tout indique que la tendance va s'accentuer en 2012.

Make it in germany

L'Allemagne, qui souffre d'un déficit démographique préjudiciable à sa compétitivité, se réjouit de cet afflux. Début juillet, la ministre du Travail a lancé une opération baptisée Make It in Germany, visant à faciliter l'insertion des nouveaux immigrés : reconnaissance des diplômes étrangers, abaissement du seuil de revenu annuel obligatoire, conseils pour l'installation... Mais seuls les praticiens très qualifiés - médecins, ingénieurs, informaticiens, etc. - sont les bienvenus.

Dans certains Länder industrialisés (Bavière, Bade-Wurtemberg) où le taux de chômage ne dépasse pas 3,5 %, les difficultés de recrutement dans l'industrie automobile ou la construction de machines-outils sont telles que certaines PME n'hésitent plus à prospecter en Espagne. Elles proposent aux jeunes ingénieurs des conditions ultrafavorables : cours intensifs d'allemand et logement à l'arrivée. Hors de ces poches de plein-emploi, la situation est moins reluisante et nombre de jeunes doivent se contenter de minijobs dans la restauration ou la vente payés 400 euros par mois. Quand ils ne sont pas contraints de pointer à l'Arbeitsagentur, le Pôle emploi local.

Et puis, il y a l'écueil de la langue. Au début, on se débrouille avec un peu d'anglais, mais la maîtrise de l'allemand devient vite indispensable. Alessandro l'a bien compris. Depuis cinq mois, il prend quatre heures quotidiennes de cours. Aujourd'hui, il se sent prêt à affronter sa nouvelle vie.

jeudi, 30 août 2012

Aéronautique

Article publié le : jeudi 30 août 2012 - Dernière modification le : jeudi 30 août 2012

La Chine signe un contrat de 3,5 milliards de dollars avec Airbus

Un Airbus A320 d'Air China en construction sur la ligne d'assemblage de l'usine Airbus à Tianjin en Chine, le 13 Juin 2012.
Un Airbus A320 d'Air China en construction sur la ligne d'assemblage de l'usine Airbus à Tianjin en Chine, le 13 Juin 2012.
AFP PHOTO/Mark RALSTON

Par RFI

Est-ce un beau coup pour Airbus ? Le constructeur européen vient de signer un contrat en Chine portant la livraison de 50 appareils. Pour un montant de 3,5 milliards de dollars. Une signature qui a eu lieu tout à l'heure en présence d'Angela Merkel, la chancelière allemande en visite à Pékin.

Le contrat prévoit la livraison de 50 appareils A320 et l'assemblage sur le sol chinois d'un certain nombre d'autres avions.

Ce n'est pas encore la pluie de contrats espérée par le constructeur européen qui estime à 14 milliards de dollars le potentiel qu'il pourrait tirer des commandes de ses clients chinois. Mais Airbus en Chine revient de loin, de très loin. Car la taxe carbone imposée par Bruxelles sur les émissions polluantes des transporteurs aériens au printemps a énervé Pékin.

Pékin qui avait alors refusé de donner son feu vert aux commandes de 45 airbus passées par des compagnies chinoises. Le contrat signé ce jeudi 30 août est le premier depuis la brouille provoquée par la nouvelle législation européenne.

C'est aussi une preuve concrète de l'intérêt des Chinois pour leurs relations économiques avec l'Europe. Des Chinois qui redoutent les conséquences de la crise de la dette européenne sur leur économie. Le Premier ministre Wen Jibao l'a d'ailleurs rappelé à l'issue de ses entretiens avec Angela Merkel. La Chine s'inquiète de l'aggravation de la crise dans la zone euro mais elle va continuer à investir dans l'Union. L'Union européenne, qui est aussi le premier débouché commercial des exportations chinoises.
 

Aéronautique - Angela Merkel - Chine