jeudi, 24 décembre 2009

Zoundi et Traoré absents à la Can, Bancé boude Duarte

jeudi 24 décembre 2009

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Alain Sibiri Traoré

Petites angoisses pour les Etalons à quelques jours de la Coupe d’Afrique des nations Angola 2010. Deux d’entre eux, notamment Patrick Zoundi et Alain Sibiri Traoré ne pourront pas jouer la Coupe d’Afrique des Nations (Can) Angola 2010. Comme pour rendre plus difficile la tâche du coach, l’attaquant Aristide Bancé a annoncé qu’il refuse de répondre à la convocation de l’entraîneur Paulo Duarte. De profonds malaises entre les deux hommes seraient à la base de cette décision.

Les internationaux burkinabè Patrick Zoundi et Alain Sibiri Traoré ne prendront pas part à la Coupe d’Afrique des nations, Angola 2010 pour raisons de blessure. L’information a été donnée ce mardi 22 décembre 2009 par le ministre des Sports et Loisirs, Jean Pierre Palm, au cours d’une rencontre avec le tout nouveau bureau de l’Union nationale de soutien aux Etalons (Unse). Même si le coach Paulo Duarte a des ressources pour remplacer ces absents, il n’en demeure pas moins que Zoundi et Alain manqueront à leurs compagnons avec qui ils ont disputé les matchs de qualification.

Aristide Bancé fâché contre l’entraîneur des Etalons

Plus rien ne semble aller entre Aristide Bancé, sociétaire du club allemand de Mayence, et le sélectionneur national Paulo Duarte. L’attaquant des Etalons a en effet annoncé, le mardi 22 décembre 2009 sur les antennes de la télévision Canal3, qu’il ne répondrait pas à l’appel du coach Paulo Duarte le 27 décembre prochain au Portugal. A quelques jours du regroupement, des dissensions ont éclaté entre l’entraîneur et lui. « Je ne viendrai pas à cause de l’entraîneur parce que je ne veux pas qu’on me casse », a-t-il dit. Selon Bancé, le sélectionneur ne s’est jamais intéressé à son évolution à Mayence. « Le coach ne s’est jamais déplacé en Allemagne pour suivre mes matchs.

Il ne m’a jamais téléphoné pour savoir comment j’évoluais dans mon club », s’est-il ouvertement plaint. Pour le sociétaire de Mayence, le fait qu’il ne soit pas titularisé à l’équipe nationale n’explique pas sa décision. « Devant Moumouni Dagano, je me considère comme un apprenant. Je reconnais qu’il est un grand attaquant. De ce fait, je ne me compare pas à lui. Je ne vois donc pas d’inconvénients que l’entraîneur décide de le titulariser », a-t-il dit. Interviewé par Fasozine.com le 15 octobre dernier, le sociétaire de Mayence avait pourtant menacé de ne plus "venir en sélection nationale", s’il continuait de "rester sur le banc de touche".

Cette défection de Bancé, même s’il n’est pas souvent aligné par l’entraîneur, constitue une grande absence dans l’effectif de Paulo Duarte, d’autant plus que Jonathan Pitroipa est actuellement souffrant.


Angola 2010 : La liste des joueurs ivoiriens connue

L’entraîneur national ivoirien, Vahid Halilodzic, a publié le mardi 22 décembre 2009, la liste des 23 joueurs qui disputeront la Coupe d’Afrique des nations Angola 2010. L’effectif n’a pas connu une grande modification. Seules les absences de N`dri Koffi Romaric et de Arouna Koné sont les principaux changements. Aucune explication officielle n’a été pour le moment donnée sur ces absences. Au même moment, on enregistre l’entrée dans l’équipe de Arouna Dindané et de Yao Kouassi Gervais alias Gervinho.

Liste des 23 Eléphants

Boubacar Barry, Aristide Zogbo, Vincent De Paul Angban, Abib Kolo Touré, Emmanuel Eboué, Guy Demel, Souleman Bamba, Benjamin Angoua Brou, Arthur Boka, Abdoulaye Méité, Siaka Tiéné, Yaya Touré, Didier Zokora, Emmanuel Kouamatien Koné, Cheik Ismaël Tioté, Emerse Faé, Jean-Jacques Gosso Gosso, Didier Drogba, Salomon Kalou, Bakari Koné "Baky", Kader Keita, Aruna Dindane, Gervais Yao Kouassi "Gervinho".

Jacques Théodore Balima

Fasozine

lundi, 23 novembre 2009

CAN 2010 : « Une opportunité pour l’Angola de montrer que la guerre est derrière elle »

Rencontre avec le journaliste sportif angolais Neto Junior Gaspar

L’ Angola accueillera la coupe d’Afrique des Nations à partir du 10 janvier 2010. De passage en France pour participer à un stage de perfectionnement organisé par Canal France International (CFI), début novembre, le journaliste angolais Neto Junior Gaspar revient sur la façon dont son pays prépare l’évènement.

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lundi 23 novembre 2009 / par Lola Simonet (afrik.com)

« L’ Angola est d’ores et déjà prête à accueillir les 16 sélections africaines et nous attendons tous la CAN (Coupe d’Afrique des Nations) avec impatience maintenant ». L’enthousiasme exprimé par Neto Junior Gaspar, journaliste sportif à la Televisao Publica de Angola (TPA), n’est pas que professionnel. Bien qu’il s’apprête à couvrir la Coupe d’Afrique des Nations, qui se tiendra dans son pays du 10 au 31 janvier prochain. « C’est un évènement très important pour nous », explique Neto Junior Gaspar.

Neto Junior, 33 ans, ne cache pas la fierté que lui procure le fait d’être citoyen du pays organisateur de la coupe. Un sentiment que partage l’ensemble de la population angolaise depuis 2006, date à laquelle le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé que l’Angola serait l’hôte de la CAN 2010. « Les populations s’impliquent énormément dans les préparatifs de la CAN. Dans les grandes villes angolaises où auront lieu les matchs, des concerts et des fêtes ont d’ores et déjà lieu et des boutiques de souvenirs voient le jour ». Un engouement qui accompagne l’effort fourni par l’ État angolais depuis un an. Ce dernier a investi près d’un milliard de dollars en équipements sportifs, construction et rénovation d’installations dans le pays, notamment dans les quatre stades où se dérouleront les matchs : à Luanda la capitale, Benguela, Cabinda et Lubanga. « Toutes les installations sont prêtes à être utilisées », estime Neto Junior.

Au-delà du sport, l’ouverture internationale de l’Angola

Pour le journaliste, la Coupe d’Afrique des Nations en Angola n’est pas qu’un simple évènement sportif. « La CAN est une opportunité pour l’Angola de montrer que la guerre est derrière elle, analyse-t-il. C’est le premier évènement continental, de résonance internationale que nous organisons chez nous depuis la fin de la guerre en 2002. Nous allons prouver au monde que l’Angola est capable d’organiser une compétition internationale et que nous sommes unis pour la préparer ». Le football comme pacificateur des peuples fratricides, le sport comme élément rassembleur. Un pari qu’avait gagné Nelson Mandela quand il s’était allié au capitaine blanc de l’équipe de rugby sud-africaine François Pienaar, en 1995 durant la Coupe du monde de rugby, pour symboliser la fin de l’Apartheid.

Venu en France pour participer à un stage de perfectionnement proposé par Canal France International, Neto Junior a suivi pendant dix jours la Ligue 1 française. Coaché par des professionnels du football français comme Gérard Houllier et Darren Tulett de Canal +, il retire de ce stage une belle opportunité d’enrichir son expérience professionnelle. « Ce stage m’aura permis d’optimiser mes performances de commentateur sportif, pour la CAN et pour le Mondial. » Le commentateur compte parmi les quarante journalistes de sa chaîne qui couvriront l’épreuve en Afrique du Sud. Pour l’heure, c’est un emploi du temps des plus chargés qui l’attend à son retour. Son média, TPA, compte le mettre à contribution pour une émission quotidienne dédiée à la CAN et à la sélection nationale, les Palancas Negras. En bon patriote, Neto Junior ne voit pas l’équipe angolaise aller moins loin que la demi-finale.

vendredi, 06 novembre 2009

Bagayoko retrouve le Mali

6/11/2009 - sport24.com

L’attaquant niçois, Mamadou Bagayoko, a été sélectionné avec le Mali pour la dernière journée des qualifications couplées Coupe du Monde-CAN 2010, après 4 ans d’absence.

Mamadou Bagayoko commençait à trouver le temps long. Ignoré depuis 4 ans par le Mali, l’Aiglon vient d’être sélectionné par Stephen Keshi, entraîneur des Aigles du Mali. Le joueur, qui se déplacera à Paris pour y affronter le PSG ce samedi, tentera de contribuer à la qualification de son pays pour la CAN 2010 en Angola.

Dans Newsweek : "Pétro-business : au cœur des ténèbres"

NOUVELOBS.COM | 06.11.2009 |

La condamnation en France de trafiquants d’armes et d’anciens responsables du gouvernement dans le procès de l'Angolagate pourrait aider à mieux comprendre les années Halliburton de Dick Cheney.
> Cet article a été publié sur le site de Newsweek le 28 octobre

 Dick Cheney (Reuters)

Dick Cheney (Reuters)

Les condamnations prononcées en France par une cour de justice dans le cadre du procès de l'Angolagate à l’encontre de marchands d’armes, de trafiquants d’influence et d’anciens responsables gouvernementaux, y compris un fils de feu le président François Mitterrand, dépeignent avec une saisissante justesse le monde dans lequel opérait dans les années quatre-vingt-dix Dick Cheney lorsqu’il était à la tête d’Halliburton. L’affaire ne concerne pas directement les activités de l’ancien vice-président, et il n’est pas impliqué dans de quelconques malversations. Mais à présent qu’un verdict a été rendu dans ce dossier, après neuf ans, on peut selon moi s’attendre à d’autres enquêtes, qui révéleront d’autres aspects de ce monde fétide de corruption.

Relations intéressantes aux Etats-Unis


La personnalité centrale dans l’affaire française est Pierre Falcone, 55 ans, qui a été condamné pour trafic d’arme et divers autres chefs d’accusation en liaison avec la fourniture au gouvernement angolais de quelque 170 000 mines, 450 chars, et autres armes, en infraction avec un embargo décrété par les Nations Unies. Et Pierre Falcone a des relations intéressantes aux Etats-Unis.

Avant d’être mis sous les verrous pour la première fois en France en décembre 2000, lui et sa femme Sonia, une ancienne Miss Bolivie, s’étaient fait une certaine réputation à Paradise Valley (Arizona). Cette banlieue de Phoenix, la plus opulente, compte un certain nombre de luxueuses villas, mais les Falcone avaient mis en chantier une maison qui allait être la plus coûteuse dans l’histoire de l’état : une résidence de 10,5 millions de dollars. Ils comptaient parmi les plus généreux donateurs des œuvres les plus en vogue, et Sonia aimait donner de l’argent au Parti Républicain. Selon les chiffres de l’époque de la Commission Fédérale des Élections, une entreprise de cosmétique peu connue dont elle était propriétaire a versé 100 000 dollars au Comité National Républicain, Mme Falcone déboursant sur ses propres deniers la contribution maximum autorisée de 1 000 dollars pour John McCain et George W. Bush. Le 20 janvier 2001, si Pierre Falcone n’avait pas été enfermé à la prison de la Santé, à Paris, on l’aurait sans doute vu à Washington aux bals inauguraux, sourire et serrer des mains.

Passeport diplomatique angolais


Ce marchand français d’armes et de pétrole, qui selon un avocat "pourrait vendre du sable à un habitant du Sahara", se vendait lui-même auprès de l’establishment politique américain, et tentait de faire fructifier son influence supposée en obtenant de lucratifs contrats. Selon des sources françaises proches du dossier, les notes saisies dans le bureau de la secrétaire de Pierre Falcone au plus fort de la campagne américaine pour les élections de 2000 révèlent qu’il promettait au président de l’Angola José Eduardo Dos Santos une introduction particulière auprès du prochain président des Etats-Unis, que ce soit George W. Bush ou Al Gore.

Des faveurs auxquelles José Eduardo Dos Santos s’attend de la part de ses amis. Lui qui a dirigé ce pays du sud de l’Afrique depuis l’indépendance, puis la guerre civile, pour ensuite nouer d’étroites relations avec des compagnies pétrolières parmi les plus puissantes au monde. Au cours d’une rencontre surréaliste avec l’ambassadeur de France récemment appointé, quelques mois après l’arrestation de Falcone, Dos Santos plaidait personnellement la cause de Pierre Falcone : "C’est grâce à son soutien que la démocratie et l’état de droit prévalent encore en Angola" affirmait Dos Santos. "Des millions d’individus ont été sauvés d’un génocide imminent". En 2003, le dossier Falcone continuant son parcours judiciaire, Dos Santos accordait à l’homme d’affaire français un passeport diplomatique angolais et le nommait envoyé à l’Unesco à Paris. Le tribunal allait néanmoins rejeter les demandes d’immunité diplomatique soumises ensuite par Pierre Falcone.

Dick Cheney en visite en Angola en 1998


Dans le monde peu reluisant du business pétrolier, l’Angola tient lieu de cœur des ténèbres, et il paraît impossible à quiconque fait des affaires avec le pays d’en ignorer les louches arrière-plans, bien qu’ils soient faciles à déguiser. Dans les années quatre-vingt-dix, Dick Cheney en faisait partie. Après avoir occupé le poste de secrétaire à la défense dans l’administration de George H.W. Bush, il dirigeait Halliburton, un acteur majeur sur les champs pétroliers, possédant un portefeuille de plus en plus étoffé de contrats avec le Pentagone. En 1998, Dick Cheney s’est rendu personnelement en Angola pour y promouvoir les intérêts de sa firme. Les documents du Département d’État rendus publics au cours de la campagne présidentielle de 2000 révèlent que les officiels de l’ambassade des Etats-Unis à Luanda, la capitale, avaient "fait le siège" des bureaux de l’administration sur place afin d’aider l’ancien membre du cabinet Bush père et sa société à conclure un contrat de 68 millions de dollars.

Un deal qui était peut-être parfaitement transparent. Mais comme l’ont établi de multiples enquêtes menées par des organisations non gouvernementales, le gouvernement de Dos Santos était à ce point corrompu, que les commissions "officielles" acquittées par les compagnies pétrolières en échange des concessions étaient elles-mêmes encaissées sans être enregistrées dans les livres. Impossible ou presque de faire des affaires à Luanda sans se plier à ce système de gratifications et de pot-de-vin. Et Pierre Falcone en était devenu le portier. Vers la fin des années quatre-vingt-dix, selon un des accusés du procès français, qui m’a parlé en privé afin de ne pas aggraver son cas, "Falcone était l’homme à qui il fallait s’adresser".

Cellule africaine secrète


Qui est cet homme ? Né en Algérie française d’une mère colombienne et d’un père napolitain, Pierre Falcone a passé l’essentiel de sa carrière à circuler entre les univers interconnectés des entreprises françaises quasi publiques, des opérations secrètes, des compagnies pétrolières internationales, et des pots-de-vin versés au tiers-monde. Après son arrestation, le 1er décembre 2000, les enquêteurs français espéraient trouver dans son dossier le moyen de révéler le système de corruption politique profondément enraciné où baignent la France et un certain nombre d’états africains aux vastes réserves pétrolifères. Au fil des années, des millions de dollars ont été versés via des régimes dictatoriaux africains amis au pétrolier Elf, alors entreprise publique, pour finir dans les caisses des principaux partis politiques français (Elf a par la suite été racheté par Total). Parmi les gens qui ont été condamnés cette semaine pour trafic d’influence dans ce qu’on a baptisé l’Angolagate, on trouve Jean-Christophe Mitterrand, qui dirigeait la cellule africaine secrète mise en place par son père, ainsi que l’ancien ministre de l’Intérieur français, Charles Pasqua.

Elf et total


Au début des années quatre-vingt-dix, lors de l’effondrement de l’Union Soviétique, Pierre Falcone s’associait avec le Russe Arcadi Gaydamak, ancien agent du KGB et magnat des affaires, condamné par contumace à Paris cette semaine pour trafic d’armes et autres crimes, et pour lequel un mandat d’arrêt international a été émis. Autre partenaire important de Falcone, Thierry Imbot, fils d’un ancien chef des services de renseignements français, qui a mystérieusement trouvé la mort en tombant de la fenêtre de son appartement parisien du quatrième étage, quelques semaines avant l’arrestation de Pierre Falcone en 2000.
Le plus important parmi tous les amis de Falcone était, et reste, le dictateur angolais Dos Santos. Son pays jouit de deux grandes sources de richesse : le pétrole et les diamants. Et de deux sources majeures de pauvreté : la guerre et la corruption. Avec la fin de la guerre froide et des faux-semblants idéologiques, l’Angola est devenu le théâtre d’une féroce compétition entre compagnies pétrolières internationales, certaines prétextant la défense de leurs intérêts nationaux. Au centre de cette rivalité, les Françaises Elf et Total se sont retrouvées en face de Chevron et Exxon.

Nobles intentions


Pierre Falcone semble avoir joué le rôle d’envoyé pas trop discret de la France auprès de Dos Santos. Il faut se souvenir qu’en 1992, la CIA perdait patience avec les rivaux de Dos Santos, Jonas Savimbi et ses rebelles de l’UNITA, qui avaient auparavant figuré en tête de la liste des "combattants de la liberté" de l’administration Reagan. Jonas Savimbi, qui n’avait pas su s’adapter à la disparition de la Guerre Froide, était de plus en plus considéré comme un obstacle à la tranquille exploitation des champs pétroliers angolais. On avait organisé des élections sous le parrainage des Nations Unies et la bénédiction de Washington, que Savimbi avait perdues. Mais Savimbi n’avait pas déposé les armes. Et de fait, quelques mois après, Savimbi faisait le siège de Luanda et du gouvernement Dos Santos.
C’est à ce moment de l’histoire que Falcone et l’affairiste russe Gaydamak se débrouillent pour envoyer à Dos Santos des centaines de millions de dollars en armement provenant de Russie et d’anciens pays du bloc soviétique. Suite à quoi, Dos Santos allait les considérer comme de très grands amis. Au cours d’un deal spectaculaire, que l’on peut considérer comme la plus grosse opération de blanchiment d’argent de l’histoire, Gaydamak racheta l’intégralité de la dette nationale de l’Angola pour une fraction de sa valeur, puis la revendit à Moscou, empochant un bénéfice de plusieurs centaines de millions de dollars.
Suite à l’arrestation de Pierre Falcone, Jean-Charles Marchiani, ancien agent haut placé du renseignement français, négociateur de la libération des otages français au Liban et en Bosnie, et proche d’éminents leaders gaullistes, déclarait à un journaliste de la télévision qu’en Angola "Falcone avait défendu les intérêts français en empêchant les Américains de prendre notre place. Il s’est comporté en patriote ".
Mais bien sûr. Assurément, tous ceux, Américains et autres, qui ont cherché à remporter une part de ce marché partageaient les mêmes nobles intentions — c’est du moins ce qu’ils vous diront.

Par Christopher Dickey

Traduction française de David Korn


>Lire la version américaine de l'article

mardi, 03 novembre 2009

Angolagate : gueule de bois à Luanda

03/11/2009 | Jeune Afrique | Par : Pierre-François Naudé


Condamné à six ans de prison ferme, Pierre Falcone a été aussitôt écrouéCondamné à six ans de prison ferme, Pierre Falcone a été aussitôt écroué© Olivier Coret/Fedephoto.com

À Luanda, les réactions au jugement rendu le 27 octobre dans l’affaire de l’Angolagate ne se sont pas fait attendre. Dès le lendemain, le gouvernement angolais s’est publiquement exprimé sur le dossier – une première depuis le début de l’instruction, en 2000. Dans un communiqué peu diplomatique, il fait état de sa « stupéfaction » et dénonce « un procès déséquilibré et injuste, lié à des considérations et des motivations politiques ».

En France, c’est le cas de Charles Pasqua qui a suscité le plus de remous. Condamné pour trafic d’influence à trois ans de prison, dont deux avec sursis, l’ancien ministre a demandé « la levée du secret défense dans toutes les affaires de ventes d’armes afin que l’on sache s’il y a eu des retours de commissions en France et qui en a bénéficié ». Dans son viseur, les ex-Premiers ministres Édouard Balladur et Alain Juppé, mais surtout l’ancien président Jacques Chirac, qu’il a accusé à demi-mot d’être responsable de ses ennuis judiciaires.

Par la sévérité de son jugement, le président de la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, Jean-Baptiste Parlos, a jeté un pavé dans le marigot françafricain. Mais il indispose aussi les plus hautes autorités angolaises en rejetant sèchement la requête en nullité déposée par Luanda à l’ouverture du procès, le 6 octobre 2008. L’Angola arguait du caractère sensible et confidentiel de nombreuses pièces versées au dossier de l’instruction, ainsi que du droit à l’immunité de ses « délégataires ». En quelques secondes, le juge a balayé cette argumentation. Pour lui, il n’existe aucune trace antérieure à 1996 attestant qu’Arcadi Gaydamak et Pierre Falcone étaient des mandataires de l’Angola. Or le « trafic illicite » d’armes pour lequel ils étaient mis en examen – un marché de 790 millions de dollars, qui aurait rapporté près de 400 millions de bénéfices – avait commencé en 1993. Dans le cas de Falcone, il s’agissait aussi de déterminer s’il bénéficiait de l’immunité attachée à sa qualité de ministre conseiller auprès de la délégation permanente de l’Angola à l’Unesco, poste qu’il occupe depuis 2003. « La Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques est très claire », a rappelé Jean-Baptiste Parlos. Dans son article 31, elle établit que « l’agent diplomatique jouit de l’immunité de la juridiction pénale de l’État accréditaire ». Mais dispose, dans son article 38, que si ledit agent a la nationalité de l’État accréditaire, ce qui est le cas, il n’est couvert « que pour les actes officiels accomplis dans l’exercice de ses fonctions ». Et l’on voit mal en quoi la vente d’armes aurait un rapport, même lointain, avec les activités de l’Unesco. Falcone, à l’instar de Gaydamak, écope donc de six ans d’emprisonnement ferme pour commerce illicite d’armes, mais aussi trafic d’influence, abus de confiance et abus de biens sociaux. Il est aussitôt écroué.

« Pour les milieux économiques franco-angolais, c’est une véritable douche froide », soupire un conseiller de la mission économique française à Luanda. « Total et Castel, les deux principaux investisseurs français, ont du souci à se faire. » Quant à l’Agence française de développement (AFD), qui a rouvert ses bureaux dans la capitale angolaise après huit ans d’absence, elle attend depuis plusieurs mois l’aval du gouvernement angolais pour lancer des projets à hauteur de 160 millions d’euros. « Pour l’instant, c’est l’incertitude qui prévaut », reconnaît son directeur, Étienne Woitellier. Seule lueur d’espoir pour les investisseurs français, des rumeurs faisant état de la détérioration des relations entre le président angolais Eduardo dos Santos et Pierre Falcone. Avant de lire son jugement, le juge Parlos a déclaré avoir reçu, la veille de l’audience, une lettre du président angolais. Celui-ci y renonçait à sa demande de restitution des pièces confidentielles versées au dossier de l’instruction.

jeudi, 29 octobre 2009

Charles Pasqua : «Que Chirac prenne ses responsabilités»

Propos recueillis par Laurence de Charette et Bruno Jeudy (lefigaro.fr), 29/10/2009


Charles Pasqua : «La levée du secret-défense confirmera qu'Arcadi Gaydamak était un agent de la DST et que le président de la République le savait.»
Charles Pasqua : «La levée du secret-défense confirmera qu'Arcadi Gaydamak était un agent de la DST et que le président de la République le savait.» Crédits photo : Le Figaro

INTERVIEW - Le sénateur des Hauts-de-Seine, condamné à un an de prison ferme dans le cadre de l'Angolagate, met en cause l'ancien chef de l'État et l'ex-premier ministre Édouard Balladur.

LE FIGARO. - Vous n'étiez pas mardi à l'audience pour la lecture du verdict sur l'Angolagate. Aviez-vous peur d'un mandat de dépôt à l'audience ?
Charles PASQUA. - Pas du tout. Je n'ai pas eu peur de la prison. Je vous rappelle que je suis parlementaire et que l'immunité ça existe. Personne ne savait d'ailleurs ce que le tribunal allait dire. Mes avocats, qui m'avaient conseillé de m'y rendre, étaient plutôt optimistes : ils pensaient même à une relaxe ! Lorsqu'on est venu m'annoncer la décision, dans l'après-midi, je me suis dit qu'il s'agissait d'un jugement aberrant.

Le porte-parole du gouvernement laisse entendre que votre demande de levée du secret-défense pourrait être examinée. Qu'en attendez-vous ?
Je vois que cela progresse… Tant mieux ! Dans l'affaire de l'Angolagate, de nombreux documents ont été classifiés secret-défense, et le tribunal n'a pas pu y avoir accès. Or, avec ces documents, on aura la preuve que tout le monde était au courant des ventes d'armes à l'Angola.

Tout le monde ? Qui visez-vous ?
Le président de la République, le premier ministre, le ministre des Finances et le ministre de la Défense. Tous les quatre étaient forcément au courant.

De quelle période parlez-vous ?
Sous le mandat de François Mitterrand de 1993 à 1995, puis sous la présidence Chirac de 1995 à 1998. Plus, les deux premiers ministres concernés que sont Édouard Balladur et Alain Juppé.

Édouard Balladur a pourtant affirmé hier « ne pas avoir eu d'information » au sujet de ce trafic d'armes…
Balladur peut dire ce qu'il veut. Malheureusement pour lui, un document a été présenté au tribunal montrant que son directeur de cabinet lui avait fait remonter une note. M. Balladur n'a plus de mémoire, cela peut arriver.

En quoi cela vous exonère-t-il du trafic d'influence pour lequel vous avez été condamné mardi ?
Le tribunal n'était pas complètement éclairé. La levée du secret-défense confirmera qu'Arcadi Gaydamak était un agent de la DST. Que le président de la République le savait. Dans ces conditions, l'ordre du Mérite qui a été remise à Gaydamak pour son opération en Bosnie prend toute sa signification : je n'ai procédé à aucun trafic d'influence. Je souhaite que Chirac prenne ses responsabilités. Qu'il reconnaisse qu'il était d'accord pour décorer M. Gaydamak.

Vous en êtes-vous expliqué avec lui ?
Je lui en ai parlé une fois, c'était en 2002 après sa réélection. Il a pris un air surpris. Il a fait celui qui n'était au courant de rien. Il ne m'a pas convaincu du tout.

Vous datez vos ennuis judiciaires de 2000, l'année où vous avez annoncé votre candidature à la présidentielle contre Jacques Chirac. Pensez-vous que l'Élysée a alors cherché à vous éliminer ?
Oui. Je ne crois pas aux coïncidences. À partir de ce moment-là, toute une série d'actions ont été menées pour m'incruster dans l'Angolagate et d'autres affaires. Comme par hasard, des affaires toujours traitées par le même magistrat ! Lorsque ce magistrat (Philippe Courroye, NDLR) a quitté l'instruction, ces dossiers ont pris une autre tournure.

Pensez-vous à une manœuvre de Chirac ? De Dominique de Villepin ?
Villepin, peut-être… Il était alors secrétaire général de Chirac. Mais j'ai ma petite idée sur tout cela… En tout cas, on a eu le plus grand mal à me coller dans cette affaire. On a monté un scénario contre moi. On a cherché à m'abattre, mais le tribunal n'a aucune preuve contre moi. C'est pourquoi il est temps que ce genre d'affaire cesse en France. Il faut lever le secret-défense sur tous les dossiers où la suspicion règne. Car ce système permet que des intermédiaires qui ont pu toucher des commissions renvoient la balle aux politiques. Rendez-vous compte, ça fait neuf ans que je suis traîné dans la boue. Si personne n'a rien à se reprocher, pourquoi ne lèverait-on pas le secret-défense ? Il faut savoir ce qu'il s'est passé dans cette affaire et toutes les autres, Les ventes de frégates, Clearstream…

Nicolas Sarkozy vous a-t-il contacté ?
Non. Moi je ne lui ai rien demandé car je crois à la séparation des pouvoirs.

Que pense l'ancien ministre de l'Intérieur de l'actuel débat sur l'identité nationale ?
Le problème se pose indiscutablement. Mais je ne suis pas sûr qu'on le réglera avec des textes. Est-ce que des débats en préfectures suffiront ? Je n'en suis pas certain. La vérité c'est qu'il faut faire aimer la France. De ce point de vue, je regrette beaucoup la suppression du service militaire qui favorisait l'intégration.

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mercredi, 28 octobre 2009

Angolagate : Charles Pasqua exige la levée du secret-défense sur les ventes d'armes

Publié le 28/10/2009 par Le Point.fr


Reuters

Angolagate : Charles Pasqua exige la levée du secret-défense sur les ventes d'armes

Charles Pasqua a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis, lors du procès de l'Angolagate © Abaca

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L'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua a demandé mardi la levée du secret-défense sur les opérations de ventes d'armes à l'étranger effectuées par la France. Condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis lors du procès de l'Angolagat e, Charles Pasqua a estimé qu'il fallait profiter de cette affaire pour lever l'opacité entourant ces transactions.

"Je crois que le moment est venu de mettre les choses au clair", a-t-il expliqué. "Je demande au président de la République de lever le secret-défense sur toutes les ventes d'armes, sur toutes les opérations réalisées à l'étranger afin que l'on sache s'il y a eu des retours de commissions en France et que l'on sache qui en a bénéficié", a-t-il ajouté. Prié de dire s'il visait une personne en particulier, il a répondu : "Je ne pense à personne. Je suis très serein en ce qui me concerne." "Le président de la République était au courant de l'affaire des ventes d'armes en Angola, le Premier ministre était au courant, la plupart des ministres aussi - moi, je n'étais pas compétent dans ce domaine", a-t-il affirmé plus tôt.

Les ventes d'armes vers l'Angola ont eu lieu entre 1993 et 1998, durant les septennats des présidents François Mitterrand et Jacques Chirac. L'actuel président de la République, Nicolas Sarkozy, a servi successivement à cette époque comme ministre du Budget, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication dans les gouvernements d'Edouard Balladur.

Dans une autre affaire, celle des frégates de Taiwan visant une corruption présumée en marge d'une vente par la France de six frégates à cette île, le juge Renaud van Ruymbeke s'était heurté au secret-défense opposé à ses demandes d'investigation. L'affaire avait débouché sur un non-lieu en octobre 2008, conformément à l'avis du parquet. Une disposition visant à restreindre l'accès des juges à des lieux "sensibles" en vertu du secret-défense figure dans la loi de programmation militaire pour 2009-2014, qui a été votée par le Parlement français. Ce texte avait été critiqué par le Syndicat de la magistrature, classé à gauche.

mardi, 27 octobre 2009

L'opposition angolaise salue le jugement de l'Angolagate

2009-10-27 | AFP

L'opposition angolaise a salué mardi la condamnation à de la prison ferme par un tribunal français des principaux protagonistes de l'Angolagate, une affaire complexe de ventes d'armes qui implique les autorités de Luanda.

La décision de la justice française "met notre gouvernement dans une situation embarrassante. C'est un coup dur pour notre diplomatie", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), Alcides Sakala.

"Cela prouve ce que nous disons depuis des années: que la corruption est endémique en Angola", a-t-il ajouté.

Le tribunal de Paris a condamné mardi à six ans de prison ferme les hommes d'affaires français Pierre Falcone et israélien d'origine russe Arcadi Gaydamak.

La justice leur reproche d'avoir, de 1993 à 1998, vendu à l'Angola, alors en pleine guerre civile, des armes provenant de l'ancien bloc soviétique, sans avoir reçu d'autorisation de l'Etat Français.

Pour favoriser leurs trafics, l'accusation estime qu'ils ont versé de nombreux pots-de-vin, notamment au sein du parti au pouvoir, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA) du président José Eduardo Dos Santos.

Aucun Angolais ne comptait toutefois parmi les prévenus.

Le MPLA et le gouvernement n'ont pas souhaité commenter le jugement dans l'immédiat.

lundi, 12 octobre 2009

La Guinée se tourne vers la Chine et l’Angola

La junte guinéenne est en ce moment en négociations avec un fonds chinois dans le but de garantir un financement de 7 milliards de dollars (4,75 milliards d’euros) explique le Financial Times ce lundi. L’objectif affiché est de préparer des investissements miniers. Le gouvernement discute par ailleurs avec l’Angola pour une coopération dans la prospection pétrolière offshore au large de la Guinée. Le rapprochement avec la Chine et l’Angola est un moyen pour le pouvoir d’espérer contrer les menaces de sanctions de la part de l’Occident et de l’Union africaine (UA). La junte est en effet fragilisée au plan international depuis le massacre de plus de 150 personnes le 28 septembre, lors d’un rassemblement de l’opposition à Conakry. Sidya Touré, ancien Premier ministre, à présent dans l’opposition, a qualifié d’« illusion » ce projet, en rappelant que le PIB du pays n’est que de 3 milliards de dollars. - Lundi 12 Octobre 2009

jeudi, 08 octobre 2009

Expulsions réciproques

Par  RFI. Article publié le 08/10/2009 


La tension monte dans la province du Bas-Congo où affluent des milliers de Congolais expulsés par l'Angola voisin. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), à Kinshasa, seize mille Congolais ont été expulsés d'Angola ces trois derniers mois. Le gouvernement angolais a décidé, depuis plusieurs années, de remettre de l'ordre, en particulier dans le secteur des mines de diamants où beaucoup de Congolais travaillent clandestinement. Les conditions de renvoi sont souvent dégradantes. Beaucoup se sont plaints d'avoir subi des violences. Du coup, en guise rétorsion, des Angolais - installés souvent de longue date en République démocratique du Congo - ont été, à  leur tour, refoulés. Plusieurs commissions mixtes ont été mises en place pour que les deux pays frontaliers règlent la question, visiblement sans résultats.

C'est dans la région du bas-Congo, située près de Kinshasa, qu'ont lieu des expulsions massives.(Carte : RFI)

C'est dans la région du bas-Congo, située près de Kinshasa, qu'ont lieu des expulsions massives.
(Carte : RFI)


Ces derniers jours, des mesures de rétorsion ont été prises en République démocratique du Congo contre des Angolais installés parfois de longue date dans le pays. Plusieurs centaines d'entre eux ont été refoulés ces derniers jours. L'hostilité de la population congolaise à leur égard est grandissante.

Le vice-ministre angolais des Relations extérieures Jorge Chikoti souhaite que le dialogue entre les deux Etats frontaliers puisse éviter les dérapages et que « l’on ne fasse pas une rétorsion qui va affecter des populations qui sont installées en RDC depuis des années ». Il a néanmoins reconnu, à demi-mot, que beaucoup de Congolais expulsés d’Angola l'ont été dans des conditions souvent dégradantes.

Jorge Chikoti

Vice-ministre angolais des Relations extérieures

« Je crois qu’on peut envisager la possibilité qu’il y ait eu éventuellement des excès ou des erreurs, mais la mesure ne vise pas les Congolais qui sont en situation régulière et encore moins les immigrés. »

08/10/2009 par Ghislaine Dupont

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